CARPE — CARPENTRAS
fois, dans les étangs où il n’y a que des carpes, et où une surveillance active les garantit de leurs ennemis, elles se propagent rapidement et sont bientôt en tel nombre qu’elles circulent avec difficulté et n’ont plus assez de nourriture; heureusement il est facile de remédier à cet inconvénient ; il suffit d'y introduire quelques brochets, des truites ou des perches, et l’on voit sensiblement diminuer le nombre des jeunes.
La chair des carpes est un aliment facile à digérer, et qui convient à tous les tempéraments ; cependant on la défend aux convalescents et aux goutteux; on croit que chez ceux-ci elle accélère les accès. Cette chair est d’autant plus molle que l’animal a vécu dans une eau plus tranquille. A Paris on estime particulièrement les carpes de la Seine, du Rhin et celles de l'étang de Camières, près Boulogne-sur-Mer. Celles des étangs de la Bresse, du Forez, de la Sologne, etc., y arrivent en grande quantité par la Loire et la Seine. Les œufs se préparent comme le caviar, et se conservent de même pendant plus d’une année. En Angleterre on a imaginé de châtrer les carpes pour les rendre plus agréables et plus grosses !
La reine des carpes ou cyprin spéculaire est une espèce qui diffère de la précédente, parce qu’elle a deux ou trois rangées de larges écailles de chaque côté, et le reste du corps nu. On l’a aussi appelée carpe à miroir, à cuir, etc.
P. GERVAIS, Professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier.
CARPEAU, CARPILLON, jeune carpe. Carpeau est aussi le nom d’une variété de la carpe vulgaire, dont la chair est plus estimée, et qu’on trouve dans le Rhône et la Saône. On nomme encore carpeau ou carpion une espèce du genre saumon.
CARPE DE TERRE, nom vulgaire que l’on donne quelquefois au pangolin.
CARPEAUX (Jean-Baptiste), sculpteur, né le 14 mai 1827, à Valenciennes, fréquenta les cours de l’École des beaux-arts de Paris, et y remporta en 1854 le grand-prix de Rome. Sa première apparition au Salon date de 1859, où il envoya de la villa Médicis un Jeune pécheur, statue en bronze, qui fut jugée digne d’une seconde médaille. On a vu ensuite de cet artiste : un Pécheur napolilain et le groupe d’Ugolin et de ses enfants (1863), œuvre d’une rare énergie et d’un effet poignant, et dont une épreuve en bronze a été placée dans le jardin des Tuileries; /a Jeune fille à la coquille (1864), marbre acquis par le duc de Mouchy; le Prince impérial (1868). En dehors des expositions ses principales œuvres sont des bustes, tels que Le Rieur et la Rieuse, une Négresse, et les portraits de la princesse Mathilde et de La duchesse de Mouchy; des figures de fan taisie, comme la Candeur, le Printemps, l’Espiègle, une Mater dolorosa. Pour la décoration du pavillon de Flore (Tuileries) il a exécuté, en 1865, un groupe allégorique en pierre, et pour celle du nouvel Opéra un groupe de La Danse, en marbre, qui souleva les plus vives contestations; on accusail l'artiste d’avoir outragé la morale par des poses trop réalistes, et aussi d’avoir, en recherchant l'effet pittoresque, nui à l'harmonie générale du monument. Dans la nuit du 27 août, le groupe fut souillé dans quelques-unes de ses parties par un liquide corrosif, dont on a eu beaucoup de peine à faire disparaître les traces. M. Carpeaux a obtenu une médaille de première classeà l'Exposition universelle de 1867; il avait eu la croix d’honneur l’année précédente. | 1 FF
CARPELLES. On nomme ainsi des pièces ou pistils partiels, dont l’ensemble constitue le pistil proprement dit. Ces pièces sont quelquefois libres entre elles, mais le plus souvent intimement soudées, à cause de leur position centrale, en sorte que le pistil total semble être un organe unique. Chaque carpelle se compose de trois parties, l’ovaire, le stygmate et le style.
DICT. DE LA CONYERS. — T. IY.
