GUERRE — GUERRE DE TRENTE ANS
Jours an prince. Après la révolution de juillet 1&30, nouveaux commissaires substitués proTiaoiremeot aux ministres; réorganisation de l'administration centrale de la guerre le 4 novembre 1840; nouveaux commisaires nommés temporairement après la révolution de 1*48.
An ministère de la guerre sont annexés tes sept comités consultatifs de l'éUl-major, de l'infanterie, de la cavalerie, de la gendarmerie, de l'artillerie, des fortifications et de l'Algérie ; un conseil de santé des armées ; une commission d'hygiène hippique; une commission mixte des travaux publics, etc., etc. Eug. G. ne Monclavk.
GUERRE (Petite), celle qui se fait par détachements, ou par partis , dans le dessein d'observer les marches et contre-marches de l'ennemi, de l'incommoder et de le harceler. Cette expression caractérise pins fréquemment un simulacre de guerre , dans lequel des corps «Tune même armée manœuvrent et feignent de combattre les uns contre les autres , en tirant seulement à poudre. Les troupes qui prennent I part à cet ex ercice sont empruntées soit aux garnisons et cantonnements voisins de remplacement où il a lieu, soit aux camps de manœuvres.
GUEHRE (Martoi). Il y a bientôt trois cents ans que se passaient les faits que nous allons brièvement rapporter d'après le Recueil des Causes célèbres; et Us ont encore aujourd'hui le même intérêt : en pareille matière la date ne fait rien à l'affaire. Martin Guerre était un habitant du village de Hendaye, dans le pays des Basques ; il avait épousé Bertrande de Rois, du bourg d'Artigat, an diocèse de Rieux, de laquelle il avait eu un enfant. Au bout de dix années de cohabitation, il quitte son ménage , passe en Espagne et s'y lait soldat, sans plus donner de ses nouvelles à sa famille. Ce n'est pas cependant que les aventures lui eussent manqué pour ajouter un peu de piquant aux détails purement personnels que sa correspondance aurait pu contenir. C'est ainsi, par exemple, qu'il avait assisté à la balai Ile de Saint-Quentin, où, par parenthèse, un boulet lui avait enlevé une jambe. 11 ne jutfea pas cependant pour pareille vétille devoir alarmer sa femme et ses proches. En revanche, il parait que, dans les longues causeries de leur vie d'aventuriers , il avait donné à un de ses camarades , nommé Arnaud du Thil , des détails tellement précis sur ses relations de famille, que celui-ci put, grâce à une ressemblance frappante, concevoir le projet de se Taire passer pour l'absent et jouir de tous ses droits. Il y avait huit années que l'on ignorait ce que Martin Guerre était devenu , quand un beau jour arrive à L'Artigat notre Arnaud du Thil, qui se présente effrontément à Bertrando de Rois comme son mari , revenant au bercail repentant et corrigé , partant bien décidé à ne plus aller chercher si loin le bonheur, tandis qu'il est. tout bonnement sous le chaume domestique. Huit années d'absence auraient pu, a la rigueur, affaiblir quelque peu les souvenirs de la femme Guerre à l'égard des traits de son mari mais la ressemblance d'Arnaud du Thil avec Martin Guerre était si grande, l'imposteur joua son rôle avec un si imperturbable aplomb, et profita si bien de toutes les confidences de son ancien ami , que Bertrande nltésita pas à voir en lui l'ingrat, le volage qu'elle pleurait depuis si longtemps, et que la réconciliation fut tout aussitôt complète. Comment ne s'y serait elle pas trompée, puisque les quatre sœurs de Martin Guerre et son neveu Pierre n'hésitèrent pas un instant à prendre pour lui Arnauld du Thil?
