CATALOGNE — CATALOGUE
pays le plus propre à la guerre de partisans et à la défense opiniâtre et désespérée de l'indépendance nationale, L'histoire en fournit de mémorables exemples depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. De là l'esprit d’énergique pattonalité des populations, de là toutes ces hauteurs immanquablement garnies de châteaux forts, de là ces villes toujours entourées de tours et de murailles d’une solidité à toute épreuve. En dépit de brumes et de pluies fréquentes, de brusqwes changements dans la température, qui arrive souvent à être d'une chaleur étouffante dans la journée, le climat est, au total, sain et éminemment favorable à la végétation. Le palmier nain demeure fidèle à la côte. Près de Barcelone l’oranger croît et mûriît en pleine terre, et jusqu’à Mataro les champs sont clos de haies d’aloès. On trouve encore des oliviers sur le Montserrat; le chêne à liége est l'essence dominante des épaisses forêts qui couvrent les flancs des montagnes. Là où elles cessent, elles sont remplacées par d’épais buissons de stramonium, de lauriers, de myrtes, de grenadiers, de buis, de romarins, d’espartos et d’ericas.
La haute Catalogne du nord est à la vérité d’une nature plus sauvage ; cependant, on y voit partout les flancs des montagnes couverts de vignes et d’oliviers de la plus luxuriante végétation , et les vallées de champs de blé ou de mais, et de rizières. Les prairies et les pâturages s’y rencontrent plus rarement; aussi l’élève du bétail n’y a-t-il qu'une minime importance et se trouve-t-il à peu près relégué dans le voisinage immédiat des Pyrénées. On y produit peu decheyaux et d’ânes, mais, en revanche, forcemoutons, chèvres et porcs. La culiure du ver à soie y est assez négligée, de même que celle des abeilles. La pêche est extrêmement productive, surtout au voisinage des côtes. L'exploitation des mines y est très-négligée, quoiqu'on y trouve du fer, du sel gemme, du soufre, différentes espèces de marbres et plusieurs pierres précieuses.
La population de Ja Catalogne compte 6,673,842 habitants (1860). Les Catalans sont actifs et entreprenants; ils se livrent à l’agriculture, au commerce et à l’industrie, et leur province est la seule de l'Espagne qui puisse s’enorgueillir d’une certaine aisance. Les ports les plus importants ouverts au commerce sont Rosas, Mataro, Barcelone, Taragone et Tortose. Cette province est d’ailleurs hérissée de forteresses, circonstance qui témoigne de son importance militaire : ce sont Figueras, Campredon, Girone, Hostalrich, Urgel, etc., etc.
La Catalogne fut une des premières conquêtes des Romains et une des dernières qu’ils abandonnèrent. Comme province romaine, elle portait le nom de Hispania Tarraconensis. César avait fait de Taragone le centre de ses opérations militaires en Espagne; tous les généraux qui lui succédèrent firent aussi de cette ville leur principale résidence. On aperçoit encore aux environs de Taragone les ruines d’un ancien monument sépulcral, où la tradition veut qu'’aient été enterrés deux Scipions. Les Carthaginois avaient fondé dans ces parages des colonies avant les Romains. Quand les Sarrasins eurent conquis l'Espagne, ils réunirent de nombreuses armées en Catalogne, dans l'intention de porter leurs armes en France; maïs bientôt les succès de Charles Martel appelèrent à la révolte les Catalans, qui en expulsèrent leurs maîtres. Les femmes de la Catalogne prirent une grande part à cette révolte : l’on se souvient que ce fut pour les récompenser de leurs actions d'éclat dans cette circonstance qu’on institua l’ordre de la Hache, en mémoire de l’arme dont elles s'étaient servies pour affranchir leur pays de l'esclavage des Maures.
La Catalogne ne fut point toujours sous la domination des rois d'Espagne ou d'Aragon : dans l’année 1640 elle s'était donnée volontairement à la France; mais par un traité de l’année 1652 elle retourna au roi d'Espagne, et äepuis lors elle n’a pas cessé d’être une possession espagnole. Le
Roussillon à fait partie autretois de cetfe province, à laquelle il avait été réuni par voie d’héritage ; mais en 1481, Louis XI reprit possession de tout ce comté, et reporta les frontières du royaume aux Pyrénées, ces limites naturelles de la France et de l'Espagne.
La Catalogne a été aussi le théâtre de nos dernières guerres contre les Espagnols. On se rappelle avec quelle bravoure notre armée, en 1808, s'empara en moins de quinze jours de quatre-vingts redoutes qui hérissaient les Pyrénées et nous fermaient les passages de cette province.
