CACOPHONIE — CADA-MOSTO
| vaincu une fois. La cacophonie vient aussi de syllabes na- | sales trop multipliées et surtout trop rapprochées, comme
dans ce vers de Voltaire , qui depuis a été un peu modifié : Non , il n’est rien que Vanine n'honore,
On dit aujourd'hui que sa vertu n’honore, ce qui réduit à cinq les huit nasales. IL y a cacophonie par la fréquence |
et le voisinage des mots où domine la lettre r, comme dans
ces vers de Lemierre :
Je pars, j'erre en ces rocs où partout se hérisse,
et dans ceux-ci du grand Corneille :
Attale a l'esprit grand, le cœur grand, l'âme grande
Et toutes les grandeurs qui forment un grand roi, Le quatrain suivant, spirituelle et mordante épigramme qui fut attribuée à Casimir Delavigne, est un véritable tour de force en fait de cacophonie :
Ou, à flugo, hucheras-tu ton nom?
Justice eutin que faite ne L’a-t-on!
Quand donc au corps qu Académique on nomme
Grimperas-tu de roc en roc, rare homme ?
En musique, cacophonie désigne l'union discordante de plusieurs instruments ou de plusieurs voix. Ce mot s’applique également à toute espèce de bruit provenant du mélange incohérent de différents sons; les réunions où tout le monde parle à la fois sont de véritables cacophonies.
CACTÉES ou CACTACÉES. Cette famille de plantes |
dicotylédones polypétales pérygines, qui porte encore les noms de nopalées et d’opuntiacées, ne formait autrefois que le seul genre cactus; mais les accroissements successifs de ce genre, les différences marquées que présentaient des plantes regardées jusque alors comme de simples espèces, ont décidé les botanistes à faire des cactées une famille, subdivisée depuis en deux tribus : les cactées à fleurs tubudeuses, et les cactées à fleurs rotacées. La première tribu se distingue par un périanthe prolongé en tube au-dessus de l'ovaire; elle renferme les genres mamillaria, melocactus, echinocactus, echinopsis, cereus , phyllocactus , epiphyllum , etc. Les cactées à fleurs rotacées ont le périanthe divisé immédiatement au-dessus de l'ovaire et se composent des genres rhipsalis, opuntiu, etc.
Sauf une espèce, la plus vulgaire, l'opuntia vulgaris (voyez RAQUETTE), qui abonde dans les régions méditerranéennes , toutes les cactées sont originaires de PAmérique, et principalement de ses régions intertropicales. Les formes de ces plantes sont généralement bizarres : arrondies comme des melons (mamillaire), allongées en colonnes cannelées ou prismatiques (cierges), aplaties en lames continues ou séparées en une suite de palettes épaisses (r aguettes), elles sont ordinairement dépourvues de feuilles ; car ces parties qu’on nomme vulgairement feuilles, dans les plantes grasses , ne sont autre chose que la tige. Quant aux feuilles, elles ne se montrent guère qu’à l’état rudimentaire, quoique leur place soit bien indiquée par autant de coussinets d’où partent les bourgeons, et qui portent souvent des touffes de poils et des épines plus ou moins développées. C’est là que se montrent les fleurs solitaires , quelquefois très-grandes et très-belles, avec des couleurs plus ou moins vives.
Plusieurs espèces de cactées sont d’une grande ulilité : rappelons seulement quela cochenille vit sur quelques-unes et que lesfruits connus souslenom de figues de Barbarie proviennent de la raquette ordinaire. E. MERLIEUX.
CACTUS. Ce mot désignait autrefois un genre de plantes renfermant plus de deux cents espèces. Ce genre n'existe plus dans la science, et le mot caclus a été élevé à l’honneur de représenter désormais une famille qui a été instituée sous le noms de cactées.
CACUS , berger d'Italie qui déroba à Hercule une par- | tie des bœufs que ce héros avait lui-même pris à Géryon |
lors de son expédition en Italie, et qui, pour tromper Hercule les fit entrer à reculons dans sa caverne. Mais le mugissement de ces animaux le trahit, et Hercule le tua dans un combat. Tite-Live rapporte fort au long cette antique tradition. Ovide et Virgile l'ont embellie du charme de la poésie. Ils font de Cacus un fils de Vulcain en même temps qu'un énorme géant, qui répandait la terreur dans toute la contrée. En reconnaissance de cette victoire, Évandre éleva un autel à Hercule.
