‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 139 sur 527 · BIMBELOTERIE — BINAIRE · texte numérisé non relu

BIMBELOTERIE — BINAIRE

pour qui rlen n’est sacré, et qui briseraient une statuette de Dantan avec autant d'amour qu'une figurine d’Ilalien ambulant ! .

Il y a cependant dans la bimbeloterie quelques parties mieux caractérisées. Ainsi nous trouvons d’abord toutes ces pièces en étain de bas aloi et en plomb, coulées dans des moules et quelquefois colorées et vernies, dont on compose les ménages et les régiments : il y a là des soldats de tous les grades à deux liards, qui, comme le vieux soldat de M. Scribe, savent

...:....souffrir et se taire Sans murmurer ;

des plats, des gobelets, des chaises, des chandeliers, des saints-sacrements , que sais-je! Tout cela, c’est l'affaire du potier d’étain. Viennent ensuite les jouets en bois, imitation de toutes espèces de meubles ; puis, encore en bois, des grands chevaux de bataille, des sabres, des fusils, des poupées dites à ressort ; des bons-hommes mécaniques, exécutant toute sorte de tours et d’exereices ; des martinets de forge, etc. ;

des tambours avec leurs baguettes ; puis des ménageries avec des maisons, des arbres, des hommes et des animaux peints et sculptés : toutes les variétés de la nature.

Le cartonnage fournit beaucoup à la bimbeloterie. C’est avec du carton que l’on fabrique ces poupées, ces chiens, ces chats, ces oiseaux, qui parlent, aboient, miaulent et chantent comme des personnes naturelles, à l’aide de quelques ressorts ou de quelques lames métalliques et de soufflets. Ces animaux charmants ont le bon esprit de ne pas manger. Mais ce n’est pas tout; outre les comédies et les pantins, la bimbeloterie fait des instruments de musique, des violons , des accordéons, des trompettes, des flageolets. Et des mirlitons donc! voilà son triomphe. Elle en a à tout prix, et de toutes les grandeurs. Elle fait des cannes de

tambour-major de deux pieds, des fouets de postillon avec des lanières de marlinet. Puis la mercière donne de la gaze et de la dentelle pour habiller les poupées , qui malheureusement ont besoin d’être empalées pour se tenir debout. Y en a-t-il des poupées! poupées en carton, poupées en peau, poupées en toile, poupées en son, à tête de carton, à tête de porcelaine, avec des yeux d’émail, avec des cheveux , etc. Dans ce petit monde l’habillement fait le moine, et le hasard préside aussi à la destinée. Pourquoi cette petite tête devient-elle une vivandière, celle-ci une bergère, celle-ci une grande dame? Elles sortent toutes du même moule pourtant ; elles se ressemblent à peu près, et la plus laide n’a pas tou-

- jours l’habit le plus grossier. Enfants, c’est que ces petits êtres sont aussi les enfants des hommes, et à défaut de passions personnelles, nous leur donnons les nôtres.

Voici encore des chariots, des canons, des tonneaux, des charrettes, des équipages, des carrosses, etc. Tous les rêves de la vie, quoi! L’optique fournit aussi sa part. N'oublions pas l’intéressante toupie d'Allemagne, le sabot, et ces jolies

» petites pièces de poterie qui durent peu, hélas! dans les mains de ces ménagères futures. Enfin nous n’en finirions pas si nous voulions passer en revue {ous les produits de la bimbeloteire. C’est en quelque sorte la représentation de toute l’industrie humaine; ce qui prouve, dirait un plus savant, que nous ne sommes que de grands entents|

On range par analogie dans la bimbeloterie des objets

. qui ne sont pas particulièrement à l’usage de la marmaille, -omme les petits étuis, les dés à coudre, etc. Mais, enfants, tirez vos mouchoirs! une ordonnance de M. Carlier a défendu la vente des objets de bimbeloterie sur le pavé de Paris. Pour acheter des joujoux il faut entrer dans des boutiques. Adieu la tentation : vous n’aurez plus de jouets qu'aux jours de fête. Je le crains, du moins.

Les jouets se fabriquaient autrefois exclusivement en Allemagne, principalement dans la ville de Nuremberg ; mais c’est une branche importante dont l'industrie française s’est

ewparée. Notre bimbeloterie est à meilleur marché que celle des Allemands, et elle participe jusqu’à un certain point au caractère d'élégance et de bon goût qui distingue tout ce qui se fabrique à Paris. Cependant la capitale n’est pas le principal siége de cette fabrication , qui se fait surtout à Valenciennes. Quant aux petites figures sculptées en bois, nos produits sont encore inférieurs à ceux de Manheim, Ce qui en approche le plus en France, c’est l’article dit de Saint- Claude (Jura). L. Louver.

