‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 11 sur 556 · BRUYN · texte numérisé non relu

BRUYN

BRUYÈRE, On ne sait pas assez, même dans les pays de grande bergerie, qu'après le genèt larbrisseau le plus recherché par les bêtes à laine est la bruyère, On s’en convaincra en observant sur les coteaux abandonnés au parcours tous les rameaux de genêls épluchés, leurs cosses enlce vées, et les bruyères broulées jusqu’au collet des racines,

Parmi les deux cents espèces de bruyères connues en France, dont la plupart sont exotiques et cultivées dans les orangeries et dans les serres, on dait distinguer la bruyère à balai (erica scoparia), qui a les fleurs en ombelle, les feuilles glabres, les tiges hispides, et qui croît principalement dans le midi; et la bruyère commune (erica vulgaris ), dont la corolle est d’un rouge pâle, les fleurs en grappes, les feuilles sessiles et sagittées. Elle conserve son bouquet rougeâtre depuis le milieu de l’été jusqu’à la fin de lautomne; elle se plaît dans les terres sèches et sablonneuses, s'élève à 0,60 de haut, et elle vient avec une telle rapidité que si

J'on met à l'abri de la dent des bestiaux le terrain qui en avait été dépouillé, elle le couvre entièrement au bout de deux ans. Dans les landes, qui sont peuplées plutôt de pasteurs que d'agriculteurs, la bruyère offre de grandes ressources, soit pour le pâturage, soit pour le miel, que ses fleurs fournissent avec abondance, parce qu’elles subsistent jusqu’à la fin de septembre, soit pour servir de litière et de chauffage, soit enfin pour la confection des balais.

Il faut à cet arbuste un sol composé d’un sable sec et quartzeux, de détritus végétaux, de substances ferrugineuses et un sous-sol d’argile impénétrable à l’eau. On convient généralement, dans les pays de plaine ou de grands pat que cette nature de terre est due au dernier séj que la mer a fait sur le continent, et elle diffère de jour terre de bruyère que l’on trouve sur les montagnes primitives, et qui est composée de détritus de gneiss et de granit, sur lesquels fleurissent les rhododendrum et les gentianes sans tige. Dans les pays de plaine, vous trouvez ordinairement les bruyères en société avec les airelles, les andromèdes , les rosages, les spirées. Les bois ne viennent pas dans les terres à bruyère, parce que le sol n’y 2st pas assez profond. Cependant , quelques espèces résineuses , et une espèce de chêne, nommé jauza, qui trace et ne pivote point, peuvent s’y acclimal{er.

Voici le moyen de tirer parti des éerres à bruyère : c’est de les diviser en cantons, et de ne mener paître les troupeaux que dans les parties qui ont été mises, au moins pendant trois ans, à l'abri de leurs dents; alors ils y trouveront une nourriture abondante qui concourra à la finesse des laïnes. Si vous avez des {erres à bruyère fort étendues, je vous conseille d'y creuser, de distance en distance, des mares , qui se rempliront promptement d’eau, parce que le lit d’argile sur Jequel elles seront placées est très-propre à les conserver, Comme l’eau est le principe de toute végétation, vous verrez bientôt se développer autour de ces mares des plantes de toufe espèce, et vous pourrez recueillir dans leur intérieur des plantes aquatiques qui vous serviront de litière. Si la chaieur de l'été dessèche ces mares, vous pourrez y semer des avoines, des sarrasins, suivant la quantité et la qualité des vases qui seront déposés au fond; et c’est ainsi que de proche en proche vous rendrez à l’agriculture vos terres à bruyère. Comte Français (de Nantes ).

BRUYERE (JEAN pe La). Voyez La BRUYÈRE.

BRUYN, nom d’une famille célèbre dans l’histoire des arts. — Au nombre de ceux qui ont illustrée, il faut surtout citer Barthélemy ne Bruyn, de Cologne, qui floris-

sait au commencement du seizième siècle, et qui marque la transition de Part du Nord au goût italien. Ses ouvrages principaux sont les tableaux qui “ornent le maître-autel de l'église de Saint-Vietorà Xante; ils furent exécutés vers 1537. — Abraham ne Bruyw, né à Anyers, vers 1540, mort à Cologne, dans un âge très-avancé, ne se distingua pas moins comme graveur que comme peintre; mais il fut cependant 3:

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surpassé dans l’un et l’autre de ces genres par son fils, Nicolas ne Bruyw, né à Anvers, vers 1570.

