‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 491 sur 556 · CATTÉGAT -- CATULLE · texte numérisé non relu

CATTÉGAT -- CATULLE

occidentale de la Suède. Au sud, il communique avec la Baltique par trois détroits : le grand et le petit Belt et le Sund. À l’ouest et au sud, ses côtes sont plates; à l’est, du côté de la Suède, hérissées de rochers escarpés. La navigation en est partout dangereuse, d’où le proverbe plat allemand : Dat Kattegat makt den Schippa den Halls nat (le Cattégat tord le cou aux navires). Les différentes îles qui se trouvent dans cette mer sont pourvues de phares destinés à guider les navigateurs.

CATTERMOLE ( Georce ), l’un des peintres anglais les plus remarquables, naquit en 1800. [] débmta par des aquarelles, exécutées à la manière de Rembrandt et ayant pour sujets des intérieurs, des scènes militaires, etc. Ses at agente témoignent d’une imagination extrêmement

ertile; elles sont ingénieusement exécutées, et annoncent des études sévères et approfondies. Cet artiste a exécuté une série de dessins pour les romans de Walter Scott, qui ont été gravés par C. Heath. Il a aussi illustré les Historical Annuals d'une foule de dessins spirituels. Son plus important ouvrage est une grande toile représentant Luther à la dièle de Spire (29 avril 1529). Une circonstance qui ajoute un intérêt tout particulier à ce tableau, c’est qu’on y trouve réunis les portraits de 33 personnages historiques de ce temps là, tous reproduits d’après des toiles au:hentiques d'anciens maîtres. En 1855 Cattermole envoya à l'Exposition universelle de Paris onze aquarelles de grande dimension qui lui valurent une médaille de première cla:se. Cet artiste est mort le 5 août 1868; il faisait partie de l’Académie anglaise des beaux-arts.

CATTES et mieux CHATTES, peuplade germaine que César comprend sous le nom de Suèves. Leur territoire confinait : au sud, près du Taunus et du Mein, aux champs décumatiques; à l’ouest, dans la direction du Rhin qu’il touchait en contournant le Mont Taunus, aux Sicambres et aux Ubiens, remplacés plus tard par les Marses, les Teuctères et les Ussipètes; au nord, à la Diemel, aux Chemaves et aux Chérusques; et à l’est, aux Hermundures et à la Werra, dans le voisinage de laquelle il faut, suivant toute apparence, chercher les sources salines pour la propriété desquelles ils soutinrent en l’an 59 une lutte sanglante avec les Hermundures. On voit qu’ils habitaient la partie de la Germanie qui de nos jours forme en grande partie le pays de Hesse, sans qu’on trouve d’ailleurs aucun rapport étymologique entre eux et ce nom dont il est pour la première fois fait mention vers le huitième siècle seulement.

L'extrémité sud-ouest de ce territoire fut conquise par les Romains que commandait Drusus ;et les Matiaques-Cattes (Mattiacum, aujourd’hui Wiesbaden), qui l’habitaïent, furent pendant longtemps sujets romains.

Les Cattes, eux aussi, s’associèrent au soulèvement géséral des populations germaines sous Hermann; et, quand après la mort de ce chef, la puissance des Chérusques diminua, ce furent les Cattes qui les remplacèrent comme force et comme influence. Tacite, notamment, parle avec éloge de leur excellente infanterie. Sous le règne de Marc-Aurèle, ils envahirent la Germanie et la Rhétie romaines. Au commencement du troisième siècle, ils furent, de même que les Alemani, l’objet d’une inutile expédition entreprise par Caracalla. Vers le milieu de ce même siècle leur nom disparaît tout à coup de l’histoire, où il est désormais remplacé par calui des Francs, confédération dans la formation de laquelle ils eurent une grande part; et Claudien est le dernier écrivain qui, au commencement du quatrième siècle, fasse mention d'eux. Le nom de Chattuariens était, suivant toute apparence, une appellation commune aux Caninefats etaux Bataves, fixés à l'embouchure du Rhin , et descendant les uns et les autres des Cattes.

