‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 345 sur 556 · CARIGNAN — CARINTHIE · texte numérisé non relu

CARIGNAN — CARINTHIE

les plans d'Alfieri. Après la mort du prince Ludovico d’Acaja ( 1418), Carignano échut à la maison des princes de Savoie, qui vers le milieu du seizième siècle entourèrent la ville de murailles, de fossés et de bastions. Après la guerre de la régence en Piémont, vers le milieu du dix-septième siècle, le duc Charles-Emmanuel I** confondit le nom de la ville de Carignano avec celui de la maison de Savoie, en donnant à son fils puiné, le prince Tommaso, le titre de prince de Carignan, en même temps que cette ville comme apanage, Ce prince est la souche de la maison de Savoie-Carigaan aujourd’hui régnante en Italie. Le chef de la branche cadette de cette maison est le prince Fugène, né le 14 avril 1816, qui administra avec des pleins pouvoirs la Toscane en 1859 et le royaume de Naples en 1860, Il est amiral de la flotte italienne,

CARILLON. Il est difficile de dire précisément d’où vient ce mot. L’idée des carillons fut donnée indubitablement par les sonneries des églises, dont lescloches, toujours d’inégale grandeur, font entendre nécessairement des tons différents. Un carillon se compose d’une suite de cloches ou de timbres disposés ordinairement sur une même ligne. Chacun de ces timbres étant frappé donne le ton d’une des notes de la gamme ; de sorte qu’il faut autant de fois huit timbres qu’on veut avoir d’octaves. Pour jouer du carillon, s’il est permis de parler ainsi, on tient un petit maillet dans chaqne main,’ et lon frappe les sonnettes ou les timbres disposés devant soi, suivant l’air qu’on se propose de faire résonner. Si. le carillon se compose de grosses cloches, alors on fait usage des pieds et des mains, soit pour incliner des bascules, soit pour tirer des cordons, etc.

Depuis fort longtemps on a exécuté dans diverses contrées de l’Europe, vers le nord surtout, des carillons qui résonnent au moyen d'un cylindre hérissé de chevilles disposées de manière qu’en appuyant sur les manches de marteaux, un air se trouve joué quand le cylindre a fait un tour sur luimême. Tout porte à croire que ce mécanisme a donné naissance aux cylindres des serinettes et des orgues portatives, dont le notage est très-ingénieux et très-savant. Le notage dun cylindre à carillon est au contraire fort simple ; toutes les chevilles sont égales entre elles, et la manière de les placer n’est pas difficile à concevoir.

Autrefois on adaptait des carillons mécaniques aux grandes horloges, et ils faisaient entendre un air aux heures, demi-heures, etc. Telle était la fameuse horloge de la Samaritaine, que l’on vit sur le Pont-Neuf jusqu’au commencement de ce siècle, On trouve beaucoup de carillons dans les provinces du Nord; celui de Dunkerque a joui d’une grande célébrité. Le carillon de Bruges se compose de 47 cloches formant 4 octaves ; il a coûté 3 millions de francs. A la cathédrale d'Anvers il y en a un de 60 cloches; celui de Roubaix en possède 32. En 1858 un carillon a été placé dans le clocher de Notre-Dame de Bon-Secours à Rouen; il est composé de 26 timbres, qui sont mis en mouvement par un mécanisme correspondant à l'horloge même, et à chaque heure du jour et de la nuit, ainsi qu'aux grandes fêtes de l'année, il joue un air différent. Paris, qui possédait déjà un carillon à Saint-Eustache, a été doté en 1863 d'un carillon à 40 cloches installé au faîte de la tour de Saint-Germain l’Auxerrois.

