HASARD - HASTENBECK
plu» utiles inventions, bien plu* que l'expérience, l'analyse ou la synthèse : ce serait une histoire curieuse que celle des progrès que la science a ainsi faits, et que celle des grandes choses et des grands événements dont le hasard pourrait revendiquer l'honneur. S'étonnera-l-on maintenant que, dans son admiration pour cette puissance inconnue, l'homme l'ait de tout temps confondue avec la puissance providentielle?
On a appelé jeux de hasard ceux dans lesquels l'adresse ou la combinaison n'entrent pour rien : tels sont la plupart des jeux pour lesquels on se sert de cartes, le trente et quarante, la roulette, les dés, etc. Les jeux de hasard sont pour l'homme un leurre d'autant plus dangereux que le joueur n'a pas à y redouter la supériorité d'adresse ou d'expérience de son adversaire. Une saine morale les proscrit.
On qualifie aussi de hasard de la naissance les circonstances qui font naître un homme dans telle classe de la société plutôt que dans telle autre. La souplesse insignifiante du mot hasard a paru encore ici commode pour avoir l'air d'expliquer un phénomène inexplicable.
M. Libri, remarquant que le mot hasard ne doit être considéré que comme exprimant notre ignorance des vraies causes des phénomènes, a donné de ce mot une ancienne étymologic. En arabe, asar 9ignific difficile; les expressions azari, ad azarum, ludum azari se trouvent dans divers ouvrages italiens deJa lin dn moyen Age , où l'on traite d'un jeu avec trois dés, et s'appliquent aux points qu'il est le plus difficile d'amener, à ceux que l'on n'obtient que par hasard , comme on le dit encore.
HASCHISCH ou HASCHYCII. Voyez Hachisch.
1 1 A SE ( Ch arles-BenoIt ) , conservateur des manuscrits grecs et latins à la Bibliothèque impériale de Paris , naquit le 1 1 mai 1780, à Suiza , près de Naumbourg, où son père remplissait les fonctions de curé. Après des études préparatoires faites à Weimar, sous la direction de Rœtliger , Il alla suivre les cours des universités d'Iéna et d'Helmstœdt. En 1801 il se rendit à Paris, où , sur la recommandation de Villoison, il obtint, après la mort de ce savant (1805) , un modeste emploi à la Bibliothèque impériale, département des manuscrits grecs. En 1813, la reine Hortense le choisit pour professeur de ses fils, Napoléon- Louis , alors grandduc de Berg, et Louis- Napoléon, aujourd'hui empereur des Français sous le nom de Napoléon III, qui depuis 1848 a donné à son ancien précepteur de nombreuses marques de son reconnaissant souvenir , notamment en lui accordant en 1849 la croix de commandeur de la Légion d'Honneur; et, en 1852, en le faisant nommer professeur de graium comparée (chaire nouvelle) à la Faculté des lettres.
Kn 1 Hl 5 M. Hase avait été nommé professeur de grec deme à l'École spécialcdcs langues orientales ; en 1824, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; en 1830, professeur de langue et de littérature allemandes à l'École Polytechnique; en 1832, l'un des conservateurs administrateurs de la Bibliothèque royale, en remplacement deGail. On a de lui, outre une foule de dissertations insérées dans le Journal des Savants, dans le Journal Asiatique, dans le recueil des Notices et extraits de manuscrits de la Bibliothèque du Roi, des éditions de l'ouvrage de Lydns intitulé : De Magistratibus Romanorum, avec commentaires critiques (Paris, 1812), et des œuvres de Léon Diacre (1819). Il a pris une part importante à la publication de l'édition de la Byiuntinc, ainsi qu'à celle de la nouvelle édition du Thésaurus de Henri Estienne sortie des presses de MM. Firmin Didot.
IIASSIDÉENS. Voyez Cn*si»m.
