BISKARA — BISMUTH
autrefois garnison, est située à 220 kilomètres de Constantine, près du grand lac ÆZ Scholt et sur le versant méridional de l'Aurès. On y compte environ 4,300 habitants, dont 1,400 Européens, la plupart anciens militaires. Elle se compose de sept villages disséminés dans d'immenses jardins plantés de palmiers. On y remarque une mosquée dont le minaret est très-élevé, et la citadelle de Saint- Ger main, qui vecupe l'emplacement de l'ancienne käsbah. Cette ville est française depuis 1844, où elle a été occupée par le duc d'Aumale. Le gouvernement à établi dans une oasis voisine un jardin d’acclimatation où l’on cultive les plantes, exotiques, telles que le café, l'indigo, la vanille, le safran, etc. Le climat de Biskara offre ce caractère singulier d’être soumis à une espèce de mousson différente de celle qui règne de l’autre côté du désert.
BISMARRKR-SCHOENHAUSEN (Ornox pe), homme d'Éfat prussien, né le 1% avril 1814, à Schœnhausen sur l’'Elbe, est issu d'une famille qui appartient à la vieille arislocralie prussienne et dont l’origine remonte, dit-on, aux anciens chefs d'une tribu slave. Après avoir fait ses études aux universités de Gættingue, de Berlin et de Greifswald, il s’occupa surtout de travaux agricoles sur ses terres, dans la province de Saxe. Membre de la diète de cette province en 1846, de la diète générale en 1847, et de l'assemblée en 1848, il fut député à la deuxième chambre de Prusse en 1849, et, dans la révision de la constitution, vota pour toutes les mesures réaclionnaires. Il fut nommé, en mai 1851, pre- Mier secrétaire de légation à la diète de Francfort, près de laquelle il devint en juillet ministre de la Prusse. Ayant remplacé pendant quelques mois le comte d’Arnim à Vienne, en 1852, il fit prévaloir, dans la question du Zollverein, la solution désirée par la Prusse, et rp it ensuite son poste à Francfort. En mars 1859, il alla représenter la Prusse à Saint-Pétersbourg, et le 29 mai 1862, succéda à M. de Pourtalès, comme ministre de la Prusse à Paris.
Rappelé à Berlin et nommé, le 23 septembre 1862, mipistre d'État, avec la présidence du conscil,à la place du prince de Hohenlohe, il eut à combattre l'opposition que faisait la chambre des députés aux projets d'organisation militaire du roi, et refusa de lui soumettre le projet de budjet pour 1863 avant qu'elle eût discuté la loi relative au service militaire. On l’accusa de violer la constitution; il répondit qu'il ne déniait pas à la chambre le droit de voter le budget, mais que le moment de ce vote importait peu. Une très-forte majorité se prononça contre lui. Après la réouverture des chambres, le 14 janvier 1863, les députés insérèrent dans leur adresse un blâme énergique contre le cabinet ; le roi refusa de la recevoir. De nouvelles difficultés surgirent, lors de l'insurrection de Pologne, par suite des bons offices que le gouvernement prussien rendit à la Russie, et du traité secret conclu avec celte puissance. Quand la discussion sur la loi militaire commenca, les rapports étaient si tendus entre le cabinet et la chambre, qu’une nouvelle adresse, votée au mois de mai par 239 voix contre
61, accusa de nouveau les ministres de violer la constitution. -
Le roi refusa encore de la recevoir, et exprima dans un message la confiance que lui inspirait son ministère. La chambre fut dissoute, le 2 septembre. Les élections ne changèrent que peu de chose à la majorité; mais les succès des troupes réunies de la Prusse et de l'Autriche dans les duchés de l'Elbe firent taire l'opposition, et le président du conseil parla avec plus de hauteur que jamais.
