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reçoit en outre 280,000 franc». Il y a trois ministre* respongables, et un conseil d'État de neuf grands dignitaire» choisis par l'cm|>ereur. Les dé|ienses sont évaluées à 19 millions et demi ; la dette publique à 32 million» ; le papier en circulation a 23 millions de francs. Dans un compte-rendu des finances publié en 1848, l'ensemble des dépenses était porté à 28,888,854 fr. 40 c.,ct les revenus k 21,014,504 francs. Le commerce, déjà fort languissant , fut entièrement paralysé en 184», par les fausses mesures du gouvernement, qui ne les a révoquées en partie qu'en 1850. L'armée, portée depuis 1849 à 20,000 hommes, a été augmentée d'une garde Impériale, composée de trois régiments d'infanterie et de plusieurs escadrons de cavalerie. L'équipement des troupes laisse beaucoup à désirer; l'état-major est trop nombreux. La marine militaire consiste en huit transports armés de 16 canons. Les écoles élémentaires sont en petit nombre; le lycée national de Port-au-Prince est encore peu fréquenté.
Haïti fut découverte le 3 décembre 1492, par Colomb, qui lui donna le nom d'Hispaniola et y fonda le premier établissement des Espagnols en Amérique. A cette époque elle était habitée par une peuplade indienne, qui pouvait compter un million d'âmes, et qui était gouvernée par cinq caciques indépendant*. Celle peuplade appartenait vraisemblablement a la tribu des Caraïbes ; elle fut bientôt détruite par les horribles traitements des Espagnols, surtout par le travail des mines et des plantations, auquel ils l'astreignirent. Dès 1533 elle avait presque disparu. Cependant plusieurs villes s'étaient fondées, entre autres Saint-Domingue, qui donna son nom à l'Ile; mais la colonie ne prospéra pas, quoiqu'on y eût déjà introduit des nègres. Les flibustiers s'y établirent , et avec leur secours il se forma des établissements français dans la partie occidentale de l'Ile, dont la France finit par prendre possession et qu'elle se lit céder par le traité de Ryswick ( 1697 )■ Cette portion de Saint- Domingue prit un rapide développement, et devint trèsflorissante, surtout depuis 1722; mais en même temps les relations des blancs avec leurs innombrables esclaves nègres et le relâchement de tous tes liens moraux jetèrent dans la colonie te germe de sa ruine. Le mélange de la race blanche avec la race noire engendra une foule de mulâtres, qui pour la plu part, traités avec prédilection par leurs pères et affranchis par eux, jouissaient des avantages d'une meilleure éducation que les blancs, sans parvenir à se placer vis-à-vis d'eux sur le pied de l'égalité. 11 était doue naturel que ces hommes, dont les prétentions étaient froissées par leur positon sociale, accueillissent avec enthousiasme la révolution de 1789, cl leur exaltation fut encore nourrie par la société française des Amis des Noirs et par la Société anglaise pour l'abolition de la traite.
La Révolution jeu la désunion parmi le» blancs eux-mêmes, qui se divisèrent en plusieurs partis ennemis ; comme les grands et les petits blancs ( propriétaires fonciers et artisans), les constitutionnels et les monarchistes, les partisans et les adversaires du gouvernement colonial. La convocation d'une assemblée coloniale en 1790, les querelles qui ne tardèrent pas à s'élever entre elle et le gouverneur, les irrésolutions de l'Assemblée nationale, qui tantôt accordait certains droits aux hommes de couleur et tantôt tes retirait, provoquèrent enfin un soulèvement. La révolte des mulâtres et des nègres éclata le 23 août 1791, dans tes environs du Cap Français; mais le danger ne put rapprocher les lAancs ni décider la mère patrie à prendre des mesures pour comprimer l'insurrection, qui poursuivit sa marche au milieu des plus terribles dévastations et des plus cruels massacres. L'imprudence des blancs, qui osèrent se mettre en hostilité ouverte avec le gouvernement de la république, assura même aux insurgés la coopération des représentants du peuple Polvcrel et Sanlbonax, qui avaient été envoyés il ans l'Ile comme administrateurs. Arec leur appui, tes Nègres se saisirent du Cap Français (21-23 juin 1793), dont- ils égorgèrent loule la imputation blanclte et qu'ils livrèrent au pillage ; puis, l'incendie gagnan t de proche en proche, presque tous
les colons lurent massacres ; très-peu réu»sirent» m mw En 1793, les Espagnols et les Anglais ayant attaque u. rolonie , les bandes des Nègres insurgés se joignirent «n troupes françaises débarquées dans llte sous le* ordre* du général Lavaux et leur rendirent les meilleurs sert ices coain les colons révoltés comme aussi contre les Anglais et ta Espagnols. Ces derniers durent céder a la France U prix orientale de l'Ile par la paix de Baie, et les premien, repoussé* pa.s à pas par les généraux Rigaud et Toomiol-
i L'Ouverture, à la tête des insurgés, furent conlraioti fè-
1 vacuer l'Ile en 1797.
