CALONNE
entrant au ministère ; il avait avoué son embarras au roi, qui lui avait fait cadeau de 230,000 fr. d'actions de l’entreprise des eaux, dont il avait su tirer un fort bon parti. Machaut, en racontant depuis cette singulière conversation, ajoutait gravement : « Je n’avais pourtant rien fait pour provoquer une confidence si extraordinaire, »
De Calonne, étant intendant, s’était opposéà l'établissement des administrations provinciales ; devenu ministre, il proposa aux notables la création de ces mêmes administrations, et ne pouvait manquer de réussir. Il espérait, au moyen de cette concession, faire admettre ses projets de finances ; mais les notables ne s’étaient pas trompés sur ses motifs, et ses nouveaux projets, présentés sous les formes les plus spécieuses, furent rejetés. Cet échec ne le découragea point ; repoussé par les notables, qu'il avait choisis, contrarié par ses collègues, il les fit attaquer également par des pamphlets ; il manœuvra avec plus d’habileté que de succès auprès du roi pour faire changer le cabinet. Il dirigea ses premières tentatives contre le baron de Breteuil et le chanchelier. Il réussit, il est vrai, à faire renvoyer celui-ci ; mais au méme instant qu'il se félicitait de ce succès, il reçut l’ordre de remettre son portefeuille et dese rendre en Lorraipe, où il était exilé. L'exemple de tant de courtisans, qui n’embrassèrent la cause de la révolution qu’en haine de la cour, ne fut pas contagieux pour lui ; il se dévoua spontanément au parti du roiet des princes. Il revint à Paris en 1790, et bientôt après il retourna rejoindre les princes à Coblentz, où il fut chargé de la direction de leurs finances. 11 parcourut plusieurs cours étrangères pour solliciter leur appui en faveur de la cause monarchique; il exposait dans une conférence avec l'empereur Léolpod un plan qu’il croyait infaillible pour opérer la contre-révolution ; l’empereur lui objectait que pour l’exécuter il fallait beaucoup d'argent, et que le mauvais état des finances serait toujours un obstacle insurmonfable : « Ce n’est pas là une difficulté, répondit Calonne; je ne veux pas plus de six mois pour rétablir les finances. — Monsieur, dit Léopold, il est fächeux que vous n’ayez pas eu cette idée lorsque vous étiez en place. »
Calonne ne s’était pas enrichi dans son ministère; on ne lui a reproché que d’être prodigue, et tout Paris savait qu’il avait donné pour étrennes à M°° Lebrun, sa maîtresse, une grande boîte d’or remplie de pastilles enveloppées dans des billets de la caisse d’escompte. Il se montra plus scrupuleux etplus économe dans l'administration desfinances des princes pendant l’émigration, puisqu'il se trouva bientôt hors d'état de soutenir son fils, qui servait dans l'infanterie de l’armée de Condé. Il proposa un plan de contre-révolution modérée, que les royalistes purs n’approuvèrent point. 11 partit pour l'Angleterre, dans l'unique but de correspondre avec les chefs de la conjuration de la Rouarie. Un agent de la police du directoire, nommé Chevetel, parvint à lui arracher son secret, et cette folle entreprise échoua comme tant
’autres : il espéra être plus heureux en faisant fabriquer à
- Londres une masse énorme de faux assignats Le crédit pu-
blic en fut ébranlé; mais ce moyen, aussi honteux que lâche, causa la ruine d’un grand nombre de familles et de la classe si nombreuse et si inoffensive des créanciers de l'état. Le gouvernement anglais n'était nullement scrupuleux dans ses moyens d'attaque contre la France; tous étaient bons, même l'assassinat et la famine. Il ne devait pas reculer devant un faux, et, à la honte de l’émigration, il trouva des complices dans les transfuges français. Calonne s'était dévoué corps et âme à la cause des Bourbons. On s’est étonné que ces princes l’aient si tôt éloigné d'eux; on attribue sa disgrâce à son phamphlet intitulé : Tableau de l'Europe. La petite cour du prétendant était un foyer d’intrigues. On sait par qui fut convoité le trône de Louis XVI avant et depuis la révolution de 1789, et quelles prétentions nouvelles surgirent après la mort de ce prince, Le nouveau mémoire de Calonne exprimait le vœu d'un M
CALONNE — CALORIMÈTRE
