‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 89 sur 556 · CACHET — CACHOU · texte numérisé non relu

CACHET — CACHOU

par cachet. On dine à tant le cachet, etc.; courir le cachet se dit d’un maître qui donne des leçons en ville. Employé au figuré, cachet est synonyme de coin, et signifie style, manière, touche, couleur, ciseau, pinceau, taient, caractère, etc. Si on veut louer un auteur original, on dit : JU y a mis son cachet. S'agit-il d'un bon ouvrage? Il porte le cachet du génie, de Pesprit. Parle-t-on d’un mauvais ? Il est marqué au cachet de l'ignorance ou de la sottise ; d’un tableau, d’un bas-relief, d’un opéra? On y reconnait le cachet de tel peintre, de tel sculpteur, de tel musicien. H. AUDIFFRET,.

CACHET (Lettres de). Voyez LETTRES DE CACHET.

CACHEXIE, dérivé de deux mots grecs, xaxès , Mau vais, ete&ç, disposition, habitude, c’est-à-dire mauvaise disposition. Dans la rigueur de l’étymologie, toute maladie serait donc une cacheæie ; mais on est convenu d’entendre par ce mot un état de détérioration de l’ensemble de Péconomie provenant d’une altération, le plus ordinairement chronique, de la nutrition générale. Cet état se révèle sous des aspects variés que l’homme du monde peut apprécier aussi bien que le médecin. 1] n’est personne en eflet qui ne soit frappé de l’état maladif empreint sur la physionomie et sur l'ensemble d’un individu en proie à la décomposition scorbutique, bouffi par les scrofules, dévoré par un cancer, miné par une maladie occulte. Mais l’homme de Part, non content de savoir distinguer les caractères extérieurs propres à ces affections diverses, a besoin de pénétrer dans l'intimité des organes , afin d'apprécier les causes et le mécanisme de ces altérations, dans le but d’y porter remède, Alors que les caractères des maladies étaient uniquement basés sur les phénomènes extérieurs, les cachexies durent former une classe nombreuse d’affections disparates; aussi voyons-nous à une époque assez rapprochée de la nôtre le nosologiste Sauvages comprendre dans cette classe toutes les habitudes vicieuses du corps, générales ou locales, quant au volume , à la forme, à la couleur, de sorte que nous y trouvons la maigreur, la grossesse, la rétention d'urine, l'ictère , l’alopécie, la grangrène humide et sèche, etc. On conçoit qu’un pareil chaos n’est plus admissible de nos Jours : pour nous, la cachexie ne peut être qu’un état général en quelque sorte accidentel et secondaire à une foule d'affections qu’il serait irrationnel de grouper dans uneseule catégorie.

Les auteurs, par cela même qu'ils ont beaucoup varié sur ce qu’on devait comprendre sous le nom de cachexie, ont nécessairement différé sur la cause première, originelle, essentielle , de ce phénomène secondaire et complexe. Ainsi les uns l'ont attribué à l’altération des forces régulatrices de l'économie, aux aberrations du principe vital; d’autres, en plus grand nombre, ont reconnu dans cet état une altération des 2umeurs animales ; d’autres enfin, et ce sont la plupart des modernes, n’y voient qu’une altération des solides, à laquelle celle des humeurs est subordonnée. La cachexie résume donc toutes les doctrines qui, selon les temps, ont tour à tour dominé dans la science. D’ Forcer.

Dans la médecine vétérinaire, on appelle cachexie ou pourriture une maladie chronique des bestiaux, qui se reconnait à l’œil gras, à la couleur blafarde des lèvres, à la saburre blanche et limoneuse, à la sécheresse de la laine, à la diminution du suint. Comme cette maladie indique un dépérissement qui provient presque toujours de mauvaise nourriture, d'herbes marécagenses , ou de l'insalubrité de la bergerie, il faut y remédier par des fourrages , ou plutôt par des graines de bonne qualité et arrosées de sel, et par des opiats fortifiants. Comte Français (de Nantes).

