HAYDN — HAYDON
ans après l'oratorio de La Création , Haydn donna encore Poratorio des Quatre-Saisons. Ce fut la dernière étincelle de son vaste génie : il ne fit pins que languir jusqu'à sa mort, arrivée le 31 mai 1809.
En cinquante-deux années do travail , Haydn a donné M7 compositions instrumentales : dans ce nombre, qui n'a encore été atteint que par un bien petit nombre de compositeurs , il s'en trouve ICI pour le baryton, instrument très- harmonieux, mais que la difficulté a fait abandonner. Le reste se compose de 82 quatuors, 31 messes , offertoires , etc , ; 1 18 symphonies , 13 concertos , 21 opéras , dont les plus connus sont : Le Diable Boiteux, dont nous avons parié plus haut; Amtide, Orlando paladmo, Orfeo , Jl Mondo délia Luna , Vinfedeltà permiata et La Cantarina; l'oratorio La Création du monde, Les Quatre-Saisons, Le Retour de Toàie, et Les Paroles du Sauveur sur la croix,où Haydn n'a pu éviter ia monotonie des morceaux d'harmonie, qui se succèdent avec trop d'uniformité. Les 01 autres morceaux se composent île sonnâtes , menuets, etc. Inimitable dans la musique instrumentale, Haydn fut surpassé par Mozart dans la musique sacrée et dans l'opéra.
F.n 1762, un an après son entrée chez lu prince Estcrhasy, naydn avait épouse la fille de son ancien bienfaiteur, le barbier ; mais , doué d'un caractère gai et facile , il fut bientôt obligé de se séparer de cette femme , dont il ne put supporter la pruderie et la bigoterie. Exempt de tont esprit île rivalité et de jalousie, il posséda l'amitié de Porpora , de Gluck, cl surtout du jeune Mozart , dont il ressentit vivement la perte. Dans sa jeunesse , il eut aussi quelques rapports avec Métastase; mais le grand poêle, au sein de l'opulence, ne devina pas le grand musicien sons les lambeaux de la misère.
HAYDN (Michel), frère du prêchent, né en 1737, mort en 180C directeur «les concerts de l'archevêque de Saltzbuurg , a laissé un grand nombre de morceaux de musique sacrée , dont quelques-uns rivaliseraient peut-être avec les meilleurs ouvrages de Mozart.
HAYDON (Ur-NJAMiN-RoBEirr), peintre d'histoire, naquit en 1786, àPlymouth. Il était (ils d'un libraire. Après avoir longtemps combattu le goût prononcé qu'il annonçait pour la peinture, son père se décida enfin, en 1804 , a l'envoyer a Londres pour s'y livrer à l'étude sérieuse de l'art. Il avait Aci lettres de recommandation pour plusieurs artistes alors en renom, comme Nortlicote , Opte , F u sel y. Norlhcote lui dit : « Ah , vous voulez être peintre d'histoire ! eh hien, vous mourrez de faim sur un oreiller de paille! » Fusely était alors directeur de l'Académie royale de Peinture ; Haydon suivit ses cours avec une assiduité peu commun.'. 11 y eut pour condisciple et ami Wllkle, depuis si célèbre et si populaire. La première toile dans laquelle il essaya d'appliquer les théories que lui avait inspirées l'étude réfléchie des chefs-d'œuvre de l'art antique fut son Dentatus, grande page à laquelle, en 18 to, la British Institution décerna le premier prix , et que lord Mulgrave lui acheta 200 liv. stert. (5,000 fr.). Un Macbeth, qu'il exécuta de 1810 à 1812 , fui pour Ini la source de chagrins cuisants. Le Mécène qui lui avait commandé celte toile refusa absolument d'en prendre livraison, et l'artiste, condamné a l'unanimité par la critique, se trouva réduit aux plus pénibles nécessités d'argent, par suite de l'absence des honoraires sur lesquels il avait du compter. Dans cette position lâcheuse, il s'arma cependant d'un nouveau courage, se remit à l'œuvre, et exécuta son Jugement de Salomon, dont le succès le dédommagea jusqu'à un certain |wint de ce grave échec, car il lui fut acheté 16,000 francs. En 1814 )la> don vint a Paris avec son ami Wilkicjel en 1817 il fonda « Londres une école h l'usage des jeunes gens qui se destinent à la [teinture. Son obstination A ne faire que de la grande peinture historique ne put pas lutter avec sucré* contre la direction, de plus en plus prononcée, du goût public vers la peinture de genre et la |kcinlurc de porfntit. . Le polirait, disait-il, Ira toujours. La vanité, la bêtise e«