D'un autre côté, M. de Bismark voyait s’avancer le moment, depuis si longtemps rêvé par lui, où l'Autriche accablée et retranchée de l'Allemagne laisserait la Prusse accomplir sans rivale l’omvre de l'unité germanique. Pour faire naître le conflit dont il désirait l’occasion, il commença par lui reprocher de favoriser, dans les duchés, les intérêts du due d'Augustenbourg, puis il contesta à la dièle de Francfort le droit d'intervenir dans ce conflit, et proposa une
réforme de la confédération, basée sur le suffrage universel. Les petits États ayant armé, pour n'être pas surpris par les desseins ambitieux de la Prusse, qu'il n'était plus possible de méconnaitre, il leur signilia de cesser leurs armements. Le 8 mai 1866, il échappa à une tentative d’assassinat, et le lendemain, demanda au roi la dissolution de la chambre. A l'extérieur, tout marchait à une crise. Si l’on en croit des rumeurs persistantes, M. de Bismark, pour rendre le succès moins douleux, s'était assuré la neutralité de l’empereur Napoléon IT, en lui promettant des compensations territoriales sur le Rhin.
La guerre commença le 15 juin, et dès le 3 juillet la victoire était définitivement assurée à la Prusse par la journée de Sadowa. M. de Bismark signa, le 26 juillet, le traité de Nikolsbourg qui retranchait l'Autriche de l'Allemagne. En même temps cessa d’exister la Confédération germanique, à laquelle il substitna en 1867 la Confédération du Nord, comprenant vingt-deux États, avec 29 millions d'habitants, et ayant un conseil fédéral composé de délégués des États, plus une diète élue par le suffrage universel. Bien qu'ils restassent étrangers à la confédération, les EÉlats du Sud se firent représenter. au parlement douanier de l'Allemagne, el reconnurent le roi de Prusse commandant supérieur des armées allemandes, en cas de guerre, C'est M. de Bisraark qui fut nommé chancelier de la confédération et président du conseil fédéral. Il pensa, vers cette époque, avoir trouvé un prétexte de guerre contre la France dans la cession du Luxembourg fañe par le roi de Hollande à Napoléon IT; mais celui-ci renonça à son dessein, et la guerre fut momentanément évitée. En 1868, M. de Bismark, nommé membre héréditaire de la chambre des seigneurs, fut presque constamment éloigné des affaires par le mauvais état de sa santé, En 1869, il combattit l'institution d’un cabinet de ministres fédéraux et se fit donner. le droit de créer luimême ces ministres, en qualité de chancelier. En mai 1870, il disait : « Nous avons toujours eu fixe devant les yeux notre but national. Cette source où nous puisons le droit d'être rigoureux et d’écraser sous un pied de fertout ce qui ferait obstacle au rétablissement de la nation allemande dans sa splendeur et sa puissance... » Des pravos enthousiastes interrompirent la phrase,
La candidature du prince Léopold ce Holienzollern amena enfin la guerre que M. de Bismark espérait depuis longtemps avec la France, et qui avait été préparée si soïgneu= sement etsi savamment ; il eut même l’habileté el le bonheur de la faire déclarer par Napoléon III (15 juillet 1870). Il suivit le quartier général du roi de Prusse, et reçut à Ferrières M. Jules Favre, le 22 septembre, el à Versailles M. Thiers, au commencement de novembre. Dans les deux cas, il s'agissait surtout d’un armistice pour la nomination d'une assemblée française; M. de Bismark le fit échouer, en. exigeant, la première fois, la reddition de Toul et de Strasbourg, avec la livraison du mont Valérien, et, la seconde, en s’opposant au ravitaillement de Paris. Le 18 janvier 1871, il foucha au comble de ses vœux, quand, dans la grande salle des Glaces au palais de Versailles, il proclama d’une voix forte, mais un peu voilée par l'émotion, le roi de Prusse, Guillaume 1*5, empereur d'Allemagne, Le 21 janvier, il reçut le grade de lieutenant général. C’est le 28 du même mois qu’il signa, avec M. Jules Favre, la convention réglant les conditions de la capitulation de Paris, M. de Bismark, qui tient de ses pères le titre de baron, a été créé comte en 1865, et prince en 1871.
BISMUTH. Ce métal, d'un blanc argentin, à peu près aussi fusible que l'étain, et d’une pesanteur spécifique (9,82) un peu, moindre ‘que celle de l'argent.