CADALOUS ( Pierre), antipape. Voyez Honomus I.
CADALSO (Don José pe), l’un des plus célèbres poëtes de l'Espagne, né le 8 octobre 1741, à Cadix, descendait d'une noble, ancienne et riche famille de Biscaïe, et fut élevé à Paris, où il acquit une connaisssance étendue des langues modernes, qu’il augmenta plus tard par des voyages
| en Angleterre, en France, en Allemagne, en Italie et en Por-
tugal. En 1762 il entra au service, et se distingua tellement
| dans la guerre contre le Portugal, que le général en chef,
le comte d’Aranda, le nomma son aide de camp. Mais le tumulte des camps ne put jamais lui faire ouvitier les sciences,
et bien moins encore la poésie. Il utilisa les années qu'il
passa en garnison avec son régiment à Saragosse, à Alcala de Henarez et à Salamanque, pour augmenter ses connaissances scientifiques et pour se lier avec les poëtes et avec les savants les plus célèbres. Jamais le mérite naissant et encore inconnu n'’échappa à son attention et à sa bienveillance; et l'influence qu’il exerça ainsi sur deux jeunes hommes qui faisaient concevoir de brillantes espérances, Jovellanos et Mellendez Valdès, ne contribua pas peu à la régénération de la littérature espagnole, opérée plus tard par ces écrivains. Chef d’escadron en 1777, il alla, en 1779, pendant la guerre qui éclata entre l’Espagne et l'Angleterre, rejoindre avec son régiment l’armée qui avait investi Gibraltar. C’est à ce siége, et peu de temps après avoir été promu au grade de colonel, qu’il fut tué, dans la nuit du 27 au 28 février 1783, par une grenade, à une batterie trèsavancée.
Parmi les ouvrages qu’il a laissés, les plus connus sont : sa tragédie de Sancho Garcia, tout à fait composée encore dans le goût français, et qu’il fit d’abord paraître, en 1771, sous le pseudonyme de Juan del Valle; Los Eruditos a La Violeta, piquante satire en prose du savoir mal digéré (1772), et Los Ocios de mi Juventud ; deux productions, qu’il pablia d’abord sous le nom de J. Vasquez, de même que ses Poesias (1773), qui depuis ont eu de nombreuses éditions ; enfin Las Cartas Marruecas, imitation peu heureuse, mais cependant assez remarquable pour l’époque, des Lettres Persanes de Montesquieu, et qui ne parut qu'après sa mort.
Ses différents ouvrages ont été réunis sous le titre de Colleccion de Obras en prosa y en verso de don Jose Cadalso (la meilleure édition est celle qu’en a donnée en 1818 [3 volumes, Madrid] don M. F. de Navarrete, avec une notice biographique sur l’auteur ). Les poésies de Cadalso, ses odes anacréontiques surtout, lui ont assuré une place durable dans la littérature de son pays; en effet, dans ces chants empreints d’un doux enthousiasme, il est plein de grâce et d’aménité, et c’est à lui qu’appartient la gloire d’avoir de nouveau naturalisé sur le Parnasse espagnol ce genre négligé depuis Villegas. On trouvera dans la Æloresta de Rimas modernas castellanas de Wolff un choix de ses poésies lyriques. L’ironie piquante, et cependant au fond toujours bienveillante, qui domine dans ses œuvres satiriques caractérise aussi ses ouvrages en prose, qui sous le rapport du style sont du nombre des plus remarquables que la littérature espagnole moderne ait produits.
