GALL
surpris de l'immense quantité d'observations qu'ils it, ainsi que de la haute capacité et de la profon ■ de l'auteur.
Gall, fixe k Paris depuis plusieurs années, s'en fil une |vatrie adoptive, et obtint d««s lettres de naturalisation par une ordonnance du roi en date du t9 septembre lit». On lui avait dit qu'une luis naturalisé il lui serait facile d'obtenir les distinctions honorifiques auxquelles il aspirait. A l'insinuât ton d'où de ses amis, ii se mit sur les ranj:» en 1831 pour une place a l'Académie des Sciences : i n'obtint que la seule voix de l'ami qui l'avait décidé à poser sa candidature, la voix de Geoffroy Saint-Hilnire !
Depuis 1805, époque de sou départ de Vienne, jusqu'en 1813, il avait toujours eu auprès de lui le docteur Spurzlieiro, son élève et protecteur, el ensuite s* m collaliorateur. il est fâcheux que les rapport* d'amitié qui existaient entre t es deux estimables savants aient cesse alors, et que rien n'ait pu les rapprocher dans la suite.
Gall, homme de génie, philosophe profond , avait aussi de rares qualités du avur. Il aimait à aider et à encourager les jeunes gens en qui il reconnaissait des talents et de l'avenir. Généralement bienveillant pour tous, il accordait difficilement son amitié. 6a franchise et sa loyauté ■'excluaient ni la finesse ni la circouspectioii ; il était doué de la plus admirable perspicacité. L'élévation de la pensée, l'indépendance de l'esprit et la fierté de l'Ame dominaient en lui ; elles expliquent la profonde indifierence que toujours ii témoigna pour les critiques injurieuses dont sa doctrine fut l'objet Pendant son séjour a Berlin , il avait vécu dans l'intimité du célèbre Kotzehne; et c'est A ce moment même que celui-ci ht représenter sa pièce intitulée La l'rûniomank Gall assista a la première représentation de cet ouvrage, et avec le public rit de tout sou cœur du feu roulant de plaisanteries, de quolibets dirigé contre son système.
tu 1823 Gall lit pour la première fois un voyage à Londres. On lui avait mis en tète qu'en y faisant des cours il réunirait un Ires-grand nombre d'auditeurs, et qu'il gagnerait ainsi des sommes considérables. Cette idée lui sourit, parce que les fortes dépenses de sa maison lui faisaient désirer d'un coté une meilleure position, et que de l'autre son Age avancé lui faisait sentir trop péniblement les fatigues de la vie du médecin. Croyant donc réaliser ses es;>érancea, il partit pour Londres dans le mois d'avril, et en revint deux mois après, bien désabusé. Ses frais avaient absorbé bien au-delà de ce qu'il avait retiré de ses cours. U en ressentit un vif chagrin. Pendant son absence, il m'avait chargé du soiu de ses malades et de la correction des épreuves d'un travail qu'il avait sous presse. l)e retour à Paris, il continua A faire des cours, et acheva la publication «le son dernier ouvrage. Devenu veuf en 1815, d se remaria; mais les fatigues de la pratique médicale et les travaux d esprit avaient miné sa lorte constitution. Dès le commencement du printemps de 1828 sa santé devint chancelante. Le A avril, rentré chez lui après ses visites, il me dit qu'il venait d'éprouver un éiourdissemeut assez fort , et qu il s'était trouvé comme lou pendant un quart d'heure. En parlant, sa langue était embarrassée et sa bouche un peu de travers : j'en fus effrayé. Les vertiges se succédèrent; sa faiblesse augmenta, les fonctions digestives se dérangèrent. A la paralysie succéda l'assoupissement, et hualemeut, apiès environ cinq mois de maladie, il cessa de vivre, le 11 août de U même année 1828, dans sa maison de campagne, à Montrouge, près de Paris. Il avait ordonné que ses restes mortels fussent portés directement de la maison mortuaire au Père-Lacbaise, et il m'avait fait promettre de veiller A ce que son crâne fût placé dans sa collection. Il s'y trouve, et la collection entière existe actuellement au Muséum d'histoire naturelle au Jardin des Plantes.
Je me bornerai A citer de Gall, sas Recherches ««rte ta»tème nerveux en général et sur celui du cerceau en particutier( Paris, 1809, in-V),ct ton Anatomie et phgsmlogiedu système nerveux en général et du cerceau en particulier.
