HARRIS — HA
de l'amirauté , et l'année suivante lord de la trésorerie , I fonctions qu'il résigna en 1765. Il resta alors sans emploi jusqu'à Tannée 1774, époque où il lut nommé secrétaire de la reine et intendant de sa maison. Après sa mort, parurent ses rhilosophical inquirtes( Londres, 1 783), qui contiennent une histoire de la critique, et des réflexions sur le goût dans la littérature ancienne et moderne. Lord Malmesbury , ftls de James Harris, a donné une édition complète des œuvres de son père ( Londres, 1601 ; 1 vol.). Cuampaouc.
HARRISON (Joim), inventeur des montres marines, naquit en 1693, i Foulby, dans le comté d'York, et apprit d'abord le métier de son père, qui était charpentier. L'état d'imperfection où étaient encore les montres attira son attention; et doué du génie de la mécanique, il inventa, en 1720, le pendu le compensateur. Après l'avoir appliqué avec le plus grand succès à deux hoi loges , presque entièrement construites en bois, il s'attacha sans relâche à perfectionner son invention et les montres en général. En 1736 il réussit & construire une montre marine , qui rendit de tels services dans une traversée à Lisbonne , qu'il obtint la médaille de Copier, réservée- aux inventions les plus utiles. Une seconde montre marine construite par lui fut mise à l'épreuve pendant le voyage autour du monde Tait dans les années 1764-1766 par John Dyron. Elle rendit des services tels, que John- Harrison crut pouvoir réclamer le prix de 70.QOO liv. st. (500 ,000 tr. ) olfert par la Société royale de Londres à l'inventeur de la montre marine la plus parfaite; mais son instrument n'ayant pas laissé plus tard que de donner quelques résultats inexacts , il dut se contenter de la moitié de cette magnifique prime. Harrison mourut en 1776. L'ouvrage qu'on a de lui, et qni est intitulé : Description containing such mechanism as wlU a/ford a true mensuration of time , prouve qu'il était resté complètement étranger aux lettres.
HARRISON (Wolum-Hknri), président des États- Unis en 1»41, né le 0 février 1775, dans l'État de Virginie, était fils de Benjamin Harrison , l'un des signataires de la déclaration de l'indépendance américaine. Orphelin de bonne heure et resté sans fortune, il entra en 1792 comme enseigne dans l'armée que le général Wayne conduisait contre les Indiens, sur les frontières nord-ouest de l'Union. En 1797 il était capitaine, lorsqu'il donna sa démission et fut nommé vice-gouverneur de l'Indiana. Député de ce territoire au congrès, il réussit à faire passer la loi relative à la vente à l'encan, et par petites parcelles, des terres appartenant à la confédération ; loi a laquelle les comtés de l'ouest sont redevables de l'état florissant où se trouve aujourd'hui leur agriculture. Celte mesure et quelques autres du môme genre lui valurent le surnom de Père de l'Ouest. Dans la guerre entreprise en 1BH contre les Indiens, et qui ne tarda pas à être également suivie d'une lutte contre les Anglais du Canada , Harrison fut appelé an commandement en chef de toutes les forces américaines , et At alors preuve de grands talents militaires. Le 5 novembre 1811 , il gagna la décisive bataille de Ti peeance, et reprit successivement les places dont les Anglais s'étaient emparés. Enfin, lorsque Perry eut anéanti, le
10 septembre 1813, les forces navales anglaises dans le lac Érié , il pénétra dans le haut Canada , où , le 5 octobre , il t;agna contre le général Proctor une bataille décisive, livrée sur les bords de la Tamise , et qui sur ce point mit un terme à la lutte. Alors il marcha en toute Itftte vers les frontières du bas Canada, pour y rétablir les affaires des Américains. Mais il ne tarda pas à être renvoyé dans l'intérieur du pays; mécontent de la mesure qui le frappait,
11 donna sa démission, le 5 avril 1814, et rentra dans la vie privée.
Membre du congrès dans la session de 1818, il parla vainement en faveur d'une meilleure organisation des milices , dont le système laissait alors beaucoup à désirer. En 1828 il fut nommé envoyé extraordinaire en Colombie; mais une lettre qu'il adressa a Bolivar pour lui donner des avis et des conseils sur sa politique engagea celui-ci à demander I mer. i>k m convEKs. — t. x.
