‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 137 sur 527 · BILLET — BILLON · texte numérisé non relu

BILLET — BILLON

ou pour affaires commerciales. Quant aux intérêts résultant de la somme portée dans un billet à ordre, ils courent à dater du protèt.

La durée de l’action à laquelle peut donner lieu un billet à ordre est de cinq ans pour les billets à ordre souscrits par des commerçants ou qui émanant de non-commerçants ont pour objet des dettes de commerce : il s'ensuit que les billets à ordre qui ont été consentis par des non-commerçants, lorsqu'ils n'ont point pour objet des actes de commerce, se prescrivent par le laps de temps ordinaire de prescription, c’est-à-dire par trente ans.

Les billets ou mandats au porteur sont des effets qui sont payables à quelque personne que ce soit qui s’en trouve porteur lors de l'échéance; le billet au porteur diffère du billet en blanc en ce que dans ce dergier le nom du créancier est laissé en blanc de manière à pouvoir être rempli à toute heure du nom que l’on veut y Mettre; il ne peut être confondu avec le billet à ordre, puisque dans celui-ci il est indispensable d’énoncer le nom de la personne à l’ordre de qui le billet est souscrit. De ce que le Code de Commerce est muet sur les billets au porteur, il ne faut pas conclure qu'ils soient prohibés, et par conséquent non obligatoires : en effet, on se trouve loujours sous l'empire des lois qui en reconnaissent l'existence légale.

Le billet en blanc est le billet fait au profit d’une personne dont le nom est laissé en blanc, et qu’on peut remplir d’un nom quelconque. Comme la législation actuelle reconnaît la validité des billets au porteur, il en résulte que les billets en blanc sont aujourd’hui valables.

Les billets en marchandises sont des billets par lesquels le souscripteur s'engage , en échange de l’argent qu'il reçoit, à remettre des marchandises dans un lieu déterminé et à une époque convenue.

On apnelle billet de grosse le billet souscrit par suite d’un prêt à la grosse ou contrat par lequel une somme d'argent est prêtée sur des objets exposés aux dangers de la navigation.

Le billet de prime est le billet par lequel l'assuré s’0oblige à payer la prime ou le coût de l’assurance.

Le billet de rançon est celui que souscrit un capitaine de navire capturé au profit du capteur, afin d'obtenir sa liberté.

Les billets de banque, créés en France par la loi du 24 avril 1803, ne peuvent être émis que par les banques publiques ; ce papier, qui fait la fonction du numéraire, peut être considéré en quelque sorte comme une dépendance du droit de battre monnaie, droit qui n'appartient qu’au pouvoir souverain. Voici la date des émissions des différents billets de Ja Banque : 6 ventôse an VI, billets de 5,000 et de 1,000 fr.; 21 germiaal an XI, de 500 et 250 fr.; 10 juin 1847, de 200 fr.; 15 inars 1848, de 100 fr.; 9 juin 1857, de 50 fr.; 10 août 1870, de 25 fr.; 12 décembre 1870, de 20 fr.; et 1872, dé 5 fr.

Tous ces billets sont aujourd’hui imprimés en bleu et portent deux images distinctes, l’une au verso, l'autre au recto ; les anciens billets en noir sont retirés de la cireulation à mesure de leur rentrée. — Ils sont tous extraits d’une souche à talon. Depuis 1815 ils s'émettent par alphabets et à la suite, quelle que soit la somme qu'ils représentent ; les lettres de l'alphabet sont combinées avec un chiffre pour marquer les séries : À {, 99 A, a 10, etc., jusqu'à 99; chaque billet porte en outre un chiffre isolé depuis 0 jusqu’à 999, ce qui fait 100,000 billets par série, et 2,400,060 par alphabet. Les billets usés ou lacérés se brülent et se remplacent par d’autres, qui prennent un numéro nouveau à la suite de l'alphabet commencé. Voy. BANQUE.

BILLEVESÉE, balle soufflée et remplie de vent, mot composé de bille ou boule, et de vèse, nom que l'on donne en plusieurs provinces de France à l'instrument que nous appelons musette, — Le nom de billevesée à été appliqué à tous les discours frivoles et inutiles, aux sottises, aux folies, aux niaiseries, à toutes les paroles vides de sens.

