HARMONICA 7<S
IIAHME.YSEN. Voyez Aruimus.
HARMODIUSet AR1STOGITON étaient deux jeunes Athéniens unis par la plus étroite amitié. Ils vivaient sous le règne des pisistratides Hfpparque et Hipplas. Le voluptueux Hipparquc séduisit la sœur d'Hanuodius; et, loin de cacher la faiblesse de sa victime, en révéla toute la honte dans une procession de vierges en lui interdisant l'entrée du Parthénon. Cette injure privée mit les armes anx mains d'Harmodius. Bientôt les deux amis associent un grand nombre de citoyens à leur complot ; des femmes trempent même dans la conjuration. Le jour de l'exécution est fixé aux Panathénées ; car cette fête réunit une foule de citoyens au temple , et la coutume permet d'y porter des armes. Au jour dit, ils se rendent au Parthénon, tenant à la main des branches de myrte, au milieu desquelles un poignard est caché. Us voient l'un d'eux parler bas a Ilipparque : serait-ce le complot qu'il révèle au tyran? 11 est temps de frapper. Ils s'approchent : Hipparquc tombe sous leurs coups ; mais il est aussitôt vengé , et le sang d'Harmodius se mêle au sien (l'an 513 avant J.-C). Aristogilon est réservé pour la torture. Interrogé sur le chevalet, il d<Vsigne comme ses complices les plus fidèles amis d'Hippias, et celui-ci les fait à l'instant conduire au supplice. • Eh bien , lui dit le tyran à la fin, te reste-t-il encore des scélérats a nommer? — 11 ne reste que toi , répondit le martyr de la liberté et de l'amitié. Mais je meurs content ; car j'ai fait servir tes mains à détruire tes amis. ■ Quiconque fut soupçonné d'avoir pris part a la conspiration fut traité avec une extrême rigueur. La courtisane Léna se distingua par sa constance à supporter les tortures : dans la crainte qu'un aveu ne lui fût arraché par la douleur, elle se coupa la langue avec les dents , cl la cracha à la face de ses hour» reaux. Quand, trois années plus tard, Clisthène eut délivré son pays du tyran, l'énergie et le nom de la courtisane furent consacrés sous l'image d'une lionne sans langue. On dressa sur la place publique une statue à la mémoire d'Harmodius et d'Aristogiton, honneur jusque alors sans exemple. 11 lut défendu de donner leurs noms a des esclaves, et ordonné qu'ils seraient célébrés à perpétuité dans toutes les Panathénées. Enfin, longtemps après la mort de ces jeunes citoyens, on chantait à leur gloire un hymne patriotique conservé dans Athénée. Hippolytc Fauche.
IIARMOMA. Voyez, Harmonie.
HARMONICA. Cet instrument de musique, d'origine allemande, a subi différentes modifications avant d'arriver au degré de perfectionnement où il est aujourd'hui ; il consistait d'abord en une certaine quantité de verres inégalement remplis d'eau, qui étaient placés par demi-tons dans une caisse longue d'un mètre. Après avoir humecté le boni de ces verres avec une éponge mouilée, on trempait les doigts dans l'eau, et en le* passant légèrement sur les bonis des verres, il résultait de ce frottement des sons mélodieux. Le célèbre Franklin remit cet instrument en vogue en 1700 ; lui-même y apporta des changements notables ; il lit fixer de petites coupes contenant une quantité différente d'eau dans un cylindre, on axe commun, placé horizontalement sur deux pieds, que faisait tourner une roue mise en mouvement par une corde attachée an pied du joueur. On humectait les bords des petites coupes avant de jouer en faisant tourner le cylindre , et en appuyant après légèrement les doigts aur les verres on obtenait des sons vibrants et sonores, ayant quelque analogie avec la voix humaine. Mi>e Davies, la première, fit connaître cet harmonica à Paris en 1765; depuis, on a beaucoup perfectionné cet instrument. La meilleure invention paraît être celle de M. Lenormand : elle consiste à placer parallèlement des lames de verre de différentes dimensions par demi-tons, et sur lesquelles on frappe avec un petit marteau de liège enveloppé de taffetas. Le clavi-cylindre de Chladni et le mèlodion de M. DieU sont des harmonicas perfectionnés. Ces instruments produisent généralement sur les sens un effet magnétique, ils sont très-peu répandus.