changement de personne ou même de dynastie. Quelques courtisans crurent y voir une proposition en faveur du duc d'York ou du duc de Brunswick. Mais en l’examinant sans prévention on reste convaineu qu'il avait été écrit dans l'intérêt du comte d’Artois. Cette publication avait divisé les chefs de l’émigration. Louis XVIII était en possession du titre, avec toutes ses conséquences possibles. Calonne fut contraint de s'éloigner ; il passait pour modéré et presque pour jacobin dans l'opinion des monarchistes rectilignes, comme les appelait Ferrand. Or les royalistes recilignes ne voyaient qu'un moyen d'en finir avec la révolution : ce moyen était de faire pendre un nombre de révolutionnaires calculé sur la population de chaque commune, pour servir d'exemple aux autres. Calonne, repoussant les proscriptions et les confiscations en masse, admettait des catégories d’amnistie et une charte sur des bases plus larges que celle qui fut octroyée en 1814. Son Tableau de l’Europe annonce un écrivain qui, tout en conservant ses préjugés de caste, avait néanmoins profité des lecons du malheur et de l'expérience. Le seul fait de sa fabrication de faux assignats devait à jamais lui interdire toute espèce de retour en France par toute autre voie que celle d’une contre-révolution, et cependant il ne fut pas exclu de l’amnistie en faveur des émigrés. Il revint en France, y publia quelques mémoires sur les finances, qui passèrent inaperçus, et revint pour la dernière fois en Angleterre, où il avait rétabli sa fortune par un mariage avec une riche veuve française. De retour en 1802, il mourut à Paris, le 19 octobre de la même année. Durey (de l'Yonne).
CALORICITÉ (de calor, chaleur). C’est le nom que Chaussier a donné à cette propriété vitale en vertu de laquelle la plupart des êtres organisés conservent une chaleur supérieure à celle du milieu dans lequel ils vivent. En d’autres termes, la caloricité est la faculté qu'ont les organes d'élaborer la quantité de calorique nécessaire à la vie, et de se maintenir ainsi dans la même température, quelle que soit d’ailleurs celle du milieu dans lequel le corps est plongé. Le calorique, ou le principe de la chaleur, est à la vie ce que l’air est à la respiration : il pénètre, échauffe, dilate, épanouit les organes, facilite le cours des humeurs; en un mot, il anime tout, et sans lui la vie s’éteindreit à l'instant même. D’un autre côté, la trop grande abondance de ce fluide serait fout aussi nuisible à l’économie animale : elle réduirait toutes les humeurs en vapeurs, irriterait, enflammerait, et même désorganiserait les tissus vivants. La nature a donc dù établir un juste équilibre entre l’absence et l'excès de ce fluide.
La température dans laquelle l’homme vit habituellement est de 36 à 37 degrés centigrades. Quelque climat que l’homme habite, à quelque degré de froid ou de chaud aw’il s'expose, son corps offre toujours cette même température, Les habitants des contrées les plus opposées, ceux, par exemple, de la glaciale Laponie et ceux de la brûlante Éthiopie offrent toujours au thermomètre le même nombre de degrés. Voyez CHALEUR ANIMALE.
CALORIE , quantité de chaleur nécessaire pour élever un kilogramme d’eau de un degré du thermomètre centigrade. C’est l'unité de mesure pour la chaleur, comme le mètre est l'unité de mesure pour les longueurs. On aurait pu en choisir une autre, mais celle-ci est commode et assez généralement admise pour l’appréciation de Ja valeur calorifique des combustibles et des appareils de chauffage,
CALORIFERE ( de calor, chaleur, et fero, je porte). Ce nom, pris dans sa plus grande généralité, appartiendrait à tous les appareils propres à échauffer les appartements, étuves, séchoirs, ateliers, etc.; mais ies moyens de chauffage domestique ayant des noms particuliers (voyez Cue- MINÉE, POLE), il vaut mieux réserver le titre de calorifère aux appareils destinés à échauffer de grandes masses d'air dans un espace fermé, et à les porter ensuite dans
les lieux où elles doivent être utilisées. Ils conviennent aux manufactures et aux édifices publics : tout le monde sait que les foyers des théâtres et les salles des écoles sont ainsi chauffés. Les particuliers riches en font quelquefois placer un dans les caves de leur maison, pour échauffer les vestibules, les corridors et toutes les pièces sans cheminée.