Les mœurs des Catalans sont en général affables et régulières, quoiqu’ils aient dans le caractère beaucoup de vivacité, d’äpreté, de rudesse, d'indépendance et de fierté. L'amour de la liberté se manifeste chez eux avec énergie, et en fait avec les Basques les meilleurs soldats de l'Espagne. Quant à leur idiome, il ressemble à toutes les langues romanes du midi de la France. C’est la population la plus éclairée de la péninsule , et l’on ne saurait trop louer Le respect qu’elle conserve pour les anciens monuments romains dont le pays est encore couvert.
CATALOGUE , mot dérivé du grec xatéhoyos , recensement, et ensuite registre, du verbe xxta)éy", choisir, décompter, enregistrer. Un catalogue est un livre dans lequel des objets de même nature sont enregistrés sous une série de numéros , qui servent à les faire retrouver. Les anciens avaient des catalogues de vaisseaux , des catalogues pour le service militaire, etc.; les Grecs disaient qu'un homme avait dépassé le catalogue pour indiquer qu’il était exempté par son âge du service, et ils faisaient encore usage de ce mot dans un sens politique et dans l'administration. Chez les modernes, le mot catalogue s’applique plutôt aux choses et s'entend d’une liste d’objets de même nature, tels que livres, tableaux, estampes, médailles, pluies, coquilles, minéraux, etc., rangés et classés suivant différents systèmes, dans lesquels on peut établir deux grandes divisions, alphabétique et méthodique. L'emploi le plus général et le plus ancien des catalogues est pour les bibliothèques, qui dès qu’elles sont un peu nombreuses cesseraient de pouvoir être utiles si on n’avait pas un moyen facile pour y trouver ce dont on a besoin. Nous ne croyons devoir entrer ici dans aucun détail sur la formation des catalogues de livres, cela dépend de la Bibliographie. Nousdirons seulement que pour l’arrangement des livres on peut recourir à diverses méthodes. La plus généralement suivie est celle de Gabriel Martin, améliorée par Guil. de Bure, et perfectionnée par Brunet.
Parmi les catalogues a/phabétiques , on doit remarquer celui de la bibliothèque de Bodley , qui vint enrichir l’université d'Oxford : il a été rédigé par Thomas Hyde, en 1738, 2 vol. in-fol.; celui de la bibliothèque léguée, en 1700, par le cardinal Casanate, aux Dominicains de la Minerve, à Rome : la moitié seulement en a été publiée en 4 vol. in-fol.; celui du British Museum, publié en 1788, 2 vol. in-fol., et depuis en 12 vol.in-8°; celui du même établissement (sciences), terminé en 1873; celui qu’a fait paraitre Brunet, sous le titre de Manuel du Libraire et de l’'Amateur (1868, 5e édit., 12 vol. in-8°) : le dernier volume de cet excellent ouvrage offre le catalogue méthodique d’un choix de 25,000 articles; enfin celui qu'on doit à Quérard, sous le titre de Za France lit, aire, en 10 volumes,
Plusieurs catalogues méthodiques de bibliothèques publiques ont été imprimés à diverses époques. Les plus remarquables sont ceux de la bibliothèque impériale de Vienne, 1665, 8 vol. in-fol.; de la Bibliothèque de Leyde, 1716, in-fol. ; d’'Utrecht, 1718, in-fol.; de Delft, 1721, in-fol. ; de la Bibliothèque Royale de France, 1739, 10 vol. in-fol. ; du la bibliothèque de l'Académie Thérésienne à Vienne, 1802, 13 vol. in-4°; du Conseil d’État à Paris, par Barbier, 1803, in-fol. ; de la ville de Lyon, par Delandine, 1815, 2 vol. in-8°. Nous devons mentionner aussi d’une manière toute par-
ticulière, le savant catalogue publié par Van Praet, sous le titre de Zivres imprimés sur vélin, de la Bibliothèque royale, Paris, 1816, 5 vol. in-8°.
