CARESSE — CARGUE
travailler exclusivement pour lui. Depuis lors il vécut constamment avec son généreux Mécène, homme du caractère le plus aimable et passionné pour les arts, d’abord à Londres jusqu’en 1831, ensuite à Brighton jusqu’en 1835, et jusqu’en 1837 à Petworth, terre du comte, qui y mourut, à peu près vers cette époque. John Carew eut alors avec les héritiers du comte un procès, qui ne le fit pas précisément paraître sous le jour le plus favorable, et dont le résultat fut le rejet complet de ses conclusions par le tribunal. Son premier travail de quelque importance fut une Aréthuse au chien, en marbre. Il exécuta ensuite pour la salle de Westminster le monument de l’acteur Kean, représenté dans le rôle d’Hamlet considérant le crâne d’Yorik. A l’exposition de 1845, on a eu de lui un Chasseur au faucon, morceau trèsremarquable. Parmi ses bas-reliefs, on distingue ceux du Samaritain charitable, et ceux qu’il fut chargé d'exécuter pour le monument de Nelson. On estime aussi beaucoup ses bustes. Quelques-unes de ses principales œuvres se trouvent esquissées dans les ZZlustrations of Modern Sculpture (Londres, 1834 et années suivantes).
CAREY (Wizcram), missionnaire anglais, à qui l’on est redevable de documents extrêmement précieux pour l'étude et la connaissance des langues de l’Inde, naquit en 1761, dans le Northamptonshire, et commença par apprendre le métier de cordonnier ; mais plus tard il put faire des études, et devint ministre d’une communauté d’anabaptistes. La lecture de divers récits de missions excita en lui une si vive ardeur de se consacrer à cette noble vocation qu’il partit pour l’Inde, où il ne tarda pas à faire preuve d’un remarquable talent pour les langues. En conséquence la Société biblique de Serampore le chargea de diriger et surveiller la traduction et l'impression de la Bible dans les divers dialectes indiens, Toutefois, il faut dire que le désir de faire vite et beaucoup a singulièrement nui à ces traductions, qui ont été l’objet d’une foule de critiques.
Carey commença, en société avec un autre missionnaire appelé Marshman, la traduction et la publication de l'épopée sanscrite Rémdyana (3 vol., in-4°, Serampore, 1806-10 ); mais cet ouvrage n’a point été terminé. 11 composa en outre plusieurs grammaires; par exemple, une grammaire de la langue sanscrite (Serampore, 1806). Tous ces essais, fort incomplets sans doute, ne laissent pourtant pas que d’avoir une certaine valeur. C’est lui aussi qui dirigea l'impression du Dictionnaire de la Langue Thibétaine, composé par le missionnaire allemand Schræder (Serampore, 1826, in-4°). Il mourut du choléra, en 1834, à Calcutta, où il était professeur de sanscrit.
Son fils, Félix Carey, est le premier Européen qui ait exposé scientifiquement les principes de la langue des Birmans ( Grammar of the Birman Language; Serampore, 1814).
CARGAISON , terme de marine, qui s’applique aux marchandises dont un bâtiment de commerce est chargé; les vaisseaux de l’État n’ont point de cargaison, à l'exception des flûtes, gabares, corvettes de charge, que le gouvernement emploie à porter d’un port à l’autre, et quelquefois jusqu’en haute mer, desobjets d'armement, des vivres, des mâtures, etc., pour les besoins des ports de guerre, des arsenaux Mais en général le mot de cargaison, qui entraîne l’idée de commerce et de possession des marchandises par le propriétaire même du navire, doit être distingué de celui de chargement, qui s'entend des marchandises d’un vaisseau chargé à fret. 11 faut le distinguer aussi du mot charge, qui se dit de tout le poids d’un bâtiment indistinctement.
CARGUE , terme de marine; mot générique employé pour désigner toute espèce de cordage destiné à replier, à retrousser les voiles contre leurs vergues, aetion que l'on exprime par le verbe carguer. Les cargues-points, ou tailles-points, sont amarrées aux points ou aux angles d’en bas dela voile; les cargues-fonds, où tailles de fond, sont