IIASSL1 (Vallée et bailliage d'). Cette contrée, située dans la partie du canton de Berne qu'on appelle le Pays- Blanc, à cause des montagnes couvertes de neiges éternelles qui la sillonnent, est traversée par l'Aar et s'étend par de nombreux rameaux jusqu'aux glaciers. Quelque peu marécageuse dans sa partie inférieure, elle devient bientôt fertile, et ne cesse ensuite d'offrir à l\pil les plus ravissantes alter-
natives d'aspects enclianteurs et sublimes (c'est làqo>st située la fameuse cataracte de Handeck ), jasqn'à « qu'on atteigne les déserts sauvages du Grimsel avec lé Sieddbora, qui en est voisin , et où les Autrichiens et les Franc.au «< livrèrent une mémorable bataille, en août 1799. Le cheflieu de la vallée est le beau village de Meiringtnt»\et environ 4,000 habitants, au pied du mont Hassli. On troate près de là les belles chutes du Reichenbach et le glacier de Rosenlaui, où, il y a cent ans, les troupeaux venaient escore paître. Des traditions qui n'ont rien d'aotbealiquf foat descendre les habitants de cette vallée de Suédois m de Frisons orientaux , ou bien encore de Saxons et de Fret* transférés en Suisse par Charlemagne.
HAST (Armes d'). Avant l'invention des armes a tn et leur introduction dans les années modernes, on dansa* ce nom, dérivé du latin hasta, pique ou lance, à toute irw composée d'un fer trancliant ou aigu , emmanchée au but d'une hampe ou bâton plus ou moins long, comme h pique, la lance, l'épieu, le javelot, la sarrisse, lafalar^ que des anciens, l'esponton, le fauchard, la guîsarme, la hallebarde, la pertuisane, etc., à moyen âge. Les armes d'hast, faciles à manier, mouu m t eu ses, moins embarrassantes et plus meurtrières dus te combats, à distances rapprochée», que les autres arma, se sont toujours conservées et ont survécu à tous les da» gements introduits dans l'armement des troupes. La la" est restée en usage pour certains corps de cavalene- L'inranterie, chargeant à la baïonnette, emploie uac wio*k arme d'hast. On se rappelle quel parti les paysan* polonais , pendant l'insurrection de 1831 , surent tirer de leon faulx, et suppléer ainsi avec une simple arme fhasi m fusils qui leur manquaient.
HASTENBECK (Bataille d'). Haslenbeck est m* lage de la principauté de Kalenberg, dans le royaume «ie Hanovre, à peu de distance de la ville de Haineui. Il ertw lèbre par la bataille qui s'y livra le 26 juillet 1757, au a» m en cernent de la guerre de sept ans, entre les Frase», commandés par le maréchal d'Estrées, et l'armée auttohanovrienne, aux ordres du duc de Cumberland, quelle se composait de troupes hanovrienne*, hessaw. brunswickoises et pnissiennei, présentant un eflertif'l* viron &0,000 hommes. A l'approche du maréchal d'Ediw*le duc de Cumberland se relira derrière le Weser et euW son camp à Afferde, sa droite s'appuyant sur Hashubed. tandis que son centre , placé sur les liauteurs, était ewwt par un bois , et que son aile giuche était protégée par w redoute. Le 25, les Français s'avancèrent marchant v» V» sieurs colonnes , mais se contentèrent de reconnaître la i*sition de l'ennemi. Le 26, le maréchal d'Estrées fitaTantrr quatre brigades et son Infanterie légère contre ta r*"!* position de l'armée anglo-hanovrienne , dont la gand** attaquée per Chevert et culbutée. Le marquis de CoaW» chargeait en même temps la droite et emportait ie vtïatt d'Hastenbcck. Le prince héréditaire de Urunswiek. «p» avoir rallié, avec beaucoup de présence d'esprit, le» fwyafd», parvint pourtant à reprendre les batteries dont les a*^ s'étaient emparés. En même temps, le colonel flrwM1'*attaquait avec vigueur notre armée en Banc. On ace»*?" néralement alors en France le comte de MaiUcbois, 4» a» mandait la gauche , d'avoir à dessein , et poor perdre »* chef, laissé l'ennemi reprendre ainsi l'offensive. Ce taVI ) 1 de certain, c'est que celte abstention occasionna Ju déjarw dans nos rangs et favorisa la retraite du duc de Ciwi*1*'* Au dire des historiens allemands, au contait, 1» W* n'eût fait alors que s'engager réellement, et les t|J:rr auraient été pour l'armée coalisée, quand la làch* * duc de Cumberland serait venue lui faire perdre h*1 vantage obtenu par la bravoure et la décision (tu réditaire de Brunswick, lequel se serait trouvé de poursuivre tes succès. Un fait incontestable, ttil mouvement rétrograde opéré sur Hamein par fut** '• glo-hanovrienne, mouvement qui permit à l'armée Ht-
raise de rester maltresse du champ de bataille. Sa perte était de l,bOO hommes, tandis que celte des coalisés s'élevait au double. Le résultat de la bataille d'IIastcnbeck fut la convention de Kloster-Seven, signée le 8 septembre 1759, en vertu de laquelle le duc de Cumberland dut congédier une partie de ses troupes et abandonner aux Français Hanovre et Cassel.
