‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 613 sur 614 · HELMONT — HELVÉTIE · texte numérisé non relu

HELMONT — HELVÉTIE

nous n'en donnions pu tme esquisse. Jean- Baptiste, qni slntitolait surtout philosophns per ignem, posait la nature entière animée, et reconnaissait dans tous les effets matériels faction d'esprits qui , après avoir formé la matière d'après des images qu'ils portent en eut, enfantent nu -m la ▼ie qui pénètre les choses, et qni reste en elles jusqu'au moment de la eoirnption, c'est-à-dire de la fermenlation qui fait éclore une rie nouvelle. Ces esprits ( a r e h ées ) , qui ne sont qn'nn composé de falr vital et de Vlmage séminale , résident dans l'espèce huma iné comme dans tout le reste de l'univers, et tout en présidant à nos fonctions animales, nous mettent en rapport avec le monde Intellectuel. En effet, l'Ame, dont Tunique alfaire essentielle dans ce monde est de contempler son type, la Divinité, n'a qu'à se dérober au monde extérieur ponr réussir à s'y attacher de tout son être, et pour trouver dans cette union ces illnmi nations, ces extases, ces ravissements, qui sont sa vie et sa vue naturelle. François- Mercure modifia le système de son père au point d'en faire un matérialisme déguisé sou S une sorte de spiritualité; car l'esprit et la matière s'y confondent et s'identifient sans cesse. Ce |»anthélsme, qui fut une sorte d'introduction à celui de Spinosa , était d'autant plus dangereux , qu'il s'enveloppait de formes pli» mystique; , en réduisant tous les phénomènes du monde matériel à des métamorphoses, et tous ceux du monde intellectuel à des metempsychoscs.

\jes enivres complètes dn pèr» ont été publiées soirs ce titre : Orlus medicinx , Ut est initia physic.r inaudltx ( Amsterdam, loi», in-40). On les a souvent réimprimées sous le titre iVupera omnia,ei traduites en plusieurs langues. Après l' Alphabet hébraïque, qui a trouvé de nos murs un adepte plein d'enthousiasme dans Fabrc d'Olive! , les » deux plus célèbre* publications du fils sont le Srdrriolam, site ordu srculoriim . historien enarratio doctrinx; et les Opiiscula philosophie» (1690, hi-tî). M*tteb.

IIELOÏSE. Voyez Abéi.uw.

HÊLOTES. Voyez Ji.otfj.

Il ELS1NGBORG , petite ville de 3.&00 habitants, dans - la dtot ince de Scanie, en Suède, située en face d' El s c n e u r, à l'endroit où le Sund a le moins de largeur, avec un petit port d'où l'on s'embarque d'ordinaire de Suède en Danemark. Elle est demeurée célèbre par la sanglante défaite que les troupes danoises commandées par Rant7.au y éprouvèrent le tO mars 1710 de la part des Suédois commandés par Magnus Steenbock. A 1 kilomètres au sud-est de Ifelsinchorg se trouvent les eaux de Ramlœsa, qui dans la belle saison attirent un grand nombre de baigneurs.

IIEUHNG FORS, chef-lieu de la grande-principauté de Finlande et en même temps du gouvernement ou bailliage particulier de Nyland, l'une des principales étapes du commerce maritime et l'une des plus importantes places lorlcs de l'empire de Russie, en même temps que la ville la plus belle et la plus considérable de la Finlande. L>i ville neuve surtout a considérablement gagné en édifices riches et grandioses depuis que le luxe qui distingue la noblesse russe a réussi à s'implanter même au milieu dis rocRcrs granitiques de celle province. Avant la guerre actuelle, la rapidité des communications par mer entre Petersboiirg, Reval et Helaingfor* était extrême, grùre aux innombrables bâtiments à voile et à vapeur qui parcouraient le golfe de Finlande dans tous les sens ; et il était rare que pour se rendre de IVlersbourg à IleÎRingfors on ac décidât à prendre la roufe de terre qui longe les côtes de la Finlande.

