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dence la valeur des destitutions prononcée
par la révolte
et des investitures qu'elle confère ». Bientôt on l'accusa d'être le soldat de la politiques |>ersonaelle du président, et il eut de vifs démêlés avec le général Changamier. Une maladroite circulaire à la gendarmerie avait pu faire penser qu'il voulait faire de ce corps d'élite une succursalle de la préfecture de police; aussi fut-il rudement attaqué par M. Cartier, dans un rapport conlidentiel resté célèbre. Triste orateur du reste, il eut parfois le privilège d'égayer à la façon du maréchal Soult les séances de l'assemblée : c'est ainsi qu'un jour le général Lamoricière ayant demandé que la gendarmerie fut obligée d'acheter des chevaux français, le général d'Hautpoul soutint que les gendarmes devaient être montés sur d'énormes chevaux, et qu'il leur fallait de grosses bottes et des chapeaux galonnés pour infliger de plus loin le respect de la loi. Enfin, après le trouble que de bruyantes revues militaires avait causé dans les esprits et après de nouveaux démêlés avec le général Changamier, il dut se retirer, le 21 octobre 1850, et le Journal des Débats l'accusait d'être un « esprit plus soucieux de (aire du neuf que de maintenir la discipline et la bonne organisation de l'année ». Chargé alors d'une mission temporaire comme gouverneur général de l'Algérie, il n'en garda pas moins son mandat de représentant, quoique la constitution déclarât ce mandat incompatible avec toute fonction salariée. Il se vit d'ailleurs rappelé dès le mois d'avril suivant, et continua de voter avec la majorité. Après le coup d'État du 2 décembre I8il, le général d'Haut poul, qui s'était empressé de se mettre & la disposition de l'Elysée et qui avait fait partie de la commission consultative , fut nommé membre du sénat, avec les lucratives fonctions de grand référendaire.
HAUTPOUL (Marie-Constatt, marquis n ), frère aîné du précédent, né en 1780, au château de Lasbordc*. en Languedoc, fut élève de l'École Polytechnique et de l'École d'Artillerie de Metz. Admis en 1803 comme sous-lieutenant dans l'artillerie à cheval, il fit avec distinction les campagnes d'Allemagne, d'Espagne ctde Russie, et fut nommé par Napoléon baron de l'empire. En 1813 il assista à la bataille de Lutzen comme lieutenant-colonel de son arme, et fut chargé pendant l'armistice de diverses missions diplomatiques ; mais une blessure grave qu'il reçut à la bataille de Dresde le mit hors de service. Lors de la Restauration , il se rallia à la famille de Bourbon. Promu maréchal de camp en 1818, il fut nommé en I82S inspecteur général de l'artillerie. A l'époque des journées de juillet 1830, il défendit avec le général Latour-Maubourg l'Hôtel des Invalides, et se retira ensuite dans ses propriétés près de Blob. En 1833 il alla pendant quoique temps remplir a Prague les fonctions do gouverneur du duc de Bordeaux ; mais n'ayant pu faire admettre ses idées par la famille royale, il revint en France, où il est mort, à Toulouse, en janvier 1854. L. Locvn-. HAUT-RELIEF. Voyez Bas-Relief.