Le bismuthe:t tellement oxydable, qu'il perd très-promp=. tement son éclat métallique lorsqu'il est exposé à l'air, Tous les acides le réduisent plus ou moins promptement à l’état d'oxyde ;! 100 parties de métal absorbent 22 parties d'oxy-
gène, L’oxyde de bismuth est volatilisé à une haute température. De quelque manière qu’on lait obtenu, il est d’un beau blanc , et a mérité le nom de blanc de fard, quoique l’antimoine puisse le lui disputer à tous égards, et surtout en faisant valoir les droits &’une très-ancienne possession. On sait, en effet, que l’une des femmes de Job, après l’épreuve à laquelle ce serviteur de Dieu fut soumis, portait un nom que l’on a traduit en latin de la Bible par celui de cornu stibii.
Le bismuth est le plus dur des métaux après le tungstène, le fer, le manganèse, le titane, le nickel et le platine. 11 augmente la dureté des métaux auxquels il s'allie, tels que l’étain, qu’il rend en même temps plus sonore; le plomb, qui devient plus solide et plus tenace par l’addition d’une petite dose de bismuth ; le cuivre, qui est décoloré et rendu cassant. Il entre dans la composition de la plupart des alliages fusibles.
L'oxyde de bismuth donne une couleur jaunâtre aux verres dans lesquels on le fait entrer. Comme cet oxyde est très-fusible, et vitrifie aisément ceux des autres métaux oxydables, on regarde le bismuth comme plus propre que le plomb à opérer la séparation de Pétain dans la coupellation.
L’antimoine et le bismuth sont encore en rivalité pour la composition des caractères. Le premier de ces deux métaux eut longtemps la possession exclusive de cet emploi, comme de servir à la toilette des femmes qui ne se contentent pas de la blancheur naturelle de leur visage Il est probable que le bismuth finira par l'emporter, parce que ses mines sont plus abondantes, qu’il n’est propre qu'à art du fondeur, au lieu que l’antimoine peut être réservé pour plusieurs autres destinations. FERRY.
BISMUTH ( Blanc de). Voyez BLANC DE BISMUTH.
BISON, nom que les auteurs latins donnaient à une espèce de bœuf sauvage qui nous parait être l’aurochs. Voyez Boeur.
Le bison d'Amérique (buffalo des Anglo-Américains ; dos bison, Linné; bos americanus, Gmelin) a la tête osseuse, très-semblable à celle de l’aurochs et couverte de même, ainsi que le cou et les épaules, d’une laine crêpue, qui devient fort longue en hiver; mais ses jambes et surtout sa queue sont plus courtes. 11 habite dans toutes les parties tempérées de l'Amérique septentrionale, et produit avec nos vaches. G. Cuvier.
Le bison porte basses ses cornes noires et courtes; il a une longue barbe de crin; un toupet pareil pend échevelé entre ses deux cornes jusque sur ses yeux; son poitrail est large, sa croupe effilée, sa queue épaisse et courte ; ses jambes sont grosses et tournées en dehors; une bosse (cette bosse, qui n’est formée que d’une masse graisseuse, comme celle "du zébu, varie en grosseur dans les différents individus selon leur embonpoint) d’un poil roussâtre et long s'élève sur ses épaules; le reste de son corps est couvert d'unelainenoire, que les Indiennes filent pour en faire des sacs à blé et des couvertures. Cet animal à l'air féroce, et il est fort doux. Il y a des variétés dans les bisons, ou, si l’on veut, dans les buffaloes, mot espagnol anglicisé, Les plus grands sont ceux que l’on rencontre entre le Missouri et le Mississipi. Dans cette espèce, le nombre des femelles surpasse de beaucoup celui des mâles. Le taureau fail sa cour à la génisse en galopant en rond autour d’elle, Immobile au milieu du cercle, elle mugit doucement. Les sauvages imitent , dans leurs jeux propitiatoires, ce manége, qu'ils appellent la danse du bison.