Les fréquentes stations que viennent faire de grandes escadres dans le port militaire de Sireaborg, forteresse gigantesque qui défend Helsingfors, et qu'un a surnommée le Gibraltar du Nord, favorisent singulièrement la prospérité toute moderne de cette ville. L'université d'Alexandre, qui y a été transférée après le grand incendie par lequel la ville d'Aho fut détruite en 1827, n'a |>as peu contribué au développement de cette prospérité. On y comptait en I 838 cinq cents étudiants et vingl-cinq professeurs. Elle possède une

bibliothèque, un jardin botanique et un observatoire parfaitement organisé. Les édifices les plus remarquables de la ville sont : le beau |>alaisdu sénat impérial pour la grandeprincipauté de Finlande , la Mie église évangélique construite, en 1830, en forme de croix grecque, avec son mitni fique portique, auquel conduit un escalier de granit de pro portions grandioses, la vaste caserne avec un arsenal décoré avec goût , et la maison d'assemblée ou casino , construite en 1833 sur l'esplanade. La population d'HeMngfors s'élèvr à li 000 âmes, sans y comprendre la garnison de Sweaborg, qni en temps ordinaire est de S,00o hommes. Le» principales branches d'indnstrie des habitants sont la fabrication de* toiles â voiles et d'une fouie d'objets consomme* par U marine, le commerce et la navigation. Les Suédois , <ommandés par le général Lœwenhaupi, y soutinrent, en 1 747, on siège opiniâtre contre les Russes, qui les bloquaient étroitement par terre et par mer; force leur fut de capituler, le l septembre.

HELSINGOER. Vo^ei ELseteuR.

HELST (Babtuelevi Vah on), après F Fiai s , le phn célèbre peintre de portraits de l'école hollandaise, m*H qui lui fut bien supérieur ponr la composition des portraits historiques, naquit à Harlem, en 1A13 , passa sa vie à Amsterdam, et y mourut, en 1670. L'une de ses plus belles toiles e-i celle qui représente le banquet offert par la garde civique d'Amsterdam à son commandant Wits, en i'botflWM de la conclusion du traité de paii de Westphalie. On y adioir» l'aisance, le naturel et la liardiesse des poses; ce chrfd'rr-uvrc rappelle tout à fait la manière de Van Dyck. I*s tableaux de Van der llelst brillent en général par le gr «Rose de la conception et de l'exécution. Ses costumes «*! riches, ses figure* belles et bien dessinées, et les accessoires y sont reproduits avec une frappante exactitude de détal* HELYELLE, genre de champignons, dont une opencomestible est vulgairement connue sous le nom de milrt d'évêqtte, à cause de l'analogie qu'offrent avec cette coiffa» deux lobes de son chapeau, plus élevés que les autr.s; c'est Vhelvella mitra de Linné, que caractérisent eu oo'-t son pédicule épais, Rstuleux , et ses sémmules ptaréts i h surface inférieure. Ses congénères n'ont rien de desapri^afctr au goftt ni à l'odorat , excepté Vhelcelle hispide [ helreif I hispida, Scheef. ), qui répand une forte odeur de ; jnuv C'est en automne qu'on rencontre les helvelle*, dans les lieux ombragés.

HELVÉTIE, HELVÉTIENS. Le* Helretii .«tant un peuple cette, dont il est pour la première fois fait n>» : tion dans l'histoire à propos de l'expédition des CSnifciv et des Teutons, à laquelle prirent part les Ttgurtni, Tune A* peuplades helvélicnnes. Les envahisseurs rrnt-oufrèr-s! l'armée romaine aux environs •lu lac de Genève, l u IC avant J. C; et le consul Lutins Cassius, qui U cosMitaitdail , battu par eux, périt dans la mêlée. L'Helvétie (Ager I/elretiorum) était divisé»; an fempt A [ César en quatre pagi. Elle s'étendait depuis le lac .V O ! nève (lacus Lemanus) jusqu'au lac Constance 'Jacra le I netus ou Drlgantinus), d'où elle allait encore ju*quat ' mont Saint-Gothard (Adula Mons), en confinant au «u | est à la Rhélic. Au sud, les Alpes bernoises la séparaicaf *petites peuplades qui habitaient la vallée du Rhône (pr de Vaud) ; et à l'ouest, le Jura des Gaulois SAruaniens . *» j nord, les Helvétiens s'étaient dt bonne heure < tablts de Pas? » côté du Rhin, dans la partie sud-ouest de U Germanie, <f « ils avaient été expulsés par des Suèves germains, et qtw pw tard encore on nomma le désert des Relcétiens ( /trte*:> rum eremus ). Ce futOrgétorix , un de leurs nobles, qui Iminspira le projet d'abandonner la contrée dans laqoeBr • habitaient 12 villes et 400 bourgade*, pour aller se (t\tt n Gaule. Orgétorix, qui ambitionnait la puissance et ta ëtçfr royale-, ajanl été tué, les Helvétiens é< houtVcnt dans k. I expédition, par suite de ia déroute complète que

leur lit éprouver (an 58 avant J.-C.) sous les murs de £> I brade (Autun) Sur les 368,000 individus , dont KrM