HAUT-RHIN (Département du). Voyez Ruin (Haut-). HAUTS LIEUX, dans la Bible, est le nom donné a des endroits fort élevés , solitaires, d'un accès difticile, où les Hébreux, méconnaissant les preuves éclatantes que le Très-Haut ne cessait de leur donner de sa puissance et de sa bonté, se rendaient fréquemment , a l'insu de leurs chefs, pour satisfaire leur irrésistible penchant à l'idolâtrie. Enfin, 1» lot de Moïse vint interdire ces sacrifices particuliers ; elle voulut , pour ramener le peuple Israélite à l'unité, que le vrai Dieu, l'unique Dieu, Jéliova, n'eût qu'un seul temple, et, pour couper court d'avance aux sectes et aux hérésies , qu'une seule famille tôt attachée au ministère des autels. Telle est l'origine du temple de Salomon, qui surpassa en beauté tous les sanctuaires de l'univers. Dès lors les Hébreux commencèrent à abandonner le culte des faux dieux , qui avait eu tant d'attrait pour eux, et désapprirent le chemin des hauts lieux, qui jusque alors avaient reçu tant de fois la visite de leurs tribus errantes. HAUY (Rk*é-Jcst), minéralogiste et physicien célèbre, honoraire de la cathédrale de Paris, membre de
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l'Académie des Sciences , naquit à Saint-Just ( Oise ), le 28 février 1743. Son père, qui exerçait te métier de tisserand, ne pouvait guère s'occuper de son éducation; heureusement le prieur des l'rcmontrés de sa ville natale s'intéressa a lui, et l'envoya a Paris, où il dut se contenter pour vivre d'une place d'enfant de chœur dans une enlise du quartier Saint» Antoine, llaûy devint du moins bon musicien; il était fort aur le violon et sur le clavecin, instruments qui charmèrent ses loisirs pendant toute sa vie. Enfin, grâce au tèle de ses prolecteurs de Saint-Just, il obtint une bourse au collège de Navarre, où, après avoir fini ses études , il devint maître de quartier, puis régent de cinquième. C'est dans ce collège que Brisson lui fit prendre quelque gofit pour les expériences de physique ; mais il ne les répétait que par délassement. Plus tard, il passa comme régent de seconde au collège du cardinal Lemoine, où il se lia d'amitié avec le savant et modesle Lhomond. Lhomond aimait la botanique, Haùy étudia cette science, devint botaniste distingué. Il se prépara avec des soins extraordinaires un herbier dans lequel les fleurs conservaient leurs couleurs.
Le Jardin des Plantes était voisin de «on collège. Un jour qu'il s'y promenait, ii entra écouter une leçon de minéralogie que faisait Daubenton : à l'instant, il prit la résolution de se livrer avec ardeur à l'étude de la nature des minéraux, de leur construction, etc. Sa perspicacité lui fit bientôt découvrir une grande lacune dans l'enchaînement des méthodes à l'aide desquelles les naturalistes prétendaient expliquer la contexture, la formation des minéraux. 11 s'étonnait avec raison de ce que les fleurs, les fruits, les corps de* animaux, quoique composés de corpuscules mobiles, offrent constamment les mêmes formes et les mêmes couleurs, le même développement, tandis que des minéraux de même espèce se présentent sous des formes et des volumes divers. Cependant, les principes constituants d'un sel, d'une pierre, sont dépourvus de mouvement, et leurs formes doivent être plus simples que les atomes qui constituent une rose, etc. Eh bien , les naturalistes n'avaient encore rien publié que l'on put donner comme réponse satisfaisante à des observations si piquantes et si justes : la gloire de la découverte des lois véritables de la cristallographie était réservée au fils du tisserand de Saint-Jnsl. Toujours préoccupé de ces idées, voici à quelle occasion il fit lé premier pas dans la carrière qu'il devait parcouru* d'une manière si brillante. Se trouvant chez un de ses amis, il eut, dit Cuvier, l'heureuse maladresse de laisser tomber un beau groupe de spath calcaire cristallisé en prismes. Un de ces prismes se brisa de manière à présenter sur la cassure des faces non moins lisses que celles du prisme entier, et qui présentait l'apparence d'un cristal nouveau, tout différent du prisme pour la forme. Ayant ré|iété cette expérience et fait les mêmes observations : • Tout est trouvé, s'écria-t-il, les molécules du spath calcaire n'ont toutes qu'une seule et même forme, celle d'un rhomboïde ; elles ne formen t des cristaux différents qu'en se rompant diversement. » Ayant cassé d'autres cristaux, il trouva que les molécules élémentaires sont pour te grenat un tétraèdre, dans la pyrite un cube, etc. , d'où il conclut que tous les cristaux sont formés d'éléments identiques*
Pour s'assurer si les vrais principes de la cristallographie étaient trouvés, il fallait les soumettre au calcul; mais Haùy avait oublié le pen de mathématiques qu'on lui avait enseignées. Il ne se rebuta point, et dans peu de temps il apprit autant de géométrie qu'il lui en fallait pour le guider dans ses découvertes. Lorsqu'il jugea que sa découverte était suffisamment élaborée, il en fit part a Daubenton , qui, en appréciant toute l'importance, le sollicita avec empressement d'aller la présenter a l'Académie. Cette illustre assemblée le combla d'éloges, et en témoignage de satisfaction, il fut nommé professeur-adjoint de botanique au Jardin des Plantes. Il reçut encore une preuve bien plus flatteuse du cas qu'on faisait de lui. La Grange, Laplace, Lavoisier, Fourcroy, etc., allèrent au collège du Cardinal-
qui faisait prendre une face toute nouvelle à la muWriiog),..