CATULLE (Caius ou Quixrus VALERIUS ), poëête érotique latin, dont la célébrité, au-dessous de celle d'Ovide,

Vérone, l’an de Rome 667, d’après la chronique de saint Jérôme, et selon d’autres à Sirmium , aujourd’hui Sirmione, dans une péninsule du lac Bénac ( lac de Garda ). Ce passage du poëte : « Salut, charmante Sirmium , réjouis-toi du retour de ton maître! » semblerait confirmer cette dernière opinion. La naissance et la fortune avaient placé son père assez haut pour qu’il s'établit entre sa famille et César une si grande familiarité que cet empereur venait loger chez elle lorsque ses conquêtes l’appelaient dans la Gaule cisalpine. Ce fut sous le patronage de Manlius (quelques-uns écrivent Mallius } que le jeune Catulle vint à Rome, où son talent pour les vers et les grâces de son esprit ne tardèrent pas à le faire remarquer. L'arme de l'épigramme n’était pas moins redoutable sous sa plume que l'épée dans la main de César, Mais César ne se servait de son épée que contre ses ennemis, tandis que Catulle perçait de ses traits satiriques ses amis les plus intimes, et jusqu’à César même, contre lequel il lança deux épigrammes. Dans l’une, il ose le nommer un Romulus prostitué, d’après une chanson romaine chantée par le peuple et les soldats, qui disait : « César a conquis les Gaules et Nicomède César, » et c’est le moins inoffensif des outrages que contient cette épigramme. Le jour même qu’il connut ces odieux écrits, César invita à souper le poëte, qui accepta : c’est ainsi que le maître du monde s’exerçait au pardon des injures.

Catulle comptait d’illustres amitiés, celle de Cinna, de Cicéron, de Plancus, de Cornelius Nepos, auquel il dédia ses poésies. Bayle veut que ce poëte ait vécu pauvre; il s’appuie d’une épigramme où Catulle se plaint de son voyage en Bithynie à la suite du préteur Memmius, gouverneur de cette province; mais il semble plutôt murmurer ici contre l’avarice et l'ingratitude du préteur que contre la fortune, puisque Manlius, dont il eut occasion de composer l’épithalame, épris du charme de ses vers, avait largement réparé les brèches faites à son patrimoine par son amour insatiable du luxe, sa soif des plaisirs et sa passion pour les femmes. Achille-Stace et Crinitus, se fondant sur une simple exclamation du poëte dans une de ses épigrammes, ont cru à tort que Cicéron avait plaidé pour lui; et c’est ce qui a fait dire à Balzac que « Catulle dut à Cicéron la conservation de sa fortune et à Scaliger celle de sa gloire ». En effet, ce célèbre critique corrigea avec une grande pénétration et une érudition rare le texte de Catulle, dont le manuscrit ne fut retrouvé qu’à la fin du quinzième siècle, dans le plus déplorable état. Bayle s'était sans doute laissé aller à cette opinion que Catulle vécut pauvre, à cause de l'intimité qui existait entre ce poëte et deux personnages nommés Furius et Aurélius; il va même jusqu’à dire que c'était là « un trio bien crotté, car ils mouraient de faim ». La vérité est que Catulle possédait dans la presqu’ile de Sirmium une maison, dont, assure-t-on, les ruines attestent encore l'antique magnificence, digne d’un palais, et qu'aux confins de Sabine et de Tibur il avait une maison de campagne, à laquelle il adresse en ses vers des remerciments pour l'avoir guéri par sa salubrité d’une toux incommode, fruit de ses débauches. On est fondé à croire que ce poëte vécut toujours dans une espèce d’opulence, puisque nulle part il ne se plaint de la pauvreté; d’ailleurs, la générosité naturelle à César, et tant d'hommes riches et illustres qu’il comptait parmi ses amis, ne l’auraient point laissé dans le dénûment.

A l'exemple des poëêtes érotiques de son temps, Catulle donna un surnom à sa maîtresse en titre. Sapho de Lesbos, dont il traduisit l’ode célèbre, lui donna l’idée d'appeler Lesbie la plus aimée et la plus éhontée de ses maîtresses, car celte Lesbie n’était autre-qu’une Clodia, sœur, à ce que l'on prétend, de l’infâme Clodius, l'ennemi mortel de Cicéron. Cette femme, qui versa un torrent de larmes sur la mort d’un oiseau, avait un mari qu’elle livrait à la risée et

est égale à celle de Tibulle et de Properce, naquit à | aux épigrammes deson amant, qui ne la traitait parfois guère

