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sèrent, entrèrent dans le palais, et y signèrent un nouveau traité rédigé par Wolsey et par Robertet, et confirmant celui de 1508, par lequel il avait été stipulé que Tournay serait rendu à la France, La méfiance qui avait présidé, de part et d’autre, aux préparatifs de l’entrevue, eût beaucoup nui sans doute aux plaisirs et aux festins dont elle devait être le prétexte, si dès le lendemain François 1*", qui, ajoute le maréchal de Fleuranges, « n'étoit pas homme soupçonneux, et qui étoit fort marry de quoi on n'ajoutoit pas plus de foi les uns aux autres, » laissant de côté toutes les formalités d’étiquette arrêtées par les commissaires, alla à Guines voir Henri VIII sans être attendu. [l entra Alans la chambre de ce monarque, qui dormait encore, léveilla et l’'aida à s'habiller, Le lendemain, Henri VIII lui rendit sa visite, et dès lors pendant trois semaines, c’est-à-dire jusqu’au 21 juin, les deux cours passèrent leur temps en déduits et choses de plaisir. Ce ne fut que bals, festins, joûtes, etc. « Un jour, dans une de ces joûtes, rapporte encore notre chroniqueur, le roi d'Angleterre print le roi de France par le collet, et lui dit : Mon frère, je veux l'uiter avec vous , et lui donna un attrape ou deux. Et le roi de France, qui est fort et bon lutieur, lui donna un tour de Bretagne et le jeta par terre, et lui donna un merveilleux saut. »
Voilà comment se pratiquait au seizième siècle l’enfente cordiale, et chacun conviendra sans doute que François Le en comprenait à merveille la théorie ; mais force est d’avouer que dans la pratique il se montrait évidemment inférieur à son magnanime allié. Il ne tarda pas en effet à voir qu’il en était pour ses frais de drap d’or, puisqu'au moment même où il prodiguait si follement les trésors de l'État, Charles-Quint trouvait moyen de gagner Wolsey à ses intérêts. Aussi, à son retour du Camp du drap d'or, Henri VII, ayant rencontré par hasard Yempereur à Gravelines, renouvela avec lui son alliance et ses anciens engagements.
CAMPE (Joacnm-Henrr), auteur d'ouvrages à l'usage de la jeunesse et de l’enfance et de travaux lexicographiques justement estimés, né en 1746, à Deensen, dans le duché de Brunswick, mort à Brunswick, le 22 octobre 1818, étudia la théologie à Helmstædt et à Halle, et fut nommé en 1773 aumônier du régiment du prince de Prusse à Potsdam ; mais, vivement frappé de l'aspect des misères humaines, il se sentait plus particulièrement du penchant pour l'éducation de la jeunesse, convaincu qu’une réforme dans le système suivi jusque alors ne pourrait qu’avoir les suites les plus heureuses pour l’amélioration des conditions générales d’existence de l'humanité. Ce fut aussi la direction définitive qu'il suivit à partir de l’année 1776. Après avoir remplacé pendant quelque temps Basedow en qualité de recteur ou de principal de l’établissement.d’instruction pablique que celui-ci avait fondé à Dessau sous la dénomination de Philanthropin, il fonda à Hambourg pour son propre compte une maison d'éducation que la faiblesse de sa santé ne tarda pas à le forcer de céder à Trapp, son collaborateur, pour aller s’établir dans un petit bourg des environs de Hambou rg. En 1787 cependant il fut nommé conseiller d'écoles par le gouvernement de Brunswick, qui l’employa à la réforme de ses écoles. C’est aussi à Brunswick qu'il fonda bientôt une librarrie, demeurée florissante longtemps encore après qu’il l’eut cédée à son gendre, et qui pendant les trente premières années de ce siècle fut en possession d’approvisionner presque exclusivement PAllemagne protestante de livres à usage de la Jeunesse. Lorsque Campe se sentit vieillir, il renonça à son emploi administratif eau commerce, pour ne plus s'occuper que de la composition de ses ouvrages pédagogiques et autres et vivre dans le cercle étroit de sa familie.