RTZENBUSCH fsl
son rappel. Pauvre et sans ressource, on vit alors narisson réduit à remplir, pour nourrir sa famille, les fonctions de grenier près l'une des cours de justice de l'Ohlo, que quelques amis lui avaient fait obtenir. Ce que le parti wliig avait inutilement tenté en sa faveur en 1836 réussit en 1840. H fut élu alors, en remplacement de Van B n r e n , président des États-Unis pour les années 1841 à 1845. Mais un mois à peine s'était écoulé après son arrivée au pouvoir, que le président Harrison mourait, le 4 avril 1841, à la suite d'une courte maladie. C'était le premier président des État* Unis qui mourût dans l'exercice de ses fonctions. Le vice- président John Tyler le remplaça alors au pouvoir; et, aux termes de la constitution, celui-ci le garda pendant les quatre années pour lesquelles Harrison avait été élu.
H ART. Au propre, c'est le lien qui sert à attacher un fagot. Il se dit aussi de la corde qui sert à suspendre a la potence le criminel condamné à être pendu ou étranglé. Les anciennes ordonnances portaient comme formule sacramentelle cette locution, à peine de la hart, c'est-à-dire sous peine d'être pendu. Ce mol est ainsi devenu synonyme absolu des mots gibet ou potence.
HARTINGGAU. Voyez. Blahxenborc.
HARTLEY ( David), né en 1705, à Illingworth, étudia d'abord la théologie, puis la médecine. Après avoir successivement pratiqué à Nottingharo et à Londres, il mourut à Bath, en 1757. 11 est moins célèbre par ses ouvrages relatifs à l'art médical , que par un livre de philosophie intitulé : Observations on mon , his /rame , his duty and his expectations (2 vol. Londres, 1749), dont Priestley publia la dernière partie, sons le titre de Theory of human mind ( 1775). Hartloy fait dériver toute l'activité intellectuelle de l'association des idées, qu'il s'efforce d'expliquer au moyen d'hypothèses sur les vibrations des nerfs et sur un fluide aériforme du cerveau.
HARTM ANN VON DER AUE. Voga Au*.
HART'ZENIHJSCH (Joan-Eccesio), auteur draina-tique espagnol, est né le 6 septembre 1800, à Madrid, où son père, originaire des environs de Cologne, était venu s'établir comme menuisier.
Hartxenbusch , placé chez les jésuites, avait d'abord été destiné à l'Eglise; mais plus tard son père lui permit d'étudier la peinture et la langue française. Jusque alors il n'avait connu d'autres poètes que ceux de l'antiquité, quand une poétique du père Losada , qui tomba entre ses mains en 1821, lui révéla qu'il existait aussi un art poétique régulier dans sa langue maternelle, et il s'essaya à composer des sonnets, des romances, des silvas et des liras. Vers la même époque, il lui fut donné d'assister pour la première lois à une représentation dramatique; die produisit sur son esprit une impression telle, qu'il se mit aussitôt à dévorer les ouvrages de théâtre. Apres avoir traduit du français diverses comédies, il essaya d'arranger pour la scène quelques pièces de Calderoo. Mais pendant ce temps-là les circonstances avaient complètement changé. Son père, naguère aisé, avait perdu, par suite de la révolution de 1813, tout ce qu'il possédait ; et ce malheur l'avait fait tomber dans un état mental voisin de l'imbécillité. Le jeune Eugenio et son frère cadet durent alors prendre la varlope , afin de gagner leur subsistance et celle de leur vieux père , qui ne mourut qu'en 1830. Ce rude labeur n'empêcha pas toutefois Eugenio de continuer à traduire diverses pièces de théâtre de l'italien et du français et à arranger pour la scène quelques vieilles comédies du théâtre espagnol, dont deux furent représentées avec le plus grand succès.