CACHOT, prison souterraine, dans laquelle l'air et le jour peuvent à peine pénétrer. C’est le supplice le plus atroce que la cruauté des hommes ait pu inventer, puisqu'il est de tous les instants et conduit à une mort certame par toutes les angoisses d’une lente agonie, Qui pourrait en nombrer

les victimes depuis le cachot féodal jusqu’au cachot de l’inquisition? Ferrière a défini le cachot « un sépulcre funeste où l’on enferme des hommes vivants, où l’on ne git que sur la paille. » Chose étrange! des hommes enfermés jeunes dans ces lieux humides, privés d’air, de clarté, de chaleur, n'ayant pour lit que la pierre, pour nourriture que du pain et de l’eau, sont néanmoins parvenus à la vieillesse, Mais c'était là l'exception ; la plupart des prisonniers mouraient avant l’âge. Souvent même il suffisait d’une absence ou d’un oubli du gardien; séparés par cent pieds de terre du reste des vivants, leurs cris se perdaient sous les voûtes ; et ils étaient morts de soif ou de faim quand on se souvenait d'eux. De temps en temps aussi l'oubli pouvait

: bien être volontaire.

Les cachots de la Bastille ont été décrits avec une scrupuleuse exactitude avant d’être démolis. Ils se divisaient en deux classes : les uns, appelés calottes, étaient établis dans l'étage supérieur des tours. L'été, la chaleur y était excessive, et l'hiver, le froid insupportable, Un créneau pratiqué dans un mur de 2 mètres d’épaisseur, assez large en dedans, n'avait qu’un étroit orifice de 3 à 6 centimètres de large que diminuaïient encore d’énormes barres de fer. Il y avait donc à l'extérieur privation d’air et de jour. Les cachots souterrains étaient creusés à 6 mètres au-dessous du niveau de la cour et à 1,60 environ au-dessus du niveau des fossés ; ilsn’avaient, comme les calottes, d'autre ouverture qu’une étroite barbacane, et étaient encore plus impénétrables au jour. Le prisonnier plongé dans une atmosphère humide, infecte, croupissait dans un dégoûtant limon où pullulaient les crapauds. Les constitutions les plus robustes ne pouvaient longtemps résister à ces miasmes délétères. Tous ces cachots étaient dépourvus de meubles ; on n’y voyait qu’une pierre couverte de paille pourrie. Louis XI avait fait construire à la Bastille un cachot exprès pour les jeunes fils du duc de Nemours. Ce cachot, creusé à son centre et revêtu de maçonnerie, avait la forme d’un cône renversé; le prisonnier, retenu au fond par son propre poids, ne pouvait ni s'asseoir, ni se coucher : le repos lui était impossible.

Les cachots de la tour de Montgommery ou du Grand- César à la Conciergerie étaient aussi hideux; le prisonnier n’y pouvait pas rester debout. 11 est vrai que 1 ordonnance de 1670 défendait aux geôliers de metire les prisonniers au cachot sans l’ordre des magistrats; mais cet ordre n’était jamais refusé. La même ordonnance enjoignait aux procureurs du roi et aux juges de visiter chaque mois les prisons et les cachots; mais ces dispositions n'étaient point observées. Une autre ordonnance, rendue sous le ministère de Turgot, avait supprimé les cachots; ils n’en ont pas moins été conservés et l’usage n’en fut même jamais suspendu. De nos jours la peine du cachot n’est mentionnée que dans les règlements militaires : ©’est une peine disciplinaire; le code pénal n'en parle pas; elle subsiste pourtant comme mesure disciplinaire dans les prisons ; c’est d'ordinaire le directeur qui s’arroge le droit de la prononcer, droit qu'il puise dans des règlements intérieurs que l’on s’est constamment efforcé de cacher à la publicité.

CACHOU. Cette substance et le nom qu’on lui donne nous viennent également d'Orient, où on l’extrait de différentes parties de plusieurs espèces de plantes, et principalement de l’acacia catechu. Pour l'obtenir on fait bouillir dans l’eau le bois de cet arbre, réduit en copeaux minces, puis on filtre cette décoction et on la laisse évaporer au soleil. 11 reste alors pour dépôt une substance végétale, solide, friable et brune, composée de tannin, d’un principe extractif amer et de mucilage, substance qu'on a longtemps regardée comme une terre, d’où lui est venu son premier nom latin de £erra japonica. Ce qui a pu contribuer aussi à entretenir cette erreur, c’est que le cachou nous parvient rarement dans son état de purete; on l’apporte en gàteaux de différentes grosseurs, mêlé de substances étrangères,