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combattants, qui at«tpnt envaM la Gaule, on comptait 263,000 Hehrétiens, le reste se composait d'émigrants appartenant anx tribus voisines; 110,000 seulement parent revenir dans leurs foyers. Subjugués dès lors , les Helvétlens appartinrent à ta Gaole romaine, d'abord à la partie dite CetHca; pois, I partir de Pépoqoc d'Auguste, à la Gaule Belgique, et finalement a la province appelée Maxima Stquanorum [voyez Gatte). 9*étant rerasés, en Tan 70 de J.-C, a reconnaître la souveraineté de ViteJlius, ils furent vaincus par Ceeina. La vie et la civilisation romaines se répandirent alors dans ce territoire, comme en témoignent les nombreuses antiquités qoi y existent encore, surtout après la fondation, sons le règne d'Auguste , de l'irnoortante colonie milHairo «Pillée Coiotria Rmtricn, et pins tard Augusta Rauraeorutn, aujourd'hui Augsl près de Ittle; et elles eurent |K>irr prmclpaax centres Aventicum (Avenche, Wiffllsbonrg), chef- Heu de tonte l'Helvétie, Vindonïssa (Wlndisch, dans l'Argovie), Coiotria équestris a NovUxtunum (Nyon, sur le lac de Genève), Vlviscum (Vevay ), Bburoduntm (Y verdon) et Salodurum (ScJolhnrn). Les Invasions des Alemani dans cette partie de l'Empire Romain commencèrent vers la fin du troisième siècle. En vain on parvint à repousser les envatitasears & diverses reprises ; Ils revinrent toujours avec des forces pins considérables, et finirent vers Pan 400 par se trouver maîtres de la plos grande partie dn territoire. En l'an 4 se le générai romain Aétiua en céda la partie sud-ouest, voisine du Jnra, ans Bourguignons, qui de la s'étendirent a l'est josqn'a la Renss [voyez Suisse ).

HKI.VRTIQITB (Confédération). Koyes Suisse.

HELVÉTIQUE (Confession). On nomme ainsi la seconde n position de leur foi religieuse que firent en 1560 les Eglises réformées de la Suisse. Cette profession de foi s'accorde snr presque tons les points avec la confession d'Angsbonrget avec la doctrine de Calvin ; Théodore de Bcjtc et Bultmger prirent une grand, part à sa rédaction. Cette confession est restée jusqu'à nos Jours le livre symbolique des Eglises réformées de la Suisse. Elle fut tout aussitôt approuvée par John Knox et 41 ministres d'Ecosse, et au synode de Ln Rochelle , en 1 57 1 , par les Eglises de France.

On donne aussi le même nom , quoique la dénomination de Cogestion de Bâte soft plus usitée, à un document de même nature rédigé en 1 530 par Zwingle, qui l'adressa a Cltarles-Quint, et adopté solennellement en 1534 par les église* réformées de Suisse.

HELVÉTIUS (Ci.AcnK-AmuEsJ, naqnlt à Paris, en 171.'!, d'nne famille originaire du Palatlnat, qui s'était distinguée dans la médecine. Son père , auteur de plusieurs ouvrages , était le premier médecin de la reine Maric-Lcsczinska , et l'un des membres les plus distingués de l'Académie des Sciences. Le jeûna Helvétius entra chez les Jésuites, au collège Louis-lc-Grand. Ce n'est qu'en rhétorique, sous le père Porte , qu'il montra ce qu'il serait un jour. La nature lui ayant prodigué tous les avantages physiques, il crut devoir les cultiver, et s'adonna à tous les exercices propres à développer les forces et les grâces ; aux armes et à la danse principalement. A vingt-trois ans, il obtint, par la protection de la reine , une place de fermier général, d'un revenu de 100,000 écus. Une pareille fortune et ses goûts littéraires l'eurent bientôt mis en relation avec tout ce que cette brillante époque comptait d'écrivains, d'artistes cl de grands seigneurs. D'un commerce agréable et facile, de mœurs douces et obligeantes, d'un caractère noble et généreux, il sut toujours conserver au milieu des rivalités, des jalousies, des controverses , dans lesquelles il vécut, une position que les aimables qualités de son esprit rendirent inattaquable. Ses richesses furent constamment à la |K>rtéc du malheur et du besoin : il secourut plus d'une fois avec une ingénieuse délicatesse des écrivains peu favorisés «le la fortune ; Saur in et Marivaux, entre autres , curent à se louer décompter le jeune financier au nombre de leurs «mis.

