HELVÉTIUS
« Le titre est tache; l'ouvrage est sans méthode , il y a là beaucoup de choses communes ou superficielles, et le neuf y e*\ faut ou problématique. »
Helvétius ne s'attendait pas à un pareil déchaînement : aa confiance en offrant sou litre à 1a cour montre bien clairement que son système de matérialisme n'était qu'un texte choisi pour faire briller son style, ses idées et ses connaissances. Sous la forme d'une Lettre au révérend père il se rétracta. Celte rétractation ayant été trouvée insuffisante, il en rédigea une seconde, dans laquelle on trouve cette confession, au moins singulière : * Je n'ai point voulu attaquer les principes du christianisme ; j'ai vécu, je vivrai et je mourrai avec eux. » Comment, après un pareil aveu, conserver le moindre doute sur son véritable but en écrivant le livre De L'Esprit, où les principes religieux sont traités de préjugés, et les plua nobles sentiments, les vertus, les qualités, de moyens de parvenir à se créer le bien-être; où l'intérêt personnel et l'égoisme le plus brutal , le plus grossièrement conseillé, jouent le principal rôle; où l'auteur érige les plaisirs des sens en système politique et social ; où, enfin, H établit l'égalité absolue des intelligences , sans distinction do penchants bons ou mauvais. Cependant, cette secande rétractation ne désarma pas l'Église : le pape, les évèques, la Faculté de Uiéotogie, dénoncèrent le livre comme contenant tous les poisons réunis de la secte encyclopédique. Hclvétius crut devoir reprendre la plume et envoyer une troisième rétractation à Joly deFleury, avocat génétal. Une pareille soumission ramena au philosophe repentant le* esprit» que son ouvrage avait aliénés. Aussi, dans son réquisitoire, Joly mit-il tous ses soins à rendre moins amère pour Hel vélins la censure qu'il était chargé de faire de son livre : ■ Si l'auteur, dK-il, moins livré à dm impressions étrangères, n'eût consulté que les sentiments de son rmir, il n'aurait jamais donné le jour à celle production funeste. - Le livre Ikt L'Esprit lut brnlé par arrêt du parlement. Ce qui prouverait encore qu' Hclvétius, en traitant du matérialisme , ne voyait dans un pareil sujet qu'un texte a dissertation littéraire et philosophique, c'est le soin qu'il met à le semer ça et la d'anecdotes, de notes intéressantes, de rapprochements piquants : le style de l'ouvrage, quoique diffus, est du reste assez correct et assez fleuri. Mmr de Gralftgny, tante d'Helvétius, pressée par le poète italien Bettinrlli d'exprimer son opinion sur le livre de son neveu, répondit : « Croiriez-voua bien qu'une grande partie de L'Esprit et presque toutes les notes ne sont que des balayures de mon appartement : il a recueilli ce qu'il y a de bon de mes conversations, etil a emprunté de mes gens une douzaine de bons mots. « Rousseau ne voulut voir aussi dans le livre
HELYSICES
d'Helvétius qu'on jeu d'esprit : taisant allusion à Hclvétius dans Émile, il dit : « Tu veux en vain t'a vilir : ton génie dépose contre tes principes ; ton coeur bien faisant dément ta doctrine, et l'abus même de tes facultés prouve leur excellence en dépit de toi. > Ce terrible jeu d'esprit a pourtant fait vivre le nom d'Helvétius. Il mourut à l'Age de cinquante six ans, le 26 décembre 1771, laissant deux filles, dont l'une épousa le comte de Meun, et l'autre le comte d'Andlau.
JonciÈiuu.
H avait préparé, depuis la condamnation du livre De r Esprit, un second ouvrage, De f Homme, deses facultés Intellectuelles et de son éducation. Afin de ne pas compromettre sa tranquillité, H imagina d'en faire publier à Nuremberg une traduction allemande comme composition originale el une version anglaise h Londres. L'oeuvre ne parai eo français qu'en 1772(9 vol. in-8°), après la mort de l'auteur. Ce n'est que la suite du livre De l'Esprit. Partout y éclate l'amour-propre froissé de l'auteur. Ce livre eut .beaucoup moins de retentissement que le premier. Nous ne parlerons pas Du vrai sens du Système de la Nature, antre œuvre soi-disant posthume d'Helvétius ( 1774), que, dans l'intérêt de sa réputation, nous persistons à croire ne pas être de lui. M1" Hclvétius, femme excellente, qui aimait passionnément son mari, lui survécut. Retirée à Auteuil, sa maison devint un centre de réunion pour les hommes et les femmes les plus distingués de son époque. Bonaparte, après. son retour d'Egypte, vint lui faire une visite. Cest alors qu'elle lui dit ce mol, si souvent ré|*été depuis : « Vous ne savez pas combien on peut trouver de bonheur dans trois arpents de terre! » Kilt mourut le 12 août ihoO.
IIELVOETSLITIS ou HELLEVŒTSLU1S, jolie petite ville fortifiée dans la Hollande méridionale, sur la <«ie méridionale de Plie de Voorne, formée par la Mens* a soa embouchure, avec une population de I2.&0O habitants, us bon port et un vaste bassin, terminé en 1804 , une excellente rade, des magasins et des chantiers pour le radoub des vaisseaux de guerre. Cest la qu'abordent ordinairemeat les paquebots qui font le trajet de Hollande a Hanrich m Angleterre, et c'est de là aussi que partit Guillaume d'Orange, au mois de novembre 1688, avec 50 vaisseaux el 14,000 hommes , pour aller s'asseoir sur le trône de la Grande-Bretagne. HelvœUlui* fut pris par les Français le 22 janvier 1792, et occupé par les Anglais au moi» Je décembre 1813.
HELYSICES, ancien peuple de la Gaule, que quelque auteurs regardent comme n'ayant fait avec tes Bébryctt qu'une même nation, et qui liabitaient la contrée voisine* remboiiclmre de l'Aude (Atax).