BULLION — BULOW
avec le roi son frère. Lorsqu’en 1636 Richelieu voulut abandonner le gouvernement de l'État, Bullion le dissuada vivement de ee projet. Ce ne fut pas le seul service qu'il rendit au cardinal; car ce dernier se reposa sur lui du soin de le représenter dans le fameux conseil assemblé en 1639 par Louis XIII et dans lequel le cardinal, instigateur secret de la mesure qui allait être prise, crut prudent de ne pas paraitre. 11 s'agissait de persuader au roi que le retour de Marie dé Médicis ne pourrait être que nuisible à lui-même et à l'Etat. Bullion fut recompensé par le titre de garde des sceaux et la création en sa faveur d’une nouvelle charge de président à mortier au parlement de Paris. Ce fut sous la Surintendance de Bullion que les premiers louis d’or furent frappés, en 1640. Saint-Simon rapporte à ce sujet une anecdote dont le fond doit être vrai, mais dont les détails nous paraissentaujourd’hui peu vraisemblables ou tout au moins quelque peu brodés. « Le surintendant ayant donné à diner au maréchal de Gramont, au maréchal de Villeroi , au marquis de Souvré etau comte d’'Hautefeuille, fit servir au dessert trois bassins remplis de louis, dont il les engagea à prendre ce qu'ils en voudraient. Ils ne se firent pas trop prier, et s’en retournèrent les poches si pleines qu'ils avaient peine à marcher, ce qui faisait beaucoup rire Bullion. Le roi, qui faisait les frais de cette plaisanterie, ne devait pas la trouver tout
à fait si bonne. »
Bullion mourut d’apoplexie, le 22 décembre 1640.
J1 avait fait bâtir, en 1630, sur les dessins de Levau un hôtel dont il existe encore quelques restes rue Jean-Jacques Rousseau, alors rue Plâtrière, et qui s’étendait jusqu’à la rue Coq-Héron. li y fit peindre deux magnifiques galeries ; dans l’une Blanchard représenta les douze mois de l’année sous des figures grandes comme nature ; dans l’autre, Vouet représenta les aventures d'Ulysse. Sous l'empire, l'hôtel Bullion fut affecté aux ventes mobilières volontaires.
BULLS RUN (torrent du Taureau), petit cours d’eau de la Virginie sur les bords duquel fut livrée le 21 juillet 1861 la première des batailles qui marquèrent la guerre de sécession aux États-Unis. Les fédéraux, sous les ordres de Mac-Dowell, furent mis en complète déroute; mais leurs adversaires, manquant de cavalerie, ne tirèrent pas grand parti de leur victoire. Beauregard commandait les confédérés; un renfort considérable, qui lui fut amené par Johnston, décida du succès de la journée,
BULMER (Wizuiam), imprimeur, était né à Newcastle, où ilexerça pendant quelque temps son industrie, Plus tard, ayant transféré son établissement à Londres, ses presses acquirentune grande réputation. Une édition de Perse publiée en 1790 l’accrut tellement, que lelibraire de la cour, George Nicol, le recommanda au roi Georges III pour l'exécution de la célèbre édition des œuvres de Shakspeare (9 vol., 1794- 1804), d’où l’établissement prit pour raison commerciale la dénomination de Shakspeare Press. Beaucoup de connaisseurs préfèrent l'édition des Poetical Works of John Milton (3 vol,, 1793-1797), précédemment publiée par Bulmer. Son Museum Wosleyanum, dout l’édition coûta 27,000 livres sterling au propriétaire, les Antiquilies of the Arabs in Spain (1816) de Murphy, etc., elc., sont autant de chefsd'œuvre de l'art. Bulmer était l’imprimeur de prédilection des bibliophiles anglais : aussi est-ce lui qui fut chargé de la plupart des impressions faites par ordre du club de Roxburg. Les nombreux ouvrages de Dibdin furent tous imprimés par lui, Bulmer, qui s'était retiré des affaires en 1819, mourut le 9 décembre 1830.
BULOW (Famille de). Cette famille originaire du Mecklembourg, et dont l’histoire d’Allemagne fait mention dès les premières années du treizième siècle, s’est divisée en plusieurs branches établies aujourd'hui en différentes contrées du nord de l’Europe.
