CAPE-COAST-CASTLE — CAPEFIGUE
un banc de gneiss et de schiste micacé, bas, s’avançant au loin dans la mer, et formant un môle naturel contre les brisants, souvent très-violents et dangereux le long de toute cette côte. La ville est située derrière un château, grand, mais mal armé; aperçue de la mer, elle offre au total un aspect agréable, en raison du grand nombre de ses maisons, qui sont badigeonnées en blanc; mais elle se compose en réalité du plus bizarre mélange de cabanes de nègres construites en torchis, couvertes en jonc, et étroitement pressées les unes contre les autres, ainsi que de maisons plus ou moins bâties à l’européenne. Le quartier habité par les Européens et par les riches naturels est d’un meilleur aspect. Les maisons en sont construites en briques cuites, surmontées de toits plats, et forment deux rues principales, larges , aérées, et ombragées çà et là par l’arbre qu’on appelle arbre-parapluie. On y trouve aussi une chapelle Wesleyenne et une jolie maison de Missions. La population, forte de 10,000 âmes, se compose de nègres, de mulâtres et d'Européens. Les premiers, à l'exception d’une colonie de Krous, qui séjournent ici à cause du profit qu’ils y font, appartiennent à la tribu des Fantis, qui est bien placée sous la protection des Anglais, mais qui n’en paye pas moins encore tribut aux princes des Aschantis. Les Fantis de la côte, indépendamment de l’agriculture dans la limite de leurs produits, se livrent d’une manière très-industrieuse à la pêche ou bien s'occupent de la recherche, en général assez peu profitable, de l’or, tandis que dans l’intérieur des terres les différents produits du sol, tels que maïs, bananes, etc., considérés comme articles de commerce d’après un certain système d'échange agricoles, sont conduits à la côte pour y être troqués contre des marchandises d'Europe (draps, couteaux, rhum, tabac et poissons salés). L'évaluation de la valeur à presque constamment lieu en or. Aussi la monnaie anglaise et américaine est-elle le moyen le plus ordinaire de circulation à Cape-Coast-Castle et dans d’autres forts.
Le château fort de Cape-Coast-Castle fut bâti par des Portugais, qui pendant quelque temps ne s’en servirent que pour tenir les esclaves en respect. I1 passa ensuite au pouvoir des Hollandais , à qui, en 1661 , les Anglais en enlevèrent la possession. Bien qu’en 1665 les Hollandais eussent essayé de s’en rendre de nouveau les maîtres et qu’en 1757 les Français eussent également tenté de s’en emparer, les Anglais réussirent à le conserver, A partir de l’année 1762 cet établissement fut administré par diverses compagnies anglo-africaines , jusqu’à ce qu’en 1844 le gouvernement anglais en reprit l'administration directe. Il érigea alors la ville en siége du gouvernement des différents établissements possédés par l'Angleterre sur la Côte d'Or, et y ajouta encore en 1850 les forts danoïs, vendus par le gouvernement danois auquel ils coûtaient d’entretien plus qu’ils ne valaient. Le vice-gouverneur de Cape-Coast-Castle relève du gouverneur de Sierra-Leone.
CAPEFIGUE (Barriste-Honoré-RaymonD ), le plus fécond des historiens français modernes, est né à Marseille, en juillet 1802, d’une famille originaire de Gênes, d’où elle avait été exilée avec le doge Frégose, sous Louis XII, après y avoir longtemps exercé les fonctions sénatoriales. Il reçut sa première éducation dans sa ville natale, et vint à Paris étudier le droit, vers 1821, c’est-à-dire à l’époque où y arriyaient MM. Thiers et Mignet, accourus d’Aix en Provence pour chercher fortune, comme tant d’autres, dans la grande ville. Tandis que ces deux rivaux, Arcades ambo, mettaient leurs talents naissants au service de la cause libérale, et préludaient à leur célébrité future par des articles de polémique, M. de Capefigue se faisait recevoir élève à l’École des Chartes. Puis, au lieu d’aller grossir la queue du parti libéral, on le vit bientôt s’enrôler sous une bannière politique qui avait pas pour elle le prestige d’un grand nombre d’adhérents, mais qui répondait plus ou moins aux idées quil s'était faites des principes qui doivent présider à la
direction des sociétés humaines ; principes qui ne sont autres que ceux de l’école gouvernementale que de l’autre côté du détroit on appelle le {orysme, mais renforcés d’une vive admiration pour le catholicisme en tant qu’institution politique, et à part toute idée de foi religieuse.
