‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 346 sur 556 · L. LAURENT · texte numérisé non relu

L. LAURENT

CARINTHIE, en allemand Kærnten, duché qui fait partie de la monarchie autrichienne, et dont on évalue la su-

perficie à 103 myriamètres carrés, avec une population de 337,694 âmes (1870). Il est traversé par les Alpes noriques et carniques, renferme un grand nombre de mines, abonde en gibier de toutes espèces, et est aussi fertile que bien cultivé.

A l’époque des Carlovingiens la Carinthie avait ses margraves particuliers, qui en l’an 926 obtinrent le titre de ducs. La famille ducale étant venue à s’éteindre en 1269, le duché de Carinthie passa sous l'autorité des rois de Bohême, à qui il tut arraché de nouveau; et en 1286 il devint la propriété des comtes du Tyrol. La race de ces derniers s’étant éteinte en 1335, leur héritage échut à la maison d’Autriche. Depuis lors elle fut divisée en haute et basse Carinthie; et il continua d’en être ainsi jusqu’en 1815, époque où elle fut réunie, comme cercles de Klagenfurt (basse Carinthie ) et de Villach (haute Carinthie), au gouvernement de Laybach, du royaume d’Illyrie.

Le christianisme avait pénétré en Carinthie dès le septième Siècle; les catholiques y sont encore en grande majorité, Depuis 1861 elle est pourvue d’une diète provinciale composée de 37 membres.

CARINUS ( Marcus-AureLivs ), fils aîné de Carus, empereur romain, reçut de son père, avec le gouvernement de l'Italie, de l’Illyrie, de l’Afrique et de l'Occident, le titre de César et la qualité d’Auguste. Il partit avec Numérien, son frère, pour aller faire la guerre aux Perses, et fut chargé de défendre les Gaules contre les barbares. Carinus était un prince corrompu, paresseux et cruel. Il éloigna des emplois les hommes vertueux pour y placer les compagnons de ses débauches, fit mourir le préfet du prétoire pour lui substituer un scélérat sorti de la lie du peuple, épousa jusqu’à neuf femmes , et les répudia successivement, quoique plusieurs fussent enceintes ; enfin il remplit son palais d’histrions et de courtisanes. Libre de toute entrave à la mort de son père, il s’abandonna avec plus de fureur à ses excès. Il ne manqua pas cependant de courage pour défendre l'empire, et défit près de Vérone Julien JE, qui avait pris la pourpre en Pannonie. Il marcha ensuite contre Dioclétien, qui avait été proclamé empereur après la mort de Numérien, et fut, à la suite de plusieurs victoires, assassiné, en 284, par un tribun du peuple dont il avait enlevé la femme. A son retour des Gaules, il avait fait célébrer des jeux romains avec une magnificence inouïe. On en peut voir les détails dans Calpurnius et dans Vopiseus. Si les historiens l’ont décrié, il n’a pas manqué de poëtes pour chanter ses louanges. Numérien et Calpurnius, entre autres, dont les bergers, aussi flatteurs que ceux de Virgile, ont mis dans leurs églogues ce despote au rang des dieux.

CARION ( Curio, jus cariatoris), droit qu’on percevait en nature sur la dime pour le salaire de celui qui la recueillait dans les champs et la charroyait dans les greniers du décimateur.

CARIOPSE, genre de fruit sec, indéhiscent, monosperme, à péricarpe mince, se confondant avec les téguments de la graine, dont on ne peut le distinguer à l’époque de la maturité. Tels sont les fruits des graminées.

CARISSIMI ( JEAN-JACQUES ), musicien célèbre, naquit à Venise, vers 1582. On ignore le nom du maître qui dirigea ses prerhières études ; il est probable qu’il ne dut guère qu’à lui seul le talent qu’il acquit dans la composition : le génie bien plus que la science brille dans ses ouvrages. Son mérite reconnu et l’éclat de son nom le firent appeler, en 1649, à la direction de la chapelle pontificale et du collége allemand de Rome. C’est à ce maître que l’on doit l'introduction des accompagnements d'orchestre dans la musique d'église, que l'orgue seul avait le privilége de soutenir ; il perfectionna le récitatif, inventé depuis peu par Peri et Monteverde; il donna à la partie de basse une marche plus régulière, et lui imprima un certain rhythme; enfin on peut le regarder comme l’un des premiers auteurs qui aient composé des cantates, et fait substituer ce petit drame au madrigal

