‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 568 sur 614 · HARMONIE — HA · texte numérisé non relu

HARMONIE — HA

car, au moyen du i cnv crsemcnt, ces notes peuvent être placées à d'autre» parties qu'à la basse. Elles doivent faire entre elles tels et tels intervalles prescrits par l'expérience, l'oreille et le goot. Si donc, en faisant entendre successivement plusieurs accords, on a soin d'observer les règles données sur la marclie des notes fondamentales, on est sûr que l'hannonie qui en résultera sera non-seulement agréable, mais encore exempte de vague et riche d'cllcU. On voit tout «l'un coup l'avantage d'un système aussi simple ; et lorsqu'on saura qu'il s'applique avec un égal succès à l'enchaînement des accords les plus compliques et les plus dis&onnants, qu'il n'y a pas un passage de nos auteurs les plus dilficiles qu'on ne puisse analyser et expliquer clairement avec le secours des règles qui en émanent, on s'étonnera de ce que ce système ne soit pas adopté pour l'enseignement dans les écoles publiques, quoiqu'il le soit par la presque généralité des artistes.

Il y a en harmonie des notes étrangères aux accords, sur lesquels elles ne font que glisser : ces notes se placent ordinairement sur les temps faibles de la mesure, ou entourent d'autres notes Intégrantes d'un accord , en formant une espèce d'ornement , de broderie mélodiques. Ces notes sont appelées notes de passage, petites notes ou apporta titres. Il en est d'autres encore qui se trouvent sur les temps forts , et qu'on nomme suspensions : leur nom indique asset qu'elles suspendent la note intégrante d'un accord pendant un certain temps de la mesure pour le faire entendre ensuite.

Les Grecs et les Romains n'ont jamais connu l'harmonie ; ce qui n'empêchait pas leur musique de produire quelquefois des effets sublimes , quoiqu'elle fût à l'unisson ou à l'octave. Après la chute de l'empire d'Occident, il ne restait de toute la musique des anciens que quelques psalmodies religieuses à l'usage des églises. L'harmonie ne fut inventée qu'au neuvième siècle. Elle se traîna rude, inculte et stationnairc jusque vers le milieu du quinzième siècle : c'était la seule musique que nous eussions alors ; et cette musique n'était même pas de la mélodie, car on ne pouvait appeler de ce nom des chants grossiers dépourvus pour la plupart de rhythme et de mesure. A partir de cette époque l'harmonie se perfectionna rapidement, grAcc aux talents de deux musiciens français, Oufay et Binchoir, et d'un anglais, Jean Dunstaple. Les élèves de ces mal 1res suivirent l'impulsion qu'ils avaient reçue, et depuis lors jusqu'à nos jours l'harmonie s'est progressivement enrichie et perfectionnée sous les différents maîtres qui se sont succédé. On a longuement disserté, vivement disputé, pour savoir a quel système «l'harmonie il fallait donner la préférence. Le meilleur système est celui qui facilite l'intelligence de la science et nous initie le plus promptetuent à ses secret*. l'our combattre le système de la basse fondamentale, Kirnbergcr avait imaginé je ne sais quelle théorie des prolongations. Catel s'en empara, et à son tour prétendit expliquer et enseigner l'harmonie par le calcul des intervalles ; source inépuisable d'erreurs et de coutradiclious. Ce système , qui n'a rien d'ingénieux ni de méthodique , n'offre aucune règle précise pour la marche de la batse , seul fondement de toute bonne liarmonie.

Nous aurons à parler ailleurs des modulations, partie importante de l'harmonie.

Il y a encore en musique différentes acceptions du mot harmonie. Il s'emploie pour désigner la masse des instruments à vent qui entrent dans la composition d'un orchestre, et, par analogie, on dit concert d'harmonie, d'un concert composé seulement d'instruments à vent, et d'inlruinenls de percussion, auxquels on joint ordinairement quelques contre-basses , excepté dans la musique militaire. On dit : L'harmonie d'un accord ou d'une musique, pour en exprimer la douceur. Harmonie est synonyme de con - ( re-point. On prend aussi quelquefois le mot harmonie comme synonyme de composition , mais c'est a tort : la cou>p3Mlion s'entend de l'invention d'une musique, avec le

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j secours de la mélodie, du rhylhme, de la mesure et de l'hannonie, tandis que l'harmonie ne s'entend que «le l'art de combiner les sons d'une manière agréable. Bscae*.

' HARMONIE (Rhétorique). Il faut examiner deux choses dans V harmonie du style: d'abord l'agrément du son en lui-même , ou la mélodie en général ; ensuite le son disposé de manière à devenir l'expression du sens. Nous appelons eup honte cette douceur de son dans le langage, et cacophonie \* rencontre de syllabes ou de paroles qui affectent désagréablement l'oreille. On doit éviter avec soin dans le choix et dans l'arrangement des mots le mélange des sons durs et choquant*. En outre , pour être harmonieux, le style doit avoir du nombre; il a besoin d'être coupé par des repos bien placés et plus ou moins sensibles, qui partagent les phrases sans les scinder, et en rendent la lecture facile et coulante; il faut que les divers membres d'une ocrio le. olus ou moins lonus. pinson moins cuaux. selon la nature des idées ou l'effet qu'on veut produire, se balancent entre eux et s'équilibrent , de manière à former un ensemble harmonieux et cadencé.