II AST1NGS, vieille ville du comté de Susses, en Angleterre, devenue dans ces derniers temps très-fréquente pendant la saison d'été , à cause des bains de mer qu'on y a établis , est célèbre dans l'histoire par la bataille que Guillaume le Conquérant livra dans les plaines voisines, le 14 octobre 1060, à son rival Harold ; bataille qui décida du sort de l' Angleterre, en faisant passer la couronne des mains des Saxons aux envahisseurs normands.
II ASTINGS ( Warmen ), né en 1731, à Churchill , dans le comté de Worccster, où son père remplissait les fonctions de curé , est célèbre par l'un des plus ruineux procès dont fassent mention les annales judiciaires de toutes les nations. 11 fit ses études à Westminster et à Oxford, et obtint en 1749 un emploi d'expéditionnaire dans un des comptoirs de la compagnie des Indes. Aussitôt qu'il se fut rendu à son poste, il se livra à l'étude du persan et de tout ce qui se rapporte aux intérêts anglais en Asie. Par la suite, il servit, en qualité de volontaire, dans l'armée du colonel Clive, lorsque celle-ci reprit possession de Calcutta. En 1761 il fut nommé membre du gouvernement du Bengale ; mais quatre ans après il revint en Angleterre, où il s'occupa de sciences et de littérature. 11 sollicitait la chaire de langue persane à l'université d'Oxford , lorsque ses talents et ses connaissances spéciales attirèrent l'attention du parlement, et le ministère l'envoya alors à Madras, avec une provision, pour prendre le gouvernement de cette présidence. En 1772 il devint gouverneur du Bengale, et fut nommé en 1774 gouverneur général des possessions anglaises dans les Indes orientales. Il remplit ces fonctions pendant treize années , au milieu de circonstances difficiles et critiques , et réussit à agrandir et à consolider la puissance de la compagnie aux dépens des princes indigènes. Cest pendant son administration que l'Angleterre eut à lutter contre le célèbre Hyder-Ali et ensuite contre son frère, le courageux Tipou-Sacb. Le traité de Mangalore, conclu le 11 mars 1784, mit momentanément un terme a la guerre, qui, malgré les sacrifices qu'eue avait nécessités, valut à l'Angleterre des accroissement* de territoire considérables.
Un tel résultat ne put toutefois être obtenu sans de nombreux actes arbitraires et sans quelques concussions. Warren llastings , en élevant les revenus de la Compagnie de trois millions sterling à cinq millions, s'était assuré l'impunité pour toutes les violences , les illégalités et les déprédations qu'il avait pu commettre. Cependant, lorsque lord North dut quitter le ministère , ses adversaires s'efforcèrent d'entraîner dans sa chute ses différentes créatures, llastings fut donc rappelé en 1785, et se vit bientôt enveloppé dans un inextricable réseau d'accusations. Les principaux orateurs de l'opposition, Fox, Uurke, Sheridan, etc., se portèrent ses accusateurs. On lui reprochait d'avoir commis pendant sou administration une foule d'actes arbitraires et tjranniques, d'avoir extorqué des sommes immenses, et causé la ruine de plusieurs princes indigènes. Le 17 février 1786 Burke présenta l'acte d'accusation devant la chambre des communes ; l'affaire fut renvoyée an mois de mai de l'année suivante i la chambre haute, et le procès s'ouvrit le 13 février 1788, dans la grande salle de Westminster. Warren Hasllngs échap|»a a la détention préventive en fournissant caution. Les longues formalités qu'entraîne un débat judiciaire devant la eliambre haute , les lenteurs qui résultent pour toute espèce de procès plaidé devant cette juridiction, les continuelles interruptions qu£y apportent nécessairement les travaux politiques de cette assemblée, retardèrent le jugement. Un grand nombre de griefs exposes dans l'acte d'accusation exigèrent de minutieuse* enquêtes et l'audition d'une foule
- BASTINGS tôt de témoins qu'il fallut faire venir de llnde. Plusieurs discours prononcés par les accusateurs durèrent des jours entkrs;enlin, le ls avril 1794, la chambre haute tenait sa centvingtième séance comme cour de justice, sans que l'affaire rot encore terminée. L'opinion publique, quelque prévenue qu'elle eût d'abord été par les grands talents des accusateurs, avait fini par se prononcer avec force en faveur de l'accusé.