Pour reconnaître leurs services, l'Assemblée natwnaaV, par décret du 4 lévrier 1794, proclamx lémaocipalioa te noirs dans tes colonies françaises et leur accorda le* tuhm droits qu'aux blancs. En même temps te Directoire nounu Toussainl-L'Ouverture général en chef de toutes les troupe» de l'Ile. Toussaint voulut se rendre indépendant; il doou une constitution à la colonie, le 9 mai 1801, et orgiaw le gouvernement avec sagesse. Pour te réduire a t'obeissis*-, te premier consul Bonaparte envoya à Saint- lK»t»çr, commccapitaiue général, te général Lecl e rc avec une an** de 25,000 hommes. Toussaint essaya de s'opposer u débarquement des Français; mais il fut repoussé dans l'intérieur et dut se soumettre. Arrêté par trahison, il (uteanm en France. Les colons qui avaient échappé aux mtstarm ayant voulu rétablir l'esclavage, une nouvelle inairralw éclata, sous la conduite du général nègre Des s al i n«». le troupes françaises , décimées par les maladies , qui »u>t enlevé te général Lecterc, furent forcées de se rembjrçwî. au mois de novembre 1803 , et furent ramenées en Fnon par Rocltambeau.
Avec leur départ cessa la domination des blancs à Saint- Domingue. Dessalines restitua à l'Ile son ancien bobmjraîbc de Haïti ( pays montagneux ), se fit couronner encreur, sous te nom de Jacques le 8 octobre IMH, «bus une nouvelle constitution, le 20 mai 1805; mais des le r | octobre il fut tué, dans une émeute provoquée par ie* I* bariea. A la tête de la conjuration étaient le général Henri Christophe et le mulâtre Alexandre l'etioa. I* cette époque l'ancienne haine se manifesta de noateaa «s* les mulâtres et les nègres; et c'est dans la ri vaille delà*1 castes qu'il faut chercher les causes plus ou moins aà/e> de toutes les luttes intérieures du nouvel État. Pétion, «o*** te chef des mulâtres, et Christophe, comme celui d»r> grès, se disputèrent l'autorité jusqu'en 1808. Le nasto de cette lutte fut rétablissement d'une république de nôtres au sud, avec Pétion pour président, et d'un Ùit «#< au nord, avec Cbristophe pour président et général eadtft En 1811 Christophe se déclara roi, sous te nom de Bnrir en même temps il proclama une nouvelle coretitul*» «** nouvelles lois, calquées sur les législations eur«<p«nir» doit reconnaître pourtant qu'il gouverna avec nabileté. Ha1 gré la paix qui régnait entre les deux États, ils étaient *«* par une liaine implacable, dont tes prétentions de h tauration française arrêtèrent seules l'explosion. Lelj* 1816 Pétion donna à la république une constitutif 1* abolit l'esclavage, reconnut la liberté de la presse et l»1*" ponsabilité des fonctionnaires, établit un pouvoir lefJ* composé d'une chambre de représentants et d'un seaA * confia te pouvoir exécutif â un président nommé a «•'*' mort, arrivée te 27 mars 1818, Henri cbetxba à réunir ta*" publique mulâtre â son royaume; mais te général msW Jean-Pierre Boyer, qui avait succédé k Pétion . dejou»* projets par sa sagesse et sa prudence. Henri lui-aié»*- 4B les révoltes des mulâtres da ses Étals avaient entnrs* des actes de répression trop sévères, et que ses <rt*j^ avaient rendu odieux, fut appelé, au mois de septeml»'< i!u • à combattre une nouvelle insurrection ; mais, abiado»»* *
j ses troupes et paralysé par une attaque d'auopkik 11
i réduit à se donner la mort, te 8 octobre 1820- Son v*0* a y ant reconnu le président Boyer, 111e entière ne fcfw r qu'une seule république ( 20 novembre ), sauf U pt«* F'
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tioo reconquise en 1808 par les Espagnols, qui secoua même le joug en 1621, et se soumit à Boyer en 1822.
