‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 479 sur 614 · GUERRE DU NORD · texte numérisé non relu

GUERRE DU NORD

GUE R HE DU NORD. Foyes Nono (Guerre du). GUERRE DU PÉLOPONNÈSE. Voget Piton»-

Mise (Guerre du).

GUERRE MARITIME. Cherchons quel» principes doivent guider une nation dans une guerre maritime. Écartant d'abord l'esprit de conquête, qui n'est qu'un caprice sanglant, et dont aucune règle de probabilité ne peut saisir les chances, nous admettrons qu'une nation ne se décide à la guerre que pour défendre son territoire, protéger ses intérêts menaces ou attaqués, faire respecter sa liberté, sa dignité , sou honneur, ou soutenir un allié assailli par un injuste ennemi. Le territoire maritime d'un peuple se compose du littoral baigné par les flots de la mer, et de ses colonies. Ses intérêt* sont ceux de son commerce tout entier : il doit être libre de parcourir toutes les mers du globe , de demander k toutes les plages un asile pour ses vaisseaux battus par la tempête, des produits en échange de ses propres produits; nulle nation n'a le droit de l'arrêter par un qui pipe? et son honneur outragé réclame vengeance si son pavillon ne met pas ses navires ou ses comptoirs les plus lointains à l'abri d'une insulte ou d'une avanie. Quels éléments constituent sa force navale ? Ils sont de deux espèces, l'un matériel, l'autre personnel. L'élément matériel embrasse les porto, les arsenaux maritimes, ces forteresses flottantes que l'on désigne sous le nom générique de navires de guerre, et toutes leurs munitions. L'élément personnel comprend sa population maritime : il est excellent quand il suffit k recruter de nationaux les matelots de la flotte; Carthage tomba jiour avoir mis sa nationalité sous l'égide de soldats étrangers. Cette division donne sur-le-champ la mesure de la force navale d'un peuple. S'il est insulaire, si tous ou presque tous ses habitants sont marins, s'il n'est grand que par ses colonies lointaines, la marine est la base de sa puissance; les nécessités de son existence marquent seules la limite qu'il doit donner k cette force. S'd est continental et agricole , le commerce maritime n'a plus qu'un intérêt secondaire : sa force navale peut être une partie intéressante de sa puissance militaire , mais elle n'est plus le palladium de sa vie politique.

Cest le rapport entre les besoins d'une nation et son armée navale qu'il est important de saisir. Voici les devoirs de cette armée : Quand une guerre maritime se déclare, les dispositions k prendre sont : 1° mettre le littoral à l'abri d'une inculte ; ici l'année do terre concourt avec l'armée de mer : elle fournit des garnisons aux batteries des cotes et des colonies; la flotte doit être prête k fondre sur une escadre ennemie qui tenterait une descente. 2° Assurer dans les ports la rentrée des navires de commerce : ce devoir appartient h la marine; au moment où la guerre éclate, elle doit avoir des moyens de défense égaux aux moyens d'attaque de l'ennemi. 3* Si, malgré la déclaration de guerre, le commerce maritime continue, lui donner des convois suffisants pour le protéger. 4° Quand elle a pourvu à la défense, qu'elle devienne assaillante k son tour : l'ennemi aussi est vulnérable sur ses cotes, vulnérable dans ses colonies, vulnérable sur toutes les mers dans son commerce ; si l'on a des escadres de reste, qu'on aille le faire trembler jusque dans ses foyers , qu'on lui dispute ses colonies , et tant qu'un usage barbare maintiendra la guerre de course, qu'on lance de tous cotés h la chasse de son commerce des navires vites k la marche et des aventuriers que la soif du gain appelle à ia curée. Tel est le but que doit se proposer la stratégie, c'est-à-dire la science de la guerre navale. Envisagée de ce point de vue, elle devient une science difficile, qui embrasse k la fois et la connaissance de l'état politique d'un peuple , de ses ressources , de son caractère , de ses besoins, et aussi l'art des batailles navales, qui n'est plus qu'un appel aux moyens tactiques, quand tous les et forts stratégiques sont épuisés.

Envisageons maintenant les moyens de guerre dont nous di&posoQs, c'est-à-dire les vaisseaux et les matelots. La construction de la flotte n'est qu'une question de budget : tous

Page 1