Le bison a des temps irréguliers de migration : on ne sait trop où il va; maïs il paraîl qu'il remonte beaucoup au nord en été, puisqu ’on le retrouve aux bords du lac de l’Esclave, et qu'on l'a rencontré jusque dans les îles de la mer Polaire, Peut-être aussi gagne-t-il les vallées des montagnes Rocheuses à l’ouest et les plaines du Nouveau-Mexique au midi, Les bisons sont si nombreux dans les steppes
BISMUTH — BISSEN
verdoyants du Missouri que quand ils émigrent leur troupe met quelquefois plusieurs jours à défiler comme uneimmense armée : on entend leur marche à plusieurs milles de distance, et l’on sent trembler la terre. Les Indiens tannent supérieurement la peau du bison avec Pécorce du boulean ; l'os de l'épaule de la bôte tuée leur sert de grattoir, La viande du bison, coupée en tranches larges et minces, séchée au soleil ou à la fumée, est très-savoureuse; elle se conserve plusieurs années comme du jambon ; les bosses et les langues des vaches sont les parties les plus friandes à manger fraîches. La fiente du bison brûlée donne une braïse ardente; elle est d’une grande ressource dans les sayanes, où l’on manque de bois. Cet utile animal fournit à la fois les aliments et le feu du festin. Les Sioux trouyent dans sa dépouille la couche et le vêtement. Le bison et le sauvage, … placés sur le même sol, sont le taureau et l'homme dans l'état de nature : ils ont l'air de n’attendre tous les deux. qu'un sillon, J'un pour devenir domestique, l’autre pour se civiliser. CHATEAUBRIAND.
BISOUTOUN, BÉHISTUN, ou encore BIHSUTUN, nom d’une montagne du Kourdistan persan, aux environs de Kirmanschah, à trois journées de marche du mont Zagros, et particulièrement célèbre par l'inscription en caractères cunéiformes que le roi de Perse Darius F: fit sculpter sur l'un de ses côtés qui s'élève perpendiculairement à 1700 pieds de hauteur. Il y rappelle avec des termes pleins de gratitude pour Dieu les victoires qu’il a remportées dans dix-neuf ba tailles livrées contre des rebelles dans diverses provinces de son empire. Cette montagne est célèbre depuis bien longtemps. Diodore en fait mention sous le nom de Bayioravoy, mot qui dans l’ancienne langue des Perses voulait dire séjour des dieux , 4e mème que de la tradition encore aujourd'hui existante suivant laquelle les ouvrages de sculpture qu’on y voitseraient l'œuvre dela reine Sémiramis. Une tradition perse plus récente les attribue au siècle postérieur des Sassanides, . de la première période desquels datent effectivement les inscriptions de Tak-i-Rostän et de Tacht-i-Rustem qui s'y trouvent. Mais le monument historique le plus important de l’Indo-Perse est toujours ce grand relief représentant une figure mythologique , un roi avec deux grands et neuf captifs, de même que les seize inscriptions cunéiformes achæménides de première espèce (l'inscription dite des mille lignes } qui en dépend, avec leurs traductions si compliquées. C’est le major anglais Rawknson qui a eu le mérite de découvrir ce monument et de prouver qu'il provenait du grand roi perse Darius, Consultez Benfey , L'inscriplion ns ie persane (Leipzig, 1847 ).
BISQUE, terme de jeu de paume, qui sert à exprimer l'avantage qu’un joueur fait à un autre en lui donnant un quinze, que celui-ci peut prendre dans le cours de la partie, quand il le juge à propos.
On nomme aussi bisque une sorte de potage ou coulis fait d’écrevisses et de divers ingrédients.
