HACHETTE
grand nombre d'articles de mathématique* et de physique dans le Journal de l'École Polytechnique, le Journal de Physique, le Bulletin de la Société d'Encouragement, etc. Il avait écrit, en 1814, \Ub et ISI6, d'excellentes notice* pour la Correspondance sur r Ecole Polytechnique, dont Poisson racontait ainsi la création : « Partout où il croyait découvrir quelque germe ou quelque esjtoir de talent, M. Hachette allait au-devant et taisait tous «es effort* ix»ur le développer. C'est dans cette vue qu'il eut l'heureuse idée de publier, sous le titre de Correspondance sur l'École Polytechnique, un recueil où les élèves consignaient leurs- aperçus , où les professeurs ne dédaignaient pas d'insérer des articles utiles aux sciences et à l'enseignement. » Cette sollicitude éclairée aida les premiers pas d'Arago.de Fresnel, de Petit, de Poisson et de tant d'autres, qui, bien différents de certains savants de nos jours, se montrèrent dignes de rattachement de Hachette en lui vouant celte touchante affection à laquelle il fut trop tôt enlevé, le lft janvur 1x34. E. Mmutti.
IIACMSCH ou HATCHICH, nom d'une préparation particulière qui produit chez l'homme un genre d'ivresse tout spécial et des sensations aussi singulières qu'inattendues. L'usage en est depuis longtemps répandu dans une grande partie de l'Orient, et surtout parmi les Arabes, pour lesquels cette substance est devenue un besoin presque aussi impérieux que l' o p i u m chez les Chinois et les Turcs, ou les laissons alcooliques parmi les Européens. Dans les auberges de la Perse, on en sert aux voyageurs pour les reposer des fatigues de la marche. Dans ces derniers temps, les Juntaisistes littéraires se sont beaucoup occupés des effets du hachisch, et surtout du soin de nous les décrire. Leurs feuilletons, complaisants comme de* réclames, ont engagé quelques intrépides amateurs à vérifier leurs dires ; cl voici en quels termes un expérimentateur rend compte des effets qu'il a eu occasion d'observer sur lui-même : « La première impression physique qu'on reçoive distinctement est celle-ci : un grand coup de bâton qu'on vous assène sur la nuque ; c'est l'initiation, et U faut convenir qu'elle est passablement turque. La transition de l'état normal a l'état d'extase consiste à seutir sa tète se détacher doucement du corps et prendre joyeusement une ère séparée de ce grossier amas de matières qu'elle n'a plus besoin de gouverner. La téle se soutient en l'air d'une façon fantastique, comme celle des chérubins dans les églises au milieu des nuages. Après quoi tout est bouleversé, et le désordre s'empare de l'esprit plus ou moins, selon les tempéraments et en raison de l'habitude. ■ Kssmpfcr, dans ses Amanttaies exvticx, rapporte qu'en ayant pris avec quelques amis, leur raison rut si troublée, qu'ils se crurent pendant toute la nuit entourés d'arcs-en-ciel et emportés sur des chevaux qui les entraînaient à travers le monde. Outre son action enivrante sur le cerveau, cette substance a encore une propriété spéciale bien connue des Orientaux, et qui donnne fréquemment lieu parmi eux à des accident* terribles.
Notre savant collaborateur Vlrey n'hésitait pas à reconnaître dans le nepenlhès dout parle Homère le hachisch des Orieutaux modernes : opinion qui tendrait à prouver que les effets produits par cette substance sur l'économie animale étaient connus dès la plus haute antiquité.
On obtient le hachisch d'une espèce dechanvre( contiabis indica), offrant au point de vue botanique une analogie presque complète avec le chanvre de nos contrées européennes. Il est probable toutefois que la haute température sous laquelle il se développe exerce une influence particulière sur la composition de ses sucs végétaux ; car des expérimentations multiples et rigoureuses ont démontré que le chanvre qui croit en France (cannabis saliva) ne Jouit d'aucune propriété analogue. Voici comment on prépare le hachisch en Arabie. On fait bouillir les feuilles et le* (leuis du cannabis indica, avec une quanti té d'eau donnée, en y ajoutant du beurre frais. On réduit jusqu'à coniisUnce sirut>eu>e : ou nasse et ou obtient uour tesidu «.!<•