CADA-MOSTO ou CA-DA-MOSTO (ALoïs ou Lui), navigateur célèbre par les découvertes qu'il fit sur la côte occidentale de l'Afrique, né à Venise, vers 1432. Il reçut une bonne éducation, et se destina au commerce. A cet effet, fout jeune encore il exécuta divers voyages dans la Médi-
tercanée et la mer Atlantique. En 1454 ik se rendit en Flandre, à bord d’un navire commandé par son compatriote Marco Zeno. Des vents contraires les retinrent dans le détroit de Gibraltar, et les obligèrent à relâcher au cap Saint- Vincent, où le prince Henri poursuivait ses études dans la retraite et s’occupait de recherches relatives à la détermination exacte du littoral Africain. Cada-Mosto, jeune et entreprenant, offrit ses services au prince, et obtint de lui le commandement d’un bâtiment de quatre-vingt-dix tonneaux, Il mit à la voile le 22 mars 1455, arriva au Sénégal, débarqua à la côte, et séjourna quelque temps chez le prince Damel, dont les États s’étendaient du Sénégal au cap Vert. Après avoir fait provision de poudre d’or et d’eselaves, il poursuivit sa route jusqu’au cap Vert; là, il se joignit à deux autres bâtiments envoyés en exploration par le prince, et tous trois parvinrent jusqu’à l'embouchure du fleuve Gambie, donton leur avait vanté les richesses. Mais, ayant été attaqués par les naturels du pays, et leur équipage, épuisé de fatigue, se trouvant entièrement découragé, ils furent obligés de retourner en Portugal. En 1456 Cada-Mosto, en compagnie de deux autres vaisseaux, entreprit un second voyage au fleuve de la Gambie, et découvrit pendant le trajet un groupe d'îles qu'il appela Zles du Cap-Vert, en raison de leur proximité du cap Vert. A son entrée dans les eaux de la Gambie, il fut cette [fois plus favorablement accueilli; mais l'échange de l'or ne répondit pas à son attente. Les trois vaisseaux, après s’être avancés jusqu'au Casamansa et au Rio-Grande , s’en retournèrent en Portugal. Cada-Mosto y demeura jusqu’à la mort du prince Henri, arrivée en 1463; 2t alors il s’en revint à Venise. La première édition de son Voyage, devenue très-rare aujourd’hui, est intitulée : Æ7 libro de la Prima Navigazione per Oceano a le terre de nigri de la Bassa Æliopia, per infanto don Henrico de Portogallo (Plaisance, 1567). L'ouvrage est bien coordonné, la narration en est attrayante, et les descriptions en sont d’une grande clarté et d’une exactitude remarquable.
CADASTRE,. Avant 1789 on donnait plus particuliè- “ement le nom de cadastre an registre public qui servait à l'assiette des tailles dans les lieux où elles étaient réelles, comme en Provence, dans le Languedoc et dans le Dauphiné, Depuis cette époque ce mot a changé d’acception; ce n’est plus seulement un registre, mais bien un ensemble d'opérations qui comprend non-seulement l’arpentage, la désignation et l'estimation de chaque parcelle de propriété composant le territoire d'une commune, d’un canton ou d’un département, mais encore l'inscription sur des registres spéciaux du résultat de chacun de ces travaux. En d’autres termes, le mot cadastre ne saurait s'appliquer aujourd’hui à aucune opération particulière; c'est le nom générique du système en usagé pour établir l'assiette et la répartition de l’impôt foncier.
Avant d'entrer dans le détail des opérations diverses que comprend le cadastre, nous allons dire les révolutions que ce système a subies. Ce fut en 1790 que l’Assemblée constituante posa les bases de notre système actuel de contributions foncières, et ordonna l’arpentage ainsi que l'estimation de tout le sol du royaume. L'égalité dans l’assiette et dans la répartition de l'impôt territorial était le but de cette dernière prescription; les opérations cadastrales dont nous allons parler furent le moyen adopté pour parvenir à la réalisation de cette inimense et utile entreprise. Ces opérations ont peu varié dans leurs détails d'exécution matérielle; mais il y a eu changement dans l'impulsion et la direction. Ainsi, avant l’année 1822 le gouvernement avaît la disposition exclusive dé cet instrament régüularisateur ; les agents des contributions directes agissaïent d'après ses seules instructions, et les travaux ne pouvaient présenter que des inasses d'appréciation dont la fraction la plas minime devait comprendre au moins le revenu de tout un canton. La loi de finance du 31 juillet 1821 a déplacé 1e moteur; elle a fait