Dans ses ouvrages philosophiques Campe apparaît toujours comme un homme anrmé des plus nobles sentiments. ses Lettres écrites de Paris à l’époque de la Révolution (Paris, 1790 ) proûuisirent à l’époque où elles parurent la
plus vive impression. La pensée y est sans doute aussi hardie que l'expression y est libre ; mais on peut leur reprocher un ton d’exagération qui ne s'explique de la part d’un penseur ordinairement si calme et si sage que par l'enthousiasme presque général qu’excitait alors le grand mouvement de rénovation sociale dont la France était le théâtre. L’amélioration des mœurs, l'accroissement des richesses intellectuelles , la transformation complète du système jusque alors suivi dans l'éducation de la jeunesse, tel est le but qu’il s'est constamment proposé dans ses divers écrits. Les services qu'il a rendus sous ce rapport ont été généralement reconnus et appréciés, encore bien qu’on ait pu blâmer quelques apinions hasardées au sujet de l’antiquité classique, son engouement projongé pour les idées particulières de Basedow désignées sous le nom de philanthropinisme et la direction pratique qu'il suivit. Ses ouvrages à l’usage de la jeunesse ont eu pendant longtemps une vogue extraordinaire, et il en est dans le nombre dont la vogue se soutient même encore aujourd'hui. La collection complète n'en forme pas moins de trente-sept volumes. Dans le nombre, celui qui a pour titre Le Nouveau Robinson a été traduit dans la plupart des langues de l'Europe. Sa Découverte de l'Amérique a obtenu un succès presque égal.
Quoique ses eflorts pour purifier et enrichir la langue allemande aient souvent dépassé le but , on doit reconnaître qu’ils n’ont pas laissé que de produire quelques fruits utiles. Sous ce rapport, il faut surtout mentionner son Dictionnaire de la Langue Allemande (1807) et son Dictionnaire explicatif des termes étrangers imposés à la langue allemande (2° édition, 1813).
CAMPÈCHE, ou plutôt San-Francisco de Campèche, appelé par les indigènes Kimpesh, ville de la côte occidentale de la presqu'ile de Yucatan, dépendante de la fédération mexicaine , est située à l'embouchure du Rio de San- Francisco, dans la baïe du golfe de Mexique qui porte le même nom. Elle est tout entourée de montagnes et défendue par quatre tours. On y trouve deux belles églises, deux couvents, un hôpital et de jolies maisons, qui du port présentent le coup d'œil le plus gracieux. Ce port, le meilleur de toute la côle, est protégé par une digue de 50 mètres de longueur ; mais il est mal organisé et trop peu profond, d'où résulte pour les navires d’un fort tonnage la nécessité de rester à l'ancre dans la rade. D'après les documents les plus récents la population de Campêche s'élevait à 26,000 âmes. L'industrie y est assez insignifiante, et se borne à peu près à la fabrication de quelques étoffes de coton. En revanche le commerce y est aussi actif qu'important, et a pour objets principaux la cire et le bois dit de Campèche. La ville est entourée de riches jardins et de belles promenades, Mais l’eau potable y manque complétement, et il faut l'aller chercher à dos'de mulet à une assez notable distance,
Le district dont Campècheest le chef-lieu compte une population totale de 113,000 habitants répartis sur une superficie de 324 myriamètres carrés, et produit du riz, du sucre, du bois de Campèche , du marbre et du sel. La ville fut fondée en 1540, mais eut de dures traverses à supporter. C’est ainsi qu’elle fut prise par les Anglais en 1659, par des forbans en 1678et 1685, et détruite en très-grande partie.
Lors de la dernière insurrection contre le Mexique, dont le Yucatan fut le théâtre, la ville de Campêche devint le principal centre des hostilités commencées en novembre 1842. Le 18 de ce même mois un combat opiniâtre fut livré sous ses murs entre les insurgés et les Mexicains, qui perdirent beaucoup de monde, et dont tous les efforts pour se rendre maîtres de la place furent aussi inutiles par terre que par mer. Six jours après, ayant engagé une nouvelle bataille pour s'emparer des hauteurs qui dominent la ville, ils furent plus heureux. Cependant les assiégés parvinrent à les en chasser dès les premiers jours de 1843, Le 4 février suivamt, sortant des murs de la ville, ils remportèrent sur les