‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 12 sur 556 · L. LAURENT · texte numérisé non relu

L. LAURENT

BRZESC, forteresse russe dans la Lithuanie, surnommée Litewski, pour la distinguer d’une ville polonaise du même nom, située dans une contrée marécageuse, entre le Bog et le Muchawiec, au point de leur jonction, non loin de la frontière de Pologne, dans le gouvernement de Grodno. Elle a environ 19,000 habitants, qui font un commerce considérable par eau, surtout depuis que le canal royal a rendu le Muchawiec navigable, et qui entretiennent des fabriques de drap et des tanneries. La ville possède, depuis 1841, une école militaire, ainsi qu’une école supérieure pour les juifs, qui y sont très-nombreux. Elle est aussi le siége d’un évêque arménien catholique. Fondée en 1182 par le roi de Pologne Casimir le Juste, Brzese appartint successivement à la Lithuanie et, depuis 1392, à la Pologne. Elle était alors la capitale de la Polésie. En 1435 les Polonais et l’ordre Teutonique y conclurent la paix. En 1793 elle passa sous le sceptre de la Russie.

Le 8 septembre Souwaro w, à la tête de trente mille Russes, y remporta une victoire sur le général polonais Sierakowski, qui n'avait sous ses ordres que douze mille Hommes, dont la moitié à peine de troupes de ligne. Le plan de celui-ci était de retenir Souwarow à la droite du Bog jusqu’à l’arrivée de Kosciusko. La trahison des juifs fit avorter ce projet. Les Polonais, se voyant débordés par les Russes , que guidaient ces misérables, commencèrent leur retraite en bon ordre, après avoir, pour la soutenir, braqué leur artillerie dans les bois ; ce fut la cause de leur perte : enveloppés de tous côtés par les colonnes moskovites, privés de leurs canons, ils succombèrent, après un combat sanglant et des efforts héroïques. Le contre-coup de ce désastre retomba sur Kosciusko. L’ennemi ayant surpris le passage de la Vistule à Pulawy, le généralissime se vit forcé de se porter sur Maciejowiez pour couvrir Varsovie. Là il fut enveloppé par les forces réunies de Fersen etde Souwarow, et perdit, dans une sanglante bataille, la liberté etle fruit de ses précédentes victoires. A la suite du massacre horrible du faubourg de Praga, Varsovie se soumit, et la Pologne cessa d'exister.

BRZETISLAS. Deux rois de Bohême ont porté ce nom.

BRZÉTISLAS I‘, fils d'Udalrich et d’une concubine, était un vaillant guerrier, qui joignait à la bravoure d’un chevalier beaucoup de prudence et de sagesse, IL battit les Polonais, enleva d'assaut Cracovie et menaça même Gnesen. Il ne fut pas aussi heureux contre l'empereur Henri HT : il fut obligé de se reconnaître son vassal, de lui payer un tribut ef de lui fournir des troupes. Il est célèbre par lédit qu’il

publia relativement à l’hérédité de la couronne, en vertu duquel la souveraineté dut appartenir désormais aux premiers nés de la branche Przémyzl exclusivement. J1 régna dix-huit ans, de 1037 à 1055, et avait épousé la belle Judith de Patisbonne, dont il eut plusieurs fils,

BRZÉTISLAS 11, fils aîné de Wratislas IT, monta en 1100 sur le trône, que dut lui céder Conrad 1°, Ce prince était un héros, mais il ne put conserver la couronne pendant plus de sept ans. Environné de parents qui prétendaient avoir des droits, et qui conspirèrent avec les nobles rebelles et orgueilleux , il fut assassiné "à la chasse,

BUACHE ( Puuripre), né à Paris le 7 février 1700, dut à ses travaux le titre de premier géographe du roi et de membre de l’Académie des Sciences. Jusqu’en 1730, ce corps savant n'avait pas jugé la géographie digne d’être représentée dans son sein, et la place fut alors créée pour P. Buache. Nous n’examinerons pas les cartes qu’il construisit, soit sous la direction de Delisle, son beau-père, soit pour accompagner ses différents Mémoires : son seul titre à notre souvenir est le système de géographie physique qu'il a développé, en 1752, dans les Recueils de l’Académie, et par lequel il expose beaucoup trop hardiment la charpente extérieure de notre globe : les continents y sont partagés par le cours des rivières et les chaînes de montagnes en bassins dont les dispositions réciproques suivent de certaines lois; puis, mettant à nu le fond de la mer, il montre les bassins de même genre en lesquels il est divisé par les montagnes sous-marines dont il admet les directions. Ces montagnes ont pour sommets les îles, rochers et bancs que nous apercevons à la surface ; il lie ces divers sommets par des chaînes non interrompues, qui elles-mêmes se joignent aux caps et aux montagnes des continents.

Vu l’état d'enfance où se trouvait alors la géographie, l’idée de rechercher la théorie de l’état physique extérieur de notre globe était remarquable, et c'était beaucoup d'éveiller l'attention des savants sur une question aussi neuve et aussi intéressante ; mais Buache généralisa beaucoup trop les lois qu’il avait cru découvrir, et les hypothèses que son système lui fit faire sur les parties alors inconnues ou mal connues de la terre ont été plus tard presque toutes démenties par les faits.

Buache mourut le 27 janvier 1773. Il fut remplacé à l’Académie par Danville.

