‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 39 sur 556 · BULOW · texte numérisé non relu

BULOW

de Waterloo. En janvier 1816 il reprit son commandement supérieur à Kæœnigsberg, et mourut dans cette ville, le 25 février de la même année.

Bulow, officier distingué, n’était pas moins estimable comme homme privé. Initié dès sa jeunesse à la théorie de la tactique, il en fit pendant toute sa carrière militaire l’objet constant de ses études. Il aimait aussi beaucoup les arts, notamment la musique; et on a de lui plusieurs morceaux de musique sacrée. Une statue lui a été élevée sur l’une des places publiques de Berlin, par ordre du roi Frédéric-Guillaume.

BULOW (Henri-Apam, baron DE), frère du précédent, mé vers 1760, entra, lui aussi, au service de bonne heure, Mais, dégoûté bientôt de l’état militaire, il renonça à cette carrière pour se livrer à la culture des lettres et des sciences. Une seule fois il céda à la tentation de revenir sur cette détermination : ce fut à l’époque où éclatèrent les troubles des Pays-Bas; il s’engagea alors dans les troupes de Joseph II; mais, n'ayant pas trouvé , en raison même du genre de cette guerre, l’occasion de se distinguer, il dit de nouveau adieu au métier des armes, et revint en Prusse, où il s’éprit d’une passion si vive pour le théâtre, qu’il se mit à la tête d’une troupe de comédiens. Forcé bientôt de renoncer à ce genre d'existence, il s’embarqua pour l'Amérique avec un autre de ses frères.

Les illusions qu’il s'était formées sur le régime de liberté existant dans cette partie de monde ne tardèrent pas à s’évanouir, et il prit le parti de retourner en Europe. Mais l'esprit aventureux des Américains s'était emparé des deux frères. A leur arrivée sur le continent, ils réalisèrent ce qui leur restait de l'héritage paternel, achetèrent une cargaison de verreries, et s’embarquèrent de nouveau à Hambourg pour l’Amérique du Nord. Leur manque de prudence et d'habileté commerciales et aussi la mauvaise foi de quelques clients firent échouer cette spéculation, et les deux frères durent s’en revenir en Europe complétement ruinés. Une brochure publiée vers cette époque par Bulow, La République de l'Amérique du Nord dans son état actuel (2 vol., Berlin, 1797 ), exprime le profond découragement de l’auteur et la haine qu’il avait vouée à un pays où il avait perdu à la fois ses illusions et sa fortune. Vers la même époque , l'ouvrage de Bærenhorst : Considérations sur l'Art de la Guerre, appela son attention sur ce que présentait de défectueux la théorie de la guerre alors en vigueur, et lui fit concevoir le projet de donner à cette science des bases plus solides. Il consigna le résultat des études auxquelles il se livra à ce sujet dans un écrit intitulé : Æsprit d'un Nouveau Système de Guerre (Hambourg, 1799, 3€ édition, 1835 ), qu'il publia sous le voile de l’anonyme. Le succès de ce livre futgrand et l’engagea à revenir à Berlin, dans l’espoir d’y obtenir un emploi, soit dans l'état-major général, soit dans les affaires étrangères, Mais son attente fut encore une fois déçue, et il se vit réduit à vivre des produits de sa plume. J1 fit alors paraitre, entre autres ouvrages, son Histoire de la Campayne de 1800 ( Berlin, 1801 ).

Après maints désagréments que lui attira sa façon trop dégagée de s'exprimer sur toute espèce de sujet, il se rendit à Londres, où il fit paraître quelques numéros d’un journal sur l’Angleterre. L'insuccès de cette publication le jeta dans de grands embarras d'argent , et lui fit même perdre sa liberté. A son retour à Berlin, en 1804, il se remit au travail avec plus d’ardeur que jamais. Les principaux ouvrages qu'il publia à cette époque, sont : Vie du prince Henri de Prusse (2 vol., Berlin, 1805 ); Principes de la Nouvelle Guerre (Berlin, 1805); Nouvelle Tactique des Modernes, ce qu'elle devrait étre (2 vol., Leipzig, 1805 }, et la Feuille mensuelle Militaire. Son Histoire de La Campagne de 1805, dans laquelle se trouvaient les assertions les plus hardies, délermina le gouvernement prussien à le faire arrêter; et après la perte de la bataille d'Iéna, quand

les Français furent en pleine marche sur Berlin, on le trans+ féra fort durement à Kolberg, et successivement à Kænigs= berg et à Riga, où il mourut, en prison, au mois de juillet 1807.