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(4 vol. avec atlas, 1801-1818); Swr les/onetiont du cerveau cl sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnaître les instincts , les penchants, les talents on les dispositions morales et intellectuelles des hommes et «les animaux, par la configuration de leur cerveau et de leur tète (Paris, 1822-25, 6 vol. in-8°). Gai! a en outre donné les articles Cerveau et Crâne au Dictionnaire des sciences médicales. Dr Fossvrt.
(■ALLAIT (Louis), l'un des peintres d'histoire les plus remarquables de notre époque, et membre de l'Académie des Sciences et beaux-arts de Belgique, né a Tournai, en 1810, étudia son art d'abord dans sa ville natale, puis à Anvers cL à Paris. Ce qui distingue cet artiste, c'est une conception à la fois profonde et poétique de ses sujets, une habileté extrême à grouper ses personnages, et l'harmonieuse distribution de ses couleurs. Ses toiles les plus remarquables sont : Le Tasse en prison ( au palais du roi, à Bruxelles ), L'Abdication de l'empereur Charles-Quint ( dans la salle d'audience de la cour de cassation, & Bruxelles ) , les Derniers Moments d'Egmont ( propriété particulière d'un amateu r allemand ) , enfin I Exposition des cadavres des comtes d'Egmont et de Hoorn après leur supplice, tableau terminé en 1851 et acheté par la ville de Toirroai. Louis Gallait jouit aussi comme portraitiste d'une réputation méritée.
GALLAND ( Aktoikc), le plus populaire de tous nos orientalistes, est moins célèbre par son traité sur V Origine et les progrés du eafé, sou Histoire des quatre Gordiens, son Orientaliana et ses nombreuses dissertations, publiées Ké[>arément, ou disséminées dans des recueils, que par sa traduction des Mille et une Nuits. Né à Rollot, près de Montriiilier, en 1646, septième enfant d'une famille trèspauvre, et orphelin dès l'enfance, il aurait été réduit à chercher sa subsistance dans quelque humble métier sans la protection de respectable* ecclésiastiques qui lui procurèrent le moyen de commencer ses études à Noyon, et de les terminer dans la capitale au collège du Plessis. Passionné pour le grec, l'arabe et l'hébreu , il se voua an classement et au catalogue des manuscrits orientaux de la Sorbonne. Il dut a ses premiers succès dans cette carrière l'occasion de faire trois voyages en Orient. Dans les deux premiers, il accompagna Nointel, ambassadeur de France, d'abord a Constantinople , puis à Jérusalem : on lui avait recommandé de visiter les églises grecques de Syrie et de Jérusalem, et d'y recueillir les traditions sur des articles de foi qui occasionnaient à cette époque des contestations très-vives entre Arnauld et le célèbre ministre protestant Claude. Il entreprit le troisième voyage avec une mission spéciale de la Compagnie des Indes.
Ce fut dans ses excursions en Syrie que Galland rassembla une multitude de contes épars , dont les Arabes s'amusent depuis un temps immémorial, et dont les premiers narrateurs ne sont guère plus connus chez eux que parmi nous les auteurs des anciens fabliaux , des contes des fées, et des ro» mans de la Bibliothèque bleue. Un passage de Massoud a accrédité l'opinion que ces histoires remontent au quatrième siècle de l'hégire. On y voit figurer l'empereur Clwlt- Kiar, le vitir et les deux filles de ce ministre, bien digne d'un tel maître, Cheliezad et Dinar *ad. Ce sont précisément, à un léger changement d'orthographe près , les noms des personnages du premier conte des Mille et une nuits. Celle histoire sert de lien à tontes les autres, par un artifice aussi simple mais moins ingénieux que celui dont Ovide a fait usaga pour les Métamorphoses. Le premier titre du recueil dans la langue originale a été Les mille Contes. Mille ici était pris dans un sens indéterminé.
Appelé, en t70l, à faire partie de l'Académie des Inscriptions, Galland obtint en 1709 une chaire d'arabe au Collège de France, et mourut Je t" lévrier 1715, à soixante-neuf ans. Boxe a dit de lui : - Il travaillait en quelque situation qu'il se trouvât , ayant très-peu d'attention sur ses besoins , n'en ayant aucune sur *es commodités... Simple dans ses mœurs