E. MERLIEUX
BINEAU (Jeax-ManrmiaL), ingénieur en chef des mines, chargé de l'inspection du matériel et de l'exploitation des chemins de fer, puis député, représentant du peuple, ministre des travaux publics, et aujourd’hui ministre des finances et sénateur, est né le 19 maï 1805 à Gennes (Maine-et-Loire). Ayant eu le prix de mathématiques au grand concours de 1821, il entra à l'École Polytechnique. Admis à l’École des Mines le 15 novembre 1826, il passa ingénieur le 4 juillet 1830 , et devint ingénieur en chef en 1840. Ses connaissances en métallurgie le firent choisir pour diriger la partie des chemins de fer près du ministère des travaux publics, spécialité que quelques années auparavant if était allé étudier en Angleterre. C’est à la suite de ce voyage qu’il publia un ouvrage remarquable ayant pour titre : Chemins de fer d'Angleterre (Varis, 1840). En outre, il a fait imprimer dans les Annales des Mines, en 1835, un Rapport sur l'emploi de la tourbe pour le puddlage de la fonte et le travail du fer au four à reverbères dans les forges d'Ichoux (Landes); en 1838, un Mémoire sur les divers procédés mis en usage pour remplacer dans les hauts fourneaux et les feux d'affinerie le charbon de bois par le bois vert desséché ou torréfié ; en 1841, l'Extrait d'un rapport sur les divers procédés qui ont été imaginés pour franchir à grande vitesse les courbes de petit rayon.
En 1841, M. Robineau, député du 2+ collége d’Angers, pour complaire à son neveu M. Bineau , donna sa démission, et les électeurs, non moins aimables, élurent en effet le neveu à la place de l'oncle. A la Chambre, M, Bineau s’assit au centre gauche, et parla sur les rail-ways, sur les travaux publics, sur le roulage, sur les établissements français de l'Océanie, sur la police des chemins de fer, sur les brevets d'invention, sur la réforme postale, sur la conversion des rentes, sur la navigation intérieure, etc., etc. Fonctionnaire public, quoique membre de l’opposition, candidat déclaré pour le portefeuille des travaux publics, il nageait généralement dans les eaux de M. Thiers, ce qui explique comment il ne prit aucune part aux fameux banquets réformistes de 1847.
M. Bineau accepta néanmoins, comme tout le monde, la révolution de Février, et se garda tien de bouder la république. Aussi le 30 mars un décret du gouvernement provisoire le chargeait, lui-et son collègue Didion, en qualité de commissaires extraordinaires, de résoudre les diflicultés graves qui avaient surgi dans le service des chemins de fer d'Orléans et du Centre. Sept jours après, un nouveau décret lui donnait la chaire d'économie générale et stutis-
tique des mines, usines, arts et manufactures dans l’in- !