BISSAC. Voyez Besace. Ê
BISSE, nom que l'art héraldique donne au serpent. Voyez MEUBLES,
BISSEN (WizneLn), célèbre sculpteur danois vontemporain, est né en 1798, à Gilding, près de Schileswig, et se forma dans la pratique de son art sous la direction de son. illustre compatriote Thorwaldsen pendant un séjour de dix années à Rome, A son retour dans sa patrie, ilexécuta. d’abord les quatre anges qui décorent la chapelle du château de Christiansborg à Copenhague, et un grand nombre de bustes remarquables, entre autres celui d'Œrsted ; deuxsta= tues, Le Chasseur Céphale etune Alalante à la chasse, qu'il avait déjà commencés à Rome, et qui appartiennent aujourd'hui à M. Baur, négociant à Allona. En 1841 cet artiste se rendit pour la seconde fois à Rome, à l'effet d'y exéeuter, dix-huit figures de grandeur surnaturelle que lui avait. commandées son gouvernement. fndépendamment des es=
BISSEN — BITAUBE
quisses de ces figures, il y fit aussi une Vénus, et son plus charmant ouvrage, l'Amour aiguisant son trait. A son retour à Copenhague on le chargea de la sculpture d'une frise longue de plusieurs centaines de pieds pour la grande salle du château, et qui doit représenter le développement du genre humain d'après la mythologie grecque. M. Bissen à fait encore une statue d’Apollon une Minerve pour la grande salle. de l'université et divers autres ouvrages. Dans son testament Thorwaldsen le désigna pour terminer les travaux bu’il laissait inachevés et pour être chargé de la direction artistique de son musée. On doit encore à cet éminent artiste une Victoire, qui surmonte le musée des arts à Copenhague ; la statue de Tycho Brahe pour la société danoise des amis des arts, et celle du So/dat danois, bronze colossal, en mémoire de la victoire remportée en 1849 à Frédéricia. À l'exposition universelle de 1855 à Paris il produisit un Oreste et un Philoctète, en marbre, et obtint une médaille de troisième classe. Les derniers ouvrages de M. Bissen sont une statue du poëte ŒAlenschlæger (1861), à Copenhague, etune autre du roi Frédéric VI (1862), à Frédériksbourg. Consultez Plon , Vie de Bissen; Paris, 1871,in-8°.
BISSEXTILE (Année). Foyez ANNÉE. tom. I", p. 625.
BISSON ( Henri), officier de marine était né en 1796, à Guéménée (Morbihan ). Entré dansla marine royale en 1815, en qualité d'élève, il se trouvait en 1827, avec le’grade d’enseigne de vaisseau, à bord de la flotte française chargée de surveiller les mers du Levant, infestées alors par des pirates que tolérait le nouveau gouvernement établi à Égine, à la suite de l’insurrection des Grecs contre le sultan Mahmoud. Les réclamations adressées au gouvernement provisoire d'Égine contre l’existence de ces pirates, qui ne rançconnaient pas seulement les vaisseaux turcs, étant demeurées sans résultat, l’amiral français résolut de donner luimême la chasse à ces pirates. C’est à la suite d’une de ces expéditions que fut capturé par la frégate la Lamproie, sur les côtes de la Syrie, le brick grec le Panayotis, dont Bisson fut nommé commandant avec un équipage composé de quinze Français et de six matelots grecs faits prisonniers à bord de ce même brick. Bisson reçut l’ordre de diriger cette prise sur Smyrne, où se rendait {a Magicienne, frégate avec laquelle il devait naviguer de conserve. Un coup de vent sépara les deux bâtiments dans la nuit du 4 nowembre 1827, et força le Panayotis d’aller chercher un abri sous les rochers de l’ile de Stampalie. A peine l'ancre eutelle été jetée que deux des pirates prisonniers se sauvèrent à la nage et gagnèrent la terre. Bisson ne douta pas dès lors qu'ils ne revinssent bientôt avec un grand nombre des leurs pour profiter d’une circonstance si favorable et reprendre le navire confié à sa garde. Aussi fit-il promettre à son lieutenant, le pilote Trémentin, que si leur vaisseau venait à être attaqué, dans la situation critique où il se trouvait, par des forces supérieures, celui des deux qui suryivrait ferait sauter le Panayotis, plutôt que de le laisser tomber aux mains des pirates.
L’intrépide Bisson avait deviné juste. À dix heures du soir, deux grands misticks attaquent avec furie le brick ; il est abordé par l'avant; quinze hommes luttent avec une admirable intrépidité contre cent trente ; le nombre seul peut-l’emporter : neuf Français tombent; le pont est envahi. Bisson, blessé, couvert de sang, s'échappe de la mélée; il n’a que le temps de dire à ses amis : Sauvez-vous, jetez-vous à la mer ! Puis se tournant vers Trémentin, il ajoute : Adieu, pilote, voilà le moment d'en finir. Aussitôt Bisson se précipite dans la chambre où d'avance il avait tout disposé ; il prend la mèche, il met le feu aux poudres : le navire saute, le sacrifice de l'honneur et du patriotisme est consommé; un noble cœur a cessé de battre, et la France compte un héros de plus. Le gouvernement accorda une pension de quinze cents francs à la sœur de
Bisson, Le pilote Trémentin, qui avait été assez heureux pour gagner le rivage à la nage avec quatre matelots français, fut récompensé par le grade d’enseigne et par la croix de la Légion d'Honneur. Un monument a été élevé à Lorient pour perpétuer le souvenir de cette action éclatante,
BISSUS. Voyez Byssus.