La guerre civile étant venue lui enlever presque tout travail, il apprit résolument la tachygraphie , et parvint, en 1835, à se faire attacher comme sténographe à la rédaction de la Gazette de Madrid. Jusque alors il n'avait encore été que simple traducteur ou arrangeur; il se sentit â ce moment capable de créer quelque chose par lui-même, et choisit pour sujet de drame la légende populaire des Amants de Teruel. L'accueil fait à cette pièce (1830) décida de son
■Tenir. Dès lors il se consacra exclusivement à la littérature, et un emploi qu'il obtint plus tard & la Bibliothèque royale de Madrid lui assura une position uxe. En 1852 il a été nommé président du conseil des théâtres. Nous devons e/icore mentionner son ilrame Doiïa Mencio ( l»3s ) ; les coumlics La Rrdoma encan lada (1839); et La Ytsionana ( IS îo ) ; Ils drames AIJunso el Costa ( l»41 ) , l'iimero Yo ( 1* i2 ), llohoria( 18 à ) et El Uachiller Mendorias (1842) ; enlin la comédie La Coja y el Encogulu ( 1843). Lugenio Haitzeubusch a bien mérité, en outre, de l'ancien théâtre espagnol, par son édition critique du Tcatro escogido del M. Tirsode Molina (12 vol., t83l>-42). Il a réuni ses poésies diverses à ses dissertations en prose, sous le titre de Ensayos poelicos y articulas en pri>sa, lilerarias y de costutHbres ( I vol., 1843). La plupart des ouvrages de Hartzeiihusch .se distinguent par une imagination vive , un stylo énergique et une facture du vers harmonieuse. On y reconnaît facilement l'influence de l'étude particulière qu'il a faite île* anciens poètes dramatiques espagnols.
11AKUSIMCÈS. t'osez Auuspices.
1IAHVEY (Guillaume), médecin a qui l'on doit la découverte de la circulation du sang et de précieuses recherches sur la génération des animaux. Sans avoir joui de son vivant d'une immense renommée, comme Boerhaaveou liai 1er, sa gloire, fondée sur des rechenhe* patientes et de vraies découvertes, est aussi bnpéi L.> I io que celle de Newton ; et ce qui a le droit do nous étonner, c'est que Harvey ait pu accomplir d'aussi grands travaux au milieu d'une vie agitée par les révolutions politiques de son pays. Né en 1578, à Folkestonc, il voyagea sur le continent, étudia en Italie , où il eut jwur maître Fabrice d'Aquapendente, célèbre professeur de Padoue. 11 se fit recevoir médecin deux fois, d'abord en Italie, puis en Angleterre. Bientôt médecin de l'hôpital Barthélémy à Londres , et protégé par quelques personnages de cour, il devint médecin de Jacques I*r, puis de Charles 1", roi infortuné, dont Harvey suivit les vicissitudes, el auquel il garda sa fidélité.
Avant Harvey on avait tout au plus quelques idées obscures sur la circulation du sang; on savait vaguement, ou plutôt on le supposait , que le sang des ve in es éprouvait quelques mouvements, qu'il traversait les poumons, que le cœur le faisait mouvoir, etc. ; mais il y avait si loin de la à ce que nous savons pertinemment aujourd'hui sur la circulation, qu'on ignorait même que les artères renfermassent du sanu, et que le p oui s eût pour cause les battements du cœur.On croyait encore que les artères étaient remplies d'un fluide subtil , et , comme on le disait alors depuis Galien , d'esprits vitaux. Or, disait-on à Harvey , que voulez-vous que deviennent les esprits vitaux, si vous remplissez de sang les artères? Harvey répondit qu'il n'avait nul souci des esprits vitaux, qu'il ne les avait jamais tus , et n'y croyait point; mais qu'en les supposant même aussi réel* qu'il les croyait chimériques, il ne voyait pas pourquoi ils occuperaient les vaisseaux plutôt que les nerfs, ou pourquoi Us ne se mêleraient pas au sang des vaisseaux.