CARINTHIE — CARLADEZ

simple. Son chant est gracieux pour le temps où il écrivait on y remarque surtout une expression vraie et spirituelle

soutenue par une harmonie qui sans être aussi savante que celle des maîtres de l’école romaine est cependant très-pure

Le Jugement de Salomon est la meilleure cantate de Carissimi; ses motets sont fort estimés; on cite particulièrement celui qui commence par ces mots : Turbabuntur impii. Galuppi l’affectionnait beaucoup. Son style était doux etcoulant, sans être pour'cela moins noble et moins élégant. Signorelli dit que quand on louait la facilité de son style, il répondait : « Ah! qu’il est difficile de parvenir à cette facilité! » CASTIL-BLAZE.

CARISTIES (en latin caristia, fait du grecyénis , grâce, union, paix). On appelait de ce nom chez les Romains une fête de famille, qui se célébrait au mois de février, en l’honneur de la déesse de la Concorde. On n’y admettait point d'étrangers; on n’y invitait que des parents, des alliés, afin de consolider, de resserrer ou de renouer, dans l’effusion d’un repas, des liens que la négligence, l'absence ou des intérêts opposés auraient pu relâcher. Ovide fait mention de cette fête dans ses Fastes.

CARISTOS, ville et petit port de Grèce, chef-lieu du diocèse de ce nom, siége d’un métropolitain grec, est située dans l'ile d'Eubée, à son extrémité sud-est, sur le golfe du même nom. Ravain delle Carcere, de Vérone, ayant reçu la haute seigneurie de l’île, la divisa en baronnies. Les descendants de sa famille continuèrent à posséder la baronnie de Caristos pendant tout le treizième et le quatorzième siècle, et firent bâtir au-dessus de la montagne rocheuse qui domine cette ville une forteresse imposante, dont on voit encore les ruines. Bucuonx.

CARITENA, ville de Grèce dans la Morée, au milieu des monts de l’Arcadie, chef-lieu du dême de son nom, dans le diocèse de Gortys, à 22 kilomètres ouest de Tripolitza, sur la rive droite de l’Alphée, près de l'emplacement de l’ancienne Gortys. Caritena, la Mésarée des chroniqueurs grecs, fut donnée comme haute baronnie, avec 22 fiefs de cavalerie, à Hugues de Bruyères, originaire de Champagne. Hugues épousa une fille de son seigneur lige, Geoffroi 1°° de Ville-Hardouin, prince d’Achaïe, et en eut un fils, devenu célèbre par sa bravoure chevaleresque, Geoffroi de Bruyères, seigneur de Caritena, qui épousa une fille de Guy de la Roche, seigneur d’Athènes. Lorsque ‘Guillaume de Ville-Hardouin succéda à son père, Geoffroi II, dans la principauté d’Achaïe, le seigneur d’Athènes, les trois seigneurs d’Eubée et le marquis de Bodonitza, refusèrent de lui rendre hommage, et Geoffroi de Bruyères prit part à cette révolte. Les feudataires alliés furent battus dans les défilés de Mégare. Guillaume confisqua les terres de son neveu, Geoffroi de Bruyères, pour le punir de sa rébellion ; mais il se décida à les lui rendre, à cause de sa bravoure. Les Grecs en 1320 rentrèrent, par surprise, en possession de Caritena.

La forteresse, bâtie par Hugues de Bruyères, domine la ville actuelle , toute la vallée de l’Alphée et les défilés des montagnes de Gortys. Kolocotroni s’y était établi pendant la guerre de l'indépendance, et du haut de ses tours il bravait Ibrahim-Pacha. En faisant des répsrations dans l’intérieur de ce château, on y a découvert quelques tombeaux des anciens seigneurs français, et dans ces tombeaux des cottes de mailles, des casques et des cuirasses. On voit encore dans la ville une petite église de style français, contemporaine de la citadelle. Bucuox.

CARLADEZ, ancien pays de France, dans la Haute Auvergne, etqui eut des vicomtes particuliers dès le dixième siècle. Réuni aux vicomtés de Lodève et de Rodez, puis aux comtés de Rouergue et de Provence, aux domaines de la maison d’Armagnac, d’Albret et de Bourbon, il passa en 1531 à la couronne, Cependant Louis XHII en fit don aux princes de Monaco, qui le conservèrent jusqu’en 1789, Le Carladez

avait pour chef-lieu Cartat, bourg peuplé de 953 habitants, qui n’a de remarquable qu'une église bâtie au seirième siècle.