Quand lord Cornwallis fut revenu de l'Inde, cet homme d'État, qui avait dirigé en personne et sur les lieux mêmes j les investigations les plus rigoureuses, se prononça complètement en faveur de Warren llastings. Il signala avec force les grands et incontestables services qu'il avait rendus au pays, en lui conservant, par les mesures qu'il avait *u prendre, ses colonies des Indes orientales, à une époque où la défection des colonies américaines n'offrait qu'un exemple trop encourageant aux autres possessions transmarincs de l'Angleterre. Le témoignage impartial rendu par un colonel français, du nom de Gentil, que Warren llastings avait expulsé de l'Inde, produisit aussi un grand effet et aida puissamment a la défense. Enfin, au commencement de l'année 1795, lord Thurlow proposa que chacun des membres de la cour, interpellé sur la question de culpabilité, eut à répondre, à haute et intelligible voix, sur son lionneur et sa conscience. La majorité se prononça pour l'acquittement ; en conséquence Warren llastings, qui avait entendu à genoux la lecture de l'arrêt, fut/envoyé des fins de l'accusation et condamné .seulement aux dépens. Ils sVlexaieut à la somme de 71.0S0 livres stcrl. (1,777,000 fr.). L'Étal pour sa part eut à supporter en outre 100,000 livres sterling (2,500,000 fr.) de frais laissés à sa charge. La compagnie des Indes dédommagea Warren Ha^tiu-gs en lui accordant une pension de 4,000 livres sterling (100,000 fr.) ; et alin du récompenser ses longs services, elle lui lit compter mm somme de 1 14,000 livres sterling (2,850,000 fr.), à litre d'arrérages, qu'elle fit remonter à viugt-huil ans. l*a foule d'objets précieux que Warren llastings avait rapportas de l'Inde, j parmi lesquels on remarquait le trône du souverain indigène 1 du Bengale tout couvert de pierres précieuses, un lit et une douzaine de fauteuils en ivoire massif et d'un travail exquis, avait donné à penser qu'il possédait d'immenses richesses. Mais à sa mort, arrivée le 22 septembre 1818 , on reconnut tout ce qu'il y avait d'exagération dans ces rameurs publiques. Warren llastings , qui pendant toute la durée de son administration se montra le protecteur télé des sciences et des lettres, était sous tous les rapports un homme distingué, bon architecte, habile ingénieur et même quelque |hmi poète. Parmi les ouvrages qu'on a de lui, nous citerons . Narrative 0/ the tate Transaction at Benares (1782); Hcviavo/ the Stute o/Bengal (1786); The présent State nj the hast lndtcs (1786); et Speech in the high court of justice in Westmtmter Hall.
HASTINGS ( Fn urcis KAWDON, marquis de), homme d'État anglais, descendait d'une ancienne famille normande établie depuis longtemps en Irlande, fié en 1754, il fut élevé à Oxford, et servit avec tant de distinction daus la guerre contre les insurgés américains, qu'a l'Age de vingt-trois ans il était déjà lieutenant-colonel et que bientôt après il devint adjudant-général de lord Cornwallis, commandant en chef des forces anglaises en Amérique. Revenu en Angleterre en 1782, il hérita dix ans ajirès du titre de comte de Hunlwjdoii, que lui légua un de ses oncles , puis en 1794 , à la mort de son frère, du titre Atcomte de Atoira, et enfin de celui de marquis de llastings, du chef de sa mère, héritière d« sa maison. 11 prit part ensuite, pendant les guerres de la révolution, a diverses expéditions en faveur des émigrés lrançais, combattit en 1799 le projet de réunion de l'Irlande avec l'Angleterre , et, quoique toujours membre de l'opposition, devint l'un des amis du prince de Galles (plus tard Georges IV), qu'il réconcilia avec son père, en 1805. En 1 81 4 le prince régent lui confia les fonctions de gouverneur générai des Indes orien laies, où il vainquit les Pendaries, le prince d«s Maltraites Sandrah et les montagnards du Nepaul. A son retour de
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l'Inde ( 1 »23), Il eut à soutenir dans la chambre haute de taonibreuses attaques dirigées contre les acte» de son administration, s'en tira avec honneur, et Tut nommé en 1824 gouverneur à Malte. Il mourut, le 28 novembre 1826, dans la rade de Baie*
Il ATCI1ISCII on HATCICII. Voyez Hachisch.