Comme Harvey énonçait que la même action du ovur qui pousse le sang dans les artères et l'y fait cheminer, le ramène au cœur par les veines, on lui objecta que, s'il en était ainsi, les veines devraient avoir des pulsations comme les artères. Harvey répondit que, pour être inégalement rapide, le cours du sang n'en est pas moins réel en tous ses vai -eain. Si pourtant la circulation veineuse est moins évidente et moins rapide que l'artérielle, ajoutait-il, c'est que du cœur jusqu'aux veines plusieurs obstacles ont ralenti le cours du samu Et d'ailleurs, les veines étant plu* spacieuses que U» artères, il est naturel que le cours du sang s'y montre plus obscurément; et à ce sujet Harvey cita l'exemple des fteuves, dont le cours semble se ralentir a mesure que leur Ut s'évase davantage. Mais, lui dit-on encore, si réelle» * le sang circule dans tous ses vaisseaux, pourquoi ne
MAUTZKNBUSCU — HARVEY
troove-t-on pas tous les vaisseaux remplis de sang sur le
cadavre? pourquoi alors les artères paraisaentelles vides 4 sang? Harvey, pris au dépourvu, fit à cette dernière objection d'assez mauvaises réponses : « Cependant, dUaît-41 loojours, le sang circule; U circule, et j'en ai pour preuve 1erganisntion même du coeur, ses battements, la disposition de ses valvules et des valvules de l'aorte et des veines ; j'en a pour preuve le pouls, la saignée, les bémorrhagies et kt minière dont on les arrête. Le cœur palpite, les artère battent, le sang jaillit ; et tous ces effets sont simultané* et patfaitement isochrones. Si l'on comprime une artère, le poali s'y perd au-delà de la compression, et il persévère du dit du cœur; mais si, au contraire, c'est une veine que l'« comprime , alors le vaisseau se vide entre le cœur et l'adroit comprimé, tandis qu'il se gonfle dans le bout opposé. • Dans sa première brochure, qui parut en 1619, Harvey f. représenter un bras bandé comme dans la sauvée, et mit simple figure, grossièrement dessinée, lui suffit pour démontrer la circulation du sang.
Nonobstant ces preuves, que Harvey rendit encore plus claires et plus nombreuses dans ses Exercxtatkmti de O cuitu Sanguinls, publiées en 1628, cette immortelle detauverte rencontra un grand nombre de contradicteur» et ifn crédules ; Primerose, Gaspard Hoffmann, et surtout RioUa, l'obstiné professeur de Paris, la combattirent avec acharnement, et non sans applaudissements publics. Mille sarrau» et quolibets circulèrent alors contre Harvey et ses parus» : c'est qu'il est dans la destinée des plus grandes vérités d"rtrf combattues comme erreurs à leur naissance, et d'aUira d'âpres critiques et parfois des persécutions sur len» » teurs. Les hommes de génie ne trouvent guère qoedesc* templeurs et des adversaires parmi les contemporain fit les jugent; Harvey l'a éprouvé comme Galilée; h crrasV tion du sang eut ses détracteurs comme le mouvement itu terre. Chaque 6iècle combat aveuglément les découvert qui font sa gloire; et ce n'est que dans l'eloignemenl A» 1 tommes et des choses qu'on leur rend enfin justice, l'admiration ou le mépris.
Cette grande découverte fit perdre à Harvey béants» d'années, par les attaques qu'elle lui suscita de U puts* la routine ou de l'envie ; elle lui fit perdre aussi tous malades, et nuisit à sa fortune : car on pensait qu'uni*'* assez systématique pour croire à la circulation du sang perdu à peu près toute sa raison. Cependant, quHf» hommes supérieurs, rendant justice à son génie, lutpcrw»dèrent d'appliquer sa sagacité et sa patience au* pk**mènes de la génération , un des plus obscurs pvohtaes a la vie. Précisément, son maître F. d'Aquapendente b» beaucoup appris à ce sujet , en l'initiant à ses recbsn»* sur la formation du poulet dans l'œuf. Alors Harvej r*»*de tirer parti pour la science de sa position près <Tm trahi par la fortune. Il lui demanda les moyens <k taire • grand ses ex|iériences physiologiques; et Cloras T * abandonna son parc de cerfs avec une magniikena royale, sans conditions et sans réserve, sacriiee»*!** un roi que les dissensions de ses sujets et les t*^ " couronne détournaient des plaisirs de la chasse cownr la dissipation des cours. Ses expériences tartes au b»*™ du parc de Saint-James, il éprouva deux grands raalV" dont il se montra inconsolable : la même catastrophe p mit Cromwefl sur le trône le priva tout è h W» « * bienfaiteur et de ses manuscrite. Forcé alors de s'étoèpff * Londres, la soutude et les loisirs dont il Jouit dans»*^ lui permirent de résumer ses derniers travaux : ce M *f qu'il écrivit ses découvertes sur la reproduction, sa» ■*' et presque sans aucun livre, si ce n'est no *risMt-J^?l dire toutefois que la perte de ses journaux loi fit ton* quelques erreurs; mais son ouvrage ( Kxrratnttemes ^ Gênera lione Anhnalium), tel qu'il l'a composé daa* « traite, n'en mérite pas moins toute noire estime; et f<** peut que gémir de la sévérité avec laquelle Buffon hj^j dans la préoccupation de son propre i