CASSIUS — CASTAGNETTES
de Cassius, et qui fournit une belle couleur pourpre aux peintres sur émaux et sur porcelaine. Ce précipité est un oxyde d’or peu oxygéné, que l’on obtient en décomposant la dissolution de ce métal par l’étain ou par le muriate d’étain peu oxygéné. On attribue encore à Cassius l'invention de l'essence du bézoard, dont on a vanté pendant quelque temps les vertus contre la peste.
CASSOLETTE ( de capsa, boîte). Cemot reçoit, selon son emploi, plusieurs acceptions, dont la plus usitée s’applique tout à la fois à une composition odoriférante et à un réchaud sur lequel on la fait brûler pour parfumer les appartements, ou à une petite boîte d’or ou d'argent portative dans laquelle on la renferme.
En architecture , on donne aussi ce nom à une espèce de vase isolé, peu élevé, mi-partie composé de membres d’architecture et de sculpture , du sommet ou des côtés duquel s’exhalent des figures de flammes ou de parfums. Ces vases servent ordinairement d'amortissement à l'extrémité supérieure d’une maison de plaisance , ou bien ils couronnent les retables des autels; enfin on les emploie dans la décoration des catafalques, des arcs de triomphe, des feux d'artifice, etc.
CASSONADE, Voyez Sucre.
CASSOUBES (Kaschuben ou Kaszeben). C’est la dénomination particulière sous laquelle on désigne les Wendes fixés dans la partie nord-ouest de la Poméranie. Leur langue est un dialecte polonais, qui se distingue de la langue écrite par la prononciation plus large de quelques voyelles, par exemple e au lieu d’u et d’y, par quelques mots particuliers, au nombre desquels il s’en trouve d’allemands, et aussi par des tours de phrase propres. Leur nombre ne dépasse pas aujourd’hui 100,000 têtes , et les efforts combinés de la religion et de l'instruction publique ne pourront que le diminuer toujours davantage. Ils ont de commun avec les Wendes une stature vigoureuse, ramassée, et aussi le costume ; mais ils leur sont fort inférieurs en ce qui est de l’amour de l’ordre et des habitudes d’hospitalité et de propreté. Bien qu’il n’y ait jamais eu de duché de Cassoubie, le roi de Prusse prend aujourd’hui, entre autres titres, celui de duc des Cassoubes.
CASSOVIE, ou plutôt KOSSOVA (Bataille de). Les détails de cette bataille, célèbre par la destruction de l’empire de Servie et la mort du sultan Mourad-Gazi-Khan ou Amurath 1°, sont diversement rapportés par les chroniques grecques, et surtout par celles de Cantémir, de Ducas , d'Orbinus de Raguse et de Chalcondyle. Le récit que nous suivrons est tiré de la chronique du Montenegro, écrite vers 1740, par l’évêque Petrovicz, métropolitain. Il ne faudra donc pas s’étonner si notre narration s’écarte en plusieurs points de ce que nos savants collaborateurs ont dit aux articles BAJAZET , AMURATH, etc.
