HARLAY — HARLEM
liasuile, entre dans la grande salle do parlement, et , après d'hypocrites doléances sur la mission pénible qu'il rient remplir, il se met en devoir de lire la liste des magistrats dont il est chargé d'opérer l'arrestation. A l'appel de son nom, Harlay se lève : « Je tous suis, dit-il au chef des Seize : ce sont des mains bien viles qui m'arrêtent, mais il est toujours glorieux de souffrir pour son roi. » Bussy veut continuer : « C'est inutile, s'écrie-t-on de toutes parts daus l'assemblée, nous nous regardons tous comme portés sur la liste. » Et cinquante magistrats s'élancent intrépidement à la suite de Harlay.
Le premier président racheta plus tard sa liberté moyennant une rançon de 10,000 écus, et se rendit à Tours auprès de Henri IV, devenu roi de France par la mort de Henri III. Il se dévoua à la fortune de ce prince avec une fidélité qui ne tint compte ni des foudres de Grégoire XIV, ni de» menaces «lu cabinet espagnol. A son retour à Paris, le Béarnais récompensa dignement ses services. Mais Harlay ne vit dans les faveurs de ce prince que de nouveaux encouragements à son zèle. Sa fidélité s'exhalait souvent en aveux pleins d'une liberté respectueuse, mais entière. Il affectait, dit un historien , de fermer les yeux sur des indices trèsfrappants d'hérésie, acceptait comme une profession de foi formelle un désaveu équivoque ; et lorsqu'il était forcé de punir, il bornait presque toujours la peine au bannissement. Il se démit de la première présidence en 1610, après trente-quatre ans d'exercice, et mourut le 23 octobre de la même aunce.
HARLAY DE SANCY (Nicolas), issu d'une branche collatérale de la même famille, fut successivement conseiller au parlement de Paris, ambassadeur de France en Allemagne et en Angleterre , capitaine des Cent-Suisses et surintendant des finances, emploi dans lequel il fut remplacé par Sully, dont il avait été l'antagoniste et qui dans ses Mémoires lui reproche des prodigalités. Né en 1546, mort en 1629, il changea plusieurs fois de religion, restant ea politique toujours attaclté à la cause royale.
HARLAY ( Achille dk ), baron DE SANCY , second fils du précédent, né à Paris, en 1 5s 1 , fut tour à tour prêtre, militaire, avocat et, sous la régente <:<• .Marie de Médicis, ambassadeur à Constantinople , d'où il se fit rappeler en 1617. Après avoir rempli plusieurs missions en Angleterre et en Savoie, il devint, en 1631, évéque de Saint-Malo, et présida en cette qualité les états de Bretagne trois ans après. Son nom est mêlé aux événements politiques de cette époque. Disgracié par le cardinal de Richelieu pour s'être opposé, dans l'assemblée du clergé de 1635, aux subsides extraordinaires demandés par la cour, il se consacra dès lors exclusivement à la direction de son diocèse, on il mourut, en 1646.
HARLAY DE CHANVALON (Nicolas oe), archevêque de Paris, neveu de François de Haiilay, archevêque de Rouen, né dans la capitale, en 1625, fut choisi par Louis XIV pour présider l'assemblée du clergé de 1660. Ce monarque le chargea en outre de la direction des affaires du clergé régulier, et le désigna pour la célébration de son mariage secret avec M'"' de Maintcnon. Recommandable par la noblesse engageante de ses manières et la tournure conciliante de son esprit, pasteur plein de lumières et de vigilance, il était plus renommé, disent ses contemporains, pour la prudence et la régularité de sa conduite extérieure que pour l'austérité de ses mœurs privées. Mort en 1695 d'apoplexie foudroyante , il eut pour successeur le cardinal de Noailles, évéque de Chalons. Il était de l'Académie Française.