et surtout d’une terre fine qui fait quelquefois le tiers de son poids. Quand il est pur, il est fragile et compacte ; sa cassure est brillante, d’une couleur approchant de celle de la châtaigne ; il n’a point d’odeur remarquable ; il brûle avec une flamme vive et se fond entièrement dans l’eau. Sa saveur est d’abord âpre, astringente et amère, mais il lui en succède une autre, assez douce, analogue à celle de la violette, 2t qui dure longtemps. On en fait des pastilles agréables au goût, en le mélant avec du sucre, de la cannelle, de l’ambre et autres substances parfumées. Le cachou répandu dans le commerce, n'ayant pas le même degré de pureté, a la cassure plus mate, plus terreuse et plus brune : sa saveur est moins vive et passe beaucoup plus vite; ils ne se dissout pas complétement, et laisse un dépôt terreux.

Cette substance est tonique et astringente; on l’emploie en médecine, où on l'administre en poudre, en pastilles, en tablettes, en teinture ou en décoction, dans la dyspepsie, la leucorrhée chronique, les hémorrhagies passives, la dyssenterie, etc. On obtient encore un effet très-eflicace de sa dissolution par l’eau dans le traitement des fièvres ardentes et bilieuses. On recommande aussi le cachou comme dentifrice, seul ou associé avec trois fsis son poids de charbon, finement pulvérisé. Il est également employé pour hâter la cicatrisation des aphthes et d’autres ulcères superficiels de la bouche. Enfin, les chanteursen prennent pour prévenir l’enrouement ; et l’on voit beaucoup de personnes, notamment les fumeurs, en faire un usage journalier pour corriger la fétidité de

l'haleine. Le cachou est depuis 1830 très-employé dans la teinture.

CACIHIUCIIA (On prononce cafchoutcha), mot espanol, qui ne se trouve dans aucun dictionnaire, qui n’a aucun sens arrêté, ou plutôt qui sert à tout désigner. C’est le nom de tout ce que la langue vulgaire ne peut nommer ; l’expression qui en Espagne supplée à toutes celles qui manquent; nom vague, capricieux, sans règle, s'appliquant au masculin comme au féminin, ne s’employant jamais au pluriel et pouvant exprimer la pluralité; mot bohémien, introduit dans la Péninsule hispanique par les gitanos. Ce fut probablement dans l'Andalousie, cette terre si poétique, qu’il fit sa première apparition : mot prononcé, sans doute, d’abord, dans un moment d’extase, par un amant qui ne savait plus quel nom donner à sa maîtresse; puis chant tendre, voluptueux, fascinateur; puis danse, ou plutôt langue de gestes, de poses poétiques, excitantes; mimique passionnée comme l'on n’en voit qu'en Espagne. Aujourd’hui toute l’Europe connaît le mot, grâce à Fanny Elssler, qui obtintun si grand succès à l'Opéra de Paris, en introduisant dans le ballet du Diable boiteux, sous le nom de cachucha, un pas participant du Bolero et du Fandango ; mais les Andalous seuls savent l’employer. Pour l’Andalou, pour le gitano surtout, cachucha est la traduction de toute sensation vive, de toute affection ine,,zimable, de toute extase, de tout délice des sens ou de l'esprit. Ce mot est essentiellement espagnol; nulle autre langue ne saurait se l’approprier, parce que, ne signifiant rien, il peut cependant tout exprimer.

Manuel DE CuENDras.

CACIQUE ou CASSIQUE, genre d'oiseaux de l’ordre des passereaux, dont toutes les espèces habitent lAmérique. Elles se nourrissent de baies, de graines et d'insectes ; la plupart se rassemblent en troupes nombreuses. Ces oiseaux suspendent leurs nids à l'extrémité des branches des arbres les plus élevés ; ce nid a la forme d’une cucurbite étroite, dont l'entrée est oblique : il a jusqu’à 10" 50 de longueur. La chair du cacique a une assez forte odeur de castoreum, et n’est point bonne à manger.

CACIQUES, nom ou titre que les peuples indigènes d'Amérique donnaient aux gouverneurs des provinces et aux généraux d'armée sous les anciens Incas ou empereurs du Pérou. Les princes du Mexique, des fles de Cuba, de Saint-Domingue et de queloues autres régions de l'Amé-

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