Suivant les statuts de l'ancienne université , Ici nanti avaient droit à la pension de retraite après vingt au dt ^ fessorat. En I7R4, Haùy avait fini sa tache. Alon ton au Lhomond lui conseilla de prendre sa retraite et de w donner tout entier à la culture des hautes sciences: il suivit cet «a. Il vivait paisiblement, dans sa retraite du Caidinal-Leawiat, de sa modique pension et du produit d'un petit bénéfice, quand la révolution éclata. Esclave de ses croyances et k ses devoirs, ayant refusé de prêter le serment que le* novateurs exigeaient des membres du clergé, il fut privé de u pension et de son bénéfice. Après la journée do 10 tuât, des hommes se présentent dans le réduit qu'il occupe, h I lui demandent s'il n'a pas d'armes à feu : « Je n'en u qu'une, répondit-il, la voilà ». Et en même temps il tireuse : étincelle de sa machine électrique. Cette réponse les décos ! certa un instant ; mais après avoir bouleversé ses papier;, ses collections, ils le traînèrent dans le séminaire de SaiXj Pirmin. Dans sa prison, Haùy rencontra de nombreu\ a»ii ! 11 fit venir des cristaux, et ses occupations reprirent km cours ordinaire. Cependant, ses amis du dehors, appréciant le danger de sa position, se mirent en devoir tfobtesîr sa délivrance. Des membres de l'Académie, des profo«<ir> , du Jardin des Plantes, etc., n'hésitèrent pas à solliciter sa grâce; clic fut accordée. Aussitôt, Geoffroy, élève du prisonnier, vole à SaiatrFirmin avec an ordre d'tiargisaewst Qui le croirait? Comme il était un pen tard, liauvrookl passer encore celte nuit dans sa cellule. Le lendemain il fallut presque l'en extraire de force. Ce jour était l'amiveille du 2 septembre ! Depuis lors , il ne fut plus inquu* 1 Une fois seulement, on le fit comparaître à la revue de«a 1 bataillon; mais on le réforma aussitôt sur sa ruaDTaiseiniK. j L'année suivante (22 septembre 1793), U Convenu* I* i nomma membre de la commission des |ioids et inemrs, et conservateur du cabinet des mines en 94; Lorsque Liv* j sier fut arrêté, lorsque Borda, Delambre, furent destin», j ce fut Haùy, prêtre non assermenté , remplissant ton» k» [ jours ses devoirs religieux, qui n'hésita point a écrire « leur faveur, et, chose étonnante pour une telle époque, il n'eut point à s'en repentir.
Le savant cristallographc fut nommé professeur <k wt néralogic au Muséum d'Histoire Naturelle le 9 décembre I si- Dès lors cet établissement commença a prendre une for* toute nouvelle; les collections prirent un accroiwemeat npide. Le professeur, dont les démonstrations étaient *» hcides, compta dans son auditoire des minéralogi4es ait» rus de tous les points de l'Europe. H était d'une cm** sauce parfaite : l'étudiant le pins humble était comme le personnage le plus savant et comme le pi» t* gnste; car il a eu des élèves de tous les rangs. Lor** d fondation , l'université porta le nom de Haùy sur la d'une de ses facultés , sans exiger qu'il donnât desta^* mais Haùy, ne voulant pas d'un titre illusoire, appelait cl^ lui les élèves de l'École Normale, et les initiait ****** crets. Peu de temps après , des lois sur le cumul lui ér* perdre une pension devenue incompatible avec un traite»* d'activité. Ccst ainsi que Haùy se trouva réduit an *« nécessaire.
Une chute que fit Haùy accéléra sa fin. Dans cet ko** il se cassa le col du fémur .- un abcès qui se forma u*^ l'articulation rendit le mal incurable. Il expira le 3 juin !•*• & l'âge de soixante dix-neuf ans, ne bissant à sa faotifr f"f tout héritage qu'une magnifique collection de cristal» * toutes les variétés, que les dons de presque toute P^1'* I Moulant vingt ans avaient portée à un degré de riches f n'avait point d'égal. Cette collection a été acquise p* " Muséum d'Histoire Naturelle, et se trouve dans » * précède la galerie de minéralogie.