HARLAY (Achille oe), petit-naveu du magistrat qui s'était rendu si célèbre au temps de la Ligue, naquit à Paris, en 1639. Conseiller, puis procureur général au parlement, il vendit sa charge en 1689, et succéda le 13 novembre de la même année an premier président Polier de Novion. Profondément versé dans l'étude de la jurisprudence et des belleslettres, il parut dans cette magistrature avec nn grand éclaL Sa sévérité, au moins apparente , de mœurs n'excluait point
chez lui l'adresse du courtisan; et sa compagnie, subjuguée par l'ascendant de son nom et de ses lumières, protestait pour ses avis um déférence qui tenait de la discipline. Mais c'est surtout comme homme d'esprit qu'il a laissé une réputation parmi les gens du monde. Ses bons mots et ses reparties ont été recueillis sous le titre d' Harlacana. Gallican zélé, il adressait un jour à Louis XIV des représentations sur on bref de la cour de Rome qui lui paraissait attentatoire aux libertés de l'Église. Ce prince ayant dit à de Harlay qu'on ne pouvait avoir trop d'égards pour les papes : ■ Oui , sire, répondit le magistrat, il faut leur baiser les pieds et leur lier les mains. » Un jeune conseiller, dont les aïeux avaient porté la livrée, ayant paru devant lui sous un costume d'une nuance peu sévère : « Monsieur, lui dit le premier président, il parait que dans votre famille on a bien de la pane à quitter les couleurs. » Il répondait à des comédien* qni, dans une requête au parlement, avaient pom penseront parlé de leur compagnie : « Ma troupe délibérera sur la demande de votre compagnie » L'architecte Mansard songeait à taire de son fils un président à mortier : « Monsieur Man*ani, lui dit de Harlay, veuillez ne pas mêler votre mortier avec le nôtre. » A une audience du parlement, une partie seulement des juges était attentive , le surplus causait on iJormait : • Si messieurs qui causent, interrompit le premier président, faisaknt comme messieurs qui donnent, mes* .wn qui écoutent pourraient entendre. ■ Il caractérisait ains les jésuites et les oratorios : « C'est un plaisir de livre avec les premiers, et un bonheur de mouriravec les derniers. . Ce magistrat attendait un jour à Versailles l'audience dt Louis XIV. S étant assis sur une banquette, il s'y endort profondément. Des pages malicieux profitent de son sommeil pour attacher sa perruque a la tapisserie. Le roi arrive; Harlay se réveille en sursaut, se lève, et, réparant, pour ainsi dire, par sa présence d'esprit le désordre de a coiffure : « Sire, dit-il, je comptais saluer votre majesté a premier président ; vos pages ont voulu que ce foi en enfast de chœur. » Il savait apprécier le mérite : ce fut sur tes instances que Louis XIV éleva d'Aguesseau, depuis chatcelier de France , au poste de procureur général du parinu ut de Paris. Harlay se démit de ses fonctions le 5 mai i:«7, et mourut le 23 juillet 1712, à l'âge de soixante-treize ans.
Le nom de Harlay s'est éteint en 1717 dans Achille, quatrième du nom , avocat général au parlement de Paro et conseiller d'État. A. Bocllxe.
HARLEM, jolie ville de la Hollande, communique avec Amsterdam et Lcyde par des chemins de fer et par des canaux. Elle est située sur le Sparen, qni se jette au midi dans le grand lac appelé mer de Harlem (voyez l'article suivant*. En 1572 elle soutint un siège terrible contre les Espuonis, commandés par Frédéric de Tolède , fils du dnc d'Albc Prisc le 13 juillet 1573, elle fut livrée aux plus effrayai** excès, malgré les termes exprès de la capitulation. Harkm se glorifie de l'invention de l'imprimerie, qu'elle attribues Laurent C o s t c r , personnage dont l'existence est restée fort équivoque, malgré les savants efforts de MM. Mcerman, Scheltcma et Koning , et dont la statue en marbre orne anjourd'nui la place du Marché. Au surplus, malgré ta faiblesse de cette prétention , Harlem n'en est pas moins une die éminemment littéraire. Elle possède une Société des Sciences fondée en 1752; la Société nationale Economique, érigée en 1774 ; et la Société Teylérienne , ainsi appelée de soo fondateur, Pierre Teyler vander Hnlst, mort le s avril 1779. Cest dans les murs de Harlem que naquit le savant philolopai Corneille Schrevelius. La virent aussi le jour ptusiea» peintres d'un grand mérite, tels que Nicolas van BerrtKtr, Philippe Wouvermans, van Ostade, ete. Francoi. Hais, néàMalines, en 1584, y passa toute sa vie. Ces artistes ont valu à Harlem le titre de seconde BoJaçnt- L'orgue de l'église de Saint-Bavon passe pour le plu» M instrument de ce genre qui existe au monde.
L'habile architecto van Campcn, Fauteur du plan *« l'hôtel de ville d'Amsterdam, était de Harlem, qui est enivre