L'indépendance du nouvel État, qui avait déjà été reconnue par les autres gouvernements, le fut aussi par la France en 1825, moyennant une indemnité de 150 millions de francs en faveur des anciens colons. Boyer, président à vie de la république , en verlu de la constitution du 2 juin 1810, ne négligea rien, depuis 1822, pour y répandre la civilisation et pour mettre surtout l'agriculture en honneur. S'il ne réussit pas, il ne faut en accuser que le génie de la population, les haines réciproques des mulâtres et des nègres et les charges accablantes imposées à l'État par le traité conclu avec la France. Ces charges , qui dépassaient les forces du pays, provoquèrent des mécontentements et des révoltes. Il est vrai que les sommes qui restèrent dues à la France furent réduites, en 1838, h 60 millions ; cependant depuis le mois de mai de cette même année il y eut de nouveaux troubles, qui aigrirent encore les querelles continuelles du président et de la chambre des représentants, et qui conduisirent enfin à une révolution, en 1843. Au mois de février une armée de 12 à 15,000 hommes se leva comme par enchantement , la guerre civile éclata et se poursuivit au milieu d'horribles excès jusqu'à la fuite de Boyer, qui se réfugia à à la Jamaïque (18 mars) et fut déposé. Un comité de salut public lut établi, et un gouvernement provisoire, ayant le général Hérard- Rivière à sa tète, fut institué pour fonder un nouvel ordre de choses. Mais au mois d'août 1843 une contre-révolution jeta le pays dans une complète anarchie, d'où il ne commença à sortir qu'à la fin de l'année. Le 30 décembre Hérard-Rivière fut élu président de l'assemblée nationale, qui adopta une nouvelle constitution, calquée sur la constitution des États-Unis, Une des principales dispositions de la nouvelle loi fondamentale portait que seuls les Africains et les Indiens avec leurs descendants jouiraient des droit» politiques et pourraient posséder des biens-fonds. La tranquillité commençait à se rétablir ; et la France consentait à entrer en négociations au sujet de l'indemnité, lors que, le 27 février 1844, une nouvelle révolle éclata dans la partie espagnole de l'Ile, où une république se constitua, sous le nom de République Dominicaine. Un des plus riches éleveurs de bestiaux de l'Ile, Pedro Sanana, en fut élu président. An mois de mars, Rivière marcha contre les révoltés avec des forces considérables; mais, affaibli par la désertion, il fut battu a Santiago, le 9 avril, et sa défaite replongea plus que jamais le pays dans l'anarchie. Un de ses généraux nègres, Pierrot, parent de l'empereur Chris toplic, se déclara indépendant au Cap Haïtien ; un autre nègre, J.-Jacqoes Acaau, suivit son exemple aux Cayes, el les partis recommencèrent à s'agiter à Port-au-Prince. Les partisans du président eux-mêmes finirent par l'abandonner, et élurent pour le remplacer un vieux général nommé Guerrier. Cette élection, qui eut lieu an mois de mai, assura la prépondérance au parti noir. Rivière se retira à la Jamaïque. Dans l'ouest, une insuirection de mulâtres, qui éclata en foreur de Rivière, fut comprimée, et Guerrier étant mort au commencement de 1845, la tyrannie s'accrut sous son successeur Pierrot. Mais son gouvernement dura peu. Il refusa de payer h la France les sommes convenues avant la réunion de toute la république, et le consul Levasseur quitta la résidence. Ce départ amena h chute de Pierrot, au commencement de 1846, Il eut pour successeur ( en février) Riché, vieillard de soixante-dix ans, qui par sa fermeté, son énergie et sa popularité, rétablit bientôt la tranquillité, el sut si bien adoucir les haines de races, qu'on permit même l'établissement des blancs sur le territoire de la république. Une amnistie générale fut accordée aux crimes politiques. Les finances commencèrent à s'améliorer, le corps des officiers fut épuré, les traitements furent abaissés, l'impôt des patentes élevé, les lois contre les contrebandiers furent rendues plus sévères, l'exploitation des forêts de l'État, proposée par le président, fut votée par le sénat.