A quelque temps de là, M. Capefigue, admis au nombre des rédacteurs de La Quotidienne, avait réussi à attirer sur lui attention publique par plusieurs travaux sérieux qui lui avaient valu trois prix et une mention honorable à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Quand, en 1827, le gouvernement de la Restauration sembla vouloir entrer dans des voies plus raisonnables, et accepter une ligne politique plus nationale, dont M. de Martignac devint la personnification, M. Capefigue fut choisi par la nouvelle administration pour exposer et défendre ses vues, ses projets, dans Ze Messager des Chambres, feuille créée exprès , et qu’il dirigea pendant tout le temps que M. de Martignac resta au pouvoir. Depuis il a fait partie de la collaboration des journaux Le Temps, le Moniteur du Commerce, le Courrier français, la Chronique de Paris, l’Europe monarchique, la Gazette de France, la Révolution de 1848, et plus tard de l’Assemblée nationale.
Mais ces travaux de polémique journalière ne l’ont pas empêché de se livrer à des œuvres plus durables, dont le nombre effrayerait l’imagination si l’on ne savait combien M. Capeñgue possède l’art heureux de se faire aider sans prendre précisément de collaborateurs. Voici la liste à peu près complète des ouvrages qui ont paru sous son nom, et qui tous sont décorés des titres les mieux trouvés : Recueil des Opérations de l'Armée française en Espagne (1823); Essai sur les invasions des Normands dans les Gaules (1823); la Vie de saint Vincent de Paul (1827); Histoire de Philippe-Auguste (4 vol., 1827-1829), couronné par lInstitut; Histoire constitutionnelle et administrative de la France depuis la mort de Philippe-Auguste , 1"* époque, de Louis VIII jusqu'à la fin du règne de Louis XI (4 vol., 1831) ; Histoire de La Restauration et des causes qui ont amené la chute de la branche aînée des Bourbons (10 vol., 1831 ); Jacques II à Saint-Germain, roman historique (2 vol., 1833); Histoire philosophique des Juifs depuis la décadence des Machabées (1833); Histoire de la Réforme, de la Ligue et du règne de Henri IV (8 vol., 1834); Richelieu, Mazarin et la Fronde (8 vol., 1835 ); Le Gouvernement de juillet, les partis et les hommes politiques (2 vol., 1835) ; Louis XIV (6 vol., 1837); Philippe d’Orléans (2 vol., 1838); Hugues Capet et la troisième race Jusqu'à Philippe-Auguste (4 vol., 1839); L'Europe pendant le Consulat et l'Empire (12 vol., 1839-41 ); Les Cent- Jours (2 vol., 1841); Charlemagne (2 vol., 1841); Louis XV (4 vol., 1842); L'Europe pendant lu Révolution française (4 vol. 1843); Louis XVI, ses relations diplomatiques avec l’Europe (4 vol., 1844); François I°* et la Renaissance (4 vol., 1844); La Diplomatie de la France et de l'Espagne depuis l’avénement de la Maison de Bourbon (1846); Le Congrès de Vienne dans ses rapports avec la circonstance actuelle (1847); Histoire authentique et secrète des Traités de 1815 (1847); L'Europe depuis l'avénement de Louis-Philippe (10 vol., 1849); La sociétéet les gouvernements deT Europe depuis la chute de Louis-Philippe jusqu à la présidence de Louis- Napoléon (4 vol., 1849); Les quatre premiers siècles de l'Église chrétienne (4 vol., 1850-1851 ).
Le Dictionnaire de la Conversation est redevable à la collaboration de M. Capefigue d’un grand nombre d’articles réimprimés, avec d’autres encore, sous le titre d’Hommes d'État et diplomates européens (4 vol.).
Le gouvernement de Louis-Philippe n’était pas resté indifférent, si l’on en croit la Revue rétrospective, aux prodigieux travaux de notre écrivain, Nous le voyons en effet
porté pour une allocation annuelle de 6,000 à 9,000 fr. sur les fonds secrets du ministère de M, Guizot, de 1840 à 1847.