Pour accorder un carillon, on lime les bords des timbres, ou bien on les amincit sur le tour. Si ce sont de grosses cloches, on fait usage d’une machine armée d’un tranchant qui opère dans l’intérieur de la cloche; on fait agir cette machine à force de bras. Il est inutile de dire qu’en diminuant l'épaisseur d’un timbre on augmente la gravité des sons qu’il rend,

Le carillon de Dunkerque est un air très-vif et très-gai qu’on dansait il y a quelque vingt ans avec la boulangere, et dont on accompagnait quelques mesures en frappant des pieds et des mains,

CARILLON ( Botanique), nom vulgaire d’une plante du genre campanu le. Le carillon (campanula medium, Linné ) l’emporte sur toutes ses congénères, par ses grandes et grosses fleurs, d’un beau bleu, quelquefois blanchätres, agréablement suspendues à des pédoncules axillaires, ce qui lui à valu son nom. Sa tige est rude; ses feuilles sessîles, ovales, lancéolées, un peu velues. Elle croît dans les bois, aux lieux arides, particuhérement en Provence, Aucune espèce parmi les campanules ne produit un plus bel effet dans nos parterres.

CARILLON NATIONAL, nom d’une des chansons populaires composées à l’époque de la révolution de 1789, ct qui partagea longtemps avec la Marseillaise, la Carmagnole et leChant du Départ la faveur des masses et des armées. Elle commençait ainsi :

Ah! ça ira, ça ira; Les aristocrates, à la lanterne, Ah! caira, ça ira;

Les aristocrates, on les pendra.

La liberté triomphera; Malgré les tyrans tout réussira.

Ah! ça ira, etc.

Une circonstance bizarre, c’est que ces terribles paroles furent adaptées, pendant les travaux du Champ-de-Mars pour la fédération de 1790, à un air favori de la malheureuse Marie-Antoinette. Ce terrible refrain accompagna pendant quatre années bien des victimes à l’échafaud. La réaction thermidorienne, en donnant naissance au Réveil du Peuple, porta le premier coup à la popularité du Carillon National. Mais lun et l’autre furent proscrits lorsque Bonaparte, devenu consul, répudia tous les souvenirs de la Terreur. L

CARINACÉES ( de carina, carène ). Cette famille de l’ordre des coquilles univalves, ayant pour type le genre c arinaire, a été ainsi dénommée par Blainville, quoique toutes les espèces qui la composent ne soient point pourvucs de carène.

CARINAIRE, genre de mollusques de l’ordre des nucléobranches et de la famille des firolides, auxquels Rang assigne les caractères suivants : Animal gélatineux, transparent, à manteau épais et toujours couvert d’aspérités, terminé en pointe en arrière et arrondi en avant à la base de la trompe; celle-ci verticale, terminée par la bouche, qui est triangulaire, et contient un appareil propre à la mastication, composé de trois lames garnies chacune de rangées de crochets; deux tentacules coniques, allongés et recourhés en avant, portant les yeux à leur base en dehors et sur de petits tubercules arrondis; une ou plusieurs nageoires; le nucléus placé dans une cavité du côté dorsal, sous le bord antérieur de la nageoire ventrale, et protégé par me coquille extrêmement mince, fragile et transparente, enroulée obliquement sur la droite, à spire très-petite et uniquement au sommet, à ouverture très-grande et oblongue, divisée en deux parties presque égales par une carène longitudinale ; orifices anal et génital sur un tubercule au côté droit.

Ces mollusques sont de jolis animaux, ornés des plus vives couleurs, transparents comme du cristal, qu’on ne rencontre à la surface de la mer que dans les temps calmes. Ils tirent leur nom du mot carène. Ainsi la carinaire vitrée, cette coquille si rare, dont il n’existe que trois ou quatre individus connus en Europe, offre une carène simple et dentée. Celle qu’on voit dans les galeries du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris est remarquable par son poli et ses magnifiques reflets opalins. Ces coquilles sont estimées 3,000 fr. La carène n'existe point, il est vrai, dans la carinaire fragile; mais elle est comme double dans la carinaire de Lamarck.

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