Cornelis ne Brun, né à La Haye, en 1652, se rendit plus célèbre par ses voyages que par les productions de son pinceau. En 1674 il se rendit à Rome, où il se consacra pendant trois ans à la peinture, puis à Naples et dans d’autres villes d'Italie. 11 s’embarqua ensuite pour Smyrne, et parcourut alors l’Asie Mineure, l'Égypte et les îles de l'Archipel. Après avoir terminé cette tournée, il reprit l'exercice de son art à Venise, et ne revint qu’en 1693 dans sa patrie, où il publia en 1698 le récit de ses aventures. Le succès qu’obtint ce livre réveilla avec une nouvelle force sa passion pour les voyages. De 1701 à 1708 il parcourut donc la Russie, la Perse, l’Inde, Ceylan et quelques autres îles de la mer des Indes; et à son retour en Hollande, en 1711, il publia une relation de ce second voyage. Ces deux ouvrages sont d'ailleurs moins estimés pour la véracité des observations qu’il y a consignées, qu’à cause de la beauté et de l'exactitude des planches qui les accompagnent. Cornelis de Bruyn ne vécut plus désormais que pour son art, qu’il exerça alors tantôt à Amsterdam, tantôt à La Haye. Il mourut à Utrecht.

BRUYS (Prerre pe), hérésiarque du douzième siècle, parcourut la France, pendant vingt-cinq ans, à la tête d’une bande nombreuse, saccageant les églises, abattant les croix, détruisant les autels, rebaptisant les chrétiens, fouettant les prêtres et séquestrant les moines. Chassé du Dauphiné par les seigneurs et les évêques réunis, il alla exercer lesmêmes désordres dans la Provence et le Languedoc. Fier de la multitude qu'il avait séduite, il eut l'audace de se présenter sur la place de Saint-Gilles (Gard) et d’y brûler publiquement des monceaux de croix arrachées, d’autels abattus et d’autres instruments du culte. A ce spectacle, les catholiques furieux se saisirent de sa personne, dressèrent un bûcher, et, sans autre formalité, le firent périr dans les flammes, en 1147.

Pierre le Vénérable résume ainsi les erreurs de Bruys : Le baptême est inutile aux enfants qui ne sont pas en état de faire un acte de foi en le recevant; on n’a pas besoin d'églises , il faut détruire celles qui existent, la prière étant aussi agréable à Dieu dans une taverne ou sur une place publique ; on ne doit point adorer la croix, mais briser et brüler cet instrument des souffrances du Rédempteur ; l’Eucharistie ne contient ni la chair ni le sang de Jésus-Christ, ni même la figure et apparence de son corps; les prières, les oblations, les œuvres de charité des vivants sont inutiles aux morts,

Ses disciples, dont le plus célèbre fut Henri, dit aussi de Bruys, furent appelés Pétrobrusiens. ls descendaient des Manichéens, et furent les prédécesseurs des Vaudois.

BRY { De). Voyez DE Bry.

BRYANT (Jawes), archéologue et philologue ingénieux, mais dont les assertions paradoxales, les hypothèses par trop hardies et l’humeur querelleuse ternirent quelque peu le mérite, né en 1715 et mort 1814. Après avoir accompagné comme précepteur les fils du célèbre Marlborough dans leurs voyages Sur le continent, il se consacra tout entier à l’étude de l'archéologie, Le premier ouvrage qu'il publia était intitulé : Observations and inquiries relating to various parts of ancient Mythology (in-4°, Londres, 1767). Son livre le plus important est son New System and analysis of ancient Mythology (Londres, 1774- 1776). C’est James Bryant qui le premier s’avisa de vouloir prouver qu’il n'avait jamais existé de ville de Troie , et que toute la guerre de Troie n’était qu'un roman de l'invention d'Homère, 1 défendit la liberté morale contre le Déterminisme de Priestley, et annota l'Écriture Sainte au moyen de passages de Josèphe, de Philon et de Justin martyr.

BRYENNE ( Nicérnone ). Voyez Nicéruone-Bnyenne,

BRYOLOGIE (de Bovoy, mousse, et loyos, discours), nom par lequel on désigne cette partie de la botanique qui s'occupe spécialement des mousses, C’est une branche de la cryptogamie.

BRYON ou BRION (de fpvoy, mousse). C’est l’un des plus nombreux et des plusremarquables genres de mousses acrocarpes. Ces mousses vivent en société sur la terre, où elles forment des gazons plus ou moins touffus, jamais dans l’eau ni sur les arbres. Elles sont vivaces , et se rencontrent sous toutes les latitudes et à toutes les hauteurs. Le genre bryon à donné son nom à la tribu des bryacées, dont il est le type.

BRYONE (de Bovev, végéter avec force), genre de plantes de la famille des cucurbitacées et de la monœcie syngénésie, remarquable par ses longues pousses. Ce genre ren ferme un grand nombre d'espèces; deux seulement sont indigènes : ce sont les bryonia dioica et alba, vulgairement connues sous les noms de couleuvrée et de vigne blanche.

