CARTON
ni s’altérer ni disparaltre, comme les points fortnés par le poussière du charbon. C’est cependant de poncifs qué R aphael se servait; on a vu mêine au musée de Paris lecarton dont ce peintre s’est servi pour sa fameuse fresque de lÉcole d'Athènes, peinte dans l’une des cliambres du Vatican,
D’autres pièces auxquelles on donne aussi le nom de cartons sont des dessins faits pour servir de modèles à des ouvriers en mosaique, et plus souvent encore pour ceux en fapisserie. Quelquefois dans ce cas ce ne sont que des copies calquées avec soin et coloriées comme les originaux, que l’on veut ménager et surtout ne pas Coupér par morceaux, ainsi que cela était autrefois l’habitude, afin de causer moins d’embarras à l’ouvrier, qui alors prenait chacun des morceaux à mesure qu’il avançait dans son travail, au lieu d’avoir, comme on le fait maintenant, le tableau lui-même roulé en entier, haut et bas, derrière la lisse de la tapisserie.
De célèbres cartons de cette nature sont ceux que l'on voit en Angleterre dans le palais d'Hampton-Court. Ils sont au nombre de sept, et représentent différents sujets tirés des Actes des Apôtres. Ces cartons sont de là main même de Raphaël; ils ont été gravés. On croit avec raison que Raphael avait fait ainsi douze cartons, qui furent envoyés en Flandre, où se fabriquaient alors les plus belles tapisseries ; on a pu les voir en effet, soit au Vatican, où elles sont déployées chaque année, à la Féte-Dieu, soit à Paris, où une suite de ces tapisseries fut apportée de Bruxelles en 1796. Exposées alors au salon, on peut maintenant les retrouver à la manufacture des Gobelins. Cinq des cartons de cette suile sont aujourd’hui disséminés ou en partie détruits ; mais sept sont passés en Angleterre, et ont appartenu à Charles I‘*. Ce prince les avait acquis coupés en morceaux, et ils étaient enfermés dans un coffre. A la mort de cet infortuné monarque, Cromwell donna l’ordre d’en faire l’acquisition. Plus tard, le roi Guillaume et la reine Marie firent rejoindre ces morceaux, qui furent placés sur toile, restaurés et encadrés. Le roi fit même construire à Hampton-Court une galerie exprès pour les y exposer, et ils y sont encore placés', un à chaque bout, un au-dessus de la cheminée, et deux autres de chaque côté. Richardson parle aussi d’un carton de la Transfiguration de Raphael, qu’il avait vu au Vatican, dans une des chambres où le pape donnait audience; il cite un autre carton de la grande Sainte Famille faite par ce peintre pour François I‘, et qui se trouvait il y a cent ans dans la collection de Montague. On retrouve aussi dans quelques cabinets des cartons où l'on voil des têtes ou des portions de figures qui sans doute sont des fragments de grands cartons coupés, comme nous l'avons dit, et dont les parties les moins intéressantes n’ont pas été conservées. Il existait dans l’ancienne galerie du Palais-Royal cinq grands cartons de Jules Romain représentant diverses scènes des amours des dieux. Il està croire qu'ils avaient été aussi envoyés en Flandre pour servir de modèles à des tapisseries , ainsi que les quatre cartons du même peintre qui pendant longtemps ont décoré une des faces de la galerie d’Apollon. Ces derniers représentent différents sujets d'histoire militaire, et faisaient partie d’une suite de douze tapisseries exécutées à Bruxelles. Ils n’ont jamais été gravés.
Nous citerons encore d’autres cartons, également renommés : ce sont ceux de Michel-Ange et de Léonard de Vinci. Ce dernier n’est qu'un groupe de quatre cavaliers se disputant une enseigne ; il fait partie d’une grande composition dans laquelle était représentée la défaite de Piccinini : il a été gravé par Gérard Edelinck ; l'autre, si connu sous le nom de carton de Pise, est détruit depuis longtemps, mais Vasari en avait fait faire une copie à l'huile, que l'on voit en Angleterre dans la collection de Th. G. Coke. Ce n’est aussi qu’un fragment d’une grande compo-