On emploie trois sortes de calorifères : les calorifères à air, à vapeur, à eau chaude. Les premiers se composent d’une chambre de chauffage et de tuyaux destinés à porter l'air échauffé et la fumée; les seconds, d’une chaudière pour la production de la vapeur, et de tuyaux de conduite, de condensation et de dégorgement ; les derniers, d’une chau dière et de tuyaux dans lesquels l’eau bouillante se renouvelle lorsqu'elle a cédé à l'air ambiant une quantité déterminée de sa chaleur.
Dans ces trois systèmes, on peut obtenir les mêmes effets de la même quantité de combustible, quand les surfaces de chauffe sont de dimensions convenables. Mais les calorifères à vapeur ont sur ceux à air chaud Pavantage de conserver une température à peu près con$tante dans toute l'étendue de leurs tuyaux , et de ne jamais échauffer l'air qu’à une température inférieure à 100 degrés. Les calorifères à eau chaude sont plus compliqués que les deux autres modes ; les tuyaux sont infiniment plus chargés ; toutefois, comme ils conservent fort long-temps la chaleur, on en a fait une heureuse application à l’incubation artificielle des œufs, et à l'entretien d’une température moyenne dans les serres.
Les tuyaux à travers lesquels on fait circuler l'air chaud, la vapeur ou l’eau bouillante, sont en fonte ou en cuivre. La fonte étant susceptible de tacher les tissus, on n’emploie que le cuivre dans les fabriques d’étoffes ; mais dans tout autre cas, il vaut mieux employer la fonte, parce que le cuivre échauffé répand une odeur désagréable et malsaine. La dépense est à peu près la même pour les deux métaux.
A. DES GENEVEZ.
CALORIFIQUE, qualité des corps qui produisent la chaleur ; on dit, par exemple, les rayons calorifiques, etc.
CALORIMETRE. On nomme ainsi tout instrument propre à mesurer la chaleur spécifique des corps. Un des plus simples est le calorimètre de glace, imaginé par Lavoisier et Laplace. Cet appareil se compose de trois cavités concentriques : la plus interne est formée d’un grillage en fer et destinée à recevoir les corps sur lesquels on veut faire l'expérience ; la cavité moyenne est parfaitement close et munie à sa partie inférieure d’un robinet qui traverse la paroi de la cavité extérieure ; ces deux dernières s'ouvrent en outre vers le haut au moyen d’un couvercle, ce qui permet d’y introduire les substances nécessaires à l'opération. Si on met dans la partie moyenne de l'appareil de la glace pilée à zéro, si de plus on préserve celle-ci de l’action de Jair ambiant, en remplissant de glace la cavité extérieure, le corps dont on veut connaître la chaleur spécifique étant placé dans la cavité centrale fera fondre une certaine quantité de glace pilée, qui, s’écoulant par le robinet, pourra être recueillie et exactement mesurée. En comparant le résultat obtenu avec celui que donne le même poids d’un corps déterminé, l’eau par exemple, pris à la même température, on aura la valeur cherchée.
Avant l'invention du calorimètre de glace, Black et Crawford avaient déjà déterminé la chaleur spécifique de plusieurs corps par la mélhode des mélanges, qui consiste à mêler des poids connus de différentes substances à différentes températures , et à noter la température obtenue, qui généralement n’est jamais la moyenne des deux températures primitives. Ainsi en mêlant un kilogramme d’eau à 50° avec un kilogramme d’huile de baleine à 100°, le mélange, loin d’être à 75° ( comme cela arriverait si on employait le même liquide de part et d’autre ), ne se trouvera qu’à 67° : les 17° d’élévation de température que l’eau a
éprouvés ne pouvant provenir que des 33° que l'huile a perdus , à s'ensuit que la capacité calorique de l’eau est à peu près double de celle de l’huile.