BISTNAOUS, secte de Banians, qui croient en un Dieu unique et marié, qui vivent de légumes et de laitage, et dont les femmes jouissent de l’heureux privilége de ne pas être obligées de se brûler sur le corps de leur mari.
BISTORTE , espèce de renouée, ainsi nommée parce que ses racines sont tortues et repliées en forme d'S,
BISTOURIH, instrument de chirurgie qui sert à couper et à faire des incisions dans les chairs. Selon Huet, son nom viendrait de celui de la ville de Pistoie ou Pistori, renommée autrefois pour la fabrication des instruments de chirurgie. Le bistouri a ordinairement la forme d’un petit couteau, composé d’une lame et d’un manche ou châsse, La lame, qui est le plus souvent mobile sur le manche, peut être assujettie par un bouton, un ressort, un anneau coulant ou tout autre moyen, et quand elle est fixée sur le manche, elle donne au bistouri le nom de bistouri à lame fire où dormante. Les dimensions, la forme et les usages du bistouri sont fort variables ; il y en a de grands, de moyens, de petits, de plats, de courbes, qu’on emploie suivant les cas.
BISTOURNAGE , sorte de castration usitée à l’égard des animaux. Cette opération consiste à serrer et tordre les vaisseaux qui aboutissent aux testicules, de manière que ces vaisseaux se déchirent ou se bouchent an point qu'il n’y passe plus d'humeur prolifique. Par le bistournage les animaux sont à la vérité plus vigoureux que ceux que l’on châtre; mais ils sont moins dociles, moins tranquilles ; ils deviennent moins gros et moins gras, et leur chair est moins délicate. |
BISTRE , couleur d’un brun roussâtre, que l’on tire ordinairement de la suie broyée et dissoute dans le vinaigre, puis mélangée avec de l’eau gommée. On en faisait autrefois beaucoup usage. Les peintres s’en servaient habituellement pour faire leurs croquis, et les architectes leurs dessins; mais le bistre a été remplacé depuis plusieurs années par la sépia, dont la couleur un peu rougeâtre est plus agréable, et l'emploi plus facile. Lorsque l’on commença à faire usage de la gravure aulavis, ou à l'agua-linta, on imprima souvent les planches avec une encre bistrée, pour leur donner davantage l'apparence d’un dessin; c’est ainsi que furent publiés les croquis de Le Prince sur la Russie, et le Voyage de Houel en Sicile,
BISULCE ou BISULQUE ( de bis et de sulcus, fente), nom collectif de tous les mammifères ruminants à pied fourchu, tels que les cerfs, les bœufs, les moutons, etc. Les Hébreux n’osaient manger que des animaux bisulques: les Russes , au contraire, ont été fort longtemps avant de permettre qu'on servit sur leurs tables ces animaux, qui leur paraissaient, par la conformation de leurs pieds, être un produit de l'enfer.
BITAUBE (PauL-JÉRÉMIE ), né à Kœnigsberg, en 1739, d’une famille de protestants que les persécutions de Louis XIE avaient forcée de fuir le Béarn, sa patrie, s’annonça dans le monde littéraire par une traduction francaise de l’//iade et de l'Odyssée. I fut reçu membre de l'Académie de Berlin, fondée par Frédéric; ce prince l'avait admis dans son intimité, et lui avait assuré une existence honorable ct indépendante. Sa mort priva, en 1786, les savants et les artistes de leur puissant el unique appui. Bitauhé vint alors se fixer à Paris. Il publia successivement son Examen de la Profession de foi du Vicaire savoyard de J.-J. Rousseau, son Traité de l'influence des lettres sur la philosophie, etc.
