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GUÉNÉE — GUÊPE

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mi lour, Voltaire rendait justice à Guenée. Il appréciait son esprit et ses connaissances, ajoutant qu'il était malin comme un singe, et qu'en Taisant semblant de baiser la main, il [ mordait jusqu'au sang. Effectivement , ses moqueries, qui consistent pour l'ordinaire à relever les méprisée , les bévues de Voltaire, par l'exposition simple, mai* fine de la vérité, sont souvent sanglantes. Il est presque superflu de dire qu'un j tel homme approuva la constitution civile du clergé.

En 1778, il avait été nommé associé de P Académie des . Inscriptions et Belles-Lettres, peu âpre* sous-précepteur des I enfants du comte d'Artois. On donna à Guenée, en 1786, l'abbaye de Leroy, dans le diocèse de Bourges. Il en jouit peu de temps. La révolution changea son existence. Enlevé à ses élèves, il se retira à la campagne, dans un bien qu'il avait acheté près de Nemours. Sous ta terreur, il fut enfermé dans la maison d'arrêt de Fontainebleau. Après une détention de plus de dix mois, il retourna a ses travaux champêtres. Guenée vendit ce domaine quand l'âge lui Interdit les soins qu'il demandait. Il ce retira alors avec «on frère à Fontainebleau, ou il mourut, le 27 novembre 1803.

BotUMS-DnoouJi.

GUENILLE , nom qu'on donne à de vieux morceaux d'étoile, à «les chiffon*, des haillons, des lambeaux déchirés de vêtements, et que, par extension , on applique au pluriel a des hardes vieilles et usées. Les guenilles sont souvent l'apanage de la misère ; mais autrefois, comme de nos jours, la vanité , qui tire parti de tout , a été jusqu'à s'enorgueillir des haillons qui la couvrent : témoin dans l'antiquité le fameux cyniime Diogène , et dans les dernière* années de la Restauration Cltodruc bueios , l'homme à la longue barbe du Palais-Royal.

GUENON. Ce nom, que l'on applique vulgairement à la femelle d'un singe quelconque, a été employé par Buffon pour désigner tous les si uges de l'ancien momie dont la queue est aussi longue ou plus longue que le corps. Erxleben a remplacé celle dénomination par celle de cercopithèque. M. Isidore Geoffroy-Saint-IIilairc compte 31 espèces dans ce genre, dont il sépare le talapoinet un autre singe , formant pour lui le genre miopithèque. Les guenons, se réduisant ainsi aux cercopithèques de M. I. Geoffroy , ont pour caractéristique : Formes assez grêles ; membres et queue longs (mai* moins que eues les semnopithèques); mains assez allongées , ayant souvent les doigt* réunis à leur base par des membranes; pouces antérieurs bien développés , beaucoup moins cependant que les postérieurs; ongle* en gouttière*; crâne niMiocrement volumineux, déprimé et sans front (dans l'état adulte) ; crêtes sourcilières très-peu prononcées, et même nulles pendant une grande partie de la vie de l'animal ; museau assez court ; angle (acial de 50° environ; yeux médiocres; nez très-peu taillant, a narine» arrondies, inférieures, tres-rapprocliées l'une de l'autre; callosités ischiaBques très-prononcées; pelage bien fourni , plus ou moins tiqueté ; abajoues trèsamples; incisives médiane* supérieures très-dévetoppées; canines très-longues, comprimées , tranchantes en arrière ; ■Bachelières toutes quadrangulaires, a quatre tubercules non pointus; tailla de 4 à c décimètres (du museau a l'anus).

Les jeunes guenon* s'apprivoisent facilement. Mais, apprivoisés ou non , ces singes deviennent en vieillissant d'une grande méchanceté. D'une espèce à l'autre, le naturel varie; chez, tous il offre une grande mobilité. Il n'existe pas d'animal qui passe plus rapidement qu'un cercopithèque de la tristesse à la joie , de la joie à ht colère. « On le voit , dit M. 1. Geoffroy, désirer ardemment un objet, témoigner la joie la plu* vive s'il parvient à l'avoir, et presque aussitôt le rejeter avec indifférence, le briser avec colère. On le voit se complaire dans la société d'un autre individu, lui donner, à sa manière, des marmies de tendresse, et tout d'un coup s'irriter contre lui, le poursuivre en jetant des cris rauques, et le mordre comme on ennemi ; puis la paix se fait , et les caresses recommencent , jusqu'à ce qu'un nouveau caprice amène une nouvelle crise. »