la richesse voudront toujours se faire peindre. Le portrait est indépendant de l'art, et n'a rien à faire avec lui. C'est une des manufactures nationales de l'Angleterre. Partout où va l'Anglais, partout où il colonise, il portera toujours avec lui l'institution du Jury, les courses de chevaux et la jointure de portrait... •
La plus froide indifférence fut tout ce qu'obtinrent ses constants et nobles efforts, et il en vint à se trouver réduit à la gène la plus cruelle, quelque succès qu'eussent d'ailleurs obtenu auprès des amateurs éclairés son Christ au mont des Oliviers , son Moïse congédié par Pharaon , son Entrée de Jésus-Christ à Jérusalem (1820), dont l'exhibition publique lui rapporta environ 75,000 fr., et qo'll ne put vendra plus tard que 240 liv. st. (6,000 fr.), et sa Résurrection de Lazare (1823), dont il ne trouva que 300 liv. st. Ces toiles , conceptions grandioses mais quelque peu bizarres , dans l'une desquelles les têtes des apôtres reproduisent les traits d'hommes célèbres des temps modernes et où Voltaire se trouve assez singulièrement placé vis-à-vis de Jésus Christ (il est vrai que l'artiste a donné ses traits à Judas) ; ces toiles, disons-nous, étaient d'une grandeur telle qu'il n'y avait pas de particulier qui pût songer à les acquérir pour en orner sa demeure ou sa galerie. Elles furent donc achetées par des entrepreneurs d'exhibitions , qui les firent voir au public pour de l'argent.
Cette lutte de l'artiste contre le goût frivole de ses contemporains eut pour résultat de le couvrir de dettes, et ses créanciers finirent, en 1827 , par le faire arrêter et conduire à la prison du King's Bench. 11 ne put en sortir qu'au moyen d'une souscription organisée par un certain nombre d'amis des arts. Son séjour dans cette prison le rendit témoin d'une scène plaisante, dont quelques-uns de ses co-dé tenus pour dettes étaient les acteurs ; il y trouva le sujet de deux toiles délicieuses, The mock Élection et The Chair ing of the Members, où brille toute la gaieté d'Hogarth. Georges IV acheta la première &00 gutnées. Un autre tableau du même genre qui obtint un succès franc et légitime fut son Punch.
Les deux ouvrages qui incontestablement firent le plus connaître Haydon dans les masses furent deux grandes pages exposées successivement en 1831 et 1832 : Napoléon considérant le soleil couchant et Napoléon à Sainte-Hélène contemplant le tombeau qui lui est destiné. L'artiste a été heureusement inspiré par la grandeur de son sujet ; son succès cette fois fut aussi franc que mérité. L'amélioration qui en résulta momentanément dans sa situation et celle de sa famille ne fut toutefois que momentanée. Il arriva à l'âge où toute illusion disparaît, où le cœur se fenue même à l'espérance ; et un profond découragement vint sa cacher sous la teinte mélancolique habituelle de ses pensées. L'ingrat public avait fini par délaisser complètement l'artiste courageux et consciencieux qui avait refusé de complaire à ses caprices. Et aussi bien , il faut l'avouer, le talent du peintre commençait à visiblement baisser, comme le prouve une toile colossale représentant une assemblée de la société pour l'abolition de l'esclavage ( 1840), et qui ne contient pas moins de 130 figures, ainsi que son Wellington à cheval. Les amis de Haydon eux-mêmes ne soupçonnaient pas toute l'étendue de ses tourments secrets. Us l'avaient vu pendant si longtemps lutter contre la mauvaise fortune, qu'ils l'y croyaient aguerri par l'habitude. Il n'en était rien pourtant , et sous ce vernis de stoique et religieuse indifférence, la force lui faisait de plus en plus défaut. Chaque jour il confiait ses douleurs secrètes à un mystérieux journal de ses pensées, qui déjà formait vingt-six volumes consacrés à l'histoire, heure par heure, jour par jour, de ses immenses désappointements comme artiste et de ses poignantes douleurs comme chef de famille. La plus grande partie en a été publiée dans la Vie de Haydon, par Taylor (Londres, 1854).