Bitaubé fut le créateur et le modéle d’un nouveau genre littéraire, aujourd’hui ouplie, dans lequel il s’efforçait d’unir jusqu’à un certain point à la vérité historique le charme et
l'intérêt dela poésie épique. I intitula son Joseph, poëme, ét le divisa en neuf chants. Ce premier ouvrage réussit complétement. En 1790 parut Guillaume de Nassau, ou les Ba- Laves, en dix chants. C’est le tableau animé du grand drame politique de la première révolution de Hollande, Le succès ne fut pas douteux, il surpassa les espérances de l’auteur, et lui assura une place distinguée parmi les écrivains de l’époque. Il lui eût été facile d'obtenir de grands emplois: ses relations avec les hommes les plus distingués par leurs talents et les plus influents par leur position politique lui permettaient de prétendre à tout. Mais il n'avait qu’une ambition, celle d’être utile; ses vœux étaient pour le triomphe de la révolution. 11 fournit d'excellents articles à plusieurs journaux notamment au Patriote français, dirigé par Brissot. Tolérant par caractère et par principes, il voyait le succès de sa cause dans la marche progressive de la civilisalion. Il ne comprenait point de liberté durable pour un peuple sans instruction, et ses vœux comme ses efforts étaient d'arriver à une régénération politique et morale par les bienfaits d’une éducation vraiment nationale.
Bitaubé ne se plaisait qu’au milieu de ses livres et de sa famille ; on ne le rencontrait que dans la réunion de quelques amis. Il fréquentait régulièrement la maison de Julie, première femme de Talma, Il parlait peu, mais toujours bien, et je l'ai aperçu souvent entre Mirabeau et Chénier, les étonnant tous deux par la justesse et l’élévation de ses pensées. Les députés de la Législative, devenus plus tard les chefs de la Gironde, étaient liés avec Bitaubé; ils se donnaient souvent rendez-vous dans le joli pavillon de Talma et dans les salons, non moins modestes, de madame Roland. Bitaubé et sa famille n'avaient d’autres revenus que ceux de ses biens en Prusse, et ses pensions comme acadérmicien de Berlin, Aussi, dès que la guerre eut éclaté entre la Prusse et la France, ses biens ‘furent-ils séquestrés el ses pensions supprimées. Accusé en 1793 d'être favorable aux Girondins, il fut arrêté et détenu dans la prison du Luxembourg jusqu’au 9 thermidor.
Bitaubé vit enfin cesser sa détresse. La paix fut signée entre la république et le roi de Prusse; le séquestre mis sur ses biens en Prusse fut levé, el l’arriéré de ses pensions lui parvint. Cette affaire avait été terminée par Sieyès, alors ambassadeur de la république à Berlin, et par le ministre prussien Hardenberg.
Bitaubé, qui avait été membre de l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres, fut nommé membre de l’Institut dès sa formation. Chaque année ce corps savant devait rendre compte de ses travaux à l’Assemblée nationale : en Van vr, Bitaubé, à la tête de ses collègues, vint s'acquitter de ce devoir à la barre du conseil des Cinq-Cents. L'empereur Napoléon le nomma membre de la Légion d'honneur, et lui assura une forte pension. Il mourut en novembre 1808, du chagrin d'avoir perdu sa femme. Ses ouvrages ont été sousent réimprimés. Il termina sa carrière littéraire par une traduction d’Hermann el Dorothée, de Gœthe. Cette traduction vit le jour en 1802, Les œuvres complètes de Bitaubé, en 9 volumes, ont paru en 1807, Elles ne sont pas encore aujourd'hui, tant s'en faut, exemptes de mérite, quoiqu’on y regrette souvent des expressions improprés qui décèlent un écrivain étranger. Durey (de l'Yonne).
BITCHE, petite ville du département de la Moselle, place de guerre de quatrième classe, située à l'extrême frontière, près du revers occidental des Vosges, entre Weissembourg et Sarreguemines. Elle domine d’étroites vallées, et est entourée d'immenses forêt et de montagnes couvertes de bruyères. La ville est bâtie en partie au pied d’un rocher près d’un grand étang d’où sort un ruisseau. Elle a 2,740 habitants, On y fabrique de la porcelaine, de la faïence et de la poterie.
L'ancien château, qui sert de citalelle et de prison militaire, s'éiève sur un rocher de cinquante mètres d élévation.
