CARPENTRAS
tanneries, des filatures de coton et de soie. Il s’y fait un grand commerce de produits du pays, tels que huile d’olive, amandes, safran, cire, miel, truffes, graines de trèfle et de luzerne.
L'origine de cette ville est incertaine, mais doit remonter à une haute antiquité. L'opinion la plus probable en fait la eapitale des Memini, dans la Gaule Narbonnaise, sous le mom de Carpentoracte. César y fonda une colonie, et les Romains l’embellirent de plusieurs édifices; mais les Goths, les Vandales, les Lombards et les Sarrasins la saccagèrent tour à tour. En 1313 le pape Clément V fixa à Carpentras la résidence du sainfsiége. Cet honneur coûta cher à la ville : pendant le conclave qui suivit la mort de ce souverain pontife, le peuple, fatigué d'attendre l'élection que les intrigues des cardinaux italiens faisaient traîner en longueur, mit le feu au hâtiment ; et l'incendie consuma une partie de la cité. Toutefois, elle netarda pas à sortir de ses ruines, et cinquante ans plus tard Innocent VI la fit entourer de murs. En 1562 Carpentras fut assiégée inutilement par le baron des Adrets.
Administrée depuis le douzième siècle par trois consuls élus par les habitants, cette ville était la résidence du recteur ou président qui gouvernait le Comtat au nom du pape. Le légat d'Avignon n’avait aucune autorité sur lui. La justice était rendue par un juge de première instance, qu’on appelait juge majeur et ordinaire, par un juge des premières appellations du Comtat-Venaissin, et par la chambre apostolique de la province, qui connaissait de toutes les causes fiscales et concernant le patrimoine de saint Pierre.
La rivalité de Carpentras et d’Avignon influa beaucoup sur le parti que la première embrassa en 1789; elle se montra alors pleine de dévouement pour les intérêts du saintsiége. Cette division fut la principale cause de la guerre civile qui éclata, en 1791, entre ces deux villes. Carpentras fut réunie à la France la même année.
CARPHOLOGIE (de 449965, fétu, brin de paille, et de }#yw , je ramasse ). Ce nom sert à désigner un symptôme très-grave, d’un très-mauvais présage, qui précède la mort dans un très-grand nombre de maladies. Suivant Galien, les malades atteints de carphologie croient voir des corpuscules qui voltigent autour d’eux. Nacquart croit que la cause de cette erreur dans la vision est due parfois à l’engorgement des vaisseaux sanguins de la choroïde et de la rétine, et d’autres fois à ce que la cornée, moins distendue, moins transparente, se couvre de mucosités concrétées. Ce médecin a admis deux sortes de carphologie, l’une se manifestant chez les malades dont les yeux sont remarquables par leur éclat brillant, leur injection et leur saillie ; l’autre coexistant avec l’affaissement du globe de l'œil, l'opacité de la cornée et le trouble de ses humeurs. La première, reconnaissant pour causes, suivant Hippocrate, les inflammations du poumon , la phrénésie et les douleurs de tête, n’est pas essentiellement mortelle. Mais la seconde, qui peut exister à l'issue funeste de toutes les maladies, est toujours le signe qui annonce une mort très-prochaine.
D'après ces notions, les mouvements musculaires qui constituent la carphologie peuvent être considérés comme le triomphe et la dernière lutte des muscles fléchisseurs sur les extenseurs du membre thoracique chez l'homme.
On a aussi appelé carphologie les mouvements automatiques des mains, qui tantôt roulent ou palpent de diverses manières les draps ou les couvertures du lit, qui tantôt cherchent continuellement à arracher le duvet des draps et des couvertures. Cette dernière variété de mouvements carphologiques a été désignée par quelques auteurs sous la dénomination de crocidisme (de xpoxût&w, j'ôte le duvet ).