Le son quand il est adapté au sens produit des beautés d'un ordre supérieur. Il y a longtemps qu'on a remarqué qu'il existe dans les langues cultivées un accord secret, mais sensible, entre certains sons et certaines idées ou certains sentiments ; que les pensées sérieuses , les affections tristes, amènent des sons graves, lents , mélancoliques ; qu'au contraire la joie vive et pétulante s'exprime par des sons légers, rapides et brillants.

11 y a une autre sorte d'harmonie , qui appartient plus particulièrement à la poésie qu'à la prose, et qu'on appelle harmonie imitative; elle consiste dans un rapport de ressemblance entre les sons et la propriété des objets qu'ils expriment.

Sans doute l'harmonie est plutôt un ornement qu'une qualité générale du style ; mais c'est un de ces ornements qui concourent le plus efficacement au charme du langage; et l'on peut dire que sous .le rapport du nombre elle est une condition rigoureuse imposée à tous les ouvrages qui prétendent au mérite du style. Néanmoins, il faut éviter à cet égard toute espèce d'affectation, et ne pas se consumer dans le travail mécanique et puéril de combiner des mots et des sons. Auguste Husson.

HARMONIE, ilARMONIA ou HERMIONK. Les Grecs avaient personnifié Vfiarmonie, qu'ils supposaient fille de Mars et de Vénus. Son nom 'Apposa signifiait dans leur

I langue accord, union. Ils la donnaient pour épouse au fon-

I dateur de Thèbes, Cad m us, célèbre pour avoir apporté en Grèce l'écriture cl la religion. A les en croire, tous les dieux auraient assisté à leurs noces; Minerve et Vulcain lui auraient donné, suivant Hygin, un vêtement imprégné de tous les vices et de tous crimes; Vénus, un collier d'or, qui, passant dans les mains d'Ériphile, aurait causé la mort du devin Amphiaraùs. Junon n'assista pas à ce mariage, qui fut d'abord heureux , mais dont elle troubla la paix l>ar les désastres dont elle accabla les descendants des époux. Les noms de Sémélé, de Panthëe, d'Ino, de Laïus, d'Œdipe rappellent tous les malheurs de la fatalité. Cadmus, désespéré, fuit sa patrie, erra longtemps et aborda l'Ulyric, avec son épouse Harmonie, qui ne l'abandonna jamais. Croyant voir dans ses malheurs le résultat

| de la vengeance de quelque divinité protectrice du fameux

; dragon qu'il avait tué, il demanda aux dieux de le changer en serpent, ce qui lui fut accordé; et Harmoi.ic obtint de

I partager son sort. Un miroir étrusque la représente debout et nue, tenaut la lyre et le plectruiu, parée du collier que lui

I avait donné Vénus, placée entre Mars et Cadmus. HARMONIE (Table d'). Yoyet HsapKet Piabo.

| HARMONIE CÉLESTE on HARMONIE DES SPHÈ-

| RES , espèce de musique dont il est souvent fait mention dans les ouvrages des Pères et aussi dans ceux des anciens phi losophes, et qu'ils supposent produite par les moovemeii i s

| mélodieusement sonores des étoiles et des planètes. Celte

HARMO.MK CELESTE — HARMONIQUE

harmonie, que nous n'entendons pu, parce que nous y tommes habitués dès notre naissance, et qu'on ne saurait distinguer un son que par le silence qui lui est opposé, ou bien encore |«rce que l'harmonie du tout ne peut être perçue par nos organes à cause de la gravité des sons ; cette harmonie, disons- nous, était attribuée aux impressions variées et proportionnelles des globes célestes les uns sur te» autres, agissant à «les intervalles donnés. Suivant les anciens en effet il est impossible que des corps d'une aussi prodigieuse grandeur . se mouvant avec tant de rapidité, soient silencieux ; au contraire, l'atmosphère, constamment mite en mouvement par ces corps , doit rendre une série de sons proportionnelle aux impulsions qu'elle en reçoit. Par conséquent, comme ils ne décrivent pas tous le même cercle , non plus qu'ils n'ont pas tous la même rapidité de rotation , les différents sons provenant de la diversité des mouvements, et diriges par la main du Tout- Puissant , doivent produire la plus admirable symphonie et un ineffable concert. On supposait doue que la lune, comme la plus basse des planètes, correspondait à la note mi, Mercure à fa , Vénus à sol , le Soleil à la, Mars h si, Jupiter à ut, Saturne à ré; et l'orbite des étoiles fixes, comme étant le plus élevé de tous, à mi, ou à l'octave*

HARMONIE IMITAT1 VE. Lc< sons iinlralifs se retrouvent dans toutes les langues, d'une manière plus ou moins marquée ; c'est ainsi que nous avons gronder, murmurer, gazouiller, siffler, bourdonner, etc. ( voyez Osamatopée ). Un choix convenable de mots peut produire un son ou une série de sons qui aient quelque analogie avec ceux qu'on veut exprimer : comme le roulement du tonnerre, le mugissement des vents, elc. C'est l'heureux emploi de ces sons qui produit l'harmonie imitative. Elle est très-sensible dans cet hémistiche de Racine :

L'essieu crie et »e rompt...

