‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 401 sur 556 · CARTON · texte numérisé non relu

CARTON

sition qui devait décorer l’une des faces de la grande salle du palais ducal de Florence, et dans laquelle le peintre avait représenté les Florentins se baignant dans PArno, et se retirant précipitamment à l'apparition des soldats pisans. 11 à été gravé par Schiavonetti. DucuEsNE ainé,

En architecture on nomme carton la planchette, souvent garnie d’une plaque de tôle découpée, dont on se sert pour profiler la moulure d’une corniche ou d’un entablement.

CARTON. En termes d'imprimerie, de librairie, de brochure et de reliure, on appelle ainsi des feuillets détachés d'une feuille entière, que l’on a substitués à des parties fau tives, ou que l’auteur n’a pas voulu conserver. Les fautes des compositeurs, quoique trop communes de nos jours, ont fait faire cependant moins de cartons dans les écrits modernes que la susceptibilité des pouvoirs et de la censure, et bien moins surtout que la divergence des opinions et la versatilité des écrivains. Sous l’Empire, des écrivains ont préféré ne pas continuer leurs livres que d'imprimer les cartons exigés par la censure; mais sous le régime de la liberté on à vu encore des cartons célèbres, soit que l'auteur ait voulu corriger quelques erreurs relevées par la critique, soit que des remontrances amies lui aient fait voirle danger de la publication de certaines pièces.

CARTONNAGE, CARTONNIER. Le cartonnier est à la fois le fabricant de cartons et le fabricant de cartonnage. Le cartonnage est l'art d'employer le carton à divers petits ouvrages, d’en faire de petits meubles d'utilité ou de pur agrément, qui prennent aussisouvent le nom &e cartons. Cet arf, déjà ancien, est resté longtemps dans l’enfance ; mais depuis quelques années il a fait en France et en Angleterre de grands progrès. Une foule d'objets sont aujourd’hui livrés à l'acheteur dans d’élégants cartons. La bonbonverie se vend en général dans de jolis cartonnages. Les chapeaux, les manchons, les robes, les fourrures se serrent dans des cartons, comme les actes des notaires, les notes de Phomme de lettres, les marchandises du mercier, etc. Pour faire ces petites boîtes, le cartonnier emploie du carton, qu’il taille à l’aide de l’équerre, de Ja règle et du compas, ayec une sorte de tranchet, de ciseaux ou de cisailles, en cherchant à éviter de trop grands déchets, puis il ajuste les différentes pièces, les maintient au moyen de coutures ou de collages, ensuite les recouvre de feuilles de papiers de couleur ou imprimés plus ou moîïns élégants. Quelques cartons sont gauffrés, ou ornés de lithographies enluminées et même d’aquarelles, ou bien d’étoffes, de fleurs, etc. Il y en a de ronds, de longs, de carrés, d’oyales. D’autres affectent des formes de lyre, de coquille, etc. Tantôt le couvercle tient à la boite, tantôt il en est séparé. Les coins sont souvent maintenus avec du parchemin, de la toile ou du papier. La colle forte et la colle de pâte sont employées dans le cartonvage; la première, moins propre, tient davantage.

CARTON-PIERRE. C’est un mélange, dans différentes proportions, suivant le degré de consistance et de dureté qu’on veut obtenir, de pâte de papier, deterre bolaire, de craie, d’huile de lin et de colle forte de bonne qualité. L'usage le plus étendu qu’on en fait jusqu’à présent en France, c’est d’en imouler des ornements de sculpture et d'architecture. Parmi les productions de cette industrie nouvelle, on peut citer la décoration de l'Opéra, celles du Théâtre-Français, de l'O déon, des théâtres de Lille, Strasbourg, Compiègne et Bruxelles; certaines sculptures de Notre-Dame de Lorette et de la Chambre des Députées, exécutés par Romagnesi, ete, On trouve aussi dans nos magasins de très-beaux ouvrages, tels que candélabres, boîtes de pendules et autres ornements en carton-pierre.