C'est dans ces tristes circonstances qu'il acheva son tableau du Bannissement d'Aristide, la dernière grande toile sortie de ses mains. L'exhibition publique en eut lieu dans l'un de ces établissements ou, faute d'un Louvre, l'art à
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Londres est contraint d'exposer ses pins nobles productions, dsns on local voisin souvent de celui où la renie *tu plde vient se faire écraser pour repaître ses yeux de quelque spectacle vulgaire on ignoble. Cette fois ce fut un nain ridicule, Tom-Pouce , dont nos Parisiens, eus aussi, ont dû conserver te souvenir, et dont le propriétaire ou cornac ne récolta pas moins de 500,000 fr. a montrer en Europe ce jeu déréglé de la nature , qui vint faire concurrence au malheureux Haydon. Auprès de son tableau solitaire, l'art Kt* attendait, souvent vainement, quelques rares visiteurs. Le 20 juin 1846 il sortit de grand matin, et ne rentra que vers neuf heures. Il avait l'air plus triste que de coutume, parce qu'une dernière ressource, sur laquelle il avait cru pouvoir compter, lui manquait. Après avoir tendrement embrassé sa femme, qui se disposait à partir pour la campagne, il rentra dans son atelier. Quelques instant* après, la détonation sourde d'une arme à feu se Ût entendre; mai* sa femme et sa fllle n'y firent pas attention , distraites qu'elles étaient par le bruit de l'exercice à feu qui se faisait au même instant dans l'un des parcs voisins de leur demeure. La malheureuse femme s'éloigna ; et une heure après, la fille d'Haydon, entrant par hasard dans l'atelier, y trouva son vieux père gisant sans vie dans une mare de sang, an pied d'une toile colossale à laquelle il travaillait depuis quelque temps, et dont le sujet était Le roi Alfred, ou le premier Jury anglais. Après s'être manqué en essayant de se brûler la cervelle, Haydon avait eu l'horrible courage de se faire an cou avec un rasoir une profonde blessure, à laquelle il n'avait pas tardé à succomber. Il mourait a l'Age de soiiante-et- un ans.
HAYE (L»), en hollandais l'GrflwnAa^e (boisdu comte), en latin Haga Comilum, capitale du royaume des Pays- Bas, dans la province de la Hollande méridionale, à 6 kilomètres de la mer du Nord, est une ville ouverte, agréablement située, dans une contrée fertile, et qui compte 72,000 habitants, dont la grande majorité appartient à l'Église réformée. Le sol sur lequel elle est Italie s'élève plus au-dessus du niveau de la mer et est plus sec que celui de la plupart des autres villes de la Hollande : aussi l'air y est-il pur et salubre. Celte ville a de belles et larges rues , généralement pavées en briques et garnies d'arbres, un grand nombre de maisons superbes, à plusieurs étages, et de vastes places publiques. Son plus beau quartier est Het Yoorhout; sa partie la plus animée , la plus vivante, est le mont Vyver, où sont situées les habitations des princes de la famille royale, des ministres, des envoyés étrangers et autres grands personnages. Au Vyver touche l'ancienne Cour de Hollande, palais appelé plus tard Cour du slathouder, qu'habita ensuite le rot Louis-Napoléon, qui l'embellit, et renfermant le Builenhof et le Binnenhof, masse confuse de constructions ancienne* et modernes. Diverses autorités publiques et la seconde chambre des états généraux occupent le Buitenhof Une suite d'appartements contiennent les archives, riches en documents d'une inappréciable valeur pour l'histoire de l'Europe pendant les quatre derniers siècles. La Tour de la Porte, dite Gevangenpoort, construite sur le chemin conduisant du Buitenhof au mont Vyver, est l'antique prison d'État, ou gémirent un grand nombre d'hommes célèbres dans l'histoire de la Hollande, tels queBarneveldt et les frères de Witt.