Tous les propos qu'il tient sont des billevesées,

a dit, dans Les Femmes savantes, Molière, qui s'était servi dans Les Précieuses ridicules de l'expression sofles billevesées. Ce mot est donc synonyme de baliverne ; mais il exprime mieux le vide, l’enflure d'un ouvrage littéraire,

BILLINGTON (Éusasern WEICHSEL), célèbre cantatrice, née à Londres, en 1769. Son père, pauvre musicien ambulant, Saxon, bon violon du reste, profitant des rares dispositions d'Élisabeth, lui fit donner des leçons par Thomas Billington, contrebassiste, qui eut la satisfaction de voir son élève jouer un concerto de piano au théâtre de Hay-Market à l’âge de sept ans. Quatre ans après, elle exécutait en public des pièces qu'elle avait composées. Sa voix, sa beauté précoce comme son talent, aveuglèrent l'infortuné Billington ; Elisabeth n’avait pas atteint sa quinzième année, qu’il épousa, et la fit débuter au théâtre de Dublin en 1786. Peu de temps après, mauvaise épouse, écolière ingrate, Élisabeth, ne gardant que le nom de son mari , s'enfuit avec un séducteur. Ses désordres nuisirent à ses succès : ce ne fut qu'après avoir pris à Paris des leçons de Sacchini qu’elle ramena le public de Londres. A cette époque Catherine II lui fit proposer par son ambassadeur un engagement pour le théâtre de Saint-Pétersbourg. La prima donna demanda une somme si exorbitante, que l'ambassadeur se permit de lui dire : « Maïs l’impératrice de toutes les Russies ne donne pas davantage à ses ministres! — Eh bien! qu'elle fasse chanter ses ministres, » répondit la positive mistriss Billington.

En 1794 elle alla se perfectionner à-Naples, où son mari, qui l'avait suivie, mourut si brusquement qu’on le crut empoisonné. Florissant, jeune Français, épousa sa veuve, et la conduisit à Venise. Elle y excita le plus grand enthousiasme, mais ne put jamais empêcher la foule de déserter chaque soir le théâtre où elle chantait l’opera seria, pour aller entendre la cavatine de La Capricicsa corretta, air bouffe ct favori de la Morichelli, qui avec un reste de voix, un laid visage et quarante-cinq ans, l’emportait sur la plus célèbre et la plus belle cantatrice de son époque. Ce triomphe d’un quart d'heure, dû au jeu de la Morichelli, déplut extrêmement à mistriss Billington, qui manquait d'expression et sentait qu’elle ne pouvait devenir actrice; elle repartit pour Londres (1801), et y devint l’objet d’une telle faveur qu’on l’engagea à la fois pour les théâtres de Covent-Garden et de Drury-Lane, sur lesquels elle jouait alternativement. L’Alien-bill ayant forcé son mari à quitter PAngleterre, mistriss Billington se retira à San-Arziano, près de Venise, où elle mourut le 26 août 1818. C° pe Brant.

BILLON (Monnayage), mélange de substances métalliques pour la fabrication de menue monnaie, d’un titre inféricur à l'argent et supérieur au cuivre. Le billonnage, considéré comme altération des monnaies ayant cours par un mélange au-dessous du titre légal , est puni comme crime de fausse monnaie.

Les gouvernements, dans les crises financières où le trésor ne peut suffire aux dépenses, ont eu souvent recours à la fabrication de pièces d’or ou d’argent au-dessous du titre légal. L'opinion en a fait bonne et prompte justice.

Dans le style figuré, on appelle billon tout ce qui n’est pas de bon aloi. Lorsque, sous l’ancien gouvernement, on soumit à une révision générale les titres de noblesse, on découvrit une foule de titres faux ou usurpés ; on disait alors que la noblesse avait été mise au billon.

On a, dans le sens positif, appellé billonneurs les hommes préposés par Charles VI, en 1385, pour retirer de la circulation les pièces démonétisées et les mettre au billon. On a depuis donné le nom de billonneurs à ceux qui faisaient un trafic illicite sur la valeur des espèces. Les anciennes ordonnances les assimilaient aux faux monnayeurs.

DurEy ( de lYunne).

