‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 206 sur 556 · G*! G. DE VAUDONCOURT · texte numérisé non relu

G*! G. DE VAUDONCOURT

CAMPAGE.,. Chaussure que portaient chez les anciens les principaux de l’armée et les empereurs ; elle différait peu de la calige; elle était seulement plus ou moins ornée.

CAMPAGNARD , habitant de la campagne, homme des champs, paysan. A une époque de préjugés, naguère encore, ce mot de campagnard excitait un dédaigneux sourire de la part de nos orgueilleux citadins. Ils disaient d’un homme au maintien gauche et embarrassé , à la tournure lourde : ila l'air campagnard. Mais le mot campagnard cessa d’être pris en mauvaise part à mesure que la mode vint d’aller

..: aux champs couler d’heureux jours.

Peut-être aussi le besoin répété de briguer les suffrages des gens de la campagne dans une multitude d’élections a-t-il contribué à faire disparaître ce terme du langage du dandysme urbain. Avouons d’ailleurs que l’habitant des campagnes n’est plus le rustre d'autrefois. Grâces en soient rendues aux publications utiles de quelques hommes consciencieux , qui n’ont pas cru déroger en descendant des hauteurs de lascience pour se mettre à la portée des plus faibles intelligences, et qui, convaincus qu'ils ne s’avilissaient pas en la distribuant à bon marché, ont puissamment contribué à la répandre dans les hameaux les plus obscurs et les plus reculés! Un temps viendra sans doute où les études sérieuses remplaceront le goût des futilités à la campagne comme à la ville, et alors ces vers du satirique n’auront plus de sens :

Deux nobles campagnards, grands lecteurs de romans,

Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments,

En tout cas, nous n’en sommes pas encore là ; et le livre de la chaumière n’est toujours que l’A?manach liégeois ou le roman à 20 centimes. Les loisirs sont en effet si grands à la campagne, et les livres sérieux sont si chers!

Du reste, ces campagnards que le théâtre accablait autres fois de ses moqueries, et que l’homme du monde affecte de plaindre et de regarder comme appartenant à une classe inférieure de l'humanité, mais dont l'œil du philosophe sait discerner Je mérite et la vertu native sous l'écorce quelquefois un peu rude qui les revêt, ne sont-ce pas en général des hommes aux habitudes douces et pleins de finesse ? L'air pur, suave et religieux des champs, en les livrant, à leur insu, à la contemplation, à la méditation, ne leur rend-il pas la réflexion habituelle, le jugement droit , le raisonnement sain? Enfin, leur vie régulière ne contribuc-t-elle pas à leur développement moral et physique? Fiers habitants des villes, si vous rencontrez quelquefois de ces visages frais,

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