A1TÉ
bien repas, qu'à Jouer, parce que lus fonctions, dans l'enfance , s'opèrent avec facilité : lo sang circule avec liberté, h nourriture se répand dans le corps : la vie heureuse, sans soucis , s'épanouit comme les fleur* sous les rayons bienfaisants du soleil ; on ne rêve qu'amours, plaisirs, espoir ; on savoure le nectar de l'existence. La complexion sanguine , Jeune, encore spongieuse, dilatable, dans laquelle fermentent la chaleur et la vivacité, avec des organes neufs, souples , sensibles , contient une source inépuisable de gatté. Qui n'a pas vu , au milieu des combat* , parmi les fatigues, le dénuement couplet, les privations et les souflrances, la galté française se faire jour, par un bon root électrique, dans les rangs de nos jeunes conscrits, voler de bouche en bouche, ou éclater dans ces refrains joyeux qui trompent la douleur présente ? Qui ne relit avec attendrt*seiii«nl ces Rais propos faisant trêve à nos discordes civiles et désarmant tout à coup l'émeute?
De tous les peuples de la terre, aucun n'est aussi gai peut-être que le Français. L'Italien est plus bouffon, le Grec plus lin, l'Espagnol est sérieux ou grave dans sa folie même. Non-seulement la jeunesf e est naturellement rieuse, I chaude, sanguine, insouciante, mais toute* les causes qui procurent des dispositions semblables développent la gatté. I Ainsi les [tassions expansées, l'amour, le désir, l'espérance, entretiennent cette ardeur juvénile ; ainsi, des boissons , excitantes ou spiritueuses , prises avec modération, raliu- : ment le feu de la vie; ainsi, les plaisirs de la table sans ex- I ces réchauffent ou rajeunissent l'organisme épuisé de fatigue et de travaux ; ainsi, le sommeil, réparant les forces, appelle ' au matin le contentement , la jovialité. De même , tout ce qui dissipe les longues pensées ; tout ce qui écarte les tourments de l'avenir ou l'ambition d'une haute fortune et de vains honneurs, amène le calme salutaire de la gatté dans l'économie.
Ce n'est pas la splendeur toujours enviée et périlleuse des trônes, ce ne sont ni les fêtes des palais environnées d'éclat et d'embûches; ni les festins, suspects de poisons; ni les jouissances semées d'inquiétudes ou d'assassinats, qui apellent la galté. Où elle naît pure, sans jalousies , sans efforts, c'est sous l'humble cabane , après un travail rustique ; c'est j au foyer modeste où cuisent des aliments simples et réparateurs. Voyez quelle galté bruyante , quelles joies inextinguibles dans les guinguettes on le pauvre secoue ses haillons , et dans ces fêtes villageoises où se mêlent la vieillesse et l'enfance, où souvent les plus indigents sont les plus gais. Saus songer au lendemain , ils mangent , ils boivent, ils dansent , ils se gorgent de viandes et de vin , puis ila s'endorment heureux. De même/les nations pauvres et laborieuses des pays froids vivent joviales; les peuples riches des contrées chaudes sont mélancoliques. J.-J. Virby.
GA1TÉ (Théâtre de la). Ce théâtre, le plus ancien de tous ceux du boulevard du Temple, y fut fondé en 1790, par Nicolet, sous le titre de Théâtre des frands danseurs du roi. Des danses de corde, des tours de sauteurs et d'équilibristes , devaient toujours faire partie des représentations, qui se composaient, en outre, de grandes pantomimes et de petites comédies du genre lwuffon. Taconnet, acteur de ce spectacle, y eut longtemps la fourniture presque exclusive de cette dernière sorte de pièces. Dégagé , à l'époque de la révolution , des entraves que lui imposait son privilège, il lut, après la mort de son fondateur, exploité, en 1795, par Ribier, qui lui donna d'abord le nom de Théâtre tf Émulation , puis celui de Théâtre de la Galté , qu'il a conservé. Itibier fut remplacé en 1796 par une administration d'acteurs sociétaires , è laquelle succédèrent la direction du comédien Mayeur, ensuite celle de Martin et de Cofiin- Rosny . Ce fut sous cette dernière, vers 1800 , que l'on y vit les premiers mélodrames, dont le genre sombre contrastait singulièrement avec le nom inscrit au frontispice de la salle. Le théâtre n'en prospéra pas moins sous la seconde administration de Kibier, qui l'avait repris en 1802. Le succès fou de U grotesque féerie du Pied de Mouton fui pour lui une