BITAUBE — BITHYNIE
Le fort de Bitche, qui n’est placé sur aucune grande voie de communication, n’a plus aujourd’hui l'importance qu'y allachaient les ducs de Lorraine. A une époque où les” guerres se passaient sur un théâtre peu étendu, cette place offrait un refuge assuré à des partis qui pouvaient agir des deux côtés des Vosges : elle était importante, dès le onzième | Siècle, comme chef-lieu d’une seigneurie ayant titre de comté et appartint tour à tour au duché des Deux-Ponts, à la Lorraine ef à la France.
Dans les guerres entre la France et l’Allemagne, Bitche soutint plusieurs siéges. Celui de 1793 occupe une page | glorieuse dans les annales du siècle dernier. Les alliés venaient de s'emparer des lignes de Weissembourg, quand, | dans la nuit du 16 au 17 septembre, un officier français émigré conduisit une division prussienne sous les murs de la place, et un bataillon se glissa dans le chemin couvert. La ville n’avait pour garnison qu’un bataillon du Cher, de six « à sept cents hommes, et une compagnie de canonniers :; mais tous coururent à leurs postes. L'obscurité favorisait l’ennemi. Le propriétaire d'une maison en bois, située du côté de | l'attaque, proposa lui-même aux assiégés d'y mettre le feu.
A la lueur de l'incendie, on put voir les mouvements des Prussiens; déjà ils étaient entrés dans la ville, et avaient « abattu un pont-levis ; mais l’arlillerie foudroya les colonnes
qui descendaient des hauteurs, et l'infanterie chassa es Prussiens, à l’exception de deux cent cinquante hommes, « qui restèrent prisonniers. |
Dans la guerre de 1870 Bistche fut avec Belfort la seule des places de l’est qui ne subit pas la honte d'une capitulation. Investie depuis les premiers jours d'août par un corps badoïs, sa petite garnison de 400 hommes opposait une vigoureuse résistance ; du reste elle avait des vivres pour deux ans, et des munitions pour vingt et un mois. Après quinze jours d'une violente mais inutile cannonade une sorte de trêve fut conclue d’après laquelle celui des deux adversaires qui voudrait reprendre l'offensive devait en prévenir l’autre vingt-quatre heures d'avance, Durant cinq mois assiégés et assiégeants vécurent presque en bonne intelligence, faisant échange de vivres et de journaux. Cependant le 18 janvier 1871 le commandant de la place dénonça Parmistice, et fit le surlendemain une sortie dans laquelle il encloua quelques canons et tua beaucoup de ses amis de la veille. L’armistice mit fin à cet état de choses ; et le traité de paix donna Bitche aux Allemands, qui n'avaient pas réussi à la prendre, A
BITESTACES. On donne ce nom à des animaux de la classe des crustacés dont le dos est recouvert par un test divisé en deux pièces latérales.
BITHOUR, ville de l'Inde anglaise, avec 9,000 habitants, est située sur la rive gauche du Gange, à 13 kilom. . environ nord ouest de Cawnpour. Particulièrement .consacrée au culte de Brahma, elle possède de nombreuses pagodes, où des milliers de pèlerins viennent chaque année faire, comme à Bénarès, les ablutions de rigueur. Dans l'insurrection de 1857 c'était un des boulevards de Nana- Saïb. Aussi le général Havelock, le jour même de son entrée à Cawnpour, dirigea une expédition sur Bithour où s'était réfugié ce dernier avec ses bandes , et après un combat acharné il le mit en fuite et brûla la ville (17 juillet).
BITHYNIE, contrée du nord ouest de l'Asie Mineure, appelée aussi quelquefois Bébrycie, à cause des Bébryces qui l’habitaient, et séparée de l'Europe par la Propontide et le Bosphore de Thrace, était bornée au nord par le Pont- Euxin, à l’ouest par la Paphlagonie, dont elle était séparée par le fleuve Parthénius : au sud ouest par la Mysie, dont elle était séparée par le fleuve Rhyndacus ; au sud par la Phrygie et la Galatie, où des montagnes formaient ses li= mites naturelles, Les villes les plus célèbres de la Bithynie élaient les colonies grecques Chalcédoine, Héraclée, Mclée (appelée plus tard Apamée), et Astaque. Quand