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An milieu de sa carrière dissipée , l'idée lut vint subitement de chercher à se faire on nom. Maupertuis avait mis à la mode l'étude de la géométrie ; et il fat de bon ton parmi les jeunes femmes d'admettre des géomètres a leurs petits soupers. Dans ("espoir d'obtenir ses entrées chez les grandes dames de ta cour, Helvétius aborde d'abord celle science Aride, qu'il a bientôt le courage d'abandonner. Ébloui par la renommée de Voltaire, il essaye un poème sur le Bonheur, qu'il ne tarde pas de condamner à ne pas voir le jour. Publié à Londres après sa mort, il n'obtint aucun succès. Désireux de partager la gloire de l'auteur de V Esprit des Lots, 11 compose nn long traité de philosophie, qui ne parait qu'avec ses œuvres posthumes, tous le litre de Jugement sur r Esprit des Jjo'xs.

La difficulté d'obtenir justice le dégoûte de sa place et lui inspire le projet de donner sa démission. Pour ne pas contrarier son père, il achète ta charge de maître d'Intel de la reine; mais il comprend, malgré les bontés de Marie Lesczinska, que la cour ne lui convient pas mieux que les finances, épouse M'"' de Ligneville, nièce de M™* de Graffigny, jeune femme jolie, sans fortune, sans instruction , mais douée de beaucoup d'esprit naturel , et part en 1751 pour sa terre de Voré , dans le Perche , où il se fait chérir par ses bienfaits. Sept ans après , parait sous le voile de l'anonyme son premier ouvrage philosophique, De l'Esprit, le livre qui après le Système de la Nature, du baron d'Holbach, a fait le plus debmitet occasionné le plus de scandale.

Jusque là , quoique mêlé au mouvement philosophique, Helvétius avait su éviter les contre-coups auxquels se trouva exposée l'existence de la plupart des écrivains et des phi losophe; de son temps. La persécution qu'il encourut à l'occasion de son livre est le seul événement important qui troubla les loisirs qu'il s'était faits ; et si a celle époque il éprouva quelques désagréments , il y trouva une large Compensation dans la réputation et le renom que lui valut son ouvrage condamné. En lisant ce livre , dont les idées malsaines et dangereuses semblent si peu en rapport avec la douceur de mœurs , la bonté et les sentiments de son auteur, on est amené à se demander comment il est possible de concilier le matérialisme grossier de l'écrivain et le caractère noble et aimable de l'homme du monde.

« Helvétius , a dit Bnffon, eût du , dans l'intérêt bien ■ entendu de sa gloire , faire un bail de plus dans les rennes et un livre de moins. » Turgot recula devant ses propo- ' gîtions paradoxales.* Ce livre, si plein d'esprit, disait le roi de Prusse, n'a pu me persuader ni me convaincre. » Cependant, Ton vrage était traduit en Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Suède, et même en Italie. Partout, il était prôné et recherché avec enthousiasme. Helvétius n'était appelé , ni par sa position ni par ses idées, ni par la tournure de son esprit , au rôle qu'il avait voulu jouer : il ne le prit que par imitation, et, une fois engagé dans cette triste route de l'imitation, il chercha à devancer et à dépasser ceux qu'ils s'était proposés comme modèles , et qui le renièrent la plupart pour leur disciple. » Quelle folie , disait Voltaire, en parlant d'Helvétius, de vouloir faire le philosophe à la cour, et l'homme de cour avec les philosophes 1 » Quant à lui, il était si peu convaincu des principes qu'il émettait dans cet ouvrage, et le regardait tellement comme Inoffensif, qu'il ne craignit pas de l'offrir à la famille royale. Le livre fut reçu d'abord avec un vif intérêt , que remplaça bientôt l'indignation. Ce fut la dauphin qui le premier exprima son opinion sur l'ouvrage d'Helvétius : on le vit sortir de son appartement, le livre De L'Esprit à la main, disant à haute voix : * Je vais chez la reine lui montrer les belles choses que fait imprimer son maltre-d'hôtel. » L'orage alors se forma : le privilège qu'on avait accordé au livre fut retiré. Les écrivains, les philosophes eux-mêmes, firent chorus avec le clergé et la cour pour décrier l'ouvrage. Rousseau voulut le réfuter ; mais il abandonna son dessein en apprenant les poursuites dirigées contre l'auteur. Voltaire s'exprima ainsi sur le livre de son ancien élève ;

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