Les principale* espèces de guenons sont le cercopithèque hoc heur, le blanc-nei,\« cercopithèque bar bu, tic. L'une des plus belles est le cercopithèque mone (cercopithecus mono, Erxleben); die vient de Guiuée, et est assez commune dans les ménageries; elle présente, comme plusieurs de ses congénères , des couleurs fort différentes selon les régions du corps : la tête est olivâtre; les joues sont d'un olivâtre clair; une tache noire s'étend de la partie supérieure de l'orbite à l'oreille , et l'on remarque sur le front une ligne d'un blanc verd&tre ; le dos , les épaules , les flânes , sont d'un roux tiqueté dé noir ; la croupe est noire , à l'exception de deux taches elliptiques blanches , placées à droite et à gauche de l'origine de la queue; tes mains et la face externe des membres sont noires; les parties inférieures et le dedans des membres sont d'un blanc par'; la queue est variée de jaune et de noir.

GUÉPARD » ou tigre des chasseurs (felis jubata, Linné), animal du genre chat, est de la même taille que la panthère, avec une queue aussi longue ; mais U a le corps plus élancé et la tête plus petite. Le lond de sou pelage est blanc jaunâtre , et il est couvert de taches noires , rondes , entièrement pleines, de trois centimètres de diamètre. Le dessons de son corps est presque blanc, et une bande noire règne de l'oeil au coin de la bouche. Sa queue est couverte de taches noires, et de longs poils placés au-dessus du cou lui forment une sorte de crinière. Ses doigts sont allongés comme ceux des chiens , ses ongles moins crochus et moins rétractiles que dans les autres chats. Cet animal se trouve dans plusieurs contrées de l'Afrique et dans toute l'Asie méridionale. Il se laisse facilement apprivoiser, et on le dresse pour la chasse. Il parait que pour s'en servir on le conduit les yeux bandés , puis, lorsqu'on est à la portée du gibier, on lui rend la vue et on le lâche ; il s'élance alors avec impétuosité, et en deux ou trois bonds il a saisi la proie. k Démezil.

GUÊPE, genre linnéen d'insectes de l'ordre de* hyménoptères , que les entomologistes modernes ont transformé en tribu sous le nom de vespiens , réservant celui de guêpe à un genre plus restreint, le seul dont nous nous occuperons ici , et dont les principaux caractères sont : Mandibules courtes ; mâchoires allongées; labre court et arrondi ; lèvre inférieure également courte ; antennes coudées ; pattes postérieures simples , avec les jambes pourvues de deux épines à l'extrémité; ailes ployées longitudinalement pendant le repos. Les guêpes se rencontrent dans toutes les parties du monde , mais plus abondamment dans les régions les plus chaudes. Leurs mœurs offrent la plus grande analogie avec celles des abeilles; même division en mâles , femelles et neutres; même rôle pour chacune de ces catégories. Cependant les sociétés, permanentes chez les abeilles, ne sont qu'annuelles chez les guêpes; aussi, à la fin de la belle saison, hs mâles ayant peu survécu à la fécondation des femelles , et les ouvrières venant à mourir, il ne reste plus que les femelles, qui, abandonnant leurs demeures, vont se cacher dans les fissures des vieux murs, où elles passent l'hiver dans un engourdissement complet. Le printemps les ranime; chacune va alors construire isolement son nid , pondre ses oeufs , soigner ses larves , pourvoir â tous leurs besoins. Ces larves croissent rapidement, et se transforment en insectes parfaits; c'est alors que les ouvrières agrandissent l'habitation, donnent leurs soins aux nouvelles pontes, et que le genre de vie des guêpes offre la plus grande ressemblance avec celui des abeilles.

La matière première des guêpiers, ou nids de guêpes, consiste en fibres de bols, le plus souvent déjà mort A l aide de leurs puissante* mandibules, les guêpes divisent ces fibres en parcelles, qu'elles agglutinent au moyen d'un liquide visqueux sécrété par elles. Cette matière ainsi préparée, elles la triturent et la réduisent en feuilles minces, pap) racées. Cinq ou six de ces feuilles, superposées, servent ordinairement à construire l'enveloppe du guêpier que ces insecte* établissent, tantôt dans la terre, tantôt dans le creux des

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