BUACHE (JEaN-Nicoras), né à Neuville-le-Pont en 1741, fut appelé à Paris par son parent Philippe , suivit la même carrière, et comme lui fut premier géographe du roi et membre de l’Académie des Sciences. IL devait nécessairement adopter le système de son maître et bienfaiteur, ce qui lui fit commettre nombre d’erreurs scientifiques. D'ailleurs, quoiqu'il ait possédé, outre les titres qu'avait eus Philippe, ceux de membre du Bureau des Longitudes et d'ingénieur hydrographe en chef de la marine, quoiqu'il ait enseigné la géographie aux trois fils de France (depuis Louis XVI, Louis XVIII et Charles X ), il n’a pas laissé un nom trèsbrillant. On lui doit une dizaine de Mémoires publiés dans le Recueil de l’Académie des Sciences, et une géographie insignifiante. Buache mourut à quatre-vingt-quatre ans, en 1825. A. DELAMARCHE.

BUANDERIE, bâtiment avec un fourneau et des cuviers, ou local particulier placé au rez-de-chaussée d’une maison et disposé pour faire la lessive, appelée anciennement buée. I1 y avait autrefois des buanderies dans toutes les communautés d'hommes ou de femmes; il y en a aujourd’hui dans quelques grands établissements et dans quelques riches habitations de la campagne. On a aussi établi à plusieurs reprises des buanderies destinées au service public. Une rue de Paris porte même la dénomination de rue de la Buanderie, sans doute en souvenir d’un établissement de ce genre qui y existait. En 1807 le banquier Perregaux fit élever une buanderie près du quai de Bercy, à

Paris, où l’on mit en pratique le procédé de lessivage par la vapeur, Plus fard des bateaux de blanchissage avec buanderies furent établis sur la Seine. Enfin dans ces dernières années on à construil dans presque tous les quartiers de Paris des lavoirs publics, qui, outre une buandérie, renferment fout ce qui est nécessaire au blanchissage et au séchage du linge,

BUBALE. Le nom de bubalus désignait dès le temps d’Aristote un animal timide. « 11 est des espèces, dit ce grand naturaliste, auxquelles leurs cornes sont quelquefois inutiles, parce qu’elles fuient les animaux féroces et courageux : tels sont les chevreuils et les bubales. » Cependant les Romains en avaient déjà détourné l’acception, « Le vulgaire donne ce nom, dit Pline, au taureau sauvage de Ja Germanie, mais il appartient réellement à un animal d’Afrique, qui ressemble en partie à un cerf et en partie à un xeau. » Oppien ajoute encore à celte description un trait qui ne laisse aucune équivoque, c’est celui de la forme des cornes de cet animal, « Ses cornes, longues et droites, ditil, recourbent leurs pointes du côté du dos, » Cependant les latinistes modernes ont appliqué le nom de bubalus au buffle, et, quoique Gessner eût reconnu qu’il y avait erreur dans cette application, le véritable bubale n’a été bien indiqué que par Perrault. Le médecin anglais Cains l'avait cependant assez bien décrit dans l'ouvrage de Gessner, sous le nom de bœuf-cerf (boselaphus).

Le bubale (antilope bubalis) appartient au genre des antilopes par la forme de ses cornes, par le tissu solide des chevilles osseuses qui les portent, par les sillons obliques que l'on voit à leur surface, par ses larmiers et par ses jambes de cerf; mais il se distingue, au premier coup d'œil, des gazelles ordinaires par ses proportions un peu lourdes, par Ja hauteur de son garrot, qui lui donne presque un air bossu, et surtout par la longueur et la grosseur de sa tête, qui a yraiment quelque ressemblance avec celle d'une génisse; aussi Perrault lui a-t-il donné le nom de vache de Barbarie , et les Arabes l’appellent-ils bekkerel-wash, ce qui signifie bœuf sauvage. Sa taille est un peu supérieure à celle du cerf; son pelage est entièrement roussâtre, excepté le flocon du bout de la queue, qui est noir, Cette queue descend jusqu’à la hauteur du jarret. Les cornes du bubale ont une courbure précisément opposée à celle des gazelles ordinaires; dans celles-ci, la courbure inférieure est convexe en avant et la supéricure en arrière, de manière que la pointe se redresse; dans le bubale, au contraire, la courbure inférieure est concave en avant 2.6 la pointe se recourbe vers le dos, comine l’a très-bien observé Oppien, On remarque encore que le bubale manque de ces touffes de poils qui revêtent les genoux des gazelles.

On ne sait presque rien de particulier sur les mœurs de cet.animal dans l’état sauvage; Schaw dit seulement qu'il marche en {roupes; que ses petits s'apprivoisent aisément el paissent avec les {roupeaux de bœufs; qu'il court, s’arrête et se défend comme la gazelle. La direction des pointes deses cornes le force cependant à adopter une manœuvre particulière, Lorsqu'il est vivement pressé, il se retourne, se porle avec fureur contre l’assaillant, en tenant sa tête entre ses jambes, et, la relevant subitement, lorsqu'il est à proximité, il fait d'énormes blessures.

Cet animal appartient à tout le nord de l'Afrique et surfout au désert. Il en vient quelquefois en Égypte boire dans les inares ou dans les petits canaux d’arrosement; mais ils s’enfuient à l'approche de l'homme. Les anciens le connaissaient très-bien, et les F rançais en ont {trouvé des figures fort reconnaissables parmi les hiéroglyphes des temples de la Hante-Égypte. L G. CoviEn, de l’Académie des Sciences, Pet 1 5 Ville de la basse Egypte à aujourd'hui rui-

ie, che -lieu du nome dit Bubaslile, s'étendait au sud-est de Léontopolis, sur une branche du Nil dite bras Bubastique, par 30° 40° de latitude nord et 29° 11° de lon-

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