‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 420 sur 556 · CASPIENNE — CASQUE · texte numérisé non relu

CASPIENNE — CASQUE

fois couvertes d’eau et ne formaient qu’un vaste océan.

Depuis les conquêtes des Russes en Tartarie , la mer Caspienne a pris une nouvelle importance : des lignes de bâtiments à voile et à vapeur y ont été établies, et le mouvement du commerce s’en est doublé.

CASQUE, arme défensive qui protège la tête; son invention remonte à une haute antiquité. Le casque fut indistinctement de cuir , de feutre, de bois, d’airain, de fer, d’argent et quelquefois d’or pur pour les chefs. Les Grecs l'appelaient xp&vos, xépus, neprxepañ&x, de la tête qu’il couvrait, et xuvñ, de la peau de chien dont parfois il était recouvert. Les Latins le nommèrent galea, puis cassis, dont les Français ont formé casque. Quelques étymologistes veulent que galea chez les Romains ait été pris du mot grec yakñ, belette, parce qu’ils auraient recouvert leur casque de la peau de cet animal ; cassis serait le casque de métal. Mais ces deux mots ont la même acception chez les auteurs latins. Les Hébreux n'avaient qu'un nom pour désigner cette arme, celui de Æabdh. Sa forme chez ce peuple devait participer de celle qui était en usage chez ses voisins : tantôt c'était la forme phénicienne, que depuis imitèrent les Grecs, tantôt la forme égyptienne : alors il était fendu par le milieu, el ressemblait au pic double d’un monticule. Les casques de Goliath et de Saül, dit l’Écriture , étaient d’airain. Quelques rations de la Grèce, les Béotiens particulièrement , durent prendre pour modèle le casque phénicien, celui de Cadmus, qui bâtit Thèbes, leur capitale ; aussi ces peuples étaient-ils renommés pour la fabrication de cette arme, qu’ils perfectionnèrent et embellirent,

Le casque troyen avait la forme du bonnet phrygien , dont le sommet en pointe est un peu recourbé par devant : tel était le casque des Amazones. Les premiers casques chez les Grecs furent d’une grande simplicité, témoin le casque d’Amphion, représenté sur un bas-relief de la villa Borghèse. Les Cariens, dit Hérodote, ont étéles inventeurs des aigrettes. On voit dans l’/Zliade que du temps d’'Homère cette arme défensive était déjà très-ornée : elle relevait la noble figure d'Achille , de Patrocle, et les grâces du jeune Nirée; cependant les plumes des oiseaux ne la surmontaient point encore, une seule crinière de cheval flottait derrière. Les peuples de la Colchide portaient des casques de bois ; les Lusitaniens, selon Strabon, avaient des casques tissus de nerfs d'animaux, et ceux des Éthiopiens étaient des peaux de cheval avec les oreilles et la crinière ; en sorte que la crinière servait d’aigrette, et que les oreilles étaient toutes dressées. En des temps beaucoup moins anciens, le plus ordinairement les casques des barbares avaient encore des cornes. Plutarque dit que celui de Pyrrhus, roi d'Épire, était surmonté de deux cornes de bélier. Le roi Lysimaque en porfait un semblable. Quelques casques aussi chez ces nations avaient des ailes : tel était le casque-pétase d’Alaric. Le casque des Gaulois était armé de cornes de taureau.

Le casque romain est une imitation du casque grec. A l’origine de Rome, quand Lucumon inventa la tente prétorienne, il était de peau ; sans doute qu’alors il s’appelait du seul nom de galea. En effet, Properce donne à Lucumon lépithète degalerus (de galerus, bonnet de peau) ; il paraît que depuis, quand le casque fut de métal et empanaché de plumes , le nom de cassis lui fut donné. Longtemps après, Polybe parle des casques comme si généralement ils eussent été de cuivre. Selon Végèce, au quatrième siècle, le casque des centurions romains différait de celui des soldats par la couleur et la position de l’aigrette, qui était de fer argenté et placé parallèlement à la face, afin qu’ils fussent reconnus de loin dans la mêlée. Le plus souvent le casque latin pour les chefs était surmonté d’une aigrette de plumes rouges et blanches ou d’une crinière de cheval ; ils étaient, en outre, enrichis d’or et d'argent et de sujets et figures gravés. Les cochers du <irque portaient des casques à ailerons, symbole de la légèreté. Il paraît par les pierres gravées de Florence que chez les