La bryonia dioica est une plante grimpante de nos climats, dont les racines volumineuses ont une saveur âcre et sont très-purgatives. On les a employées avec succès, à l'extérieur, dans les affections de la goutte ; mais la violence avec laquelle elles agissent a dû en faire rejeter l'usage. A l'intérieur, on les a vues quelquefois produire des empoisonnements. Cependant, de même que le manioc, on peut l'employer comme aliment en la purgeant de tout son suc par des lavages réitérés ; on en retire ainsi une fécule trèsabondante. Les tiges de la bryone dioïque, que l’on fait servir à l’ornement des berceaux dans les jardins, sont herbacées , portent des feuilles un peu en cœur, à cinq lobes anguleux , et donnent en juin des fleurs d’un blanc verdâtre, disposées en grappes. Toute terre lui est bonne, et on la multiplie de graines ou d'éclais.

La bryonia alba est plus rare en France. Elle diffère de la précédente par ses fleurs monoïques, par ses baïes noires et par ses feuilles moins profondément divisées.

BRYOPHYLLE (de Bovo, je croîs en abondance, et gvhov, feuille ), genre de la famille des crassulacées , ne renfermant encore qu’une senle espèce, le bryophylle à grand calice (bryophyllum calycinum ). Cet arbuste d'Amérique, de 0°’,60 de haut, dont les feuilles sont ternées, opposées, à folioles ovales , charnues et crénelées, porte en août et septembre des fleurs en ombelle terminale, pendantes, tubuleuses , grandes et d’un pourpre obscur, 11 demande une terre franche, légère, mêlée de terre de bruyère, et doit être rentré en hiver. Sa mulliplication se fait de boutures, sur conche et sous cloche, et les feuilles mêmes, appliquées sur de la terre entretenue dans un état d'humidité suffisant , prennent racine très-rapidement. C’est de cette facilité de reproduction qu'est venu le nom générique de bryophylle.

BRYOPSIS (de Bovov, mousse, et oÿi, apparence), genre de plantes marines, de la famille des zoospermées, qui comprend plusieurs espèces, parmi lesquelles on remarque le bryopsis pennata des Antilles, le bryopsis arbuscula de l'Océan , le bryopsis hypnoides de la Méditerranée européenne, et le bryopsis cupressina des côtes de la Barbarie,

Les bryopsis , intermédiaires entre les ulves et quelques thalassiophytes articulées formentun genre bien distinet, dont une seule espèce, avant les observations de Lamouroux (1813), était connue des auteurs. Leurs tiges et rameaux sont fistuleux, leurs parois blanches et diaphanes, et l’intérieur est rempli d’un fluide aqueux, dans lequel nagent en foule de petits grains globuleux auxquels la plante doit sa couleur, La teinte en est verte, très-brillante, quoique foncée, mais elle n’est pas égale dans toutes les parties de la plante, Les tiges et les rameaux principaux sont presque transparenfs, {andis que les extrémités sont d’une nuance qni réunit intensité à l'éclat. Cette couleur, due aux graines, disparait avec elles et change avec l’âge. Ces plantes, qui n'acquièrent jamais deux décimètres de hauteur, vivent à

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peine quelques mois, attachées aux rochers où à d’autres corps marins,

BRYOZOAIRES (du grec Bgÿoy, mousse, et EGov, animal). On désigne sous ce nom ux groupe d'animaux invertébrés , que l’on avait d’abord rangés parmi les polypes, et qui, par suite des progrès faits en anatomie comparée, ont dû être placés à la suite des mollusques acéphalés connus sous le nom de {uniciers ou ascidies. Les bryozoaires ont une enveloppe générale ou peau en forme de manteau, dont la partie inférieure constitue un tube ou une cellule cornée ou calcaire. Sous cette peau se voit un tube digestif complet, une couronne de tentacules branchiaux garnis de cils vibratiles autour de la bouche, près de laquelle s’ouvre l'anus. Ces animaux presque microscopiques vivent réunis en masses, Ils sont tous aquatiques; plusieurs sont marins, quelques espèces sont fluviatiles. Parmi les marins, on range les {lustres, les eschares, les tubulipores, les sérialaires, les pédiallires, etc., auxquels on a ajouté deux espèces d’eau douce, la paludiale et la frédérialle. Les bryozoaires de ce premier groupe ont leurs tentacules branchiaux disposés en entonnoir, tandis que l'alcyonnelle, la cristatelle et la plumatelle, autres espèces de bryozoaires, ont leur panache de tentacules sous forme de fer à cheval.

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