HACHISCH
l'opératiou uu extrait gras, de couleur verdâtre, qui n'est autre que le beurre charge du principe actil de la plante. On emploie peu cet extrait à l'état de pureté ; on en fait surtout usage dans la confection de confitures, de nougats, etc., ©te. La préparation la plus employée, celle qui est même assez agréable au goût, lorsqu'elle est fraîche , a reçu le nom de dawamesc; c'est aussi celle qui se conserve le mieux, et que l'on peut dès lors se procurer le plus facilement en Europe. Les Aral>es y ajoutent souvent certains aphrodisiaques , comme la cannelle, k gerofle, l'opium, le dalura ou même la poudre de canthandee. La dose qu'il faut employer pour déterminer de* eflet* appréciables étiez l'homme est loin d'être toujours la même ; die varie en raison de l'âge, du tempérament et de la constitution des individus qui en font usage. Il n'est même pas rare de rencontrer des organisations qui s'y montrent complètement réfractaints.
Le hachisch doit être pria à jeun ou quelques heures seulement après le repas ; sans cela ses effets sont à jh?u prés nuU. Trente grammes de d(itrawie*r suffisent en uéwral pour produire l'effet auquel on a donné l'expression pittoresque et caractéristique de fantasia. Le plus «cuvent l'ivresse produite par l'emploi du hachisch dure quatre heures, dans toute sa force ; elle décroît ensuite d'intensité, et n'est complètement dissipée qn'au bout de vingt-quatre heures. Pendant les douze dernières heures, on ne conserve guère qu'une extrême propension à la gaieté. Dans le paroxysme de la crise, on croit jouir des objets ordinaires de ses vœux, et on goûte une félicité qui coûte peu, mais dont l'usage trop souvent répété altère l'organisation animale, dégrade jusqu'à la poltronnerie les individus doués auparavant du plus noble caractère, les conduit au marasme et bientôt à la mort. Pris au contraire à de longs intervalles, trois ou quatre fois par année, le hachisch n'a pas île suites fâcheuses, el produit rarement des accidents apoplectiques. Il n'est pas moins rare après avoir pris du hachisch de conserver la tête lourde et l'assoupissement comateux, résultat ordinaire des plus légers écarts de régime. Ajoutons encore que, parmi les propriétés les plus merveilleuses de cette substance, ou remarque que tout en modifiant profondément, en désorganisant même (du moins momentanément) les divers pouvoir» intellectuels, elle laisse parfaitement intacte la conseienee de soimême, et permet ainsi à celui qui est soumis à son influence d'étudier sur lui-même les troubles qu'elle suscite au sein des facultés morales , et d'être toujours maître de chasser les hallucinations eu prenant une limonade très - acidulée.
La plupart des écrivains qui jusqu'à ce Jour se sont occupés du hachisch et de ses singuliers effets n'ont pas manqué de remarquer que notre mot assassin est dérivé de l'arabe hachischin, nom que les Arabes donnent à ceux qui ont l'habitude de manger de l'extrait de chanvre, et dont la prononciation s'est altérée par l'usage. A ce propos U vieux de la Montagne et les fanatiques qu'il chargeait d'exécuter ses sentences de mort sont toujours rappelée avec complaisance {voyez Assassin).
Le docteur Moreau, médecin de l'hospice de Bicetre, qui s'est livré à l'étude approfondie des effet* physiques du ha-
chisch, dont il avait
l'analogie avec les
phénomènes du délire chez les aliénés , expérimenta sur lui-même la substance qui nous occupe, et fit pour f étude de l'intelligence malade ce que les philosophes de toutes les époques ont fait pour l'étude de l'intelligence à l'état sain, c'est-à-dire qu'il appliqua la réflexion, ou, ai l'on veut, l'observation intérieure aux faits de psychologie morbide. Du livre qu'il a publié sur cet intéressant sujet, il résulte qu'il n'y a pas seulement analogie, mais identité parfaite entre les effets dévelop|»é* par cette substance et les symptômes qui caractérisent l'aliénation mentale. A cet égard nous ne pouvons que renvoyer le lecteur au savant ouvrage dans lequel il a consigné le résultat de ses observations personnelle», et qui a pour litre : Du Hachisch et de l'Aliénation mentale (Paris, Isa»). F. Bamuuro.