Cette substance est presque complétement imperméable et incombustible, Aussi fut-elle d’abord fabriquée en Suède sous le nom d’ardoise artificielle, pour servir à couvrir les bâtiments. Pour obtenir ces ardoises on emploie lesmatières que nous avons indiquées comme base du carton-pierre, La terre |

ARTOUCHE

bolaire et la craie, après avoir été pilées séparément dans un mortier, sont passées au tamis de soie. La colle est dissoute dans l'eau à la manière ordinaire. La pâte de papier est celle que l’on connaît sous lé nom de papier commun; il est avantageux de la former de rognures de livres et de débris de papiers blancs, que Von fait bouillir pendant vingtquatre heures ; on les presse ensuite pour extraire l’eau, L'huile de lin est employée crue. On mêle dans un mortier la masse de papier, la terre bolaire, la craie et la colle dissoute; on bat fortememnt le tout, après quoi l’on verse dessus l'huile de lin, en quantité suffisante pour que la pâte soit maniable. Les feuillets que l’on fait avec cette composition se forment dans un moule de bois composé d'une planche à rebords; on étend au fond de cette cavité une feuille de papier, on la remplit de matière, on étend une autre feuille de papier dessus et l’on presse le tout avec une autre planche; cela fait, on renverse le moule, et l’on extrait le feuillet, quel’on place pour qu’il sèche sur une table saupoudrée de sable fin. Ces cartons ne se fendent point, mais ils se tourmentent, et leur surface est souvent raboteuse, défauts que l’on fait disparaître en les passant au laminoir; enfin, on soumet pendant quelque temps ces feuillets, après les avoir enduits d'huile de lin bouillie, à l’action d’une presse.

L'expérience a démontré que ces cartons-pierres, ou ardoises artificielles, peuvent rester quatre mois et plus dans l’eau sans éprouver ni décomposition ni augmentation de poids. Ces ardoises se fixent par grandes feuilles avec des clous de cuivre, et l’on remplit les joints avec un ciment fait d'huile de lin siccative, de blanc de céruse et de craie combinés. On donne la dernière perfection à cette toiture, en passant une couche de couleur à l’huile.

On a également fabriqué pour la couverture des Loits un carton-feutre sablé et un carton bitumé, Vun et l’autre incombustibles.

CARTOUCHE (Art militaire). La cartouche est, généralement parlant, la charge de toute arme à feu; mais cette acception a été restreinte presque partout à la charge du fusil, du mousquet ou du pistolet quand elle est enfermée dans un petit rouleau de papier ou de parchemin. La charge des grosses houches à feu s'appelle plutôt gargousse.

Pour la confection des cartouches les ouvriers artificiers se servent, dans les arsenaux, de cylindres ou mandrins de bois dur et sec, qui ont 0,19 de long sur 0,013 de diamètre. Ces cylindres sont exactement tournés et arrondis par l’un des bouts; l’autre extrémité du cylindre est creusée assez pour loger la balle jusqu'au tiers de celle-ci. Pour découper le papier de la cartouche sans perte, ce qui est important dans une confection si étendue, on plie d’abord la feuille ouverte en trois dans sa largeur, et puis chacun de ses tiers en deux, et on découpe, mais diagonalement , en commençant à 0,059 de l’angle supérieur à gauche, et finissant à la même distance au-dessus de l’angle inférieur à droite. De cette coupe il résulte douze pièces égales pour le même nombre de cartouches, et elles auront 07,144 de hauteur, sur 0,117 de largeur à un bout, 0,059 à l’autre. L'une de ces pièces ayant été étendue sur une table, on l’enroule sur le mandrin, dont le bout creux a reçu une balle, On commence du côté qui fait angle droit sur la base, en observant de laisser passer environ 0, 015 par-delà la balle, et ce dépassement doit être plus tard replié sur elle. Alors, relevant le mandrin ainsi enveloppé de la pièce de papier, on replie le papier qui couvre la balle, eton l’arrondMt dans un trou pratiqué à cet effet dans ja table. Après quoi on retire le mandrin, et le moule à cartouche est livré à un autre artificier chargé de le remplir de poudre mesurée dans un petit cône creux de fer-blanc, qni doit en contenir la quatre-vingtième partie d’un kilogramnie. L'ouvrier plie ensuite le papier qui dépasse la poudre, le plus près possible de celle-ci,

Il s’agit maintenant de vérifier si les cartouches ont toutes Ja même longueur et la même grosseur. On y procède enles faisant passer par une section de canon du calibre de l'arme à laquelle les cartouches sont destinées. Les cartouches vérifiées se mettent en paquets, dans lesquels la balle est alternativement placée à l’un des bouts. PELOUZE père.