Toutes les monnaies de billon n’ont pourtant pas été frappées dans le but coupable de tromper sur la valeur. Le prix du euivre étant en général trop faible pour permettre de fabriquer avec ce métal une monnaie commode, et aucun autre métal ne se présentant jusqu’ici pour le remplacer, on a quelquefois essayé de mêler au cuivre quelque métal précieux, comme l’argent, afin de rapprocher, dans des monnaies d’appoint légères, la valeur intrinsèque de la valeur nominale. Partout, d’ailleurs, on admet un alliage dans les pièces de monnaie fabriquées avec des miétaux précieux, et quelquefois cet alliage est assez considérable pour constituer du billon : c’est ainsi que les pièces de Prusse laissent apercevoir en quelque sorte à l'œil le cuivre qui les altère. Maïs la contrefaçon de ces pièces est tellement facile et tellement avantageuse, que les gouvernements devront renoncer à émettre des pièces de bas aloi. Lorsque nos sous seront refondus, comme une loi récente vient de l’ordonner , la France n’aura plus que des monnaies d’or, d'argent et de bronze. Il y a quelques années, .rous avions, en billon : des pièces de six liards, comprenant toutes sortes de pièces, de tous les pays et de toutes les provinces, la plupart complétement effacées et fabriquées en général de 1705 à 1794 ; des pièces de dix centimes portant une lettre N couronnée, mises en circulation en vertu de la loi du 15 septembre 1807; des pièces de quinze et de trente sous, créées en vertu du décret de l’Assemblée constituante du 11 janvier 1791. Une loi du 11 avril 1845 ordonna la démonétisation de la monnaie de billon. Cette mesure fut exécutée à la fin de 1845 pour les pièces de six liards et de dix centimes , et au milieu de 1846 pour les pièces de quinze et de trente sous. Des commissions monétaires reprirent au pair les monnaies en question. À chaque fois il se présenta un certain nombre de pièces fausses dont les porteurs ne purent tirer que la valeur intrinsèque. Avant cette opération on évaluait la circulation des pièces de six liards et des petits décimes à 10 millions de francs ; le retrait n'en fit retrouver que pour 5,500,000 fr. On savait qu’il avait élé émis des pièces de quinze et de trente sous pour 25 millions de francs, on supposait qu'il devait en rester pour 20 millions en circulation : 18 millions seulement ont été retirés. Cette défhonétisation du billon coûta 5,250,000 fr. Le gouvernement remplaça celte monnaie par une émission nouvelle de petites pièces. d'argent de 20 centimes. Malheureusement nous avons trop peu de types de monnaies d'argent ; des pièces de 20 centimes il faut sauter aux pièces de 50 centimes, puis de 1 fr., de 2 fr. et de 5 fr. La Belgique a déjà des pièces de 2 fr. 50 cent. Si, comme Gay- Lussac le demandait avec tant d'autorité à la Chambre des Pairs, nous avions des pièces de 30 centimes, de 60 centimes, de 75 centimes, de 1 fr. 25 cent, de 1 fr. 75 cent., etc., nous aurions besoin de bien moins de pièces de cuivre, puisque la plupart des appoints pourraient se faire par des échanges de pièces d’argent de valeurs diverses. L, LOouver,

BILLON (Agriculture). On nomme ainsi les bandes de terre plus ou muins larges, formées par la réunion de deux ou plusieurs traits de charrue, et pratiquées dans les champs par le labour. Les billons sont plus ou moins bombés dans leur milieu et ordinairement bordés des deux côtés par des sillons ou rigoles qui servent à l'écoulement des eaux. Les billons sont dans la grande culture ce que sont les platesbandes dans le jardinage. Généralement parlant, Zabourer en billons est l'opposé de Zabourer à plat.

Le billonnage est usité dans les terrains humides, et en général dans tous les sols qui ont peu de profondeur, on obtient cette disposition en labourant le terrain avec une charrue à deux versoirs, qui rejette la terre à droite et à gauche et forme ainsi, quand toute la surface est labourée, une suite d'ados plus où moins large, et qui sont séparés par des raies profondes. Le billonnages est un bienfail pour des pays entiers qui, sans son secours, ne connailraient pas le blé, Labourer en planches ou labourer en billons est

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