Les catalogues de bibliothèques particulières sont si nombreux qu’il serait impossible d’en donner une liste complète; maïs nous eroyons devoir citer ceux qui sont les plus recherchés comme offrant beaucoup d'intérêt dans diverses parties, en les classant par pays et dans l'ordre de leur publication. Parmi ces catalogues, on remarque plus particulièrement, en France, ceux des bibliothèques du cardinal Dubois, 4 vol. ; de M"° de Pompadour; du comte d'Hoym, Paris, 1738; du maréchal d’Estrées, par Guérin, 1740, 2 vol.; de l’abbé de Rothelin, par Martin, 1746; de Falconnet, par Barrois, 1763, 2 vol. ; de Gaignat, par de Bure, 1769, 2 vol. ; du président de Lamoïgnon, par Delatour, 1770, in-folio, tiré à 15 exemplaires seulement ; de Courtanvaux, par Nyon, 1783; du duc de la Vallière, par de Bure et Van Praët, 1783, 4 vol.; du comte d’Artois, par Didot l'aîné, 1783, in-8°; de Soubise, par Le Clere, 1788; d’Holbach, par de Bure, 1789; de Mirabeau, par Rosat, 1791; de Lamoïignon, par Mérigot, 1791, 2 vol.; de Loménie, 1791, 2 vol.; d’Anisson du Perron, par de Bure, 1795; de Malesherbes, par Nyon, 1797; de Mérart de Saint-Just, 1798; de Bozerian, Paris, Didot, 1798 ; de Mercier de Saint- Léger, par de Bure, 1799; de l’abbé Barthélemy, par Bernard, 1800; de Mérigot, par de Bure, 1800; de L’Héritier, par de Bure, 1802 ; de Méon, par Bleuet, 1803 ; de Colte, par de Bure, 1804; d’Anquetil-Duperron, par Tillard, 1805; du comte de Boutourlin, par Pougens et Barbier, 1805; de Caïllard, archiviste des affaires étrangères, par de Bure, 1805-1808, 2 vol. in-8°; de Firmin Didot, par de Bure, 1808 et 1811; de Lamy, par Renouard, 1808; de Ventenat, par Tillard, 1808; de Sainte-Croix, par de Bure, 1809; de Caillard, par de Bure, 1810; de Chénier, par Bleuet, 1811; de Molini, par Brunet, 1813; de Larcher, par de Bure, 1814 ; de Mac’Carthy, par de Bure, 1815, 2 vol.; de la Porte du Theil, par de Bure, 1816; de Courtois, par Merlin, 1817; de Clavier, par de Bure, 1818 ; de la Bibliothèque d’un amateur (Renouard), 1819, 4 vol.; de Visconti, par Sylvestre, 1819; de Millin, par de Bure, 1819; de Paignon- Dijonval et Morel de Vindé, par le même, 1829, in-8°; de Langlès, par Merlin, 1825; de Châteaugiron, par Merlin, 1827, etc., etc.
En Angleterre : les catalogues des bibliothèques du marquis de Blandfort (le due de Malborough}), Londres, 1811; de Roxburgh, par Nicoll, Londres, 1812; de Stanley, Londres, 1513; de Towneley, Londres, 1814 ; de Lord Spencer, par Dibdin, 1814 à 1822, 8 vol.; d’Edwards, Londres, 1815, etc., etc. En Hollande et en Allemagne : les catalogues des bibliothèques de Fabricius, Wolfenbutel, 1717, 6 vol. in-4°; du comte de Buneau, par Franck, Leipzig, 1750, 7 vol. in-4°; de Crevenna, Amsterdam, 1776, 6 vol.; de Moris, par Ermens, Bruxelles, 1778, 2 vol. ; de Rewiezki, Berlin, 1784; de Lestevenon, par de Tune, La Haye, 1798; de Santander, Bruxelles, 1803, 5 vol. ; de Panzer, Nuremberg, 1806, 3 vol. in-4°; de Roveri, Leyde, 1806, 2 vol., etc., etc. En Russie : les catalogues des bibliothèques de Goloykin, Pétersbourg, 1798, in-4°; du comte de Galitzin, Moscou, 1816; de Vlassof, Moscou, 1819, etc., etc. En Italie : les catalogues des bibliothèques de Pinelli, par Morellio, Venise, 1787, 6 vol. ; et de Firmin, Milan, 1783, 10 vol. in-4°,etc., etc. Enfin, en Hongrie, le catalogue de celle du comte de Zecheny, Pesth, 9 vol.
Quoique divers princes aient formé des collections de tableaux depuis plus de quatre siècles, on n’en connaît pas de catalogue imprimé anciennement. S'il en existe de manuscrits, ce ne sont que de simples inventaires, fort peu instructifs. Les artistes chargés du soin de ces collections étaient trop peu lettrés pour faire eux-mêmes un bon catalogue, et les littérateurs avaient alors trop peu le goût des