‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 87 sur 614 · GALION · texte numérisé non relu

GALION

une saillie, ainsi que le mot de galli-Thomas, inventé par Voltaire jwiir désigner le style ampoulé de l'académicien Thomas. Charles Du Rozom.

GALIIVTIIIAS ou GALAKTHIAS, tille de Pra-tos, suivante et anued'Alcmène. Ayant vu les Parques et Lucine on Junon assises devant la demeure d'Air mène, les mains entrelacées, afin de l'empèclter de mettre an monde Hercule, elle les trompa en leur annonçant qu'AIcmène venait d'accoucher d'un garçon. A cette nouvelle, elles séparèrent leurs mains d'effroi, et dans cet intervalle l'accouchement se fit avec bonlteur. En punition de sa supercherie, Galanthiaa fut changée en chatte ou en belette. Hercule loi érigea un temple par reconnaissance , et les Thébains célébraient en son lionueur une (Me appelée Galinthiada, et qui | ►récédait toujours celle de ce demi-dieu.

GALION, un des vaisseaux des flottes du moyen âge , dont il ne reste plus qne le nom. 11 était ainsi appelé a cause de sa forme, qui se rapprochait de celle de la galère, le plus long des navires alors connu, et celui qui marchait le mieux. Le galion joua un grand râle dans la navigation commerciale députe le seizième jusqu'au dix-huitième siècle. La France, Rhodes, l'Espagne, le Portugal avaient de trèsforts galions qui transportaient des marchandises en concurrence avec les grosses galères, les nefs et les caraqnes. La flotte militaire possédait aussi ses galions trois à

quatre ponts, non des ponts armés, mais des couvertes, les deux supérieures seulement recevant des canons. Les KspagnoLs furent les derniers à conserver à des navires de charge, grands ou petits, successeurs des anciens galions, un nom qui a tout à fait disparu de la nomenclature navale européenne. Ce fut l'exploitation de l'Amérique par ce peuple qui rendit célèbre cette espèce de bâtiment, que l'art des constructions maritimes avait fait condamner à l'oubli.

Des que l'Amérique eut été décourerte, la couronne d'Espagne s'en arrogea la possession exclusive ; elle accapara et voulut faire elle-même le commerce de ses sujets qui y allaient fonder des colonies. Elle établit donc a Séville un bureau d'inspection, appelé casa de contratacion, où durent comparaître tous les navires qui chargeaient pour l'Amérique, et y recevoir une licence des officiers du roi, constatant la nature de la cargaison et sa destination; à leur retour encore, ils étaient obligés de se présenter devant le même bureau, sous peine de confiscation. Cette administration d'entraves devait provoquer la fraude : pour la prévenir, on multiplia les restrictions ; il fut convenu que les navires chargés pour l'Amérique ne pourraient plus taire voile d'Espagne qu'à deux époques fixes, tous réunis en convoi, sous la protection ou plutôt sous la surveillance d'une forte escorte ; et ce système conduisit à on monocle absolu ; l'État brisa la concurrence des particuliers. Séville, puis Cadix, à cause de l'excellence de son port, fut le seul point de départ et d'arrivée de ces convois, dont l'un se nommait les galions, l'autre la flotte, la flotte d'argent. Les galions, au nombre de douze, désignés par les noms des douze apôtres, étaient de gros navires de charge, du port de 1,000 à 1,200 tonneaux ; ils partaient de Cadix ordinairement au mois de septembre, touchaient aux Canaries, dont le gouverneur avait l'ordre de donner avis de leur passage a la cour d'Espagne , puis faisaient route vers les Antilles, qu'ils coupaient entre Tabago et la Grenade; ils longeaient ensuite les Iles sous le Vent, cl les prolongeaient jusque par le travers du Rio de la Hacha : là, un des navires mouillait pour avertir de l'arrivée des galions, et sur-le-champ on expédiait des exprès à Carthagène, à Lima, à Panama , pour bâter la collection et l'expédition des trésors du roi. Les galions continuaient leur marche jusqu'à Carthagène , où ils stationnaient soixante jours : les officiers royaux, les marchands de Caracas, de la Grenade, de Santa- Martha, y accouraient apportant leurs lingots, leurs doublons et leurs piastres, pour les expédier en Espagne, ou les troquer contre des marchandises ; en même temps le commerce t ntier du Pérou et du Chili oes-

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