‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 158 sur 556 · CALLE — CALLEVILLE-LES-BOIS · texte numérisé non relu

CALLE — CALLEVILLE-LES-BOIS

Bastion de France avec les forts qui en dépendaient, le privilége exclusif de la pêche du corail et l'exportation annuelle des grains, cuirs, laines, cires et autres productions du pays. En 1694 la compagnie abandonna cet établissement, parce qu’il n'offrait aucun abri aux navires , et se transporta sur un point plus oriental de la côte, à La Calle.

Cette ville parvint bientôt à un état des plus florissants : on y voyait un grand nombre de beaux magasins, des quais, une église, un hôpital, un lazaret, quatre postes militaires, des bastions armés de canons ,une mosquée pour les Maures employés par la compagnie, et tout ce qui était nécessaire au bien-être, à l'approvisionnement et à la défense d’une ville de 2,000 âmes. Par sa navigation, elle formait en outre une excellente école de matelots. Mais cette prospérité cessa lors de l'expédition d'Égypte; les bâtiments corsaires des États barbaresques commencèrent, par ordre du grand-seigneur, une guerre générale contre notre marine et notre commerce. L'établissement de La Calle fut livré aux flammes ; ses habitants disparurent précipitamment , heureux de sauver an moins leur vie dans ces désastres; tout ce qu’ils laissèrent sur les lieux fut livré au pillage et à la destruction. L’Angleterre, toujours à la piste des coins de rochers que l’on abandonne, se fit céder, en 1807, nos concessions de La Calle, moyennant une redevance annuelle de 267,000 fr. Mais à peine cette puissance commençait-elle à s’indemniser des énormes dépenses que cet établissement lui avait coûtées pendant dix ans, que nous en reprimes possession en 1816, après la conclusion de la paix générale. L'exploitation du privilége commercial fut abandonnée à M. Paret, négociant marseillais; mais le département des affaires étrangères continua seul à diriger la pêche du corail. Ces deux systèmes d'exploitation étaient encore en vigueur lorsque la rupture éclata entre la France et Alger, en 1827. La destruction de La Calle par les troupes du dey en fut la conséquence.

Ce fut seulement en 1836 que l'occupation de la Calle fut ordonnée par le maréchal Clauzel; les tribus du voisinage ne firent aucune résistance, On entreprit aussitôt la réparation des anciens ouvrages de défense; on joignit la ville au fort du Moulin par une muraille d’enceinte qui renferme le port, Une caserne pour trois cents hommes , un petit quartier de cavalerie, un hôpital, un magasin de vivres et de poudre furent à la hâte édifiés pour pourvoir aux premiers besoins de la garnison. L’ancienne tour du phare fut restaurée.

« La grande industrie de la Calle, dit M. Joanne, est la pêche du corail; ce polypier forme, près de la côte, de véritables forêts, à des fonds variant de 30 à 200 mètres; chaque pêcherie est divisée en 10 coupes, dont une seule est exploitée chaque année. La pêche, autrefois à peu près exclusivement aux mains des Italiens, passe peu à peu dans celles des Français. En 1845 sur 166 bateaux corailleurs qui exploitèrent les côtes d'Algérie, un seul était français ; en 1864, sur 327 bateaux , 186 étaient français, 118 italiens, 23 espagnols. En 1866 le nombre des corailleurs est monté à 341. La taille du corail et sa transformation en bijoux sont concentrées à Gênes, à Naples et surtout à Livourne; 2,000 marins sont occupés à la pêche; le produit est de plu-

sieurs millions. »

La Calle est environnée, dans une superficie de 20,000 hectares, de forêts épaisses où l’orme, le frêne, l’aulne et le chêne vert abondent. L’essence dominante est le chôneliége. I1 se fait une exploitation importante de mines de plomb argentifère au Kef-oum-Thabbol, situé à l'est de la ville, Trois grands lacs s'étendent aux environs de La Calle : ce sont Guerha-el-Malha (l'étang Salé), Guerha-el-Garah (étang de Garah), qui se jette dans la Mafr ag; Guerhael-Hout (l'étang des Poissons), et Ouad-el-Hout (La rivière des Poissons), Au delà des lacs et des bois, à 10 ki-