Les principaux ouvrages que nous a laissés Hast «*> un Traité de Minéralogie, publié en 1801, en 4 wto** in 8% et un atlas de planches in-4° : l'auteur en au* **» an public nue sorte d'extrait en 1797. A l'époque d»n*
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naissance de* éludes folles dans les collège», Hsuy fut diargé , par le gouvernement de rédiger un Traité élémentaire de Physique. Malgré Usa vastes conuaissancea qu'il avait des matières qui «ml du ressort de la physique, il se crut au-des- «ou» de la tache dont on voulait l'honorer : il ne se décida : a la remplir que sur le* instances de l'abbé Kmory, l'ancien supérieur de Saùit-Sulpke. La Physique de Hauy ne ton- j lient aucune découverte notable dont on puisse lui faire honneur. Son livre n'en est pas moins, digne des plus grands éloges : c'est assurément un de ceux qu'on a écrits sur la matière avec le plus de oottelé, d'ordre et de précision.
Tcys&èdrc
IIAL'Y ( Valihtix ) , frère du précédent , fondateur de La ; première institution ouverte à l'enfance des aveugles-Dés, naquit à Saiut-Just , en Picardie, le 13 novembre 1745. Ame- j né a Paris, fort jeune pour y faire son éducation, il se sentit | particulièrement porté vers l'étude de* Langues et des divers systèmes d'écriture. Cette propension décida d'abord de sa carrière : il eulia dans les bureaux des affaires étrangères, et y fut employé a traduire les pièces officielles et La correspondance chiffrée. C'était le temps où l'abbé de l'Épéc éveillait la curiosité publique par ses tentatives pour déve- I loppcr riulcJligence des sourds-muets; le jeune Ilaùy par- i ta^eail le sentiment géuéral eicité par le* premiers succès j du digne instituteur. Quand ses travaux le lui permettaient, 1 il se rendait auprès de lui, etsuivait avec attention les pro- | grès de ses élèves. On croit que ce fut en assistant à ces '. exercices que lui vint la première idée de faire participer j au bienfait de l'instruction une autre classe d'infortunés , laissée jusque là dans un triste abandon, les aveugles.
Quoi qu'il en soit , cette généreuse pensée une fois entrée dans son esprit, il s'y attacha avec force comme à tout ce qui l'occupait , et recltercba soigneusement dans la biographie de quelques aveugles-nés distingués tous les moyens iuiagiués par eux pour mettre à leur portée les connaissances du clairvoyant. 11 a raconté lui-même la circonstance singulière qui l'amena à ce qui est proprement sa découverte : Huit à dix pauvres aveugles, des lunette* sur le net, placés le long d'un pupitre qui portait de la musique , exécutaient alors dans un lieu public une symphonie assez discordante, mais à laquelle la situation des concertants donnait un vif intérêt : la foule des promeneurs s'arrêtait autour de cet orcliestre, alors nouveau : dans le nombre se trouva un jour Hauy, qui, toujours occupé de son projet, se demanda si l'on ne pourrait pas remplacer pour ces malheureux ce vain simulacre île partition qu'ils plaçaient devant leurs yeux fermés. « L'aveugle, se dit-il, connaît les objets à la diversité des formes , il ne se méprend pas à la valeur d'une pièce de monnaie; pourquoi ne distinguerait-il pas un ut d'un tôt, un a d'un /, si ces caractères étaient rendus palpables?» Telle est l'origine du mode spécial d'instruction créé par Hauy; ce fut ainsi qu'il en reconnut la base ingénieuse et simple, qui consiste à remplacer toujours par un signe en relief, offert au doigt do l'aveugle, le signe simplement tracé pour l'œil du clairvoyant. Parvenu & ce point, I il chercha patiemment les moyens matériels de réalisation d'une théorie à peine élaborée ; et enfin, pourvu de lettres, de chiffres , rendus sensibles au toucher, il s'enquit d'un élève pour en faire l'essai pratique.
Il avait quelquefois questionné un jeune aveugle, appelé Lesûeur, qui, dépourvu de toutes ressources, mendiait A i la porte des églises. Cet enfant lui avait paru doué dlieu- ! reuses dispositions ; HaUy l'attira chez lui , l'engagea a suivre ses leçons, et, dans la chaleur de son zèle, promit de récompenser de sa bourse ce qu'il lui ferait perdre ainsi des produits quotidiens de l'aumône publique. Un plein succès couronna de si nobles efforts : au bout de six mois, le mendiant était en état de lire et de calculer avec ses doigts ; U savait de plus un peu de géographie et de musique. Cette prompte réussite excita l'attention de quelques amis de Hauy; et peu après, dans une séance publique de la Société académique des Sciences et des Arts, il fui invité à