HATTICHÉRIF, HATTISCHERIFouKATTCHÊRIF, c'est-à-dire lettre sublime. C'est le nom que les Turcs donnent aux rescrits du sultan. Les hattichérifs sont rédigés en langue turque et écrits en dhcâni, écriture arabe à l'usage de la chancellerie Au-dessus du texte est placé en signe d'authenticité du rescrit le monogramme entrelacé du sultan, d'ordinaire en noir, quelquefois en rouge et souvent en Mires d'or. Ce monogramme entrelacé s'appelle Tougra ou nischdnickerif, c'est-à-dire signe sublime, et le fonctionnaire qui l'écrit , Mschdndji , c'est-à-dire signataire. Le hatlichérif^lont il a été le plus question de nos jours a été celui de Gulhané ( voyez Ottoman [ Empire ] ).
ÎIATZFÉXD, famille originaire du pays de Hesse, et qui se partagea, vers le milieu du douzième siècle, en deux brandies : celle de HatzfeldWildenberg,ei celle de Itatzfeld- Wildemberg-Hessen. C'est à cette branche qu'appartenait Melehior m IIatzff.ld, qui à l'époque de la guerre de trente ans se signala comme général au service de l'Empire, et fut le créateur de la grandeur de sa maison. C'est aussi à celte branche que, en 1741,1a roi de Prusse conféra le litre de prince; et en 1748 l'empereur lui accorda la même dignité. Cette ligne princière principale étant venue à s'éteindre, en 1794, ce ne rut qu'après de longues difficultés judiciaires que François-Louis se Hatzff.ld , possesseur du majorât de Wildemberg. Schcenstein, parvint, en 1803, à se faire mettre en possession de la seigneurie invnédiate de l'Empire et de la dignité de prince qui y est attachée
François- Louis dk Hatztei.d, né en 1756, avait d'abord été au service de Maycnce ; plus tard il passa au service de Prusse , y obtint le grade de lieutenant général , et prit sa retraite en 1807. C'est à lui que se rattache le fait suivant, qu'on a beaucoup trop fait valoir comme acte de générosité de Napoléon. Berlin ayant été évacué en 1806 par les troupes prussiennes, le gouverneur de la ville et ministre d'État , comte de Schule-mbotirg-Kehncrt, confia à son gendre, le prince de llatzfcld , la direction des affaires , en lui ini|K»sant l'obligation d'adresser tous les matins un rapport au roi sur la situation de la capitale. Le 24 octobre, à cinq heures du malin, par conséquent sept heures avant que lavant-garde française fût arrivée à Berlin , Hatzfcld manda au major Knesebcck de l'état-major général « qu'il ne savait rien d'officiel sur l'année française, si ce n'est qu'il avait vu une proclamation adressée par elle aux magistrats et aux habitants de l*otsdam. Les Français , ajoutait-il , disent que leur corps d'armée est fort de 80,000 hommes ; mais d'autres assurent qu'il n'atteint pas le chiffre de 50,000 hommes. On a remarqué aussi que les chevaux de la cavalerie paraissaient exténués de fatigue. » Cette lettre tomba entre les mains de Napoléon, et Hatzfeld fut arrêté le 28 octobre. Sa femme alla aussitôt trouver l'empereur, qui lui dit : « C'est vous-même, madame, que j'établirai juge de la question. Si la lettre est réellement de votre mari, il est coupable; » et il lui tendit la lettre. La princesse , à la vue de l'écriture de son mari , ayant paru consternée, l'empereur lui remit la lettre en ajoutant gracieusement : « Gardez la lettre, madame, et Je n'aurai plus de preuves contre lui. Ramenez-le à votre hôtel , il est libre désormais. >
Par la suite, le prince de Haltzfeld fut chargé de différentes missions diplomatiques. Cest ainsi qu'en 1815 ce fut lui qu'on choisit pour aller porter h Paris la lettre par laquelle le roi de Prusse se justifiait au sujet de la capitulation du général York. Plus tard, il fut nommé ambassadeur près la cour des Pays-Bas, et en 18Ï2 près celle d-; Vienne, on il mourut, le S lévrier U27. Son lilre de prince passa à son fils, Fredéric-Jlcman-Antoine, né en
rîÂtJBEàt
1808. Le frèrede celui-ci, le comte Marimllten de Hatzfeld, né en 1813, a embrassé la carrière diplomatique, et réside à Paris depuis 1849, avec te titre de ministre plénipotentiaire du roi de Prusse.