En fait d'édifices remarquables, on doit encore citer les palais du prince d'Orange et du prince Frédéric, le muséum ou hôtel Maurice, ainsi appelé du nom d'un gouverneur du Brésil qui le fit construire , en 1640. Ce musée se compose d'une galerie de tableaux et d'un très-riche cabinet de curiosités chinoises et japonaises. La galerie ne compte qu'un petit nombre de tableaux. Parmi les pièces capitales que les connaisseurs en peinture y admirent , on doit surtout mentionner trots toiles fameuses : le sujet de la première , de Paul Potter, est Vn Taureau et des Brebis; la seconde, «Y Benibran.lt, reproduit une Leçon d'anatomie par Tulplumet la troisième, de Murillo, représente La Vierge et
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F enfant Jésus. Une trentaine d'autres tableau*, du* sut pinceaux de Gérard Dow , de Melzu , de Mierfs et de W oovermans, enrichissent cette petite mais précieuse collectioa, primitivement formée par les stathouders. La bibliothèque royale compte plus de cent mille volumes, outre «a grand nombre de manuscrits précieux ; elle p<*sèoV ansn un riche cabinet de médailles. Le ministère de la marine contient une remarquable collection de modèles de coutructious navales et d'antiquités nautiques. Citons encore le nouveau palais du roi, situé dans le quartier nord de b ville, et qu'habita le feu roi Guillaume III; celai do roi actuel, Guillaume IV, dans le Voorhmtt, où l'on voit uw belle collection de tableaux. Parmi les quatorze églises que renferme La Haye, on remarque les trois qui sont consacrée! au culte hollandais réformé , notamment la grande égUV Saint- Jacques, dont la construction remonte à l'année 1309, et qui est flanquée d'une tour hexagone de près de tno métra d'élévation. Les catholiques y ont quatre églises, et la juifs doux synagogues. La Haye possède une école latine ou collège, une école de musique et un grand nombre d'institutions scientifiques et littéraires. Il s'y trouve aussi us théâtre français, qui joue trois fois par semaine.
Aux iiorlcs de la ville, un magnifique parc sert de promenade aux habitants : on l'appelle le Bois. C'est un veste jardin anglais, planté de vieux arbres que la tradition prétend être un reste des forêts de l'ancienne Batavie : il p**v pour le plus beau de ce genre qui existe en Europe. A l'ev trémité de ce parc se trouve une habitation de plaisant du roi, nommée la Maison du Bois ; les peintures qui « ai tient la salle de bal, exécutées par des élèves de Ruhen , sont regardées comme des chefs-d'eenvre.
C'est seulement comme résidence de la cour, do corps diplomatique, des autorités .supérieures, etc., que La flayeest arrivée à avoir de l'importance. Le commerce y est reste insignifiant : cependant on y trouve encore quelques fabriques de céruse, de papier, de tapis, de rubans, etc. La réputation de La Haye vivant en grande partie des depeau» de la cour, du corps diplomatique et de ta foule d'étatgers que les affaires ou les plaisirs amènent dans cette vile, on y parle assez généralement français. La Haye, ctni j> l'indique son nom hollandais, a pour origine un rendez-vous de chasse que les comtes de Hollande y possédaient j*fc au milieu d'une vaste forêt. En 1250, l'empereur GuilUuitv. comte de Hollande, s'y fit construire un palais, autour duq» vinrent successivement se grouper de nombreuses habilitions, qui ont fini pardonner naissance à la ville aetotiv Il n'y a pas en Hollande de paysage plus riant et ptet f. tortsqne que les environs de La Haye : la route conriuiuat à Delft n'est qu'une suite non interrompue de delu-i>-se* maisons de campagne, et celle qui mène a Leyrde presee* des sites enchanteurs. A peu de distance de cette captait, on trouve aussi le château de Ryswijck, où fat tkpt* en 1097 , le traité de paix qui en a gardé le nom. Le r» village de Scbevenlngue, célèbre dans l'histoire rurec qw c'est là où s'embarqua Charles II pour aller reprea*' possession du trône de ses pères, est devenu autrement £» meux dans ces dernières années par le superbe étaWîsvn' de bains de mer qui y a été créé. Une triple allée «te v» arbres conduit à ce village , qui n'est qu'à une demi ie« de distance de la capitale. La visite des admirables éda» construites à Katwyk pour l'encaissement du vieux RU. ne doit point être oubliée par les étrangers.
I1AYNAU (Jcles-Jacoccs, baron or), général aafr chien, le plus jeuue des fils que l'électeur rte Hesse G**launte 1er eut de madame de Lindenlhal, naquit eu r**-. à Cassel, et entra en 1801 au service d'Autriche avec » grade de sous-lieutenant. Après avoir pris part an* oav pagnes de 1805, 1809, 1813 et 1814, il obtint en t*ti * grade de lieutenant-colonel, passa colonel en isso. et rai major en 183S. Promu en 1844 reldmaréclial-l>easte&^ il fut nommé en 1847 commandant à Tcraesv&r; et dans ces fonctions que vinrent le surprendre tes éWfT