GUERRE
Le* guerres entreprises depuis 1814 guerres religieuses ni des guerres nationales, mais des guerres essentiellement politiques , et il vaut mieux qu'elles aient ce caractère, parce qu'elles sont alors en général plus courtes et moins acharnées, pourvu toutefois que les passions humaines, l'ambition, la colère, l'obstination, la haine, ne se substituent pas, durant leur cours, à la pensée politique qui leur a donné naissance. Quoi qu'il en soit, nous ne saurions assez le répéter, la guerre, quelque Tonne qu'elle revête, n'est plus, il but bien le dire, de notre époque ni dans nos mœurs. A mesure que les moyeus de destruction se perfectionnent et se multiplient, les chances de guerres longues et opiniâtres diminuent. Au temps des hommes bardés de fer, la guerre était permanente dans l'ancien monde. Elle eut ses moments d'arrêt et de repos quand elle reconnut pour principaux auxiliaires la poudre, l'arquebuse, le fusil, le mousquet, le pistolet, la carabiue, le canon, le mortier, la bombe, le boulet, les fusées à la Congrève. Aujourd'hui que ces moyens de destruction se perfectionnent encore, que le canon et le mortier ont triplé leur puissance, que la carabine rayée, avec une portée qui égale presque celle dn canon, va chercher et abattre, à la tête de leurs régiments, les officiers généraux ou supérieurs, lors même qu'ils empruntent l'obscur uniforme de leurs soldats , aujourd'hui qu'un nouveau feu grégeois détrône de plus en plus l'ancien et enveloppe d'une chemise de soufre des bataillons entiers, la guerre ne saurait durer, elle est impossible. Eug. G. nB Monclave.
GUERRE (Conseil de). F0ye2C0.M-tr.11. de Guutae. GUERRE (Dépôt de la). Voyez Dépôt de la Guerre. GUERRE (Droit de la ). Voyez Droit des Gens. GUERRE (Ministère de la). Il réunit dans «es attribution* ti-ul ce qui concerne les diverses armes dont se compose V armée de terre, envisagée sous les doubles rapports militaires, tels que les places fortes, les arsenaux, le dépôtde la guerre et les officiers d'état- major qui y sont attachés, les tribunaux et prisons m i li t a i r e s, les écoles spéciales, telles que l'École Poly techniq ue, l'École de Samt-Cyr et les diverses écoles d'application, la gendarmerie sous le rapport de la discipline, enfin tout ce qui concerne l'administration non-seulement militaire, mais même civile de l'Algérie.
Dès Tannée 1116, sous le règne de Louis le Gros, Algrin prenait le titre de secrétaire du roi pour la guerre, et contresignait en cette qualité tous les actes émanant de l'autorité royatc. Les dercs dn secret, établis en 1309, par Philippe te Bel , exerçaient les mêmes fonctions sous ses ordres. La création des troupes soldées introduisit, vers la luèuie époque , une grande innovation dans le système de la guerre ; mais la routine entrava d'abord le progrès administratif, et longtemps le secrétaire de la guerre n'eut que la direction du contentieux : les nominations et le matériel de l'armée dépendaient du connétahlc et du g ra nd-inattre de l'artillerie. Charles VIII essaya vainement, en 1484, d'élever les fonctions du secrétaire de la guerre en le rendant l'égal des barons et en le déclarant promu de droit à la chevalerie.
Louis XII et François 1" améliorèrent beaucoup l'organisation administrative de la guerre. Le second, partant en 1524 pour sou expédition d'Italie, confia la direction de cette branche importante du servie* public au comte de Vendôme, sans lui donner toutefois aucune qualification officielle.