HAUBAN. Pour soutenir les mâts des navires contre le vent et contre les secousses des vagues, on imagina de fixer à leur tète de forts cordages venant prendre leur point d'appui sur la muraille du navire. Les peuples de la Méditerranée se servirent de rordea en chanvre ; les pirates de la Norvège et de l'Armorique tressèrent pour cet usas»: de grosses lanières en cuir. Ces cordes sont les haubans ; afin de les roidir à volonté, on y adapta un appareil analogue à celui des moufles. Ce moven s'est conservé jusqu'à no* jours ; seulement il s'est développé avec les progrès de la corderic et «les constructions navales. On peut ramener à quatre toutes les forces qui tendent à rompre le mât, qu'elles résultent soit de l'action directe de la voile . soit des ébranlements du navire : deux longitudinales dans le sens de la quille, l'une tirant lo mat vers l'arrière, et l'autre vrrs l'avant; deux transversales perpendiculaires à l'axe. La première est la plus faible : contre elle un cordage suffit ; à bord des vaisseaux, on en met deux pour plus de sécurité : on les nomme Hais; mais contre la seconde et les deux dernières on a multiplié les appuis. Les vaisseaux à trois ponts ont jusqu'à neuf haubans de chaque bord ; leur résultante générale, en même temps qu'elle s'oppose aux trois forces qui restaient à contre-balancer, appuie, aussi, fortement le pied du mât contre le fond du navire. Il fout avoir vu un vaisseau au milieu d'un coup de vent, sur uae mer agitée, pour se représenter quels efforts les haobant ont à soutenir : aussi n'épargne-t-on rien pour les affermir. Les cordes dont on les fait sont fort grosses et de première qualité ; elles sont fixées a la muraille par de longues chevilles en fer, et le premier soin du marin est de les maintenir toujours roides. Plus l'angle que le hauban fait arec le mât est grand, plus grande est sa puissance : de là, quand la construction navaleeut adopté lesnavires à muraille rentrante, elle fut obligée d'écarter les haubans à l'aide d'arcsbotitants ou d'une platc-lorme saillante, qui prit le nom de portC'haubans.
Dans ces derniers temps , on a essayé do remplacer les cordes en chanvre par des cordages en fil de fer et tur des chaînes : l'expérience a repoussé cette innovation. Une lieoreusc modification est venue corriger les inconvénients ifcanciens haubans en conservant tous leurs avantages leur partie inférieure porte maintenant une crémaillère en fer : ainsi le hauban reste élastique à son sommet ; il se ruidit, ou, comme disent les marins, il se ride, avec une facilité extrême, au moyen de la crémaillère; enfin, il ne crahit plus le feu des canons, qui souvent embrasaient sa base Depuis l'introduction dans la marine des cabestan» à empreinte, où les chaînes de fer les pins grosses s'enroulent comme des cordes, on a pu remplacer les crémaillères inférieures par des chaînes enroulées sur de petits cylindre*, tournant sur un axe horizontal, qni les rôidissent à volonté. Théogène Pacf, c»piuinc de «ai
HAUBERGEON, haubert des écuyers, et moins riche que celui des chevaliers. Cette ancienne arme défensive, en usage pendant toute la durée dn moyen âge , consistait en une espèce de cotte, ou de chemise de mante, faite de plusieurs petits anneaux de fer.
11AUBEHT, nom qu'on donnait autrefois à une cotte de maille, à manches et gorgerin, qui tenait lien de hansse co), de brassarts et de cuissarts. Elle était ornée d't rapièce d'étoffe, bordée des armoiries du chevalier. Les écsryers n'avaient pas droit de porter le haubert. Foucbet croyai trouver l'étymologie de ce mot dans le latin atbus, blanc, les mailles en étant, disait-il, blanches et polies. Du Gang le dérive de l'allemand hals-berg (défens» du cou ), que U basse latinité traduit par halsberga, atbergtllttm, avsàer* gotum, osbergum.
| 11 A L'Util T { Fief de). Voyez Fisr.