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avec la France, les forêts de bois d'acajou ayant été engagées aux créanciers français. Une escadre française fut en-
[ voyée dans les eaux de Haïti ; mais elle dut bientôt se retirer, pour ne pas causer de nouveaux troubles.
Riclié mourut le 27 février 1847, el eut pour successeur le général nègre Faustln Soulouque , qui se mit promptement en mesure de soumettre la République Dominicaine. Sauf quelques escarmouches, l'année 1848 s'écoula pourtant assez (uiisible. Soulouque, obligé de songer d'abord à affer-
I mir son autorité a l'intérieur , triompha de l'hostilité des mulâtres de Port-au-Prince. Cependant la France avait reconnu la République Dominicaine et signé avec elle, le
! 22 octobre, un traité d'amitié et de commerce. Soulouque en prit occasion pour refuser le payement de l'indemnité
I Au mois de mars 1849, il marcha, à la tète de 20,000 hommes, contre les mulâtres de Saint-Domingue, obtint d'abord des succès signalés dans les combats de Las Matas et d'Ajua, où il paya bravement de sa personne et lit preuve d'une véritable capacité militaire; mais quelques-uns de ses subordonnés, entraînés par leur ardeur, commirent des fautes stratégiques qui faillirent compromettre le succès de cette campagne. Heureusement le général Soulouque s'était mis d'accord avec le président de la République Dominicaine, Jimenès. Celui-ci provoqua une diversion heureuse ménagée par la politique de Soulouque , et qui força Santana à revenir sur ses pas et à mettre le siégo devant Saint-Domingue. La ville se rendit le 24 mai , et Jimenès ayant pris la fuite, Bonaventure Baez fut élu président, sur le refus du libérateur Santana , le Lion Se Seybo.
Pendant quelque temps la paix fut rétablie entre les deux républiques. La découverte d'une conspiration nouvelle, en éveillant de nouvelles inquiétudes pour l'avenir, donna alors plus de force que jamais au grand parti de l'ordre et de la stabilité , ces éléments indispensables de la régénération des masses dans tout pays où l'état de l'instruction publique est encore défectueux. On était las des incessantes révolutions qu'engendre la forme du gouvernement républicain dans les jeunes États, et en se faisant proclamer empereur sous le nom de Faustin /"", Soulouque no fit que se rendre aux vseux de la majorité. L'établissement d'un gouvernement monarchique à Haïti a eu pour résultat une amélioration sensible dans la situation générale. De l'autre côté de l'Atlantique, où cet événement était un démenti éclatant donné à la propltétie suivant laquelle la République devait avant peu faire le four du monde, on chercha à tourner en ridicule les nouvelles instructions monarchiques données a Haïti par Faustin I«r,et surtout la noblesse dont il a entouré son trône. Les hommes vraiment politiques demeurent étrangers à ce misérable esprit de dénigrement, dans lequel d'ailleurs il y a toujours un peu du préjugé qui lait croire à l'homme blanc qu'il occupe dans la série des êtres un rang beaucoup plus élevé que l'homme noir, et que dès lors il y a usurpation de la part d'une race inférieure quand elle ose se donner les hochets qu'il croit être à son usage exclusif.
L'empereur Faustin 1", auprès duquel le pape accrédita un légat chargé de négocier un concordat, proclamé le 26 août 1849, a été sacré le 27 avril 1852 par le représentant du saint-siége , vicaire apostolique. Il a institué un ordre de Saint-Fanstin , destiné à récompenser le mérite militaire, et un ordre civil delà Légion d'honneur. Ccst un homme Agé aujourd'hui d'environ soixante-cinq ans , mais qui parait en avoir à peine cinquante. Entré dans les rangs de l'armée comme simple soldat, il s'est élevé par sa bonne conduite et son courage de grade en grade jusqu'à l'étninente dignité dont les Haïtiens, reconnaissants de ses bons lervices, et las d'ailleurs de l'anarchie, Pont investi. IIAKEM Ml, khalifes. Voyet Ohneiam».
IIAKEM-BEN-HILLAH ou HAKIM-BIAMRIL- LMI ( Ali-al-Maksomi-al- ), khalife fatimite d'Egypte, succéda à Aux, son père, et régna vingt-cinq ans. Il se livra à toutes sortes de cruautés et d'extravagances, et fut as- *a^siné par ordre de sa sœur, en 1021. AMiakem se disait