Et dans ces vers de Victor Hugo :

J'entends dei canons sourdi les tonnantes volée*.

: « La e gou- » Un

Enfin, le son imite aussi les mouvements, en taut qu'ils sont lents ou rapides, doux ou violents, faciles ou pénibles.

Auguste llcssos.

II ARMOMQUE ( Mat hémat biques). Trois nombres *», b, c, sont dits en proportion harmonique lorsque le premier est au troisième comme la différence «les deux prenvers est à la différence des deux derniers, c'est-à-dire loisqiie l'on a la proportion géométrique : a : c a — 0:6 — c(i).

Par exemple, les nombres I2,R,4, 8001 011 proportion harmonique, puisque 12: 4:: 12 — o: 6—4.

Dans la relation (I ) , b al un moyen harmonique entre « cl c. On le déduit de ces deux nombres par la formu'c 2 ac

qui résulte immédiatement de la proportion. Pareillement , si on connaît a et b , trouvera

Le* cli meurs sut clameurs raclées.

Les chocs fréquents du fer, le bruit presse des pas.

Chateaubriand en lournit un bel exemple en prose lame se lève , elle approche , elle se brise ; on entend v entai I tourner avec effort sur ses gonds rouilles, autre poète imile ainsi le bruit prolongé du tonnerre

Et la foudre en grondant roule dans l'etcudue.

une proportion U relation

ab

ce nui résulte évide

at de

2 oo

où les extrêmes sont les deux nombres proposés, qnons aussi que les inverses d'une proportion tique continue l'on a :

Remar-

dans les autres proportions, on peut multiplier ou diviser tous les termes d'une proportion harmonique par un même nombre sans qu'elle cesse d'exister. Mais parmi les propriétés les plus remarquables des proportions harmoniques, il faut citer «elle ci : Deux nombres, leur et leur moyen arithmétique forment

Les inverses, — , a

a" a-f-2p'" a a + p a + P car l'antécédent du second rapport est égal h

le

a-r-8- «-HP* La formule (3) nous apprend à déduire le troisième te* me d'une proportion harmonique , c , des deux premiers , a et b; de même, en partant de 6 etc , on peut en calculer un quatrième, et ainsi de suite; on formera ainsi une progrtssion harmonique, dont les termes, exprimé* en des deux premiers , seront :

ab ab ab

etc.,

son

M'2^36'3a~^2T'4fl-a&' t la loi est facile a saisir.

La dénomination harmonique , appliquée à ces sortes de proportions et de progressions , nous vient des Grec*. I n? expérience faite à l'aide du monocorde nous que les longueurs des cordes qui donnent les sons ut , ré, mi, fa, sol, la, si, ut , effectivement représentées par les nombres

i 1 A 3 H ' 1 il ' 9» 5' 4' 3* i' li* 2 { Or, le moyen harmonique entre ceux de ces nombre* qui

; correspondent a ut et a son octave, savoir t et— est — qui correspond à sol; le moyen harmonique entre i{ul\

i et— (joOcst— qui correspond à mi; en continu mt =î

mode d'opération, on obtient tous les nombres de la série ( ■'. et le nom de proportion harmonique se trouve expbq'jc , par cette analogie, qui du reste n'est pas U seule du room* j genre que l'on pourrait citer.

La géométrie a aussi des division t harmoniques. Soi: une droite sur laquelle nous supposons un point O pn» | pour origine, puis du même côté de oc point trois aotxs | points, C , B , A , tellement placés que la ligne OA se trouve l divisée en trois segments liés par la condition OA : OC :: ! BA : CB; la division de la droite est dite harmonique C'est encore la même chose que précédemment ; car s» fw fait OA = a , OR = b, OC =c, on » BA — a — b et CB = b — c ; la proportion que nous venons d'énoncer re> irai donc à la proportion ( l ). Les division* harmoniques donnes! de belles propositions de géométrie, qui se relient a U théorie des transversales, et sont surtout féconde* es ce que la propriété fondamentale est conservée dan* U perspective et f»é.néralemenl de quelque manière que l'a» projette les ligures. E. Merijevv..

HARMONIE PRÉÉTABLIE. Voyez Pnrrr.s ( Harmonie ).

H ARMON 1 Q UE ( Musique) se dit de tout ce qui ; tient à l'harmonie. Lésions harmoniques ou fiutn tirésde certains instruments, tels que le violon elle vMoni-riV, par un iw.nvcincnt particulier de l'archet, qu'on appeoti «davantage du chevalet, et en posant légèrement le doigt t-vx certaines div irions de In corde, t

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