57€ Grecs et les Romains il y avait des casques garnis de joues, mais dépourvus de visière mobile , et des casques garnis de joues avec la visière mobile, tel était celui d’Ajax. La visière mobile figurait ordinairement une face humaine, aux yeux percés ; on l’abaissait sur le visage à volonté. Les trompettes (Ziéui ) portaient sur leur casque une peau de lion avec sa crinière. Sur le monument sépulcral d’un légionnaire est sculpté un casque fermé, tel qu'était celui de nos chevaliers dans les tournois. Bien plus, sur un bas-relief antique est un casque grec remarquable par une sorte de visière mobile placée au-dessus de l’immobile. Les Latins fabriquaient cette arme défensive avec beaucoup d'art. Il existe au cabinet des antiques un casque de soldat romain, qui, bien que sa largeur soit de vwwgt-cinq centimètres, diamètre qui comprenait la garniture intérieure, fut fondu avec tant de délicatesse, qu’il n’a guère plus de deux millimètres d’épaisseur, et ne pèse guère plus d’un kilogramme.

Vers les temps de nos premiers rois, l'usage des casques était presque tombé en désuétude; les longs et épais cheveux des Francs leur en tenaient lieu. Il commença quelque peu à reparaître vers les premières années du septième siècle ; car un sceau de Dagobert représente ce roi portant une couronne fermée en forme de casque. Au neuvième siècle, Lothaire, dans un manuscrit dont il fit présent au monastère de Saint-Martin près de Mefz, est représenté assis et deux écuyers debout ayant sur la tête un casque bizarre, semblable à un chapeau à deux cornes. La figure de Charles le Chauve, qui est à la tête d’un manuscrit précieux, écrit avant l’an 869, tient dans sa main un casque en forme de calotte profonde, marqué d’une croix sur le devant. Au onzième siècle, sur une vieille et longue bande de tapisserie qu’on exposait dans la cathédrale de Bayeux, Guillaume le Conquérant est représenté mettant sur la tête d'Harold, son compétiteur, qu'il arme de pied en cap, un casque de fer se terminant en haut presqu’en cône; il laisse le visage tout à découvert, il a seulement une avance qu’on appelle nasal. Ce ne fut que sur la fin du douzième siècle, sous Philippe-Auguste, que le casque à visière devint d’un usage général : il accompagnait l’armure de fer, qui rendait le soldat invulnérable. Les accessoires en devinrent si variés, que nous n’indiquerons ici que les principales formes de cette arme, les plus belles et les plus bizarres , sous les règnes suivants. Au milieu du .treizième siècle, le casque couvrait le front jusqu'aux sourcils, et le gorgerin s’étendait jusqu’au dessus de la bouche, couvrant quelquefois l’extrémité du nez, où un espace était ménagé pour la respiration. Le casque de saint Louis, peint sur les vitres de Notre-Dame de Chartres, a une forme étrange ; il est tout plat par le haut, et est à visière fermée. Il y avait aussi des casques de fantaisie adoptés par un roi, un suzerain, un chevalier. Dans une joute qui eut lieu à l'entrée dans Paris de la reine Isabeau de Bavière, les huit champions avaient des casques surmontés de différentes figures d'animaux : c’est ainsi qu’ils sont peints dans une miniature du manuscrit de Froissart : ce tournoi eut lieu vers 1385. Tous ces casques étaient de fantaisie : tel était celui de Lahire, accompagné d’ailerons rabattus, et celui de Jean de Bourgogne, représenté sur son tombeau, à ses picds, orné de cornes et d’an lion entre les cornes. Parmi ces casques, il y en avait dont les plumes étaient au nombre de six : celles du casque de Louis XII, sur une miniature d’un manuscrit de ce temps, sont blanches, et rangées sur le devant comme celles de la coiffure des Incas. Quelquefois les plumes étaient droites au ciel, comme celles du casque de Henri II ; quelquefois une seule était tombante, et touchait à la housse du cheval, comme celle du casque de Pierre de Rohan. Une estampe du temps de Henri IV offre pêle-méle, dans une procession de la Ligue, des capucins, des cordeliers, des augustins, le casque sans visière en tête.