lomètres de la ville, les plaines d’Ain Khiar et du Tarf, les bords de la Mafrag , et toutes les terres dans la direction de Bone, offrent un vaste champ à la colonisation. I y à là des prairies naturelles et des cours d’eau nombreux, et le sol, pour produire, n'attend que la charrue. CALLET (ANTroNe-François), peintre d'histoire, né à Paris, en 1741, fut reçu à l'Académie en 1780. 11 appartenait à cette école de Vien, qui retira l’art de la fausse voie où Boucher l'avait entraîné. Ses productions principales sont : un Portrait de Louis XVI, gravé par Bervic; le Lever de l’Aurore, au plafond de la galerie du Luxembourg; Marcus Curtius se dévouant pour sa palrie; Vénus blessée par Diomède; Achille trainant le corps d'Hector devant Les murs de Troie, etc. Callet, qui après le 18 bru-

maire avait peint une allégorie représentant la France

sauvée, Callet, qui depuis avait reproduit la Bataille de Marengo, V'Entrée du premier consul à Lyon, le Mariage de Napoléon et de Marie-Louise, le Traité de Presbourg, Callet ne manqua pas d'exposer au salon de 1817 un allégorie représentant lArrivée de Louis Le Désiré. Aussi, lorsqu'il mourut, en 1823, était-il peintre du roi et de Monsieur.

CALLET (Jean-François), né à Versailles, le 25 octobre 1744, mort à Paris le 14 novembre 1798, s'était déjà distingué comme mathématicien en remportant, en 1779, le prix proposé par la Société des Arts de Genève sur les échappements, et comme professeur en formant pour l’école du Génie un grand nombre d'élèves remarquables, lorsqu'il termina, en 1783, son édition des Tables de Gaïdiner, contenant les logarithmes des nombres jusqu'à 102,950. Nommé professeur d’hydrographie à Vannes en 1788, et peu après à Dunkerque, il fut rappelé à Paris en 1792 pour y remplir les fonctions de professeur des irgénieurs géographes du dépôt de la guerre. Environ quatre ans après, cette place ayant été supprimée, Callet rentra dans l’enseignement libre, et en 1795 il publia son œuvre capitale , la nouvelle édition stéréotype des Tables de Logarithmes, comprenant les logarithmes des nombres jusqu’à 108,000 et ceuxdeslignes trigonométriques de seconde en seconde pour les ares de 0° à 5°etde 85° à 90° et de dix secondes en dix secondes pour le premier quadrant. D’autres tables importantes, telles que celle des logarithmes des sinus pour la division décimale du cercle, s’y trouvent encore réunies. Ces tables, dont l'exactitude le dispute à lutilité, et qui, stéréotypées par Firmin Didot, ont été portées au plus haut point de correction typographique, sont en outre disposées de manière à faciliter les recherches, tout en occupant le moins d’espace possible.

Quoique sa santé fût devenue chancelante, Callet publia encore, sous le titre de Supplément à la Trigonométrie sphérique et à la navigation de Bezout (Paris, 1798, in-4°), un mémoire sur les longitudes en mer. Il avait auss! présenté à l’Institut le plan d'un nouveau télégraphe et d’une langue télégraphique. Maisses Tables de Loyarithmes sont un monument impérissable, qui fera vivre à jamais sa mémoire. Cette œuvre, qui demandait tant de soin et de patience, assure à son auteur une place honorable parmi les savants modestes qui, se sacrifiant en quelque sorte à l'utilité générale, consacrent leurs veilles à d’obscurs et pénibles travaux. à E. MERLIEUX.

CALLEVILLE-LES-BOIS, village du département de l'Eure, qui a donné son nom à l’excellente espèce de de pom me que l’Académie appelle calville, et qui nous vint du Danemark avec les Normands, suivant Bernardin de Saint-Pierre. Dans les ruines du château de Calleville, ancienne demeure des seigneurs d’H arcourt, on découvrit en 1817 une assez grande étendue de pavé composé de carreaux faïencés d’un émail fort beau et de dessins variés, offrant l’aspect d’une élégante mosaïque. Ce travail, qui est du treizième ou du douzième siècle, est de l’espèce que l’An-

glais Henniker appelle Aormantiles, et que l'abbé de La Rue nomme assez improprement briques.