Après le rétablissement de l'empire M. Capefigue mit sa plume au service des doctrines réactionnaires et entassa volumes sur volumes, compilés à la hâte, sans soin, sans goûl et sans esprit de critique. Sans avoir la prétention de rappeler tous ses ouvrages, nous citerons les titres des suivants : Trois siècles de l'histoire de France, 1548-1848 (1852, 2 vol. in-8), l’Église au moyen-âge (1852, 2 vol. in-8), l'Eglise pendant les quatre derniers siècles (1854-56, 4 vol. in-8), Histoire des grandes opérations financières, banques, bourses, emprunts, compagnies industrielles, etc. (1855-58, 4 vol. in-8), Le Maréchal de Richelieu (1856, in-18), Royauté, droit, liberté (1857, in-8), et le Cardinal de Richelieu (1865). Dans ces derniers temps, cet écrivain a entrepris trois nouvelles séries d'ouvrages : la première, intitulée Les Reines de la main gauche, est l'histoire anecdotique des favorites célèbres, comme la Pompadour, la Dubarry, Agnès Sorel, Gabrielle d’Estrées, Diane de Poitiers, Mlle de la Vallière, Mme de Montespan; la seconde est consacrée à raconter la vie de l’impératrice Catherine II, d’Élisabeth d’Angleterre, d’Anne d’Autriche, de Marie et de Catherine de Médicis, etc., qu’il nomme Les Reines de la main droite; enfin dans une troisième série l'historien de Philippe-Auguste s’est proposé de célébrer les grandes courtisanes, Aspasie et Ninon de Lenclos en tête. M. Capefigue est mort à Paris le 24 décembre 1872.
CAPELINE. Ce mot, qui est dérivé de cape, désignait une espèce de chapeau, orné de plumes, que les femmes portaient autrefois à la chasse, et qui était fait d'ordinaire en paille, avec une forme peu élevée et de grands rebords doublés. On avait donné ce nom à celni que portaient anciennement les soldats, et qui était en fer. La capeline de nos jours est une sorte de capuchon avec ou sans pèlerine.
CAPELLA (Marcranus - Minuaius - FÉLIX), savant grammairien, qui forissait dans la seconde moitié du cinquième siècle, naquit à Médaure en Afrique, fut élevé à Carthage, et plus tard investi des fonctions de proconsul romain, Vers l’an 470, il composa à Rome, dans un latin plein d’enflure et d’incorrection , un ouvrage assez bizarrement entremélé de vers et de prose, et intitulé Safyricon. C'est une espèce d’encyclopédie, Au moyen âge, on le lisait avec avidité, on le commentait et on le faisait servir de base à l’enseignement des sciences. 11 se compose en tout de neuflivres, dont les deux premiers : De Nuptiis Philologiæ et Mercurii, contiennent une assez divertissante histoire allégorique du mariage de Mercure avec la philologie, et dont les autres sont consacrés aux sept arts libéraux, L'édition princeps de cet écrivain est celle de Vicence (in-folio, 1499), et la plus récente, non moins remarquable sous le rapport critique que sous le rapport exégétique, est celle qu’en a donnée Kopp (Francfort, 1836, in 4°).
CAPELLE ({ GuiLLAUME-ANTOINE- BeNoîT , baron ), na-
-quit le 9 septembre 1775, à Sales-Curan (Aveyron). Adolescent , il fit preuve d’une si grande ardeur révolutionnaire, que le district de Milhau le chargea de le représenter à la fédération de 1790. A dix-huit ans il était lieutenant dans le 2° bataillon de grenadiers des Pyrénées-Orientales ; et en 1794 il fut destitué comme fédéraliste. On assure que vers cette époque le futur ministre de Charles X embrassa la carrière théâtrale, et qu’il parcourut même pendant quelque temps, en assez mauvais acteur nomade, plusieurs de nos départements. Quoi qu'il en soit, il paraît qu’il finit par prendre en dégoût la vie des planches, et qu’il se retira à Milhau, où il se maria, et devint même commandant de la garde nationale. Prompt à adhérer à la révolution du 18 brumaure, il accourut à Paris porteur des félicitations de ses concituyens, et profita de cette occasion pour se caser dans les bureaux du ministre de l'intérieur Chaptal, I passa de là, en l'an x, au secrélariat-général de la préfecture des Alpes-Maritimes,