Le nom de ces différentes coiffures étaient heaume, ar-

met, salade, bourguignotte, morion, pot-en-téle. On appelait heaume particulièrement le casque des tournois : il était muni d'une visière à petites grilles ; elle était mobile, s’abaissait et se relevait à volonté; il était de plus accompagné d’un collet de fer qui descendait jusqu’au défaut des épaules ; ce casque était également un casque de bataille. L’armet était un casque de fer sans visière ni gorgerin. Une salade était une espèce de casque léger, sculpté, assez semblable au pot-en-téte, la coiffure du fameux chevalier de la Manche; on lui donnait aussi le nom de bourguignolle. Dans l'infanterie la salade était appelée morion. Les commentaires de Montluc appellent également salades les cavaliers qui la portaient. DENNE-BARON.

Les différents peuples de l’Europe avaient en général, avant nos guerres de la Révolution, abandonné l'usage du casque. En France, une seule espèce de troupes (les dragons) l'avait conservé. Toutes les autres étaient coiffées du ridicule chapeau. C'était sans motifs plausibles que cet usage avait prévalu, surtout pour les troupes à cheval, qui, combattant le plus ordinairement avec le sabre, ont besoin d’une armure qui garantisse Ja tête de l'effet de ces sortes d'armes. Aussi l'expérience de la guerre a-t-elle fait rétablir le casque comme coiffure de la grosse cavalerie , et le même motif devrait le faire rétablir pour toutes les autres troupes à cheval, auxquelles il ne serait pas moins utile qu’à la grosse cavalerie et aux dragons. Plusieurs peuples de l'Europe ont aussi réadopté le casque pour coiffure de leur infanterie, et en cela la raïson militaire est pour eux. C’est le cuir bouilli que l'on emploie ordinairement dans leur confection ; il serait meilleur d’y employer le fer ou le cuivre. La coiffure de l'infanterie de l’Europe la plus usuelle aujourd'hui est le schako. 11 supplée en partie au casque par les soins pris pour sa fabrication; mais il ne peut préserver, comme le ferait le casque, la tête du soldat des coups de sabre, auxquels elle est souvent exposée. La coiffure du soldat doit remplir le double objet de préserver sa tête des intempéries de l’atmosphère et de l’effet des armes de main. Elle doit être simple dans sa forme, d’un usage commode, à l'épreuve des coups de sabre, sans ornements inutiles, enfin toute militaire et à peu près telle que la porte le bataillon des sapeurs-pompiers de Paris. Le casque de ce corps me paraît être tout ce qui existe de plus parfait dans ce genre. G*! ALLIX.

CASQUE (Blason). Le casque, considéré seulement comme ornement d’armoiries, est placé sans ordre et sans distinction dans les plus anciens sceaux des rois, des princes, des grands et de la noblesse. Les classifications suivantes sont une invention moderne, qui ne remonte pas au delà du quinzième siècle. On convint alors que le casque des empereurs et des rois devait être éaré (c’est-à-dire posé) de front, entièrement ouvert et sans grilles, pour marque du pouvoir absolu. Celui des princes et celui des ducs, également d’or, était aussi taré de front et sans grilles, la visière presque ouverte. Les marquis eurent un casque d’argent taré de front, à onze grilles d’or, les bords et les diaprures de même. Celui des comtes et des vicomtes fut d’argent, taré au tiers , à neuf grilles d’or, les bords de même. Les barons le portaient d'argent, taré à demi-profil, à sept grilles d'or et les bords de même. Enfin, les gentilshommes non titrés portaient le casque d'acier poli, taré de profil, à cinq grilles ou à trois, selon leur plus ou moins d’ancienneté. Les anoblis auraient dû porter le casque d’acier poli, tare de profil et sans grilles, la visière presque baissée, et les bâtards ce même casque retourné à sénestre, la visière entièrement baissée ; mais on pense bien qu’ils n’ont eu garde de se soumettre à cette grave jurisprudence du blason : il n’y a peut-être pas eu un seul gentillâtre en sabots qui n'ait timbré son écu du casque de prince, LAINÉ.

CASQUE ( Histoire naturelle). Sous ce nom on désigne, en histoire naturelle, des corps organisés, tantôt des

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