BINAGE, BINER, BINETTE,. En agriculture, le binage est un second labour donné aux terres déjà labourées une première fois. Le but de cette opération est non-seulement d’ameublir de plus en plus le sol, mais aussi d’enterrer les fumiers ou autres engrais que l’on a eu soin de répandre sur les champs entre les deux labours. Par extension, on nomme aussi binage une opération qui n’est pas un labour, et qui n’a pas été faite une première fois : tel est le 2ersage des prairies artificielles, et même des céréales, que certains cultivateurs font au printemps, et que les agronomes les plus dignes de confiance recommandent.

En horticulture, le binage est un béchottage, expression usitée et descriptive qui devrait être généralement adoptée. Il y a cependant entre les deux opérations, dont le but et le résultat sont absolument les mêmes, une différence, qui consiste dans les instruments avec lesquels on les exécute : on bine avec une binette, et on béchotte avec un béchot. Le premier instrument est une petite pioche en fer, armée d’un long manche; un des côtés est à deux pointes, et l’autre est tranchant. L'autre outil est une petite bêche, comme son nom l’indique. Ainsi, le binage ou béchottage est un travail léger et superficiel pour diviser et ameublir la terre autour des plantes cultivées, arracher et détruire les plantes adventices, etc.

La culture en grand emploie très-fréquemment le binage horticole : le travail du sol autour des vignes, des pommes de terre, du maïs et de plusieurs autres plantes ne diffère point de celui qu'on exécute dans les jardins. Les cultivateurs anglais sont parvenus à le rendre plus facile et plus fructueux en semant en rangées parallèles et équidistantes non-seulement les céréales et les prairies artificielles, mais presque toutes les plantes qu'ils cultivent. C’est ainsi qu’ils sont parvenus à avoir des blés toujours exempts de mauvaises herbes.

Le mot biner a dans notre langue une autre acception : un prêtre bine lorsqu'il dit deux messes le même jour, dans deux églises différentes. La permission de biner doit être obtenue de l’évêque. FERRY.

BINAILLE. Voyez BisAILLe.

BINAIRE (Composé). Voyez Composés. :

BINAIKE (Sysième). C’est un système de numération qui exprime tous les nombres avec deux chiffres seulement représentant l’un le zéro, l’autre l’unité. Dans le système décimal, qui emploie dix caractères, tout chiffre placé à la gauche d’un autre représente des unités dix fois plus fortes. Dans le système binaire, la position d’un chiffre à la gauche d’un autre ne lui fait acquérir qu’une valeur double. Ainsi les signes 1, 10, 100, 1000, etc.. dans notre manière habituelle de calculer, valent respectivement un, dix, cent, mille, etc., tandis que ces mêmes signes, dans le système binaire, ne representent que un, deux, quatre, huit, etc. Les nembres que nous désignons ordinairement par 1, 2,8, 4,5, 6, 7, 8,9, 10, etc., s'écrivent, dans le système binaire, 1, 10, 11, 100, 101, 110, 111, 1000, 1001, 1010, etc. Il va sans dire qu’on pourrait employer d’autres signes, pour éviter l’équivoque.

Pour lire un nombre ecrit dans le système binaire, il faut se rappeler que le premier chiffre à droite représentant 1, le second représente 2, le troisième 4, et ainsi de suite, en doublant toujours. Par exemple, 10,111 peut se décomposer en 1+-10-100+-10000, ou bien, dans le sys-

tème décimal, 14-2+4-44-16, c’est-à-dire 23. L'opération inverse n'offre pas plus de difficulté.

Leïbnitz donna quelque célébrité au système binaire. Le père Bouvet, savant missionnaire à la Chine, à qui il avait fait part de diverses observations que lui avait suggérées l'étude de ce système, lui écrivit que l’arithmétique binaire donnait très-probablement l’explication d’un symbole attribué à Fo-Hi, et dont les lettrés avaient depuis longtemps perdu la clef. Cette opinion fut partagée par Leïbaitz, qui, avec ses tendances mystiques, vit dans l'énigme nouvellement déchiffrée une image de la création tirée du néant par la volonté de Dieu, de même que, disait-il, tous les nombres sont engendrés dans le système binaire par le zéro et l’unité.

Comme application usuelle, disons que le système binaire démontre à première vue que l’on peut faire toutes les pesées possibles avec une série de poids dont chacun est double du précédent. Ainsi, avec des poids représentés par les nombres 1, 2, 4, 8, on pourrait faire toutes les pesées { qui n’exigeraient pas de poids fractionnaires) jusqu’à 15; avec un poids de plus, on irait jusqu’à 31; etc.

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