Les années s'écoulent paisibles pour l'imposteur, qui s'estime heureux de l'onlinairedédaigné parle vrai Martin Guerre. Tout allait donc au mieux, lorsque de mauvais bruits se répandent dans la contrée. Un lansquenet congédié , revenant de Rochefort, passe par L'Artigat, et parle dans les cabarets d'un Martin Guerre, qui en ce moment même est en Flandre, avec son régiment. La rumeur publique commente ce fait étrange, sans que Bertrande de Rois s'en préoccupe car elle est de bonne foi; et elle soutiendra au besoin, envers et « outre tous, qu'Arnwild du Thil est bel et bien son mari, Mai Un Guerre , ou le diable dans ta peau. Malheureusement pour l'imposteur, la fait coïncide ave» des démêlés
qu'il a avec son neveu Pierre, au sujet de comptes qu'il réclame de lui avec beaucoup d'insistance pour la gestion de ses biens pendant son absence; et Pierre, frappé, plus qu'un autre, des rumeurs provoquées par les récits du lansquenet, fait arrêter son oncle, à qui , sur une autorisation arr»cl«V a Bertrande , on intente un procès criminel. L'etnharrô* «lejuges rut grand; car les détails donnés par Arnauld du Thil sur l'enfance de Martin Guerre , sur tous les événements qui avaient précédé et suivi son mariage, étaient si exact* , si précis, répondaient si bien à ce que les membres des deux ramilles seules pouvaient savoir, qu'il était difficile d'admetue qu'il ne dit pas la vérité. Son signalement était d'ailleur* exactement le même que celui de l'absent; il n'y avait pas jusqu'à une cicatrice au front , un ongle du premier doigt estfoncé, trois verrues sur la main droite, une autre au petit doigt , une goutte de sang a l'œil gauche , qui ne s'y trouvassent à point nommé. Sur cent cinquante témoins entendus, quarante reconnurent dans Arnauld du Ttiil le vrai Martin Guerre, soixante n'osèrent pas se prononcer, cinquante, au contraire, le signalèrent pour le nommé Arnauld do Thil, «kl Pansette, du bonrg de Sagres. La perplexité des jusjes était sans bornes, quand arriva tout à coup de Flandre le véritable Martin Guerre , a qui , malgré sa jambe de bois , il fut aisé de faire constater son identité. Du Thil, confondu par un retour sur lequel il n'avait guère compté, essaya vainement de soutenir son imposture. Accablé sous le nombre des. témoignages, il finit par tout avouer, et fut pendu, le 16 septembre 1560 , par arrêt du parlement de Toulouse, devant la porte de la maison de Martin Guerre. 11 avait eu de Bettrandc une fille, à laquelle l'arrêt adjugea son héritage.
GUE RUE CIVILE, guerre intestine, guerre qui s'allume entre les citoyens d'un même État. Elle peut éclater aussi entre princes, compétiteurs à une même couronne, ou se combattant pour d'autres motifs, comme la guerre entre les deux Roses d'Angleterre, c'est-à-dire entre les maisons d'York et deLancastre, et la guerre du bien pu blic en France. Presque tous les pays, d'ailleurs, en oat offert des exemples. Elle a eu lieu encore assez fréquemment entre divers personnages puissants , qui se disputaient l'empire, comme entre Mari us et Syl la, entre César, Pompée et Crassus, entre Antoine et Octave; ou qui aspiraient à la fois an premier rang dans un petit État , comme on en a eu de nombreux exemples en Italie an temps des luttes des Guelfes et des Gibelins, des Blancs et de Noirs, des Glierardesca, des Visconti, des Bons cor si, desGonzague, des Doria, des Fiesqu e, etc. ; ou qui en venaient aux mains pour savoir seulement à qui resterait l'influence et le pouvoir, comme dans la Fr o n d e. D'antres pierres civiles ont divisé souvent des fractions du nWSue peuple, comme celle du Péloponnèse, la guerre anglofrançaise du quinzième siècle, la guerre delaVendéea la fin du dix-huitième , celle qui éclata , il y a quelques années à peine, entre deux portions do Valais, qui suivaient l'exemple donné par B&le-campagne et Bile-ville. Elles ont enfin armé les unes contre les autres certaines classes d'un même peuple, comme dans la Jacquerie et la guerre des paysan*.
GUERRE DÉFENSIVE. Voyez Dsrsssc (Art militaire).