CARLÉN (ËÉniux SCHMIDT, Mn°), Suédoise, qui s'est fait un nom par ses romans, est née à Stræmstad, le 8 octobre 1807. Quoique de bonne heure elle eût annoncé des dispositions pour la poésie, ce ne fut qu'après son mariage avec le musicien Flygare qu’elle livra au public quelques compositions littéraires. Après une première union assez peu heureuse, elle se remaria, en 1841, avec G. Carlén, né en 1811, fonctionnaire publie à Stockholm, qui s’est également fait connaitre comme poëte par la publication de ses Stycken p& Vers (Stockholm, 1838) et par ses Romanser ur Svenska Folklifvet (1846).

Quoique, par suite de ses devoirs domestiques, Émilie Carlén ne puisse consacrer que peu de temps à ses travaux littéraires, elle n’a pas cessé de donner des preuves d’une remarquable fertilité littéraire. Si la qualité ne répond pas toujours dans ses ouvrages à la quantité, on ne peut cependant se refuser à lui assigner un rang distingué parmi les écrivains de notre époque qui ont cultivé le genre du roman, à cause du remarquable talent qu’elle possède de combiner ses plans, du tact infini avec lequel elle sait mettre en saiilie ce qu’il y a d’important dans les rapports ordinaires de la vie, et de son habileté à dessiner des caractères, bien que ses portraits manquent le plus souvent de profondeur psychologique. Ce qui la distingue surtout des autres romanciers suédois, c'est qu’elle choisit le plus généralement ses sujets dans les basses classes de la société, dans la vie du petit bourgeois, du prolétaire, du paysan. Aussi ses descriptions, pleines de vérité, rappellent-elles quelquefois la manière d'Eugène Sue, et cessent-elles d’appartenir au domaine de la poésie véntable. Elle débuta dans la carrière littéraire par la nouvelle intitulée Wademar Klein (1838), qu’elle fit suivre sans interruption des romans Representanten (1839); Gustaf Lindorm (3 vol., 1839); Professoren och hans Skyddslingar (2 vol., 1840); Fosterbræderna (3 vol., 1840); Kirko-Invigningen i Hammarby (3 vol., 1840); Skutsgossen (2 vol., 1841); Rosen pd Tistelæn (2 vol., 1842); Kamrer Lanmann (2 vol., 1842); Fideikommisset (4 vol., 1844); Pâl Værning (2 vol., 1844); Vindskuporna (1845) Bruden p& Omberg (2 vol., 1845); Enslingen pé Johannis-Skæret (3 vol., 1846); Ett Ar (2 vol., 1846), En Natt vid Bullar-Sjæn, (3 vol., 1847), Jungfrulornet (2 vol., 1848); En nykjull Quinna (2 vol.,1849); Romanheltinnen (1849); Familier ài Dalen (1850); &t Rykte (le Tuteur; 1850); Formyndaren (2vol.,

1851); Znon sex veckor (Dans six semaines; 1853). La plupart de ces romans ont été traduits en allemand et quelquesuns en français.

CARLETON (Waizziam), l’un des peintres de mœurs ies plus populaires de l'Irlande, est né en 1798 à Prillisk, dans le comté de Tyrone. Fils d’un paysan, il eut à lutter dans sa jeunesse contre toutes les souffrances et toutes les misères qui sont le sort du peuple irlandais. Après avoir reçu dans une école primaire les notions les plus indispensables, il fut recueilli à l’âge de dix-sept ans par un prêtre de ses parents qui avait ouvert à Glasslough une espèce de pension de jeunes gens, où il resta deux années. Un pèlerinage à Lough-Dery, à ce qu’on appelle le Puryatoire de saint Patrick, excita son imagination, et le porta à s’essayer pour la première fois dans la littérature. Obéissant à un vague sentiment d’ambition, il résolut de se rendre à Dublin, où il arriYa avec quelques shillings seulement dans sa poche. C’est sous ces tristes auspices qu’il commença sa carrière littéraire. Ses Traits and Stories of the Irish Peasantry (2 vol., Dublin, 1830), par la nouveauté du sujet, par la fraicheur du style, obtinrent les applandissements de la critique et du public. Une suite à ces récits, qui parut en 1832, ne fut pas moins bien accueilli. Dans son roman in-