CARPENTARIE (Golfe de), ainsi aèsigne du norm de P. de Carpentier, gouverneur général des Indes hollandaises au dix-septième siècle, Compris entre le 11° et Le 170 30 de latitude méridionale, et le 153° et le 159° de longitude orientale, il est de tout le continent austrakien celui qui a la plus vaste étendue et pénètre le plus avant dans les terres. Il a en longueur, du nord au sud, 105 myriamètres, et 75 à son embouchure, entre le cap York et le cap Wilberforce. Les îles les plus importantes que l’on y rencontre sont le groupe formé par les îles Wellesley, sir Edouard Pellew, Groote ou île Busching, et le groupe des îles Met-ville, où les Anglais ont fondé une colonie en 1825. Depuis le premier quart du dix-septième siècle les Hollandais avaient visité ces côtes à diverses reprises, mais ils avaient toujours tenu leurs découvertes secrètes. Cook, en 1770, fut le premier navigateur qui se livra à une investigatior complète et détailiée du détroit de Torrès, du golfe de Carpentaria et du pays qui l’environne. Après lui, en 1802, . Flinders fit le tour du golfe entier et en releva les côtes.
CARPENTE, chariot ordinairement à deux roues, rarement à quatre, traîné par des mules et employé à divers usages chez les anciens Romains. Il portait ordinairement les matrones ou dames romaines de distinction, et du temps des empereurs servait aussi aux impératrices. Un roi Gawlois, nommé Rituitus, combattait sur une carpente d’argent. Fait prisonnier par les Romains, il fut, dit-on, mené en triomphe sur ce chariot. Les vestales, selon Florus l’historien, avaient aussi le droit de se servir de la carpente.
CARPENTRAS, ville de France, chef-lieu d’arrondissement du Vaucluse, reliée par un embranchement aw chemin de fer de Lyon, à ?4 kilomètres d'Avignon, sur PAuzon, au pied du mont Ventoux, avec une population de 10,848 habitants, dont environ 2,000 israélites. Siége de la cour d'assises du département, cette ville possède un tri-bunal de première instance, un collège, une bibliothèque. publique, riche de 25,000 volumes et de 2,000 manuscrits. | qui ‘ut fondée par Peiresc et léguée à la ville par l’évêque. Inguimbert. On y trouve en outre une belle collection d’estampes, plusieurs bons tableaux, de riches médailles et quel ques antiquités.
Carpentras est entourée de beiles murailles, flanquées detours et percées de quatre portes. Les rues sont étroites et . mal tracées, mais la plupart des maisons sont bien bâties | Les faubourgs sont agréables, et offrent de belles constructions. En dehors des murs règne une large esplanade plan tée d’arbres, qui forme de charmantes promenades, d’où l’on jouit de plusieurs vues délicieuses. On y remarque l& cathédrale, édifice gothique, avec un clocher dont la construction remonte à Charlemagne; le palais de justice, qui occupe les bâtiments de l’ancien palais épiscopal, et dont l’une. des cours renferme, jadis ensevelis dans une cuisine et aujourd’hui isolés, les restes très-incomplets d’un arc de triomphe romain, où l’on distingue des sculptures représentant des trophées d'armes et des figures d’esclaves. Ce monument était composé de deux piles décorées de colonnes engagées, et d’une seule arcade, qui est ruinée un peu au-dessus de ] imposte. On peut juger, d’après l'exécution des sculptures et des or. nements, qu’il appartient à la décadence de l’art romain. quoique Ménard pense qu’il a été élevé en l’honneur de Septime-Sévère. Nous citerons encore l’hôtel-Dieu, construit . en 1750, où se trouve le mausolée en marbre blanc d'in-guimbert ; la salle de spectacle, les halles, les prisons neuves. Les fontaines de Carpentras sont alimentées par ies eaux deplusieurs sources qu’un bel aqueduc de quarante-six arches. construit par Clément V, conduit en ville. Aux trois der-nières arcaes est accolé un pont qui traverse l’Auzon.
L'industrie est active à Carpentras; elle possède des fabriques de savon, d'acide nitrique, d'esprit de vitriol et de chapeaux de feutre commun ; des distilleries d’eau-de-vie et: d’esprit-de-vin, des teintureries, des moulins à garance, dex.: