CADIX — CADMUS
tentatives faites dans le courant de 1811 par les Anglais et kes Espagnols pour dégager la ville échouèrent; toutefois, les assiégés réussirent à détruire en partie les travaux des assiégeants. Les Français s’occupèrent alors activement de la construction et de l'armement d’une flottille destinée à attaquer l'ile de Léon ; et, de leur côté, les Espagnols continuèrent avec une incomparable ardeur leurs préparatifs de défense, sachant bien que de la prise de cette île dépendait le sort de Cadix. Cet état de choses dura jusque vers le milieu de l’année 1812, époque où la marche victorieuse de Wellington contraignit les Français à lever le siége et à évacuer l’Andalousie.
Cadix eut encore à soutenir un autre siége en 1823. Le duc d'Angoulême, commandant supérieur de l’armée française d’invasion, ayant pris, sans résistance, possession de Madrid le 24 mai, donna ordre aux divisions Bordesoulle et Bourmont de s’avancer vers le sud pour délivrer le roi d’Espagne des mains des Cortès, et étouffer les derniers restes de l'insurrection. Un mois après, Bordesoulle se trouvait déjà sous les murs de Cadix, et s’eftorçait de couper les communications de cette ville avec la terre ferme. Le 14 juin, le roi Ferdinand avait dû abandonner Séville avec les Cortès et se retirer à Cadix, où s'étaient également rendues une partie des troupes irrégulières aux ordres de Lopez Baños, ce qui avait porté à 14,000 hommes l'effectif de la garnison. Une sortie tentée le 16 juillet n'eut d'autre résultat pour les assiégés que des pertes considérables. Toutefois, par suite de la vigoureuse résistance qu’il rencontrait, le duc d'Angoulême avait dù porter à 20,000 hommes l'effectif de l'armée assiégeante, et, de concert avec la flotte aux ordres de l'amiral Duperré, donner une grande énergie aux opérations du siége.
Le 31 août, après une affaire des plus chaudes, les Français enlevèrent d’assaut le Trocadéro et le fort San-Luis ; et la possession de ces positions donna désormais plus d'effet au feu dirigé contre la ville. Une proposition d’armistice faite par les assiégés fut repoussée. La prise du fort de Santi-Petri le 20 et le bombardement de la ville opéré le 24 septembre par la flotte, que favorisait le vent, hâtèrent singulièrement le dénoùment. Toutefois il fallut encore entreprendre des travaux d’une extrême difficulté avant de pouvoir tenter une dernière et décisive attaque. Le 29 septembre elle fut différée, sur l’avis qu’on reçut que le roi était libre et prêt à se rendre au lieu qui serait indiqué. Mais une députation s'étant présentée au lieu du roi à Puerto-Santa-Maria avec des propositions, le duc d'Angoulême résolut d'attaquer sans plus de délais. Toutefois l’arrivée du général Alava au quartier général français eut encore pour résultat de faire différer l'attaque ; et le 1° octobre le roi Ferdinand VII vint en personne à Puerto-Santa-Maria déclarer les Cortès dissoutes. Cette démarche décida de la chute de Cadix, qui effectivement ouvrait ses portes aux Français le 3 octobre.
CADMÉE, nom de la citadelle de Thèbes, en Béotie, qui prit ce nom de Cadmus, son fondateur. Elle était assise sur une hauteur, et constitua d’abord une ville à elle seule; mais cette ville s'étant accrue avec le temps, Cadmée ne fut plus qu'une citadelle relativement à la ville basse, bâtie depuis, et qui reçut le nom de TAèbes.
CADMIES. Voyez Canwium.