Rumfort résout les mêmes questions au moyen du calorimètre d’eau, composé d’une caisse pleine d’eau , dans le fond de laquelle passe un tube horizontal ouvert des deux bouts en dehors de la caisse. En faisant traverser ce tube par des quantités connues de gaz à une température déterminée, on n’a qu’à observer au moyen d’un thermomètre l’échauffement de la masse d’eau du calorimètre.
Enfin, la mnéthode du refroidissement , inventée par Mayer, consiste à observer la durée du refroidissement de différents corps élevés à la même température. Pour des poids égaux, les chaleurs spécifiques des corps sont proportionnelles aux temps qu’ils mettent à descendre d’un même nombre de degrés de l'échelle thermométrique. MM. Petit et Dulong, qui ont employé cette méthode dans leurs belles recherches calorimétriques, y ont apporté de nombreux perfectionnements. Elle offre l'avantage de pouvoir s’appliquer à tous les côrps, tandis que celles de Black, de Lavoisier et de Rumfort ne s’emploient commodément, l’une que pour les liquides, l’autre que pour les solides, et la dernière que pour les fluides aériformes. E. MERLIEUX.
CALORIQUE. Lorsqu'on s'approche d'une cheminée, d’un poêle où se trouvent des corps en combustion, ou que l’on reste exposé à l’action directe des rayons du soleil, on éprouve une sensation particulière , à laquelle on donne le nom de chaleur. Dans l’un comme dans l'autre cas, on se convainc facilement que le corps brülant ou le soleil ont exercé sur nos organes une action particulière, qui n’a pu nous être transmise que par l'intermédiaire de quelque corps qui en est émané : c’est la cause de cet effet remarquable que les physiciens désignent sous le nom de calorique, réservant celui de chaleur pour l'effet que nous observons quand nous sommes soumis à son action. On peut aussi, et c’est ce qu'ont fait un certain nombre de physiciens, admettre que la chaleur est produite par des vibrations imprimées aux molécules des corps; mais comme la première opinion est la plus généralement admise, nous la suivrons dans tout ce que nous avons à dire à ce sujet.
L'idée d’un corps entraîne avec elle celle de trois propriétés essentielles : l'étendue, l'impénétrabilité et la pesanteur; c’est-à-dire que le corps, quelque petit que nous puissions le supposer, occupe une étendue quelconque dans l’espace; qu'il ne peut y exister en même temps qu’un autre corps, et qu'il a un poids appréciable. Le calorique, ainsi que la lumière et l'électricité, n’a pour nous aucun poids commensurable; aussi lui donne-t-on, ainsi qu’à ceux-ci, le nom de fluide impondérable. En effet, que l’on pèse un corps froid ou fortement échauffé, on lui trouve toujours le même poids, «t même on pourrait croire qu’il a diminué, si on ne faisait pas attention à une cause d’erreur qui peut s’offrir, et qui est due à ce que le calorique émané du corps dilate Pair et peut tendre à soulever le fléau de la balance. Ainsi, un lingot d'argent pris à la température de la glace fondante ou rougi vivement dans une forge ne présente pas de différence dans son poids. 11 serait cependant possible que le calorique fût pesant, et que nous ne parvinssions pas à le peser, parce que nos instruments ne sont pas assez sensibles : une supposition très-simple suffira pour nous en convaincre. Le platine pèse vingt et une fois plus sous le même volume que l’eau pure. L'air pèse sept cent soixante-dix fois moins que l’eau, et le gaz hydrogène, qui sert à enlever les aérostats, pèse quatorze fois et demie moins que l'air, de sorte que le poids d’un volume de platine et celui d'un même volume d'hydrogène sont comme 234,465 est à 1, c'est-àdire qu'un volume d'hydrogène pesant 1, un volume de platine parfaitement semblable pèse 234,465. Si le calorique avait un poids qui fût à celui de l'hydrogène comme le poids de ce corps est à celui du platine, quoique l’on soit parvenu
CALORIMÈTRE — CALORIQUE
à construire des balances qui trébuchent sous le poids du plus petit morceau de fil de soie ou de cheveu, nous ne pourrions peser le calorique. Quoi qu'il en soit, au surplus il nous importe peu de savoir si jamais le calorique pourra être anprécié par des balances; constater ses propriétés, nous rendre compte de son action sur les corps, tels sont les objets qui nous offrent un véritable intérêt.