en

— CARLIN 481

ütulé Fardorougha the miser (Dublin, 1839), l’Aumour dégénère trop souvent en extravagance; mais le caractère de l’avare est vigoureusement dessiné. Plus tard Carleton publia une collection de Nouvelles (3 vol., Dublin, 1841), généralement dans le genre pathétique, mais au nombre desquelles se trouve une esquisse gaie et plaisante intitulée : The Misfortunes of Barney Branagon, dont le succès fut immense, Le roman Valentine Macclutchy (3 vol., 1845) a un but à moitié politique et à moitié religieux, destiné qu'il était à seconder la cause du rappel de l’union et à défendre le clergé catholique contre les accusations dont il est l’objet de la part du clergé anglican. Rody the Rover (1848], the Black Prophet, a tale of Irish famine (1847), et Tithe Proctor (1849), doivent aussi être considérés plutôt comme des œuvres de parti, où on ne saurait cependant méconnaître le brillant de l’auteur. Ses derniers romans sont : {he Clarionet (1854), Willey Reilly (1855) et the Evil eye (1860). u est mort à Dublin le 1er février 1869. Depuis plusieurs années il était en possession d’une pension annuellede 5,000 fr., récompense accordée àses talents littéraires. Carleton est le véritable historien du peuple irlandais. Né et élevé dans une chaumière de paysan, il sympathise profondément avec le peuple, et représente avec vérité ses douleurs et ses joies.

CARLI (Giovanni-Rinazpo, comte), nommé quelquefois aussi, d’après sa femme, Carli-Rubi, né en 1720, à Capo-d’Istria, d’une famille noble et ancienne, débuta de bonne heure comme écrivain, et étudia ensuite plus particulièrement à l’université de Padoue la géométrie et les langues anciennes. Devenu célèbre par ses discussions littéraires avec Fontanini et Muratori, le sénat de Venise le nomma, en 1741, professeur d’astronomie et de navigation. C’est à Venise qu’éclata entre lui et l'abbé Tartarotti une ridicule dispute sur un sujet plus ridicule encore. Tartarotti, tout en niant l'existence des sorciers, prétendait qu’avec l’aide du démon on peut pratiquer des enchantements. Carli se donna la peine de contredire cette absurdité, ce qui lui valut de la part de Tartarotti une bonne accusation d’hérésie, et la discussion continua jusqu'à ce que Maffei, par la publication de son écrit : la Magia annihilata, réduisit les défenseurs du diable au silence.

Les soins réclamés par l'administration de son immense fortune forcèrent plus tard Carli à résigner ses fonctions de professeur et de retourner en Istrie. Plus tard, l’empereur le nomma président du conseil supérieur du commerce et du conseil des études à Milan, et dans ces fonctions Carli rendit de grands services à l’État. Il fut ensuite nommé conseïller d’État et enfin président du conseil des finances à Milan. 11 mourut dans cette ville, le 22 février 1795. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons ses essais : Delle Monete e dell Istituzione delle Zecche d'Italia, etc. (Milan, 1750-1760); Della Antichità Italiche (5 vol., Milan, 1788-1791). Il publia à Milan, de 1784 à 1794, une édition complète de ses œuvres (15 volumes ), dans laquelle ne se trouvent pourtant pas ses Lettres Américaines, publiées pour réfuter les Recherches philosophiques de l’Anglais Paw.

CARLIN, petite monnaie d'argent du royaume de Naples et de Sicile, qu'il faut attribuer sans doute à Charles d'Anjou, frère de saint Louis. Cette pièce valait 42 centimes. Il y avait des pièces de 2 et de 6 carlins; le ducat était de 10 carlins, la piastre de 12. Le carlin a été supprimé en 1860.

CARLIN, espèce de chien qui était fort commune il y a quarante ans, et qui est devenue très-rare aujourd’hui. L'étymologie du nom de ce chien deviendrait difficile à trouver, dit Charles Nodier dans son Examen critique des Dictionnaires, si on ne la fixait maintenant. Il a été appele ainsi par allusion au masque d’arlequin, dont la face noire et plate semble avoir été le modèle; et on se souvient que le rôle d’arlequin appartenait, lors de son apparition, au fameux Carlin Bertinazzi.

