G ALI LÉ K
les idolâtres; et le grand nombre de désastres, militaires qu'ils avaient essuyés comme voisins des Syriens les avaient fait mépriser par les autre» Juifs. Aussi les chrétiens, dont la religion avait pris naissance en Galilée, furent-ils appelés déiisoirement Gahtéens par les Juifs ; et plus tard même l'empereur Julien essaya de faire prévaloir cette dénomination pour désigner les sectateurs de Jésus-Christ.
Aujourd'hui la Galilée fait partie du pachalik de Damas, dans la province turque de Syrie (Soristdn); mais elle ne compte qu'un petit nombre de chrétiens parmi ses habitant*.
GAULEE (Haut et souverain Empire de). C'était le titre fastueux qu'avait pria l'association ou communauté des clercs des procureurs a la chambre des comptes de Paris, pour se distinguer des clercs des procureurs au parlement, organisés en royaume de la Basoche. Leur chef tempo* rairc et électif était décoré du titre d'empereur. Ils avaient emprunté ce nom de Galilée à la petite rue de Galilée, voisine du palais, et habitée en grande partie par des juifs. L'empereur, son chancelier et ses principaux officiers , se réunissaient dans une chambre qui donnait sur cette rue.
L'époque de sa création est fort douteuse. 11 est du moins certain qu'elle est intérieure à celle du royaume de la Uasoche. Le but de celle institution était de maintenir le bon ordre et la subordination parmi les clercs des procureurs de la chambre des comptes, de juger leurs contestations. Le tribunal se composait du chancelier du haut et souverain empire et de juges qui prenaient le titre de maîtres des requête*. Le chancelier était au besoin remplacé par un vicechancelier. Les anciens registres de la chambre des comptes font foi qu'un jour elle fit emprisonner un clerc empereur de Galilée, pour n'avoir pas voulu rendre a un autre clerc le manteau qu'il lui avait fait ôter pour garantie du payement d'une amende.
Henri III supprima les titres d'empereur de Galilée et de roi de la llasoche. Les titulaires parodiaient en public l'autorité souveraine, et se montraient souvent avec une escorte de gardes. Mais le nom d'empire de GaliUc fut conservé. Les attributions de I empereur furent dévolues au chancelier, qui depuis cetto époque fut chef de la communauté des clercs des procureurs à la chambre des comptes. Le chancelier fut placé sous le patronage du doyen des maîtres des comptes, qui prit le litre de protecteur de l'empire de Galilée. 11 avait seul le droit de faire les règlements dont la suscriplion était ainsi formulée : « Nos amés et féaux chancelier et officiers de l'empire, etc. » Le chancelier était électif. Tous les clercs avaient droit de concourir à celte élection , ainsi que les procureurs qui pendant leur cléricature avaient été of liciers de l'empire. L'élection terminée, I le chaucelier élu haranguait la compagnie, prenait ensuite séance à coté du protecteur, et se couvrait d'une toque ou petit chapeau d'une (orme bizarre. Conduit à la chambre du conseil, où tout l'empire était assemblé et debout, il prétait serment de faire observer les règlements et de maintenir les privilèges de l'empire , et terminait la cérémonie par un discours. Les frais de réception étaient de 4 à 500 livres; mais celle dépense n'était que facultative. Le plus beau |>ri- ; vilége du chancelier était l'exemption du droit de sceau pour l'enregistrement de ses provisions de procureur quand il était promu à cet office.
Le corps de l'empire se composait de quinze clercs, savoir le chancelier, le procureur général, six maîtres des requêtes, deux secrétaires des linanecs pour signer les lettres, un trésorier, un contrôleur, un greffier, deux huissiers. Les dignitaires «'assemblaient tous les jeudis anrès l'audience de la chambre des comptes. Leur costume consistait en une loque ou |tetit chapeau , une petite robe noire, qui ne déliassait pas le genou. Le costume était de rigueur, l'infraction était punie d'une amende. L'ofltckr qui manquait à son service sans empêchement légitime et justitié était condamné à cinq sols d'amende. Les élus aux charges ne |»omaient refuser, et s'ils refusaient, ils étaient, tans déport, con-
damnes a une amende de quinze livres. 11 était défendu aui clercs de la chambre de porter l'épée. Le 28 janvier de chaque année, jour de Saint-Char lema^nc, les olliciers, suppôts et sujets de l'empire, faisaient célébrer une meut solennelle dans la chapelle basse du palais. L'empereur avait eu le droit de faire placer deux canons dans la cour du palais; des salves annonçaient la cérémonie.