Les corps que lanature nous présente s’offrent à nous sous trois états différents ; ils sont toujours solides , liquides ou gazeux, et par l’action de la chaleur nous pouvons, dans beaucoup de cas, liquéfier des solides ou gazéifier des sub-
Slances liquides, et produire ainsi une foule derésultats d’une
grande utilité pratique, soit pour les arts, soit pour la vie commune. Le calorique, en agissantsur tous les corps, produit plusieurs effets généraux qu’ilest très intéressant de connaitre, etque nous énumérerons successivement : et d’abord, il les dilate tous , c’est-à-dire qu’en éloignant léars parties, il en augmente le volume. Les corps solides sont moins dilatables que les liquides ; ceux-ci augmentent beaucoup moins de volume que les corps gazeux, et quand on les soumet à l’action du refroidissement , ils se contractent dans des rapports semblables à ceux qu'ils avaient présentés dans leur dilatation. Prenons quelques exemples. Une barre de fer mesurée à la température de la glace fondante, offrant une certaine longueur, sera trouvée d’autant plus longue qu’on l’échauffera davantage. De l’eau renfermée dans une bouteille qu’elle remplit en partie augmente tellement de volume quand on l’échauffe qu’elle peutarriver à déborder.Une vessie à moitié remplie d’air dont on a lié l’ouverture, et qu’on approche d’un foyer de chaleur , se gonfle de telle sorte qu’elle finirait par crever si on continuait trop long-temps de la maintenir à cette température. C’est sur cette propriété que sont fondés tous les thermomètres, au moyen desquels on détermine les changements de température, et qui sont employés dans les recherches scientifiques aussi bien que pour beaucoup d’usages domestiques.
Dans les solides ou les liquides, la dilatation ne présente aucune comparaison aussitôt que l’on passe d’une substance à une autre; il en est tout différemment des gaz et des vapeurs. Icile même accroissement de température donne lieu à une dilatation précisément semblable, quels que soient les gaz sur lesquels on opère. Par exemple, 1,000 centimètres cubes d’air échauffé, de la glace fondante ou zéro jusqu'au point d’ébullition de l’eau ou 100°, donneraient 1,375 centimètres cubes, et l’on trouve par expérience que pour chaque degré augmentation de volume est précisément la même; d’après cela, l’air ou les gaz formeraient des thermomètres plus exacts que les liquides, et seraient par conséquent préférables pour déterminer les changements de température, si leur volume ne forçait à donner aux instruments des dimensions qui les rendent peu commodes à manier et très fragiles.
Lorsqu'on mesure Ja dilatation des solides, on obtient directement les changements de volume qu'ils présentent, tandis que les liquides et les gaz, étant nécessairement renfermés dans des enveloppes solides, qui se dilatent par la chaleur et augmentent par là de capacité, on ne trouve directement que la différence entre la dilatation des enveloppes dans un sens et celles des liquides ou des gaz dans l'autre.
De la dilatation qu'éprouvent tous les corps lorsqu'on les chaufle, il s'ensuit que dans les divers usages auxquels ils sont appliqués, on doit pourvoir au moyen de les laisser obéir à cette force, sans quoi ils pourraient occasionner des accidents de diverses natures. Ainsi, des barres de fer fortement encastrées dans des pierres, et qui se dilatent ou se contractent par l’action de la température, peuvent ébranler et détruire même les portions de constructions qu’elles sont destinées à consolider; ainsi des tuyaux de fonte employés à conduire la fumée on la vapeur, et même l'eau, peuvent su