‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 90 sur 614 · C. Fsvwrr · texte numérisé non relu

C. Fsvwrr

GALITZIN.Foyes Galïtiin.

GALL ( FRinçots-JosErn). Ce savent célèbre naquit le v mars 1768, àTiefenbruun, près de Pforibeim (grand-dneb* de Bade, dans une famille catholique. Son grand-père, d'origine italienne, était originaire du Milanais, et s'appelait Ce/te. Ses descendants , voulant donner à leur nom une désinence germanique, quittèrent la dernière lettre du nom, et de Galto firent G ail. Le père de Gall, honnête marchand, et le principal de son village , avait six enfants. Venu au monde le dernier de tous, François-Joseph reçut sa première édition d'un oncle qui était curé. Plus tard il fit des études | plus régulières à Bade , puis il passa à Bruchsal et ensuite à Strasbourg, ou il se livra à l'étude de la médecine, sout la direction du professeur Hermann , qui avait reconnu dans son jeune disciple un esprit d'observation peu commua Pendant son séjour à Strasbourg, Gall lit une très-grave ouladie, à laquelle il faillit succomber. Une jeune femme attachée a la maison qu'il habitait eut, dans cette occasion, le* plus grands soins pour lui ; il n'en fallut pas davantage pow qu'il en devint amoureux , et qu'il en fit sa femme pen de temps après. Notre philosophe ne fut pas heureux dans cette 1 union : sa lemme était d'un caractère emporté et violent, elle manquait d'éducation et d'instruction. Elle mourut 1 Vienne, en 1 su, sans jamais avoir eu d'enlanU. De Strasbourg Gall passa, en 1781, à Vienne en Autriche, où il continua ses I études médicales sous Van Swieten et Stoli, dont il s'enorgueillissait plus tard d'avoir été l'élève. Cest là que, en 1784, il reçut le titre de docteur. Il s'était fait connaître foraine médecin de mérite; on avait une haute opinion de son talent, et bientôt une clientèle nombreuse dans les dam élevées de la société en fut la coiiséqueace. U y jouissait donc ; d'une grande aisance.

Dans l'un de ses ouvrages, Gall a raconté comment lu ; vint pour la première lois l'idée de rechercher dans l'homme des signes extérieurs de ses diflérentes capacités naturelle* ■ Dans ma plus tendre jeunesse, dit -il, je vécus au w« ! d'une famille composée de plusieurs frères et essors, et avec un grand nombre de camarades et de condisciples. Chacun de ces individus avait quelque chose de particulier, un talent, un jienchant, une faculté, qui le distinguait d^ autres. Les condisciples que j'avais le plus à redouter étaient ! ceux qui apprenaient par coeur avec une très-grande facilité, ' et je remarquais que tous avaient de grands yeux saillants. La ! justesse de cette observation m'ayant été confirmée ensuite, je dus naturellement m'attendre a trouver une grand* u»'moire chec tous ceux en qui je remarquais de grands yeux saillants, le soupçonnai donc qu'il devait exister une ma nexion entre la mémoire et celte conformation des veux. Après avoir longtemps réfléchi, j'imaginai que si la mémoire se reconnaissait par des signes extérieurs, il en pouvait bien être de même des autres facultés intellectuelles, ek Après avoir fixé, par une opiniâtre persévérance et par ! des observations multipliées à l'infini, les principes de m 1 nouvelle philosophie, Gall entreprit ses recherches sur le j cerveau , faisant marcher de front les observations phyj Biologiques et les observations anatomiques. Dans les école* I il avait entendu parler des fonctions du foie , de l'estomac , ; des reins, et de toutes les autres parties du corps, sans qu< J jamais il rat question des fonctions du cerveau. Avant lui, ce viscère cloit regardé comme une pulpe , une masse Informe ,