Les idées qu’exprimait Bulow dans ses livres purent bien alors contrarier vivement un gouvernement peu habitué encore à ce que des écrivains se mélassent de lui faire la leçon et cherchassent à lui inspirer le sentiment de sa dignité; mais elles contribuèrent évidemment au grand mouvement national de 1813, et n’exercèrent pas une médiocre influence sur les déterminations de son frère, l’'Leureux vainqueur de Dennewitz.

Bulow était ardent partisan du système de Swedenborg, comme le prouve un ouvrage posthume de lui, écrit en français et ayant pour titre : Nunc permissum est ! Coup d'œil sur la doctrine de la nouvelle Eglise chrétienne ( Kolberg, 1809 ).

BULOW ( Louis-FRÉDÉRIC-VICTOR-JEAN, Comfe DE }), ministre d'État prussien, était né en 1774 à Essenroda, près de Brunswick. Après avoir été, de 1796 à 1807, employé dans l'administration prussienne , il passa en 1807, après la paix de Tilsitt, au service du nouveau roi de Westphalie, qui lenomma d’abord conseiller d'État, puis, en 1808, ministre des finances et du trésor : plus tard le roi Jérôme lui conféra le titre de comte, distinction que le roi de Prusse lui confirma quand il rentra à son service. Une intrigue de cour dirigée par M. de Malchus, qui hérita de son portefeuille, lui fit cependant perdre la confiance du roi de Westphalie, lequel, au retour d’une mission dont il l'avait chargé à Paris, le congédia le 7 avril 1811.

Le comte de Bulow vécut alors comme simple particulier dans sa terre d’Essenroda jusqu’en 1813, époque à laquelle le roi de Prusse, à la sollicitation de Hardenberg, l’appela auprès de lui en qualité de ministre des finances. A cette époque de crise décisive, il sut faire face aux besoins de l'État et créer les ressources indispensables à l’armée. Toujours à la suite du grand quartier général de l’armée alliée, il accompagna le roi de Prusse à Paris, à Londres et à Vienne. Lorsqu’au rétablissement de la paix générale on s’occupa en Prusse de la réorganisation complète du système financier et administratif, il ne parut pas tout à fait à la hauteur des exigences de la situation nouvelle. Les changements apportés en 1817 dans la répartition des attributions ministérielles ayant notablement diminué les siennes, il donna sa démission, que le roi accepta, maïs en lui conférant le titre de membre du conseil privé; et peu de temps après on créa en sa faveur un ministère spécial du commerce, de l’industrie et des constructions. Ce département ayant été réuni, en 1825, au ministère de l’intérieur, il fut nommé gouverneur général de la Silésie; mais il mourut le 25 août suivant , peu de temps après avoir pris possession de ces nouvelles fonctions.

BULOW (Hexri, baron pe), né!, en 1790, à Schwerin (Mecklenbourg), où son père occupait une charge distinguée à la cour du grand-duc, faisait ses études à Heïdelberg, lorsque éclata en 1813 la guerre de l’indépendance, Comme tant d’autres il déserta alors les bancs de l’école pour s’enrôler dans les rangs de l’armée. Nommé lieutenant dans un corps que le général de Walmoden avait été chargé de réunir sur les bords de l’Elbe inférieur, il ne tarda pas à devenir aide de camp du colonel russe de Nostitz , et se signala dans maintes occasions. Au rétablissement de la paix générale , en 1814 , il revint à Heïdelberg, à l'effet d'y terminer ses études, qui furent encore une fois interrompues par la campagne de 1815, pendant laquelle il fut attaché au corps d'armée prussien qui envahit la France,

A la seconde paix de Paris, il fut employé sous la direction de M. G. de Humboldt, chargé, à Francfort-surle-Mein, de la négociation relative aux échanges de territoires à opérer entre les différents souverains de PAllema-

Page 1