Après la mort d’Étienne VI, huitième empereur de Servie, qui eut lieu vers l’an 1345, son fils Moisre, enfant en bas âge, resta sous la tutelle de Volkar Mernasicz, ministre et favori de son père, que ce dernier avait nommé régent de l’empire. Mernasicz, ayant bientôt fait mourir le jeune Moisre, s’'empara de l'empire. Dans la lutte qui ne tarda pas à éclater entre l’empereur grec, Jean Paléologue, et son collègue, Jean Cantacuzène, Mernasicz marcha au secours de Paléologue, tandis que Cantacuzène avait appelé Orkan, sultan des Turcs , résidant enccre en Asie. Les armées se rencontrèrent , en 1355, près de Demotika, sur l’Ebre ou Maritza, et dans la bataille qui eut lieu les Serviens furent complétement battus : Mernasicz périt avec ses principaux officiers et presque toute sa famille. Comme il ne laissait point d’hénitiers directs, les chefs serviens réunis élurent pour leur empereur ou hospodar un comte Lazare, étranger à la famille des souverains précédents. Les Turcs, sous leur sultan Mourad-Gazi-Khan, s'étant établis, peu d’années après, à Andrinople, s’appliquèrent bientôt à agrandir leur doinina-
DICT. DE LA CONVERS. — T. IVe
tion en Europe. De 1366 à 1378, Mourad fit la conquête de la Boulgarie ; de 1332 à 1386, il soumit la Macédoine, et se disposant ensuite à faire la conquête de la Servie, il réunit ses forces d’Asie et d'Europe, et vint, en 1389, camper sur les frontières de cet empire, à Kossova, ville située entre les sources de la Toplicza et de l’Ibar, entre Pristina et Jeni-Bazar. Lazare, dont l'empire était déjà affaibli par la perte de la Boulgarie, qu’avaient conquise les Turcs, et par celle de la Dalmatie et de la Croatie, qu'avaient envahies les Hongrois, fit d’abord demander la paix au sultan Mourad. N'ayant pu l’obtenir, il assembla tout ce qu’il put réunir des forces de son empire, et, se mettant à leur tête, vint camper à l’ouest de la plaine de Kossova, en présence des Turcs.
Lazare avait partagé le commandement de ses troupes entre deux de ses principaux généraux, Milosz Obilevicz, son gendre, qu’il fit général en chef, et Volcar Brancovicz, à qui il confia le commandement de la cavalerie. Ce dernier, mécontent de se voir sous les ordres d’Obilevicz, ne tarda pas à former le projet de se venger par la trahison, et entra en correspondance avec le sultan des Turcs, à qui il offrit de livrer Lazare, à condition d’être reconnu empereur à sa place. En même temps, Brancovicz cherchait par toutes les calomnies imaginables à perdre Obilevicz dans l’esprit de son souverain. Enfin, dans un repas où l’empereur avait réuni les principaux chefs de son armée, Brancovicz accusa publiquement Obilevicz et deux généraux, Jean Kassanovezicz et Milosz Topliacinir, de tramer la mort de leur souverain. Obilevicz répondit sur-le-champ, et rejetant le reproche de trahison sur son ennemi : « Quant à moi, ditil, ma justification ne consistera pas dans des paroles, mais dans des faits. » Et, déposant son commandement, il jura de prouver son innocence en tuant le sultan Mourad au milieu de son armée. Il quitta aussitôt la table avec ses deux amis, et tous trois se rendirent au camp des Turcs, en s’annonçant comme déserteurs. Obilevicz fut introduit dans la tente de Mourad, qui n'avait près de lui que son visir et son secrétaire. Profitant de cette circonstance, il les poignarda tous trois. Mais. en cherchant à sortir, le sabre à la main, du camp des Turcs, il se trouva accablé par le nombre des assaillants, et fut pris vivant, après avoir vu ses deux amis tués à ses côtés. Aussitôt Bajazet ou Bayézid-Jildevim, fils et successeur de Mourad, réunit son armée, et la conduisit à l'attaque du camp des Serviens. Ceux-ci, prenant les armes en toute hâte, se mirent en défense avec la plus grande valeur. Mais, surpris à l’improviste et privés de cavalerie par la désertion de Brancovicz, qui les abandonnaït à la tête de 12,000 chevaux, ils furent complétement battus après six heures d’un combat sanglant. L'empereur Lazare fut pris avec ses principaux officiers, et conduit à Bajazet, qui leur fit couper la tête à tous, ainsi qu’à Obilevicz. A l’issue de cette bataille, il renonça à la conquête de la Servie, dont l'empire était au reste dissous, et se rabattit sur la Macédoine et la Thessalie.
En 1448, il y eut une seconde bataille dans ces mêmes plaines de Kossova. Jean Huniades, qui était venu , avec une armée hongroise, au secours de Georges , despote de la Servie , réduite alors à la province qui conserve ce nom, y fut battu par le sultan Mourad ou Amurath II.