CADMIUM. En 1818 on crut reconnaître dans les fleurs de since que les pharmacies allemandes reçoivent de la Silésie la présence de l’arsenic. Les recherches entreprises pour constater la réalité de ce dangereux mélange amenèrent la découverte du cadmium par les chimistes Hermann et Stromeyer. Ce métal, encore assez rare, ést cependant tout à fait digne d'attention, par ses propriétés, qui pourraient le rendre très-utile aux arts si quelques mines venaient à le fournir en abondance. On ne l’a rencontré jusqu'à présent que dans les minerais et les produits métailurgiques du zine ; les cadmies des fourneaux en contiennent de un à vingt centièmes. Les mines de la Silésie
sont seules en possession d'en fournir au commerce, mais il est probable qu'on pourrait en recueillir dans les usines d'Angleterre et de Belgique, où l’on traite en grand la calamine pour en extraire le zine,
Par ses propriétés physiques, le cadmium se rapproche beaucoup de létain, dont il a la couleur, le brillant et le cri; mais il est plus dur, plus tenace et plus dense. 1] se laisse facilement étirer en fils déliés ou étendre sous le marteau en feuilles très-minces. L'air ne l’altère pas, comme le fer et le cuivre; une faible chaleur suflit pour le fondre ; à la température où le mercure bout il se distille, et sa vapeur se condense en gouttes, qui par le refroidissement prennent des formes cristallines très-nettes. I1 faut éviter de le chauffer au contact de Pair si on ne veut le voir s’enflammer et brûler en répandant une épaisse fumée jaune brunâtre.
Ses alliages avec les autres métaux sont cassants, et une très-pelite quantité de cadmium suffit pour donner de l'aigreur au zinc. Les commerçants et les constructeurs ont un moyen facile de le reconnaître en dissolvant un morceau du métal dans un acide, Pacide nitrique par exemple, et en plongeant une lame de zinc dans la liqueur : tout le cadmium sera précipité sous forme d’une poudre grise; car le zinc a la propriété de remplacer le cadmium dans ses combinaisons avec les acides.
Les combinaisons du cadmium avec le soufre sont jusqu'à présent les seules employées. Le sulfure de cadmium , réduit en poudre fine, donne une magnifique couleur rouge de feu, qui par sa richesse, par sa fixité et par les beaux tons verts qu'offre son mélange avec des couleurs bleues, a déjà pris place sur la palette du peintre. Aussi, le sulfure de cadmium se prépare en grand à Paris et en Allemagne. On l’obtient soit en faisant chauffer un mélange de soufre et d'oxyde de cadmium, soit, etce moyen est plus sûr, en précipitant un sel de cadmium par l'hydrogène sulfuré ou un sulfure alcalin.
Guidée par les nombreuses analogies chimiques du zinc et du cadmium, la médecine a essayé l'emploi du sulfate de cadmium comme astringent. On assure lavoir appliqué avec succès à la guérison des maux d’yeux et pour combattre l’atonie locale qui est la suite des maladies vénériennes. Les gaxanties d’une longue expérience ne sont pas encore assez acquises à ce remède pour qu’on en puisse conseiller l'usage.
On appelait autrefois cadmia fossilis la mine de zinc. De là le nom de cadmium, donné au nouvel élément trouvé dans ce minéral; de là aussi le nom de cadmies, employé par les métallurgistes pour désigner les matières sublimées qui s’atfachent aux parois des fourneaux où l’on réduit les métaux, et particulièrement le zinc, et y forment une suie. L’oxyde de zinc, étant très-volatil, constitue souvent une grande partie de ces dépôts; ils contiennent aussi de l’oxyde de cadmium, dont la présence est signalée par la couleur jaune ou brune des matières. A. DES GENEVEZ.
CADMUS, fils d'Agenor et de Telephana, frère d’Europe, de Phœnix et de Cilix, fut, ainsi que ses frères, envoyé par son père à la recherche d'Europe, quand elleeut disparu, et avec ordre de ne pas revenir sans elle, Mais toutes les recherches demeurèrent inutiles. En conséquence Cadmus alla s'établir en Thessalie avec sa mère, qui l'avait accompagné. Après la mort de celle-ci, il se rendit à Delphes à l'effet de consulter l’oracle au sujet du sort de sa sœur. Celui-ci lui répondit qu’il devait s'abstenir de la chercher davantage, suivre la première vache qu’il rencontrerait et fonder une ville à l'endroit où elle s’arrêterait de fatigue. Ce fut en Phocide qu’il rencontra cette vache. Il la suivit en Béotie, et y fonda, vers l’an 1550 avant J.-C., la ville de Thèbes à l'endroit où l'animal s'arrêta, Voulant sacrilier cette vache à Minerve , il envoya ses compagnons chercher de l’eau à la source d’Arès, située à peu de distance de là. Mais cette source était gardée par un dragon, qui les tua