BULOW (FRÉDÉRIC- GUILLAUME, baron DE), comte de Dennewilz, général d'infanterie, l’un des principaux ac-
teurs de la grandé lutté soutenue par la Prusse contre Napoléon, näquit le 16 février 1755 dans la Vieifle-Marche, à Falkenberg, domaine où résidait son père, fils d’un ancien ministre d'Etat prussien, mort en 1737, 11 témoigna de bonne heure les dispositions les plus prononcées pour Pétat militaire, et entra au service dès l’âge de quatorze ans. Son
| avancement toutefois fut peu rapide; car il n’était encore
que capitaine lorsqu’en 1793 il fut nommé gouverneur du prhice Louis-Ferdinand de Prusse, fonctions auxquelles on attacha le grade de major, et c’est en cette qualité qu’il fit la campagne du Rhin. Au siége de Mayence, il donna de nombreuses preuves de bravoure. En 1794 il passa avec le titre de chef de bataillon dans la brigade des fusiliers de la Prusse orientale. Pendant la campagne de 1806-1807, il concourut en qualité de lieutenant-colonel, sous les ordres du général d’'Estocq, à la défense de Thorn, et se distingua dans plu-
sieurs affaires, notamment à celle de Waltersdorf. En 1808
il passa général-major, puis général de brigade, et fut
nommé en 1811 gouverneur de la Prusse orientale et oc-
, cidentale. |
| Lorsque la Prusse, déchirant les traités qui la liaient à
Ja politique de Napoléon, eut tourné ses armes contre Ja
| France, ce fut le général Bulow qui, le 5 avril 1813, rein-
| porta près de Mæckern le premier succès dont furent cou- | ronnés dans cette guerre les efforts des troupes prussiennes.
En s’emparant le 2 mai suivant de Halle, il gagna encore da-
vantage la confiance des troupes, et ranima l'enthousiasme
du peuple, que la perte toute récente de la bataille de Lutzen avait singulièrement découragé. Peu de temps après, par l'avantage qu’il remporta à Luckau, sur le maréchal
Oudinot, il sauva une première fois Berlin menacé par les
Français. A l'expiration de l'armistice (août 1813), son corps
fut placé sous les ordres de Bernadotte, commandant en
en chef de l’armée dite du Nord. Dans cette position dépendante, Bulow se vit souvent condamné à l’inaction par suite de la tactique temporisatrice adoptée dans des vues
toutes d’intérêt personnel par le prince royal de Suède. 11
sut cependant se soustraire peu à peu à cette action paraly-
sante, et agit de son chef toutes les fois que l’occasion s’en présenta. C’est ainsi, et jusqu’à un certain point contre la volonté du prince de Suède, qu’il livra la bataille de
Gross-Beeren, dans laquelle il battit le maréchal Oudinot
pour la seconde fois, ainsi que celle de Dennewitz, où,
par ses excellentes dispositions, il repoussa le maréchal Ney, accouru au secours de son collègue , sauvant ainsi encore une fois Berlin, et anéantissant du même coup une notable partie des torces ennemies. Le roi de Prusse récompensa ces beaux faits d’armes par la grand’croix de la Couronne de
Fer. Après avoir été chargé alors pendant quelques temps de
l'investissement de Wittenberg, il prit une part importante
la bataille de de Leipzig.
Pendant que les alliés poursuivaient l’armée de Napoléon dans sa retraite sur le Rhin, Bulow fut chargé d'occuper les provinces septentrionales de l’Allemagne, et d’observer militairement le Bas-Rhin et l’Yssel. Vers la fin de janvier 1814, il reçut l’ordre de venir opérer sa jonction avec l'armée qui manœuvrait en Champagne sous les ordres de Bluchér ; mouvement qu’il exécuta dès le 4 mars, en s’enparant, chemin faisant, de La Fère et de Soissons. Il ascista à la bataille de Laon, enleva Compiègne, et termina la c-mpagné en occupant les hauteurs de Montmartre , lorsque ler troupes alliées entrèrent dans Paris. Ce fut dans cette capitale que le roi de Prusse le créa comte de Dennewitz en commémoration de son plus glorieux fait d'armes, et lui accorda une dotation en terres d’un million de francs. 11 fut nommé ensuite commandant supérieur de la Prusse orientale et occidentale.
A l'ouverture de la campagne de 1815, il reçut le commandement en chef du quatrième corps, qu'il amena en toute hâte à Blucher; et il lui aïda ainsi à livrer la bataïlle