mieux elle-même, car il la qualifie de courtisane de ruelles et de carrefours. ,

Nourri dans les lettres grecques, il fit passer le premier dans la langue latine les tournures et l’élégance de l’idiome de Sapho , d’Anacréon et de Callimaque , dont il traduisit le poëme de La Chevelure de Bérénice. De là sans doute vient l'épithète de docte, que lui ont prodiguée Ovide, Tibulle et Martial. Son Chant nuptial, Atys et Cybèle, les Noces de Thétis et de Pélée, et même la Veillée de Vénus, qu’on lni conteste, sont des compositions qui le mettent au rang des grands poëtes latins. Il s’empara de la lyre romaine avant Horace. Les quatre odes de lui que les siècles ont épargnées font vivement sentir la perte de celles qu’ils nousont enlevées. On ne peut se dissimuler cette perte, car Nonius et Servius citent de lui des vers que l'on ne trouve point dans le recueil de ses œuvres, et Terentianus Maurus parle d’un poëme ithyphallique, ou concernant l’impure divinité de Lampsaque, qui serait de cet auteur, et Pline lui attribue un poëme sur les Enchantements et les Philtres.

On peut dire de Catulle qu'il est poëte sous toutes les faces. Ses épigrammes, quoi qu’en ait dit Laharpe, ne manquent pas toujours de trait; seulement , ainsi que ses satires, elles bravent toute décence. Ses madrigaux sont des modèles de tendresse quand ils n’outragent point la pudeur. Ses poésies érotiques sont suaves et fraiches comme le printemps, qu’il a chanté; ses vers héroïques sont dignes de l'épopée. Son magnifique épisode d’Ariadne a inspiré le génie de Virgile : il fitéclore sa Didon et toutes les amantes abandonnées des autres poëmes épiques. Les vers sur la mort du moineau de Lesbie sont peu de chose quant au fond, mais ils sont des plus remarquables par l’élégance de leur latinité; Le Chant séculaire à Diane n’était qu’un préparatif à cette fête célèbre : on le voit par l'absence du chœur obligé des jeunes hommes et des jeunes filles.

Quant aux mœurs de Catulle, les Romains s’en inquiétaient fort peu : une ville où il y avait pour César même des vomitorium, des Lupanar et des Bathylle, passait là-dessus. Outre Lesbie , Catulle avait pour maitresse une certaine Ipsithilla, et pour jeunes amis l’aimable enfant Juventius, le bel Alphenus, le gracieux Licinius, son compagnon de table. Ce poëte, à la cour de Henri II, eût dignement célébré les amours de ce prince. Toutefois, la débauche avait laissé à l’âme de Catulle toute sa sensibilité. I1 déplora amèrement en vers élégiaques son frère mort sur la rive troyenne, où il vint aussitôt de Rome verser des larmes sur sa tombe; il pleura encore dans les vers les plus touchants la fin prématurée de cette Junie, l'épouse de son bienfaiteur, dont il avait chanté le riant hyménée. Enfin, Catulle fut le poëte des contrastes, aussi bien par les mœurs que par le style, Nous trouverions surtout des exemples du style le plus cynique et le plus ordurier dans une épttre ou plutôt dans une satire virulente dirigée contre son ancien ami Furius, avec lequel il s'était brouillé.

Selon saint Jérôme, Catulle serait mort dans la dernière année de la 180° olympiade, c’est-à-dire en l’an de Rome 696. A ce compte, il n’aurait vécu que trente ans. De son côté, J. Scaliger lui donne plus de soixante-onze ans de vie, ce qu'il a voulu prouver par plusieurs raisons, que Bayle a réfutées avec bonheur. De sages critiques, entre autres Ginguené, prenant un juste milieu, accordent à ce poëte quarante ans d'existence. Nous devons à Noël une élégante traduction en prose de cet auteur. M. Héguin de Guerle en a donné une nouvelle traduction en prose dans la Bibliothèque laline-française de Panckoucke. DENNE-BARoN.

CATULUS, Voyez LurTarius.

CAUCA , l’un des neuf États-Unis dont se compose la province de la Colombie, dans l'Amérique du Sud. Elle est bornée à l'ouest par le Grand Océan, au nord par l'isthme et le golfe de Darien, à l'est par les provinces de Magdalena et de Cundinamarca, et comprend par consé-

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