tous. Cadmus égorgea alors le monstre, et, d’après le conseil de Minerve, il sema ses dents. Il en poussa des hommes tout armés, dits oxaproi, c’est-à-dire semés. Une lutteterrible s’engagea tout aussitôt entre eux, et il n’en survécut plus que cinq : Echion, Udæos, Chthonios, Hyperenor et Peloros. Cadmus dut expier par huit années d’esclavage chez Arès le meurtre du dragon. A l'expiration de ce terme, Athêné, ou Minerve, lui accorda la souveraineté sur Thèbes, et Zeus (Jupiter) le maria à Hermioneou Harmonie, dont il eut.un fils, Polydore, et quatre filles, Autonoé, Ino, Sémélé, et Agavé. Plus tard il abandonna Thèbes avec sa femme, et se retira chez les Enchélètes, qui le choisirent pour 1oi, et qui sous son commandement vainquirent les Illyriens, avec lesquels ils étaient en guerre. Comme roi d’'Illyrie, Cadmus eut encore d'Hermione un autre fils, appelé Z{lyrios. Les deux époux, parvenus à un âge très-avancé, furent métamorphosés en serpents, et envoyés à Elysium par Zeus. Suivant Pindare, un char attelé de dragons les conduisit tous deux à Elysium, où Cadmus trôna désormais comme juge des ombres. Il faut encore mentionner que la tradition veut qu'il ait rapporté d'Égypte ou de Phénicie en Grèce un alphabet de seize lettres, et aussi qu’il ait découvert et employé le premier l’airain. Suivant Ottfried Müller, le Cadmus Thébain est le même personnage que l’'Hermès-Cadmilos de l'ile de Samothrace, divinité des Pélasges tyrrhéniens, et toute la tradition de l’émigration de Cadmus de la Phénicie en Thrace et en Béotie appartient au règne de la fable. CADMUS, de Milet, fils de Pandion, florissait 450 ans avant J.-C., sous le règne d’Halyattes, père de Crésus. Il passe pour être le premier dés Grecs qui ait écrit l’histoire en prose. On lui attribue une bistoire de la fondation de Milet et des autres villes d’Ionie, divisée en quatre livres, qui n'existait déjà plus du temps de Denys d’Halicarnasse. CADORE ou PIEVE DI CADORE, bourg d'Italie, dans la Vénétie, à 37 kilomètres au nord-ouest de Bellune, sur la rive droite de la Piave, est le chef-lieu d’un district monlagneux, abondant en forêts, en pâturages et en fer, et compte une population de 2,000 habitants, dont le commerce du bois et du fer constitue la principale industrie. En 1797 nos troupes remportèrent en ce lieu un avantage signalé sur les Antrichiens, C’est la patrie du Titien, CADORE (Duc ne). Voyez Cnampacny.
CADOUDAL (Georces), plus connu sous son seul prénom, a (té moins célèbre comme chef de chouans que comme l’un des co-accusés de Moreau et de Pichegru. Né en 1769, la même année que Napoléon, au village de Brech, dans le Morbihan, Georges était le fils d’un meunier. La protection du seigneur de l'endroit lui permit d’entrer au collége de Vannes, où il ne fit que des études incomplètes. Il avait vingt-trois ans lorsqu'il prit une part active aux premières insurrections de ces contrées. Les Bretons, privés de leurs prêtres, dont aucun n’avait prêté serment en 1791, combattaient beaucoup plus pour le rétablissement des autels que pour la royauté. Fait prisonnier et enfermé dans un des forts casematés de Brest, Georges se sauva déguisé en imnatelot, et devint l’un des principaux chefs de la chouannerie, En 1795 il se prononça contre la pacification de la Mabilais. Plus tard, il voulut faire fusiller M. de Puisaye, à qui il imputait le mauvais succès de l'expédition de Quiberon. L'année d’après, il fit sa sournission entre les mains du général Hoche, et en 1797 ilessaya de ranimer la guerre civile; mais déjà le principal mobile des insurrections royalistes n’existait plus, Le Directoire lui-même montrait de la tolérance pour les prêtres réfractaires, qui remplissaient avec un secret très-mal gardé les fonctions de leur ministère parmi les populations de l'Ouest. Le consulat, aussitôt après le 18 brumaire, prépara les voies au concordat de 1401, et rendit la liberté aux prêtres insoumis. I n’en fallait pas davantage pour attiédir le zèle des royalistes. Cependant quelques bandes tenaient encore; on criait de toutes