et oo n'a Tait jamais cherché à étudier les lois de sa formation et les rapports existant entre ses diverses parties ; nuis, par suite de tes recnerebes et de ses découvertes , fl fut définitivement reconnu pour l'organe le plus important de la vie animale ; sa véritable structure fut découverte , et le déplissemeut de ses circonvolutions fut annoncé et démontré aux savants de l'Europe étonnée. Le cerveau fut proclamé l'organe unique, indispensable A la manifestation des facultés de l'âme ou de l'esprit; U fut prouvé, au Dotea de la physiologie, de l'analomie comparée et de U pathologie , que le cerveau n'était pas un organe simple , boaogène ; mais qu'il était une agrégation d'organes diflérrsU, avant des attributs communs et des qualités propres spécifiques. Dan» ses ouvrages, non -seulement G ail a démontre toutes ces vérités, mais il a indiqué le siège de ers organes «tans le cerveau et la possibilité de connaître leurs fonctions respectives par le degré d'énergie de certaine* facultés , en raison du développement plus ou moins considérable de certaines parties cérébrales

GaU , pour arriver à découvrir et à démontrer les vérités de sa nom elle doctrine, dut dépens* beaucoup d'argent et beaucoup 4e temps, acquérir une collection nombreuse de crânes d'hommes et d'animaux , de têtes moulées en plâtre de persxmëgn connus par quelque faculté ou par quelque talent trét-éneripque , de préparations en cire, de portraits, etc. Il était donc obligé de couliuuer l'exercice de la médecine pour pouvoir subvenir à de tels frais, en même temps que pour être libre de se livrer à ses études, force lui était de réduire le plus possible le nombre de ses visites.

C'est 171*6, à Vienne, que G ail commença à faire des cours publics pour vulgariser ses idée*; et en 1798, dans une lettre au baron de Relxer, publiée dans le Mercure allemand ,i\ donna pour ta première fois un aperçu général de sa tliéorie. Ses cours devenaient de plus en plus suivis. Les auditeurs y accouraient de toutes parts, avides de reeaeilttr des idées nouvelles sur la structure et les fonctions du cerveau et de s'initier à la connaissance d'une nouvelle philosoph''c des facultés humaines. Mais en même temps que U réputation de Gall grandissait de jour en jour à Vienne , figaorance , le fanatisme et l'hypocrisie, qui ont toujours si façonnent accès prés des trônes , réussissaient A faire interdire par l'autorité ses leçons publiques , ainsi que la vullaniauon par la voie de la presse des vérités qu'il avait eu la geste de découv rir.

Fatigué de ces sourdes persécutions, Gall quitta Vienne *a coma»enceinent de 1805, et |>endant deux ans et demi, accompagné de son élève et ami, le docteur Spurzlieùn , il parcourut le nord de l'Europe, la Prusse, la Saxe, la Suède, la Hollande, la Bavière, la Suisse, et vint s'établir à Paris. fYn'Iant son voyage, lés savants les plus distingués, des princes , des rois même, vinrent assister avec le plus vif int» ret a ses démonstrations physiologiques et anatomiqoes; ri des médailles furent frappées à Berlin en son honneur. Armé A Paris en 1807, il y fit immédiatement un cours public a l'Athénée. Les savants français l'écoutèrenl avec ta même faveur que tes savants d'outre-Rhin ; le célèbre Corvisart, entre autres, se montra l'un de ses plus eu- Dioasiasles admirateurs. Malheureusement ht France portait alors le joug <f*un maître absolu, qui avait en horreur la philosophie et les philosophes, qu'il appelait des idéologues. Il o en fallut pas davantage pour que ses courtisans et certains savants, doués d'un esprit aussi souple que leur colonne vertébrale, se déclarassent contraires aux idées du docteur allemand De là les ridicules et ignobles plaisanteries que débitèrent à l'envi \e Journal de l'Empire et la plupart des journaux de Paris ; moyen indigne, s'il en lui, quand II s'agissait d'une question aussi grave que celle des facultés de rame et des fonctions du cerveau. Sans doute ces vaines rbmeors n'atteignirent jamais l'aine élevée du philosophe , nab elles contribuèrent beaucoup à entraver l'étude ut la iropagalion des vérités que Gall avait annoncées. A la fin, m ouvrages parurent , et les homme* de lionne foi furent

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