‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 300 sur 556 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

d'Italie qui, réduite à capituler dans l'hiver de l’an var, fut traînée par les Autrichiens dans les glaces des Apennins pendant plus de cinquante jours, quoique le trajet à parcourir en ligne directe fût à peine de huit journées. Les capitulations énoncent quelquefois que la garnison assiégée reste libre de se retirer dans sa citadelle ; dans ce cas, elles contiennent un engagement de la part de l’assiégeant de ne point attaquer la citadelle du côté de la place.

Quand les articles de la capitulation ont été débattus par le conseil , ils sont arrêtés par le gouverneur, qui doit seul décider de l’époque, du mode et des termes de la capitulation, puisque seul il est responsable, et qu’il y va de sa tête quand il justifiera de sa conduite devant un conseil d’enquête, Une fois que le gouverneur a pris sa décision, la capitulation est signée par tous les membres du conseil de défense et par les chargés de pouvoirs de l’assiégeant ; elle est regardée comme close et exécutoire. On se livre réciproquement des otages de condition ou de grades équivalents. Le gouverneur remet un des postes et la brèche aux assiégeants; des officiers d'administration et d'artillerie procèdent à l'inventaire du matériel, et il est donné connaissance aux chefs de l’armée assiégeante des souterrains, fourneaux de mine et contre-mine de la forteresse, afin que les poudres en soient sur-le-champ retirées. Le lendemain de la capitulation, la garnison prisonnière défile en emmenant les malades transportables; le plus souvent, elle dépose les armes sur le glacis et marche ensuite sous l’escorte convenue et avec le nombre de voitures acordées. Gal BarDiN.

L'article 209 da nouveau Code de justice militaire, promulgué en 1857, « punit de mort, avec dégradation militaire, lout gouverneur ou commandant qui, mis en jugement après avis d’un conseil d'enquête, est reconnu coupable d’avoir capitalé avec l'ennemi et rendu la place qui lui était confiée sans avoir épuisé tous les moyens de défense dont il disposait et sans avoir fait tout ce que prescrivaient le devoir et l'honneur. » Les capitulations de places fortes tiennent une large place dans l’histoire de notre dernière guerre avec l'Allemagne ; à l'exception de celle de Belfort, qui dut à son héroïque résistance d'échapper à l'annexion prussienne, et de celle de Bitche, qui n’eut pas le même bonheur, bien qu'elle n’eût pas été prise, toutes nos places des départements de l’est tombèrent l’une après l’autre faute d’être secourues d’une part, et par suite de la tactique habituelle à l'ennemi d’écraser la ville même, et non les ouvrages fortifiés, sous une grêle de projectiles. C’est ce qu'il appelait recourir au moyen psychologique. La liste des capitulations dont nous parlons s'ouvre par un immense désastre : Sedan capitule le 2 septembre 1870. Puis dans le même mois c’est le tour de Laon (11), de Toul (24) et de Strasbourg (28). En octobre, après Soissons et Schelestadt qui se rendent le 16 et le 25, vient la honteuse capitulation de Metz, signée le 28. Celles de Verdun (8 novembre), de Neuf-Brisach (10), de Thionville (24), de La Fère (27) et d'Amiens (30) remplissent le mois suivant. Phalsbourg et Montmédy capitulent le 12 et le 14 décembre. L'année 1871 débute par la capitulation de Mézières, que suivent celles de Rocroi (6 janvier), de Péronne (10) et de Longwy (25). A la date du 28 janvier Paris capitule enfin, et comme en 1814 la France avec lui. Une commission d'enquête, présidée par le maréchal Baraguey d'Hilliers, nommée le fer janvier 1872, eut à se prononcer sur ces différentes capitulations, celles de Sédan, Metz et Paris exceplées, et rendit en général un verdict défavorable aux ofliciers qui les avaient conclues.

On a encore donné le nom de capitulation à un traité par léquel une puissance s’oblige, moyennant un subside, à faciliter, sur l'étendue, ou dans un rayon de son territoire, le recrutement de corps de troupes, jusqu’à concurrence d'un nombre déterminé de soldats, pour le compte d’une autre puissance au service de laquelle ils s'engagent sous

Page 1