‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 592 sur 614 · HAYNAU · texte numérisé non relu

HAYNAU

déniai 1848. Quand la guerre éclata en Italie, H demanda aussitôt à y être employé, et s'y distingua. Tandis que la grande armée marchait sur Custozza pour y battre l'ennemi, le général Haynau commandait a Vérone. L'idée heureuse qu'il eut d'envoyer de son chef, dans la nuit du 21 au 25 juillet, une briga-lc à Sominacampagna, contribua beaucoup a la victoire que les Im|iériaux y remportèrent. Un combat heureux et le bombardement de Pescbiera consolidèrent sa réputation comme généra), et après la conclusion de l'armistice, l'empereur, qui lui avait déjà donné la croix de commandeur de l'ordre de Léopold, lui conféra les insignes de l'ordre militaire de Marie-TI*érèse.

Le général maintint ensuite la tranquillité à Bergame et à Brcscia, en y faisant observer la discipline la plus rigoureuse, et à Ferra rc il tira une éclatante vengeance de quelques sévices commis sur des soldats autrichiens par des habitants. Pendant ce temps-là, la Sardaigne avait dénoncé l'armistice cl recommencé les hostilités (mars 1849). Une révolte formidable éclata à Dre scia, et la brigade aux ordres du général Nugent se trouva hors d'état de la réprimer. Haynau se porta alors rapidement de Padoue sur lirescia, et l'investit. Alors commença, en raison de la lésistanrc opiniâtre opposée par les insurgés ( 31 mars et l" avril), une lutte à laquelle on ne saurait rien comparer dans l'histoire des guerres modernes. Après un meurtrier combat de rues et une canonade dévastatrice, la ville fut prise d'assaut et cruellement châtiée. « J'ordonnai, dit tout naïvement le général Haynau dans son rapport officiel, de ne point faire de quartier, et de massacrer sans pitié tous ceux qui seraient pris les armes h la main. Je commandai en outre de mettre le feu aux maisons des fenêtres desquelles on avait fait feu sur mes troupes... »

Le général Haynau était occupé an siège de Venise, quand une lettre autographe de l'empereur l'appela en Hongrie, en mai 1849, pour y prendre le commandement en cbcl de l'armée autrichienne. Vers la fin de juin, l'année principale, à laquelle l'empereur François-Josefih s'élait rendu de sa personne, se mit en mouvement ; et par les succès qu'il remporta, le nouveau général en chef justifia bientôt le choix dont il avait été l'objet. La prise d'assaut de Raab, la marche en avant vers le sud, en dépit des difficultés du terrain et du climat, l'occupation de Szcgedin (2 aoûl), les combats livrés sur les rives de la Theiss (9 août), qui valurent au vainqueur la prise de Témesvar : tout cela fut l'œuvre de Haynau. Quoique à Villagos Gœrgei ait semblé céder uniquement à la supériorité des forces de l'armée russe, la vérité est que la prompte teiminaison de la lutte fut surtout due aux succès piécédemiucut obtenus j par le général. Tandis qu'ils lui valaient de nouveaux honneurs, la sanglante sévérité qu'il avait déployée tant avant qu'après la victoire flétrissait sa gloire aux yeux du public. I.cs terribles exécutions qui eurent lieu le 0 octobre à Pesth et a Arad, et dans lesquelles périrent les chefs les plus éminents de la révolution hongroise, exécutions attribuées généralement aux conseils et à l'influence de Haynau , excitèrent l'indignation et l'horreur universelles. (Tétaient en effet de lâches et inutiles boucheries.

La guerre une fois terminée, Haynau fut investi en Hongrie d'une véritable dictature militaire. Il se trouva en fait le vice-roi du pays, et prétendit dès lors agir à sa guise, sans avoir égard aux ordres ministériels qui lui venaient de Vienne, usant même du droit de grâce, comme eût pu faire un souverain. Mais dans ce conflit d'autorité Haynau devait finir par avoir le dessous; et le A juillet 1850 un décret impérial lui enleva tout à coup ses pleins pouvoirs. Il rentra alors dans la vie privée, et choisit la ville de Ciraclr \>or iséjour. Au mois do septembre 1850, pendant un voyage qu'd était allé faire à Londres, une visite rendue par lui a la lameuse brasserie de Barclay et Perkins provoqua des rassemblements tumultueux, dans lesquels il fut maltraité par la populace, sans que le gouvernement anglais se montrât fort empressé de faire cesser ces désordres, Kn 1832

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