Ce fut seulement sous Chartes IX que les atlrihulions ministérielles furent clairement dé(ioie.s et tranchées. Nicolas <te Nenrville de Villeroi fut le premier investi de la plus grande |>artie des fonctions relatives à la guerre. Sa nomination date du 1" octobre ta<$7. Cependant, certains détails secondaires de l'administration militaire restèrent encore aux secrétaires d'Etut des autres départements; mais dès lors le ministre de ta guerre dressait les plans de cani- |>ague, ceux des places lortes, et dirigeait les mesures générâtes relatives à l'armement, ù l'habillement, au casernement
nom été ui des j et au campement des troupes. Seulement, Si l'armée occupait ' une province, dépendante de» attributions d'un autre ministre, c'est de celui-ci qu'émanaient les ordres de mouvement. H eu résultait une complication de rouages, du retard dans les affaires, et le danger de compromettre les plus simples opérations militaires. Sous les prédécesseurs de Charles IX, aucun ministre n'avait eu la signature , le roi signait ; le secrétaire d'État n'était cltargé que de l'exécution. Celui de la guerre se présentant plus souvent que les autres, celte assiduité devint importune au monarque : Villeroi l'abordant un jour dans cette intention au Jeu de Paume : • Signez pour moi, mon père , • lui cria Charles IX , et depuis en effet le ministre ne demandant plus la signature royale, les et m tes n'en marchèrent que mieux.
Henri III, par un «dit de septembre 1M8, détermina plus exactement les attributions spéciales du ministère de la guerre. Henri IV refondit les anciens édit*, qui n'étaient plus en harmonie avec les progrès de l'art, créa, en 1597 , des hôpitaux militaires, organisa l'armée sur un pied respectable, régularisa quelques services administratifs, fixa enfin le sort des ol liciers , sous-officiers et soldats , en leur allouant une solde et leur assurant des récoiiqienses et des pensions de retraite. LeTellier et Lou vois frayèrent, à leur tour, une carrière plus facile à leurs successeurs, a la mort de Louis XIV, le régent établit six conseils, dont un pour la guerre , composé de quinze membres , et présidé par VII- I a r s, innovation qui n'eut qu'une courte durée, les anciens mi» nistères ayant été rétablis en septembre 171», et Claude Le Blanc pourvu de celui de la guerre.
Le 3 novembre 1 7t>7 fut créé un conseil permanent de la gtterre, présidé par le ministre de ce département ; puis trois directoires spéciaux des subsistances militaires , de l'habillement et de C équipement, et de l'administration des hôpitaux. Tout cela dura jusqu'à la révolution de 1789 : l'Assemblée constituante remplaça le conseil de la guerre par un comité central. Le secrétaire d'État de ee département fut également chargé du taillon ( ou supplément de la taille ), des marécluuseées, de l'artillerie, des fortifications de terre, des haras et des postes , des pensions , dons et brevets des gens de guerre, et de tons les membres des étals-majors, k l'exception des gouverneurs généraux et des lieutenants de roi des provinces.
Les ministères, créés le 25 mai 1791 par une loi de l'Assemblée constituante, furent remplacés le 1er avril 1 794 pai douze commissions, dont trois rentraient dans les attributions de la guerre» C'étaient celles du commerce et des approvisionnements , en «j qui concernait l'armée; des travaux publics, en ce qui touchait au génie militaire; de l'organisation enfin et du mouvement des armées, levées, discipline et administration. Les ministères furent rétablis sous le Directoire. A celui de la guerre furent annexés un comile central d'artillerie, un du génie, un directoire de l'habillement, un des hôpitaux. Sous le Consulat, cinq membres du conseil d'État, tous généraux , présidés par un général de division, furent chargé* de la section de la guerre. Un décret du 8 mars 1802 institua un nouveau département, dont le titulaire reçut la dénomination de ministre directeur de r administration de la guerre, et dont les attributions furent détachéesde celles du ministre du département de la guerre.
Après l'abdication de Napoléon , le gouvernement provisoire confia, le 3 avril 1914, les divers ministères à des commissaires provisoires : celui de la guerre fut le général Dupont, qui le 13 mai prit le titre de ministre secrétaire d'Ltat delaguerrc. Une ordonnance royale, du 4 janvier 1828, institua un ministre secrétaire d'État de l'administration de la guerre, conféra au duc d' Angou I é m e la présentation aux grades vacants dans l'armée , et ne laissa au nouveau ministre que le contre seing (les nominations. Mats dés le 17 on revenait à l'ancienne' dénomination, et te général vicomte de Ceux reprenait le titre de ministre secrétaire d'Etat de la guerre. La présentation anx vacances resta tott-