La cartouche, telle qu’elle vient d’être décrite, n’est plus en usage dans les armées où l’on a substitué au fusil à percussion le fusil se chargeant par la culasse. En France on a adopté en 1866 pour le chassepot une cartouche à culot métallique, pesant 32 grammes et d'un mécanisme assez com-

liqué.

% Douche se disait autrefois du congé absolu ou limité délivré à un militaire par un écrit scellé du sceau du régimen. La cartouche jaune était celle dont on chargeait forcément le soldat dégradé ou renvoyé d’un corps comme indigne de servir dans ses rangs. e =

CARTOUCHE (Beaux-Arts). Ce mot vient de l’italien cartoccio, rouleau, et en effet c'était sur des rouleaux ou des banderoles, plus ou moins développées, que lors de la renaissance les peintres plaçaient les inscriptions jugées nécessaires pour l'intelligence de leurs compositions. Les enroulements plus ou moins bizarres de ces banderoles offrant peu d’agréments, on imagina bientôt de les remplacer par d’autres ornements, qui, variés à l'infini, et sans avoir aucune régularité dans leur forme, laissaient toujours au centre une place plus ou moins grande pour écrire une sentence ou placer une inscription,

Si les peintres d’histoire cessèrent d'employer les cartouches, on continua à en faire usage dans la peinture des décorations arabesques: Les voûtes en offrent de nombreux exemples, mais l'emploi le plus fréquent a été pour les cartes de géographie, dans lesquelles on s’en servait pour placer le titre et la dédicace ou l’avertissement que l’auteur jugeait convenable à son ouvrage, ou bien les armoiries de la ville ou du pays qu'il représentait. Souvent même le dessinateur semblait vouloir se conformer à l’origine du mot, et son cartouche était réellement une carte en partie déroulée , et sur laquelle il traçait son écriture. D’autres fois aussi, des ornements plus ou moins bizarres vinrent former l’encadrement du cartouche, soit avec une fastidieuse symétrie, soit avec un dévergondage de formes aussi ridicules qu'irrégulières. Quelquesfois encore des artistes mettaient beaucoup de goût dans l'agencement des figures allégoriques dont ils formaient l'encadrement de leur cartouche.

La sculpture aussi a fait usage de cartouches. On les a placés dans les monuments d'architecture, sur la clef des arcades, au-dessus des portes des hôtels, quelquefois sur des murs un peu trop nus, ou bien pour orner des entrecolonnements, et on y sculptait des inscriptions, des devises ou des armoiries. DENNE-BARON,

CARTOUCHE (Archéologie). On remarque dans les inscriptions hiéroglyphiques des groupes de figures enfermés dans de petits encadrements composés de deux lignes verticales ou horizontales, arrondis par le haut et par le bas, et posés sur une base rectangulaire. On a donné à cet encadrement le nom de cartouche ou de cartel. On peut le considérer comme une imitation du plat du scarabée figuré de plein relief en toutes sortes de matières solides, de dimensions diverses, et posé sur une plinthe elliptique, dont le dessous est ordinairement occupé par une inscription, Le cartouche a une expression grammaticale qui lui est propre: il est le signe déterminatif des noms des souverains qui composèrent les nombreuses dynasties égyptiennes, divines et humaines. On trouve en effet enfermés dans des cartouches : 1° les noms propres des divinités ou dynasties qui furent considérées comme ayant gouverné l'Égypte et le monde terrestre à l'origine des choses ; 2° les noms propres et les prénoms royaux des rois et des reines qui régnèrent en Égypte, soit nationaux , soit étrangers (Éthiopiens, Per-

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