CALLIANIRE, genre d'animaux rayonnés de la classe des médusaires ou acalèphes de Georges Cuvier, que Perron et Lesueur avaient d'abord considérés comme appartenant aux mollusques. Blainville se range à l’opinion de Lamarck, qui le premier a placé les callianires dans la classe des médusaires, et leur assigne les caractères suivants : Corps régulier, gélatineux, hyalin, cylindrique, allongé, tubuleux, obtus aux deux extrémités, pourvu de deux paires d’appendices aliformes se développant en grandes feuilles et garnis d’un double rang de cils vibratoires sur les bords; une paire d’appendices tentaculiformes, rameux et non cilifères; un grande ouverture transversale à lune des extrémités, et probablement une plus petite à l'extrémité opposée. On distingue dans ce genre deux espèces établies d’après le nombre des feuillets garnis de cils, qui est double dans la ca/lianire diploptère et triple dans la callianire triploptère. La première a été trouvée dans les mers de la Nouvelle-Hollande, et la deuxième dans les mers de l'Inde et de Madagascar. L. LAURENT.

CALLIANO, bourg du Tyrol, pittoresquement situé sur la rive gauche de l’Adige et non loin du défilé de Castel della Piétra, que défendent de redoutables fortifications, est célèbre dans l'histoire par la victoire que les Impériaux y remportèrent en 1487 sur les Vénitiens, et par celle que Bonaparte y gagna en 1796 sur les Autrichiens. Il força lentrée du Tyrol le 4 septembre, après avoir contraint les Autrichiens à se retirer avec une perte de 6 à 7,000 prisonniers et de 25 canons, sans avoir pu débloquer Mantoue, investie par les Français.

CALLICHTHE (de xauy0vc, espèce de poisson de mer ). Genre de poissons établi par G, Cuvier dans sa famille des siluroïdes. Les caractères des callichthes sont : Corps presque entièrement cuirassé sur les côtés par quatre rangées de pièces écailleuses, un compartiment de ces pièces sur la tête, le bout du museau nu ainsi que le dessous du corps; première nageoire dorsale faible et courte, la deuxième n'ayant qu’un seul rayon; quatre barbillons, bouche peu fendue, dents presque insensibles. Ce genre renferme dix à douze espèces, dont les mœurs, encore peu connues, ressembleraient, a-t-on dit, à celles des anguilles, qui peuvent sortir de l’eau et ramper plus ou moins loin sur les bords des fleuves. L. LAURENT.

CALLICRATES, nom de deux célèbres artistes grecs de la moitié du cinquième siècle avant J. C. L'un était architecte, C’est lui qui construisit le Parthénon dans l'Acropole à Athènes, et une grande muraille dont Socrate parle dans le Gorgias de Platon, qu’il appelle la muraille du milieu, et dont Cratinus se moque dans une de ses comédies, où it dit; « Il y a longtemps que Périclès avance fort cette muraille en paroles, mais en effet elle ne bouge pas. »

L'autre, natif de Sparte, et au nom duquel on associe d'ordinaire celui du milésien Myrmécide, s'était faitune grande réputation par son adresse à sculpter des œuvres d'ivoire d’une délicatesse et d’une ténuité excessive. On rapporte qu’il avait gravé des vers d’Homère sur des grains de millet, qu’il avait construit un char attelé de quatre chevaux qu’on pouvait cacher sous une aile de mouche, et qu'il avait fait des fourmis dont on distinguait tous les membres.

CALLICRATIDAS, célèbre général lacédémonien, était fort jeune encore quand, l'an 406 avant J.-C. il fut appelé à succéder à Lysandre dans le commandement de la flotte, Malgré l’envie et la jalousie de Lysandre, qui rendit à son successeur tous les mauvais services qu'il put, Callicratidas fit preuve dans ces fonctions d'autant d'activité que de courage et de probité, 1] battit à plusieurs reprises la flotte athénienne, notamment à Métymne, Mais l’an 405 avant J.-C., ayant acceplé un combat avec elle à forces très-inégales, à la hauteur des îles Arginuses, il périt dans les flots au mo-

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