DurtY(de l'Yoïot).
GALILÉE ( Gauleo Gaulu ), l'un des plus illustres précurseurs de Newton, naquit à Pise, le 15 lévrier 1S64. Soa père, Vincent G au lu, était un gentilhomme florentin, mathématicien , auteur de plusieurs écrits sur la musique. Le jeune Galilée reçut de lui les premières leçons de mathcimtiques, et l'impression que ces sciences produisirent sur son esprit détermina sa vocation. L'attention de l'enfant était ramenée irrésistiblement vers les objets de ses études favorites; son père, qui était passionné pour la musique, ae put faire apprendre à son fils que les applications peu noav brenses des mathématiques à cet art ; tout le reste fut négligé. Afin de régulariser ses études et de compléter son instruction , il fut mis au collège à Venise , et ses progrès y furent si rapide» qu'il fut choisi très-jeune encore pour occuper une chaire de philosophie à l'université de Padoue. Le séjour de Galilée a Padoue dura dix-huit ans , et cet espace de temps fut rempli |iar l'exposition des lois dn mouvement accéléré , l'invention d'un télescope et plusieurs autres découvertes, au profit de la mécanique, de la physique et
Le grand-duc de Toscane, Corne II , ambitionnait depui* longtemps de rendre Galilée à son pays natal, de ne pu laisser sur une terre étrangère un homme qui contribuerait à l'illustration de ses Étals; il réussit enfin à décider le professeur de Padoue et a se fixer à Florence, comme premier philosophe et premier mathématicien , attaché à sa personne, il semblait que la vie de Galilée devait s'écouler désormais au sein de tout le bonheur que la culture des sciences peut procurer à un Itomme si digne de les aimer ; il en fut tout autrement. En faisant usage du télescope qu'il avait inventé, Galilée augmenta le Catalogne des étoiles connues, découvrit les satellites de Jupiter, détermina la dune de leur révolution, etc. ; à mesure qu'il parvenait ainsi à dévoiler quelques nouvelles parties de l'univers, il était pw* lortement convaincu de l'erreur du système askooonnque admis jusque alors , el ne put résister à la tentation d'y substituer celui que C o p e r n i c avait conçu . Pour faire adopter ces doctrines en Italie, il fallait prouver qu'elles n'avaient rien de contraire à la Toi religieuse ; Galilée a'arma de passages de l'Écriture Sainte et de l'autorité des écrivains ecclé- Mastiques. Cependant les oeuvres astronomiques de Galilée furent déférées au tribunal de l'inquisition , condamna j comme hérétiques et absurdes, et il fut expressément défendu à l'auteur de soutenir que la terre n'est pas immobile au centre de l'univers. Galilée avait fait les plus grands efforts pour éviter cette condamnation, et rédigé, pour éclairer ses juges, des mémoires remplis d'érudition théoiogique; il se soumit, parce qu'on ne lui imposait que le silence, sans exiger une rétractation. Effectivement, il eut le courage ; de se taire pendant plus de seize ans ; mais enfin , soit qu'il j eût épuisé toute sa patience , soit qu'il imaginât que le temps ; était moins défavorable pour l'exposition de vérités encore ; débattues, il publia des dialogues sur notre système piai nélairc. Cité de nouveau par l'inquisition, il ne dése*!»^ point d'amener ses juges mêmes à l'orthodoxie astronomique, et vint à Rome ; mais ses espérances s'évanouirent bientôt . et cette fois le tribunal fut rigoureux : le système exposé dans les dialogues fut déclaré contraire à la bonne philo- ; sophie et à la foi, absurde et impie ; l'auteur, comme relaps, ■ fut condamné à la réclusion et à réciter chaque semaine, : pendant trois ans, les Psaumes de la pénitence ; avant tout , le condamné dut faire l'abjuration des {es erreurs , i agenouillé, les mains sur l'Évangile. Galilée, se relevant, ! après celte hitmiliaule cérémonie, ne put s empêcher d«