Le carlin est extrêmement petit; son nez est encore plus court que lui du ,boule-dogue, dont, il semble être la miniature, Sa queueest souvent .plus .tortillée..en spirale, C’est un animal fort pa intelligent, étourdi; trèar lascif, sans util té. ”

CARLIN (CañLo- crre À BERTINAZZI, db), harà quin célèbre dudix-huitième siècle, naquità Turin;-en1713, d’un officier.des troupes du roi de ‘Sardaigne, 11} suivit.d’a-

bord la carrière de son père, mais, celui-ciétantimont sans !

lui rien laisser, il fnt obligé pour vivre de.donmer des:legons de danse et d'escrime. Cependant, la:principale , la: plus

agréable oceupation,du jeune professeur était de jouer là |

comédie avec ses élèves Ses succès dans cet art lui inspi-

rèrent l’idée dese. faire de ,cet amusement, un état plusceon- |

forme à ses goûts. L'arlequin.du théâtre de, Bologne, -poutsuivi par ses. créanciers; avait daissé son: directeur dans l'embarras, Bertinazzi.le remplaça à l’improviste, ; sans que le publié, abusé par le masque et-le: jeu du débutant, pût se donter de Ja substitution; Ce n’est qu’à la quatrième représentation. que.le ;secret: fut divulgué.

Les succès non /interrompus du. nouvel arlequin sur, les :

théâtres de.plusieurs grandes villes d'Italie le firent;appeler,

lienne, et y remplacer: Tho massin,- acteur chéri du public, qui venait de mourir. Malgré le. danger de.la comparaison provoquée par.de récents souvenirs, ret celui d'aborder une langue,nouwellé (la.comédie dite italienne représentant des pièces françaises );,Carlin (ce fut le nom qu'il adopta alors) obtint -dès ses. premiers: débnts. tous les suffrages, et. son succès: né tarda pas à devenir’.de la. vogue. Il: captiva l’inconstance dela faveurpublique: en une: carrière .dramatique de: plus d’un demi-siècle. : 1

Acteur à-la mode et acteur de la mare st uGafin imésits cette longue-faveur- par la vérité.de sa pantomime, Ja gaeté dé:ses lazzis, la fécondité de ses improvisations. Quoiqu’on l’applaudit ‘avec justice dans la:comédie écrite, c’était.surtout dans-le&canevas sur lesquels il. brodaït:son dialogue. » qu'il se montrait, supérieur. Les spectateurs actuels, qui voient si-souvént des-acteurs hésiter, se troubler, S'ils ont:à adresser aw-public quelques :motsen, dehors. de leur rôle, pourront-ils dignement apprécier le:talent:d'un homme qui, dans Les Vingt-Six Infortunñes d'Arlequäin, par exemple, improvisait, pendant cinq: actes, sans éprouver un moment d’embarrasy sans cesser’ dexciter le rire ou du moins l’attenlion? :: >

Cardin ‘passait généralement de-son temps pour le: plas parfait: des arlequins; peut-être aussi ceux qui portaient ce jugement n’avaient-ilspulecomparer niavec Thomassin ni avec Dominique,iles seuls rivaux ‘qui méritassént de lui être opposés. Un fait digne de remarque, c’est que ces trois acteurs, éélèbres dans un genre bas-comique, trivial, quelquefois même gravéleux ét cynique, ne se sont pas moins distingués pat leurs vertus domestiques et leurs qualités :s0ciales. Lôrsqué après le renvoi des comédiens ultramontains, én 1780, le Théâtre-Italien se borna à représenter des pièces à ariettes, telle était l’estime des Parisiens pour la pérsonne et les’ talents de Carlin, qu’il fut seul conservé, et qu'il ne cessa pas d'être applaudi jusqu’à sa mort, arrivée en 1783.

Presque septuagénaire , Carlin conservait encore la plus

grande partie de’ ses avantages, et dans ses dernières an-

nées il jouait avec toute la gentillesse, toute la vivacité du jeune âge les Arlequins de Florian. Lui-même avait donné au théâtre, en 1763, une pièce en cinq actes : Les Nouvelles Métamorphoses d'Arlequin, où l'on trouva de l'imagination et du comique. Il se distinguait par un degré d'instruction supérieur à celui de la plupart dés acteurs de-son époque. La Correspondance de .Carlin avec Ganganelli, fruit d’une prétendue liaison de jeunesse entré ces deux illustres enfants de l'Italie, qui obtint tant de succès dans les dernières années de la Restauration, n'est que le roman d’un

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